Dossier Pesticide

Roundup et pesticides à la Réunion: L'envers du décor

Les débats autour du géant Monsanto et son produit vedette, le Roundup ne cessent d’alimenter l’actualité nationale. Mais qu’en est-il à la Réunion? Le Roundup est également utilisé sur notre île mais il est loin d’être le seul produit phytosanitaire déversé. Substances interdites et pourtant partout, manque de données, pratiques douteuses, président de Chambre d'agriculture désarmé et frilosité des autorités sanitaires: nous vous livrons en exclusivité l’état des lieux de notre île suite à des décennies d’utilisation de pesticides.


Roundup et pesticides à la Réunion: L'envers du décor
La culture intensive de la canne sur notre département a mené à des pratiques tout aussi intensives de désherbage et d’épandage de pesticides. La notion de pesticide regroupe les produits phytopharmaceutiques et les biocides. Une équation simple permet de comprendre les risques auxquels sont exposés les populations concernant les pesticides : Danger x Exposition = Risques.
 
"Il faut vraiment utiliser ces produits avec parcimonie"
 
"À une époque lors de l’arrivée des premiers pesticides sur l’île dans les années 60-70, on nous disait que c’était sans danger jusqu’aux années 90. Il faut vraiment utiliser ces produits avec parcimonie. Nous sommes dans le sens inverse du tout-traitement des années 80. On est dans le traitement réfléchi. On doit penser réellement à produire autrement et stopper les traitements préventifs à outrance" explique Jean-Bernard Gonthier, Président de la Chambre d’Agriculture.

Roundup et pesticides à la Réunion: L'envers du décor
Le mode d’exposition peut se faire par voie orale, cutanée ou respiratoire. Les produits phytosanitaires peuvent sensibiliser l’organisme sur le temps, en développant des propriétés mutagènes. La toxicité peut se révéler à court terme mais également sur le long terme avec des conséquences telles que le cancer, des effets sur la reproduction, le développement et les fonctions neuronales. Enfin, l’impact sur l’environnement est non négligeable.
 
Roundup et glyphosate
 
En ce qui concerne la Réunion, pour cultiver la canne pas moins de quinze produits sont régulièrement utilisés dans les champs. Parmi eux, le Roundup de Monsanto, dans sa version encore autorisée. Son principe actif reste le glyphosate, dont les effets pour la santé demeurent largement controversés. Il est également dangereux pour l’environnement aquatique sur le long terme. L’Asulox, dont le principe actif est l’Asulam a quant à lui été retiré de la vente en métropole en 2012. Il reste utilisable sous conditions dérogatoires sur notre territoire.

Document fourni par la Chambre d'Agriculture de la Réunion
Document fourni par la Chambre d'Agriculture de la Réunion
La Chambre d’Agriculture, dans une démarche de transparence nous a également communiqué la liste des produits phytosanitaires les plus vendus à la Réunion pour le secteur fruits et légumes. Nous avons  dressé le tableau de ces produits, ainsi que les effets nocifs qu’ils peuvent entrainer chez l’homme et sur l’environnement. Ils ont tous une incidence toxique sur les milieux et organismes aquatiques.

Contamination des nappes phréatiques
 
Suite à de fortes pluies, les produits peuvent donc ruisseler vers des milieux aquatiques tels que des rivières ou des lagons. Mais ils peuvent aussi pénétrer dans les nappes phréatiques de surface ou profondes. Plusieurs de ces nappes phréatiques sont ensuite captées pour la consommation.
 
L’Office de l’Eau publie régulièrement l’état de ces nappes phréatiques dans un périodique, "les chroniques de l’eau". Le dernier rapport a été publié le 9 août 2016. De nombreuses traces des substances actives pointées ci-dessus apparaissent dans les relevés effectués.
 
Pour les nappes de surface, "un quart des détections porte sur le paramètre métolachlore, herbicide non autorisé en France depuis 2003. L’atrazine déséthyl et le 2-hydroxy-atrazine, deux métabolites de l’atrazine interdit d’utilisation depuis 2003, font également partie des 5 micropolluants les plus détectés en 2015" peut-on lire dans le rapport. Le 2,4-D est une matière active utilisée pour la canne à sucre selon la Chambre d’Agriculture.

En ce qui concerne les nappes phréatiques de profondeur, L’atrazine et l’atrazine déséthyl sont détectés chaque année depuis 2008. Parmi les analyses, du glyphosate a été détecté, ainsi que du métolachlore et du 2,4-D utilisés pour la canne à sucre. Un bon nombre de substances correspondent à des substances retirées de la commercialisation.
 
Une tendance à l’augmentation de substances interdites de commercialisation
 
Comme l’explique Gilbert Sam-Yin-Yang, Directeur de l’Office de l’Eau, "il y a une tendance à l’augmentation de substances interdites de commercialisation. Une substance est interdite depuis 2003 que l’on retourne sous plusieurs formes. La forme initiale est l’Atrazine mais on la retrouve dérivée, le Déséthyl Atrazine. Ce produit perdure, il y a une rémanence de sa présence dans l’eau.
 
De plus en plus, nous avons la capacité de suivre des produits. Les techniques de détection évoluent, c’est donc un travail que nous faisons aujourd’hui. La technologie de suivi des pesticides évolue. Il s’agit de produits dangereux pour l’environnement et pour la santé, même sous formes de traces" regrette-t-il.
 
Pourtant, le gouvernement, dans son 3e Plan Santé Environnement préconise de "mettre en oeuvre des actions visant à ce que les pesticides distribués et utilisés dans les départements d’Outre-Mer soient des produits autorisés."
 
Mélange d’une eau trop polluée pour l’envoyer à la consommation
 
Lorsque les seuils dépassent les préconisations de sécurité pour la consommation de l’eau, une pratique consiste à mélanger l’eau trop polluée avec un risque de seuil de polluants dépassé et à forte teneur en pesticides à une eau "plus acceptable". "Il y a eu une autorisation concernant un forage à Saint-Pierre il y a quelques années, suite à une alerte. Il s’agissait d’un principe de précaution" nous confirme Gilbert Sam-Yin-Yang.
 
"Nous n’avons pas reçu de financements pour réaliser la surveillance des pesticides"

Roundup et pesticides à la Réunion: L'envers du décor
Les sols et l’air peuvent également être pollués par ces particules. À la Réunion, des analyses de sol sur les parcelles agricoles ne sont effectuées que de manière très localisée et ponctuelle précise le Cirad. "Il n’y a pas d'analyse de contamination du sol par les phytosanitaires" nous précise la Chambre d’Agriculture.
 
En ce qui concerne la qualité de l’air, Dr Chatrapatty Bhugwant, Ingénieur d’études sur les polluants réglementés à l’Observatoire Réunionnais de l’air (ORA) nous indique que "pour l’instant, nous ne réalisons pas de surveillance de pesticides dans l’air. La qualité de l’air s’inscrit dans nos missions de surveillance mais nous n’avons pas reçu de financements pour réaliser la surveillance des pesticides. Par manque de moyens financiers, l’ORA, qui est habilité à effectuer cette surveillance ne la fait pas à ce jour".
 
Pourtant, c’est à travers un "Plan Régional Santé Environnement  2011-2015" que l’ARS (Agence Régionale de Santé), la Préfecture et la Région Réunion s’étaient fixées pour mission de "renforcer la politique environnementale vis-à-vis de polluants émergents", mais également "mieux connaître la nature des polluants pour contrôler la qualité de l’air" et "réduire les polluants dans le milieu aquatique", s'étaient-ils engagés.

Sollicitée à plusieurs reprises tout au long de notre enquête, l’ARS assure ne pas être compétente sur le sujet et nous a communiqué la réponse suivante :

"Lors de la conférence environnementale des 25 et 26 avril dernier, la ministre des affaires sociales et de la santé a annoncé la réalisation d’une étude de grande envergure sur l’exposition de la population générale aux produits phytopharmaceutiques à proximité de zones agricoles. Celle-ci a été inscrite dans la feuille de route pour la transition écologique 2016 (dans le cadre de la mesure 12a : "limiter l’exposition des populations aux substances chimiques préoccupantes").

Cette étude à grande échelle permettra l’élaboration de recommandations sanitaires pour la population lors des épandages de pesticides avec des prescriptions particulières pour les populations sensibles (enfants, femmes enceintes, …). Ces recommandations concerneront les comportements de la population au sein des habitations ou des lieux accueillant des populations sensibles mais s’adresseront également aux exploitants et travailleurs agricoles.

L’ARS OI ne manquera pas de s’assurer de la mise en œuvre de ces recommandations pour les territoires de la Réunion et de Mayotte."

Une réduction de l’usage des pesticides de 50%
 
Depuis 2008 et les grenelles de l’environnement, la Réunion est dans une démarche de réduction de l’utilisation des pesticides. Cette diminution se chiffre aujourd’hui à 50% selon la Chambre d'Agriculture.
 
"On doit connaître la dangerosité de ces produits. Il faudrait que l’on puisse tracer, établir des fiches de suivi sur ces produits dès qu’ils rentrent à la Réunion. On doit pouvoir plus facilement voir le classement de leur dangerosité.
 
L’utilisateur est exposé et nous devons trouver un moyen de le protéger. Il faut aussi sensibiliser les vendeurs de ces produits industriels, qu’ils informent les agriculteurs des alternatives possibles" conclut le Président de la Chambre d’Agriculture.




Ne manquez pas notre prochain article : "Stérile à 27 ans à cause des pesticides: un agriculteur témoigne"
Vendredi 19 Août 2016 - 19:21
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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1.Posté par L'Ardéchoise le 19/08/2016 19:26

L'IRT a déjà fait une vidéo sur les petits zoizeaux. A quand une autre sur les petits poiSons ?

2.Posté par cmoin le 19/08/2016 19:30

On l'entend moins,là le minatchy!!

3.Posté par calou le 19/08/2016 20:04

Et l’action de ces produits sur l’humain et qui provoquent des dégénérescences des neurones pour ne pas dire leur disparition définitive chez la plupart des parkinsoniens de l’île.

Plus de 80% des malades du parkinson habitent dans le sud de l’île, près des champs de cannes.

Roundup et pesticides peuvent favoriser l’apparition de cette maladie, mais il existe également d’autres causes : le stress en particulier, parfois également la disparition brutale d’un proche.

4.Posté par GIRONDIN le 19/08/2016 20:24

1.Posté par L'Ardéchoise
Excellent

+

Il en pense quoi le senatueur Didier, l'Adepte des insecticides néonicotinoïdes tueur d'abeille ?

5.Posté par kld le 19/08/2016 21:35

girondin ++++++++++++ le didi 1er n'est effectivement pas exempt de critique sur ses "positionnements" en tant que sénateur , inutile à la 'République " d'ailleurs , ces "sénateurs" .

on rappellera d'ailleurs ses "positions" à ce didil 1er sur des "sujets" qui sortent du "centre du monde réunionnais" /
- non à la reconnaissance du peuple palestinien
- non à la condamnation des pesticides

bref un grand que ce "DIDI Robert" ? on en en est "si tellement fier " ........... pov didi et ses suiveurs § c'est pas gagné pour la RUN

6.Posté par kld le 19/08/2016 21:55

fectivement , on est pas "formidable' question "pesticide " à la Run . ça aussi , c'est un " combat " ?hein , "minatch" ............

7.Posté par Loranger le 19/08/2016 22:13 (depuis mobile)

Ouimoi je connais ces produits. Professionnel de ces produits avec des diplômes qui me permettent de conseiller de vendre et surtout de faire rentrer.j ai peur pour l avenir!!!!un conseil sinon trop long a expliquer:produits sans trous ,salade grosse

8.Posté par Association Citoyenne de Saint-Pierre REUNION le 20/08/2016 09:34

Article très utile pour rappeler à quel point la vigilance et l'implication de toutes et tous est nécessaire dans le domaine de la santé publique.

En 2007, lorsque l'Association Citoyenne de Saint-Pierre a découvert que l'eau soi-disant potable fournie à la majeure partie des Saint-Pierrois était non conforme (!) (pollution à la déséthylatrazine interdite depuis 2003), elle a mis mis en demeure la commune de respecter la loi et alerté l'ARS.

Quel crime d'avoir osé défendre l'intérêt général !
Ce fut donc encore un combat, on nous a éjecté de la commission des services publics relative à l'eau pour non remplacer par des béni-oui-oui aux ordres et qui n'y connaissent rien type "roulanou", une dérogation a été validée par les autorités en attente d'une usine de potabilisation promise officiellement, et pour finir ...., on mélange l'eau polluée de la nappe phréatique avec des eaux de surface pour diluer la pollution et l'amener à la concentration réglementaire ...

Petit historique à lire sur notre site.
Tous les citoyennes et citoyens se doivent donc d'exiger de leurs élu(e)s et des représentants de l'Etat le respect de la réglementation sanitaire, un combat essentiel pour la santé.

9.Posté par Eon le 20/08/2016 10:06

Faut pas non plus s'inquiéter de tout et de rien !
C'est comme pour l'éclipse du 1er septembre ... certaines communes ferment leurs écoles (tempête dans un verre d'eau) et privant ainsi les élèves de regarder dans de bonnes conditions ce phénomène naturel !
Incroyable !
J'ai tj dit qu'il ne faut pas mettre des personnes au-dessus de 50 ans comme maire ... ils ont peur de tout et de rien ! et sous les pressions (non de bière) ils sombrent dans un catastrophisme aigu ....

Dommage !

10.Posté par citoyens vigilants le 20/08/2016 10:36

depuis le temps qu'ils nous empoisonnent tous ces fumiers et en plus avec les deniers des contribuables il y a des procès qui se perdent dans ce pays, pour débusquer tout ce petit monde!!.

11.Posté par wanted dead or alive le 20/08/2016 10:45

un grand merci a tous ce zelues de pacotilles de continuer a empoisonner la population....

12.Posté par golf51 le 20/08/2016 11:20

post9

Ce commentaire me fait hurler de rire! Bravo man.

13.Posté par Zarin le 20/08/2016 11:34

Les médecins ont besoin de patients...

14.Posté par Ma sonnerie le 20/08/2016 11:43 (depuis mobile)

Enfin un peu de journalisme..

15.Posté par Phil le 20/08/2016 13:44

Et si tout simplement, on interdisait l'entrée de tout ces produits polluants comme l'a fait le Chili. Je pense qu' il serait urgent d'agir...a moins que vous soyez satisfait que la réunion ai le record de Cancer.
Je ne comprend plus ou le système veut nous mener, c'est peut être a nous de prendre les rennes...
Et maintenant je m'adresse a vous les agriculteurs: Essayer d'ouvrir les yeux sur les produits que vous pulverisez sur vos cultures et demandez vous bien si c'est vraiment la seule solution. Etes vous prêt a polluer les cours d'eau, les nappes phréatiques, tuer pleins d'animaux et d'insectes très utiles pour vos cultures, engendrer des maladies mortelles a votre famille, entourage et clients juste pour éviter la pousse des mauvaises herbes.
Agissez avant qu'on ne le puisse plus.

16.Posté par polo974 le 20/08/2016 14:17

""" Cette diminution se chiffre aujourd’hui à 50% selon la Chambre d'Agriculture. """

Si c'est effectivement le cas, soit on est parti d'un gros nawak dangereux, soit pour une fois la Réunion est en avance sur la métropole (qui au lieu d'avoir drastiquement diminué les pesticides les a augmenté).

Donc si cette info de baisse de la conso des pesticides à la Réunion est bien vraie, je dis bravo à ceux qui l'ont réalisée.

17.Posté par ergreg le 20/08/2016 14:27

la filière canne, filière du développement durable...mon Q !

18.Posté par pipo le 20/08/2016 14:33

cinq fruits et légumes chimiques par jours c'est bon pour votre cancer!

19.Posté par DEEDEE le 20/08/2016 14:55

Ahh ! On se réveille après tant d'années de " n'importe quoi" dans l'usage des produits phytosanitaires, avec des utilisateurs pas ou peu formés, qui en mettent toujours un peu plus pour "plus d'efficacité"
Avec les conséquences que l'on connait pour nos rivières et lagons.
Les" brigades vertes" auront beaucoup de mal à contrôler et verbaliser ceux qui usent et abusent de ces produits dangereux pour certains autorisés "exceptionnellement à la Réunion.
Plus facile pour eux de traquer le petit pêcheur dans le lagon.

20.Posté par Zarbi le 20/08/2016 16:26

Chambre d'agriculture inféodée à la FNSEA et à l'affairiste Xavier Beulin ( "président" de cette si controversée , aujourd'hui , FNSEA ) dont les filiales d'Avril ex-sofiprotéol commercialisent plus de 50% de ces produits dangereux , voire mortels .
Avril c'est 150 sociétés dans 22 pays étrangers : l'Empire du fossoyeur Beulin de l'agriculture française , exclusivement tourné vers le négoce et l'exportation .
Le souci environnemental ne fait pas partie des préoccupations de Beulin ; son seul objectif : faire produire de la merde en énormes quantités dopée aux organo-phosphorés pour exporter au maximum ( en utilisant ses produits bien sûr )
Le "round-up" commercialisé par Monsanto , ex-agent orange qu'il a fallu recycler après le Vietnam , est l'arbre qui cache la forêt , toute la chimie industrielle ( Bayer , Syngenta , Dow-chemical , Rhone-Poulenc ... ) participe à saloper , nature sites et plages de l'île ; une responsabilité directe dans la pollution des nappes phréatiques comme des eaux de surface : tout ce que vous mettez dans les hauts se retrouve IMMANQUABLEMENT dans les lagons et abords de l'île .
Après ça étonnez vous que les coraux disparaissent que la faune aquatique se raréfie ?
L'agriculture peï comme métro est entre les griffes des vautours de la FNSEA ; il ne faut pas attendre de remède de ceux qui empoisonnent quotidiennement nos sols et ce que nous mangeons .
( je manque de temps mais je pourrais aussi vous parler des bons apôtres de la Cooperl - plus gros pollueurs de l'Ouest de la métropole - qui via la chambre d'agriculture sont venus il y a 15 ans implanter sur l'île les élevages industriels de cochons dont les excréments et pissats contribuent également à la pollution par les nitrates des terres et des eaux )

21.Posté par Mwa la pa di le 20/08/2016 20:23

Ils se foutent de notre poire ! depuis 1983 pas une seule communication sur l'état des produits maraichers en vente sur les marchés. A l'époque quasiment tous les vendeurs du marché de ST pierre avaient un dépassement inouï de pesticides.... Depuis silence radio.....

22.Posté par A mon avis le 20/08/2016 21:28

Extrait de :
"L'alimentation en otage"
par : José Bové et Gilles Luneau
Editions autement


"Dans l'ombre de la finance et du profit à court terme, une poignée de multinationales aux pouvoirs tentaculaires ont mis la main sur tous les échelons du système agroalimentaire mondial. De la graine plantée en terre, à la grande distribution, des OGM à la sélection génétique animale, du négoce à la transformation, rien ne leur échappe"


Pour ceux que le sujet vous intéresse, vous ne regretterez pas les 17 euros de cet ouvrage très richement documenté et agrémenté de schémas et graphiques clairs qui mettent en relief l'imbrication de toutes ces sociétés (dont Monsanto est emblématique) qui pratiquent un lobbying forcené à l'échelle mondiale.

23.Posté par pascaled le 21/08/2016 02:19

oui oui ouvrons nos yeux, il le faut trop de laisser aller!

24.Posté par Tikolon974 le 21/08/2016 08:10

Et comment faire pour trouver zéro pesticide dans les produits bio, , est-ce que le fait de payer le contrôle suffit pour faire du bio ????????????

est-ce qu'ils arrosent avec de l'eau bio ?
et leur air, il est bio aussi ?
et la pluie , avant de tomber sur les parcelles bio, se déchargent elle de ses poisons ?
utilisent ils du matériel bio à tous les stades de leur production,
etc !etc ??????????????,

25.Posté par Europe: surtout malade des lobbies, de la chimie, de l'économie et de la Finance? le 21/08/2016 09:36

18.Posté par pipo le 20/08/2016 14:33

Mdr et bravo: très bien résumé l'incohérence des politiques de santé et de l'agriculture qui continue de tolérer pesticide, biocides, .... et autres produits chimiques qui comme tout le monde sait sont excellents pour la santé des êtres humains et pour l'environnement naturel et les nappes phréatiques, eaux douces et la mer. Absolument inoffensifs bien sûr (c'est de l'humour, pour qui n'aurait pas compris...).

20.Posté par Zarbi le 20/08/2016 16:26

Tout à fait d'accord. Je suis preneur de tous autres commentaires e votre part sur le sujet.

Pourquoi ne pas imaginer des barrières économiques sur des critères de santé des produits agricoles encore plus draconiens faisant que quasiment seules les importations bio ne soient pas pénalisées?

Et des pénalisations des productions non bio?

Marre du diktat de l'économie et de la finance sur la santé et l'environnement.

Elle sert à quoi l'Europe, à part laisser prospérer en son sein des représentants ou ex-représentants de banques et grosses entreprise, notamment chimiques (Bayer, Monsanto, ...) et divers lobbies (agricoles notamment) ou se laisser influencer voire arroser par elles et eux ?

Dans un article du Monde du 08/08/2016, je suis tout à fait étonné de lire :

"Encore raté. La Commission européenne n’est pas parvenue à faire accepter par les Etats membres, lundi 6 juin, une réautorisation provisoire du glyphosate en Europe, ce pesticide controversé – principe actif du célèbre Roundup de Monsanto et clé de voûte du modèle agricole dominant."

http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/06/06/la-proposition-de-bruxelles-de-reautoriser-provisoirement-le-roundup-essuie-un-nouvel-echec_4938862_1652666.html
://

Vous vous rendrez compte? Au lieu que le glyphosate composé essentiel du Roundup qui est un super cancérigène soit interdit DEFINITIVEMENT (ce que comprendrait un enfant de 5 ans), et bien, non, il n'est pas interdit définitivement et régulièrement, on essaie de nous le refourguer.

Et c'est la COMMISSION EUROPEENNE elle-même (citoyens européens, vous êtes protégés, dormez tranquillement) qui propose au contraire de voter pour sa commercialisation en Europe!.

Ami(e)s cancéreux(ses ou futurs cancéreux/ses, bonjour et bienvenue dans cette usine à gaz qu'est l'Europe!

Avec comme président de sa commission, Jean Claude Juncker, ancien ministre des finances et premier ministre du Luxembourg, un petit paradis fiscal européen...!

La commission européenne (et les autres institutions européennes: que fait le Parlement européen pour monter au créneau?) est-elle au service de l'argent ou de la santé des gens?????

En résumé: EUROPE et pesticides = économie et finance plutôt que santé des gens et protection de l'environnement ?

Enfin, concernant la Réunion, on a réduit de 50 % l'usage de pesticides (en moyenne: ce qui veut dire que certains doivent continuer à haute dose ...) car on dot parler de quantités de produits dits phyto"sanitaires" (ah ah ah l'oxymore!).

Mais j'en conclus qu'avant 1990, c'était pesticides à tout va.

Et qu'actuellement, ça continue; un peu moins, mais ça continue.

Quand les "super'" agriculteurs locaux comprendront-ils que aucun de ces produits n'est vraiment bon pour la santé et l'environnement et que le mieux sera de réduire encore beaucoup plus leur utilisation voire ne plus les utiliser?

Quand respectera-t-on l'être humain et la nature?

26.Posté par Zarin le 21/08/2016 09:46

Osmose inverse

L’osmose inverse est un système de purification de l'eau contenant des matières en solution par un système de filtrage très fin qui ne laisse passer que les molécules d'eau.

Wikipédia

27.Posté par A mon avis le 21/08/2016 11:17

@ 24 Tikolon974 :
Rien n'est parfait. "De deux maux il faut savoir choisir le moindre".
Et en l'occurrence entre le "bio" et "l'agriculture chimique" y'a pas photo !

Mais l'agriculture biologique suit des méthodologies culturales très précises, se rapprochant le plus possible des cycles naturels, et un protocole de certification très strict. Toutefois, on peut noter que les directives européennes assouplissent petit à petit les tolérances de certification.
On peut aussi remarquer que les subventions attribuées à l'agriculture bio sont bien plus faibles que pour "l'agriculture chimique".
Le bio n'est pas beaucoup encouragé. De plus, ses partisans sont souvent l'objet de railleries ( "écolos-bobos" bien souvent raillés sur ce site).
D'autre formes de cultures se développent : permaculture proche du bio ; agriculture raisonnée, ...

Mais les lobbys chimiques sont puissants pour critiquer et dénigrer ces formes de culture avec moins de chimie et plus proches des consommateurs, avec comme principal argument fallacieux : "sans les méthodes de le culture intensive on ne pourra pas nourrir l'humanité" !

28.Posté par A mon avis le 21/08/2016 11:33

@ Zarbi : commentaires approuvés
@ 25 : OK.

Remarque :
Supprimer les pesticides implique de changer radicalement de méthodes de culture, ce qui ne se fait pas en un jour. et d'autant moins facilement que les lobbies de l'agroalimentaire s'y oppose farouchement.

Et ce n'est pas facile pour les agriculteurs de changer radicalement de méthodes culturales, quand on sait que la micro faune du sol est détruite par les pesticides, que l'équilibre biologique naturel est détruit, et que chaque jour ou presque de nouveaux parasites ou maladies sont introduits à la Réunion, (comme dans chaque pays), avec l'augmentation de la circulation des hommes et des marchandises.

29.Posté par Louis Pariot le 21/08/2016 12:28

Monsieur Gonthier après les pesticides mi propose aou une étude sur la pollution des champs cultivés par les cochons de l'île : carcasses auto, cadavres animaux, dépôts sauvages de déchets parce qu'il y en a partout dans les champs...

30.Posté par Zarin le 21/08/2016 12:53

Rudolf Steiner et l'agriculture biodynamique ? Vous connaissez ?

31.Posté par A mon avis le 21/08/2016 15:22

@ 19.Posté par DEEDEE :
Certains se réveillent en effet.
Mais depuis les années 60-70, les écologistes ou plus exactement les écologues ont commencé à être des lanceurs d'alerte ; notamment avec René Dumont (avec son pull rouge : le vert n'était pas à la mode à cette époque) candidat écologiste à l'élection présidentielle de 1974.

Mais bien sûr les "écolos" ont toujours été considérés comme de doux rêveurs ou des rigolos.

Si réellement "on se réveillait", les partis écologistes n'obtiendraient pas de scores aussi minables aux élections, et on n'entendrait pas un certain ancien président de la république dire "l'écologie ça commence à bien faire !"

32.Posté par Europe: surtout malade des lobbies, de la chimie, de l'économie et de la Finance? le 22/08/2016 06:41

27.Posté par A mon avis le 21/08/2016 11:17

Eh oui, l'Europe n'est pas franchement probio, c'est un euphémisme non?

"Mais les lobbys chimiques sont puissants pour critiquer et dénigrer ces formes de culture avec moins de chimie et plus proches des consommateurs, avec comme principal argument fallacieux : "sans les méthodes de le culture intensive on ne pourra pas nourrir l'humanité" !"

Et ils ont un argument de poids: le risque de ne pas atteindre un taux de rentabilité de l'exploitation agricole, car voilà à quoi doivent servir les produits dits phyto"sanitaires" (ahahah l'oxymore): garantir que les "ennemis" (admirons au passage le langage belliqueux) mourront et que les produits (pas les plantes ou végétaux, on "merchandise", on "merchandise") seront produits en quantité suffisante.

On est dans l'économie et le financier: et là dedans, l'humain et la nature, ça ne pèse pas lourd dans la tête et les calculs de tous ces messieurs du monde agricole. Hélas.

Sauf si les cultivateurs ont pour souci premier de produire des produits sains, on est mal barrés .....

Car oui, la survie économique compte: mais au détriment du reste?

Alors pourquoi pas des barrières réellement sanitaires en Europe et dans chaque pays (ah oui, avec l'UE, plus de barrières douanières intérieures.... "super!").

L'Europe, malade par principe car chaque Etat membre ne peut plus faire ce qu'il veut chez lui (politique monétaire, protection biosanitaire, ...)?

33.Posté par Antipode le 22/08/2016 08:30

Que de commentaires encourageants, ça me donne envie d'une envolée... :D
C'est bon à lire et c'est une force certaine de volontés qui veulent mettre en œuvre ; et ça ne peut se faire - comme il en est maintenant avéré d'en convenir - que sans des élus/représentants (de commerce) d'intérêts privés/capitalistes et minoritaires, qui n'ont rien de bon pour le commun !

La science des systèmes complexes dans la citée, l'intelligence collective fruit des idées et expériences de chacun ; les citoyens, les scientifiques et autres chercheurs dont les universitaires, doivent être la force de proposition des projets, des choix et des solutions d'une société pérenne ; la politique c'est l'unique endroit où nous n'avons pas encore intégré la science ; ouvrons l'ère de la cybernétique :)

Particulièrement pour l'agriculture, nous savons maintenant que l’agroforesterie et la permaculture sont plus performantes que l'agriculture-chimique prétendue "conventionnelle" ; et plus encore, nous devons être la génération qui met fin à la consommation des animaux non-'humains' !

34.Posté par A mon avis le 22/08/2016 11:23

@ 33 Antipode :
la politique c'est l'unique endroit où nous n'avons pas encore intégré la science


Vous oubliez les médias et la "culture".
Dans n'importe quelle émission d'information générale et "culturelle", l'animateur s'excuse généralement de son manque de connaissance scientifiques, mais ne voudrait pas être pris en faute de ne pas avoir lu le dernier roman à la mode.
Quant aux informations "culturelles" elles ne traitent la plupart du temps que des spectacles et de la littérature et des livres ou films à la mode ; les mots "sciences" ou "mathématique" apparaissent souvent comme des intrus, voire comme des grossièretés.

Les émissions scientifiques ou articles dans les médias sont très rares. (En dehors des revues spécialisées).
Les sections littéraires, de psycho ou de sociologie en université sont saturées. C'est loin d'être le cas en sections scientifiques !

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