Société

Risque requin: Les "Irreverseables" interpellent le Conseil de l'Europe

Les Irreverseables... Il s'agit d'un groupe de citoyens réunionnais concernés par la protection de la biodiversité, et œuvrant, comme ils l'expliquent eux-mêmes, pour une relation "homme-nature harmonieuse". Le groupe a décidé d'interpeller Eladio Fernandez-Galiano, Secrétaire exécutif de l’accord européen et méditerranéen sur les risques majeurs au Conseil de l’Europe et Chef de l'Unité de la Biodiversité au Conseil de l'Europe. Voici leur courrier suivi de la réponse de l'intéressé.


Risque requin: Les "Irreverseables" interpellent le Conseil de l'Europe
"La Réunion traverse une crise majeure depuis quelques mois du fait d'une série d'attaques de requins (8 dont 2 mortelles en 2011) sur son littoral Ouest très balnéaire. Après une grande phase d'émoi passée et l’intervention peu judicieuse d’organisations environnementales ignorant le contexte local (et traitant les surfeurs qui étaient en faveur d’une pêche préventive de requins meurtriers de noms peu courtois), la tension sociale sur ce thème est à son paroxysme.

Un programme de recherche a été lancé par l'Institut de Recherche pour le Développement de la Réunion afin de pallier au manque total de connaissances sur les deux espèces en cause (requin tigre et requin bouledogue). Ce programme de recherche ne délivrera ses conclusions que dans 30 mois, et toutes les plages et activités nautiques, et par conséquent touristiques, sont bloquées pour l’heure sur la côte ouest. Les usagers de la mer s’estiment privés des services que leur rendait l’écosystème marin. Les esprits s’échauffent donc, certains usagers étant presque tentés d’aller prélever des requins hors réserve pour trouver une résolution à l’immobilisme.

Notre groupement considère que les requins représentent un maillon essentiel de l’écosystème marin. Les requins en général font l’objet à l’échelle du globe d’une pêche massive, leurs populations sont en déclin. Ces deux espèces sont d’ailleurs inscrites à la liste rouge de l’IUCN, mais ne disposent cependant pas d’un statut de protection. Le contexte local semble cependant différent des statistiques annoncées à l’échelle mondiale. Les pêcheurs rapportent que des centaines de requins sont présents au large de la Réunion, et plusieurs individus de requins bouledogue pourraient s’être récemment sédentarisé sur des zones fréquentés par les baigneurs, les surfeurs etc.

La côte Ouest fait partie d’une réserve marine où la pêche est soumise à une réglementation. Le point de friction entre toutes ces parties réside essentiellement dans la question de savoir si la pêche de quelques individus de requins bouledogues et tigres hors du périmètre de la réserve marine est répréhensible par les lois françaises et européennes, ou est acceptable moralement. Y aurait-il également selon la Convention de Berne des réserves à utiliser des drum-lines ?

Nous aimerions savoir, afin d’assainir le débat et de pouvoir explorer des pistes d’actions en accord avec la Convention de Berne (signée par la France) mais aussi avec le contexte local, quelles sont les dispositions et la position de la Convention que vous avez en charge sur ces deux espèces de requin.

Nous vous serions fort reconnaissants de bien vouloir nous communiquer des exemples de situations similaires, et les informations dont vous disposeriez sur la médiation environnementale.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Chef de l’Unité de la Biodiversité, nos sincères salutations.

Les Irreverseables"



Objet: Requin tigre et requin bouledogue sur l’île de la Réunion
 
Réf. : Votre lettre du 3 février 2012
 
 
Monsieur,
 
Je vous remercie de votre lettre du 3 février 2012 concernant la pêche éventuelle par la France de requins bouledogues et tigres le long des côtes de l’île de la Réunion, suite à des attaques sur des personnes.
 
Aucune de ces espèces de requins ne figure dans les Annexes de la Convention de Berne et, par conséquent, ces espèces ne bénéficient pas de protection à ce titre. Les listes espèces protégées par la Convention de Berne concernent fondamentalement le continent européen, ce qui ne veut pas dire que ces espèces de requins, menacées au niveau mondial, ne méritent pas que ses populations ne soient pas maintenues à un niveau qui corresponde aux exigences écologiques, tout en tenant compte des exigences économiques et récréationnelles, au titre de l’article 2 de la Convention.
 
Je vous signale, néanmoins, que même pour les espèces strictement protégées par la Convention (liste de l’Annexe II), les Etats peuvent faire des dérogations "dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou d’autres intérêts publics prioritaires", à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée.
 
La Convention a traité d’autres cas de conflits similaires (par exemple, entre les grands carnivores et les intérêts des éleveurs), penchant toujours pour une utilisation judicieuse des dérogations afin d’assurer une coexistence entre animaux sauvages et intérêts des populations concernées par ces attaques, tout en essayant de réduire au maximum les conflits.
 
Si vous estimez que, dans le cas présent, la France pourrait ne pas respecter ses obligations au regard de la Convention de Berne, vous avez la possibilité de présenter une plainte (voir formulaire en ligne à l’adresse suivante :
http://www.coe.int/t/dg4/cultureheritage/nature/source/Bern/Complaintform_fr.doc ).
 
Concernant les drums-lines, je vous informe que cette méthode de capture ne figure pas à l’Annexe IV de la Convention (moyens et méthodes de mise à mort, de capture et d’autres formes d’exploitation interdits)."
Mardi 3 Avril 2012 - 14:46
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1.Posté par Dans le BABA..... le 03/04/2012 15:19
Merci pour cet article et ces informations.

Avec cet éclaircissement et ce positionnement officiel, il va peut être être temps de commencer à mettre en place des drums-lines pour protéger les plages.

On comprends à travers cet article qu'une certaine ONG et ceux qui la soutiennent on tout fait pour retarder les décisions qui s'imposent et qui sont légales.

On ne demande rien de plus que de retrouver nos plages et nos activités dans le même équilibre qui existait avant. Sans massacres de requin Bouledogues ou Tigre, mais en régulant leur nombre et leur présence avec les outils et les possibilités qu'offre la législation européenne.

Ils ne sont pas protégés et ils prolifèrent dans la zone ouest.

L'Europe donne la possibilité d'ouvrir la réserve marine dans le cas où la population serait en danger; ce qui est le cas.

Cet article va bien faire chier les pseudos écolos et leurs acolytes menteurs qui s'amusent à colporter des fausses informations ici et là....

BRAVO LES IRREVERSEABLES.......Qui eux n'ont pas retourner leur veste pour lécher le cul de certains.

2.Posté par papapio, ni macro ni géniteur payeur le 03/04/2012 16:25
La réunion ne ferait donc pas parti du territoire Européen ?
après qu'ils ne soient pas encore répertoriés comme espèces en voix de disparition n'est qu'une question de temps... au rythme de leur pèche.... et je ne prend surtout pas parti en écrivant ça...

Il est évident qu'une solution doit être trouvée, mais étant pour le seul "bien être" des nageurs surfeurs plongeurs, elle ne peut consister en l'extermination des requins, mais plutôt en la préservation de secteur a ces activités... La réunion pourrait elle être une des seules Iles a avoir su préserver les 2 ? Des Filets métalliques peut être ?!...

3.Posté par polo974 le 04/04/2012 14:45
"citoyens réunionnais" non, c'est citoyen français. Citoyen fait référence à un état, pas à une région ou un département...

"La réunion ne ferait donc pas parti du territoire Européen ?" non géographiquement parlant, c'est assez éloigné (d'ailleurs il y en a qui se plaignent du prix des billets d'avion).


4.Posté par Bast le 05/04/2012 02:00
A "Dans le Baba"

D'où tu sorts pour affirmer que les requins prolifèrent? y a jamais eu d'estimation des populations! Et la prolifération est purement un jugement, par rapport à ton point de vu du gars qui considère que tout lui appartient et lui ai due, et que si être vivant l'empêche de faire ce qu'il veut il l'élimine!
Tu veux juste retrouvé ta plage, et si ça se trouve le requin il essaie de retrouver celle des millions de générations de requin qui l'ont fréquenté avant, mais peut être un peu moins depuis que le littorale a été bétonné pour y entasser tout le monde.
Peut être aussi qu'il y a tellement plus de poisson à bouffer que de temps en temps les requin se tape le seul truque qui reste : des envahisseurs !
J'adère en tous cas à la démarche de des Irreverseable, même si elle n'abouti pas forcément à ce qui me semble être la bonne voie. En tous cas je trouve ça un peu fort de dire qu'il y a des centaines de requin au large que des bouldog se sédentarisent à la côte alors que cette espèce n'a jamais été une espèce pélagique, et est au contraire connue pour être une des espèces les plus territoriales, d'où sa tendance à attaquer plus que d'autre.
En tous cas je continuerai à aller dans l'eau en acceptant le fait qu'il y ai un risque. Il ne me sera jamais possible de continuer à surfer en sachant que j'y est tué les êtres qui y vivent...

5.Posté par NEMO le 05/04/2012 15:37
En clair, pour ceux qui savent bien lire le Français, il n'y a aucune interdiction pour pêcher avec des drums-lins, dans les délais les plus brefs,...

1 ) les 6 bouledogues de 3/4 mètres de long qui se sont sédentarisés à la sortie du port de Saint-gilles devant la plage des roches noires à l'affût des surfeurs,... puisque les nageurs, selon la Mairie de Saint-Paul qui parait-il, veut développer le tourisme mais ne fait rien pour les protéger,... ne sont en sécurité que sur la plage !!!

2 ) des 4 autres du même gabarit qui rôdent entre boucan et les aigrettes...

Au risque de déplaire à certains amoureux de la faune aquatique qui élèvent des gentils requins dans leurs baignoires et qui devraient aller nager dans les lieux indiqués ci-dessus,...

Les services de la Mairie et de l'Etat qui ont en charge la sécurité des biens et des personnes, ne peuvent restés les bras croisés à attendre une autre tragédie et doivent mettre en oeuvre des actions de pêche qui permettront de réduire les risques et ensuite, assurer par des équipes de plongeurs, un suivi régulier de la présence ou non, des squales dans les lieux fréquentés par les nageurs et les surfeurs.

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