Economie

Rétro Economie : Les pétroliers et la grande distribution ont tiré leur épingle du jeu

Cette année 2009 restera, pour l’économie, une année sombre : modification de la défiscalisation confirmée dans la Lodeom, retard des projets structurants, chute de la commande publique, hécatombe pour l’emploi dans le BTP, frilosité des banques, faillites en cascade des entreprises… 2009 a marqué le début de la période de vaches maigres. Même le développement durable n’a pas apporté l’essor espéré en matière d’innovation.


Rétro Economie : Les pétroliers et la grande distribution ont tiré leur épingle du jeu
Commençons par les bonnes nouvelles : les pétroliers vont bien, la grande distribution aussi. Tant mieux et merci pour eux. L’année 2009 aura la suite de la bataille commencée en 2008 pour la baisse des carburants. Les différentes sociétés pétrolières n’ont réduit leur marge à la pompe que contre une compensation de l’Etat.

Ni le rapport Bolliet, ni la mission sénatoriale, ni celle des députés n’ont rien changé dans la constitution des prix des produits. Pourtant, tous ont montré des éléments “irréguliers” dans la chaine d’acquisition et d’acheminement du pétrole jusqu’à La Réunion et également aux Antilles. Ces révélations ont eu pour seule conséquence le renvoi d’Yves Jégo de sa fonction de secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.

Un chariot-type bancale

La grande distribution n’a pas été non plus inquiétée cette année. Si la création et les manifestations du Cospar (Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion), ont eu le mérite de poser le problème de la formation des prix à La Réunion, les résultats tangibles sont très peu perceptibles dans les rayons et au caisse des centres commerciaux. Et pourtant, le chariot-type de la Préfecture, qui ne roule plus que sur deux roues et demie depuis quelques semaines, ne cesse de montrer que les prix baissent à La Réunion.

“Celui qui paye a le droit de savoir”, répète souvent Jean-Hugues Ratenon, à l’initiative du Cospar. Celui qui paye ne sait toujours pas pourquoi les prix dans la grande distribution ont été parfois multipliés par six, entre l’an 2000 (entrée en vigueur de l’euro) et aujourd’hui. La hausse du carburant, qui a sévi en 2008 et qui a atteint 150 euros le baril, a continué à peser sur le pouvoir d’achat des Réunionnais.

La crise financière mondiale – par ses effets directs et néfastes sur l’économie locale - a parachevé la faillite personnelle de centaines de familles. Selon l’Insee, 52 % de Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté. Paul Vergès, président de la Région Réunion, appelle cela l’apartheid social.

Le BTP s'effondre

Heureusement qu’il y a “l’aumône” de l’Etat : Rmi, RSTA, prime de solidarité, prime de rentrée scolaire, prime de Noël… de l’argent de poche pour le commerce en général, et la grande distribution en particulier. Ces primes ont permis de maintenir un pouvoir d’achat artificiel et de réels bénéfices pour les grandes enseignes de la grande distribution. “S’il faut payer un peu plus cher les produits pour maintenir les emplois, il faut faire cet effort”, avait dit François Caillé, patron des Leader Price, et président du Medef.

Le secteur du BTP, n’a pu ni bénéficier de “l’aumône” de l’Etat, ni d’un dispositif artificiel pour éviter l’hémorragie de l’emploi. La fin de la défiscalisation, la fin de la route des Tamarins, le retard dans le coup d’envoi des travaux pour la réalisation des projets structurants (Pôle emploi à Saint-Denis), l’annulation du Zénith à Saint-Denis, de la Rocade Sud au Tampon, le maintien du montant de la LBU autour de 270 millions d’euros pour les opérations de logement, ont provoqué un hécatombe dans le BTP, gavé pendant des années de projets très lucratifs.

9.000 emplois ont été supprimés pour cette seule année 2009. Le BTP a entrainé dans sa chute bien des secteurs d’activité…
Jeudi 31 Décembre 2009 - 14:52
Jismy Ramoudou
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1.Posté par JUBILATION 57 le 31/12/2009 16:33
Merci ky?
Merci Sarkozy!

2.Posté par Caton2 le 31/12/2009 20:04
La balance commerciale de la Réunion était déjà catastrophique en 2008 (source INSEE):
-Importations: 4 514 M€
-exportations: 259,9 M€
La tendance structurelle est à la baisse des exportations et à la hausse des importations (en 2008 : 500 M€ d'importations de plus qu'en 2007). Raison de cette hausse des importations: augmentation des importations de combustibles, de matériaux de construction, et... d'automobiles. Pour mémoire la balance commerciale de l'Île Maurice, comparable en volume, est équilibrée depuiis plus de 10 ans. Conclusion: énormes importations, production de plus en plus faible. Sans son économie assistée, la Réunion serait en faillite.
En 2009 la tendance conjoncturelle est donc encore plus catastrophique car la baisse des importations dans le secteur des matériaux de construction révèle la récession économique dans la construction immobilière et la fin de la route des Tamarins. Le secteur immobilier, lié à la défiscalisation était une bulle vouée à exploser. Le secteur du BTP profite surtout aux multinationales et peu aux locaux. Mais sa récession ajoute des chômeurs aux chômeurs... Notons que les importations de carburant et d'automobiles sont en hausse.
Ce qui peut paraître paradoxal c’est que la consommation est en croissance régulière alors que le chômage s’accentue. Le pouvoir d’achat global devrait baisser. C’est oublier que dans le même temps :
1/ le pouvoir d’achat des classes « aisées », fonctionnaires sur-rémunérés, cadres, se maintient, que des retraités de plus en plus nombreux s’installent à la Réunion, que des cadres métropolitains au chômage (bien rémunéré) viennent attendre leur retraite à la Réunion et augmentent les rangs des « privilégiés » en activité. La balance des arrivants « retraités et assimilés » et des partants
« réunionnais en quête d’emploi en métropole » est positive en faveur des arrivants. De ce fait la Réunion ne se dépeuple pas et s’enrichit de nouveaux consommateurs à fort pouvoir d’achat.
2/ l’État vient de plus en plus au secours des « pauvres » (petits revenus, chômeurs et autres
« rémistes »), augmentant leur capacité à emprunter, donc à consommer.
Ce système économique, complètement dopé par les aides de toutes sortes et une fiscalité
« allégée » est complètement artificiel.
Ce qui est effarant c’est que depuis plus de dix ans, rien n’a été fait pour changer le fonctionnement de notre économie insulaire. Eliane Mossé dans son rapport au Gouvernement de février 1999:
« Quel développement économique pour les départements d'outremer », dénonce : "la démagogie des politiques qui achètent la paix sociale et les voix en ne touchant pas aux avantages acquis ; ils ne décident rien ou le font dans l'urgence. les propositions avancées dans les multiples rapports... ont été peu appliquées et/ou suivies d’effets... les grands dysfonctionnements restent pratiquement inchangés voire même s’aggravent au cours des années" La question des sur-rémunérations des fonctionnaires de la Réunion est évoqué : « leur traitement majoré de 53 % par rapport à celui de la métropole engendre un surcoût pour le budget de l'Etat évalué à deux milliards de francs ». Est évoqué également l’assistanat érigé en système économique et la fuite en avant dans la rémunération du non travail, qui a un coût exorbitant. En 1999 il est de bon ton cependant de justifier la fuite en avant comme un moindre mal permettant de limiter l'exclusion et la violence. Ce qui provoque cette remarque cynique de Michel Godet, professeur au conservatoire des arts et métiers « au final, la Réunion est bien une chance pour la France car elle montre en modèle réduit l'impasse des politiques d'assistance irresponsable. L'injection de milliards de francs dans nos banlieues en difficulté et dans des territoires moins lointains,comme la Corse qui réclament toujours plus à la métropole tout en prétendant s'en affranchir, ne sera pas plus efficace qu'à la Réunion. Il faudra en rajouter toujours plus pour différer une explosion sociale aggravée. » fin de citation.

Quelles perspectives en 2010 ? La Réunion va t-elle devenir la maison de retraite des fonctionnaires de catégorie A et des cadres supérieurs ? Dans cette vision, le seul espoir pour les réunionnais pauvres sera de se mettre au service de cette population de nantis. Bel espoir !

3.Posté par FAIVRE DANIEL le 01/01/2010 11:28
Réponse a caton2 ou avez vous vu une fiscalité allégée, même un RMISTE sur un revenu de 500€
l'état luis en reprend un quart, Tva sur tous, taxes plus taxes,surtout s'il a une voiture.
Les plus pauvres retraités c'est pire sur 650 euros l'état et les collectivités nous en reprenne plus d'un quart ,un gouvernement qui taxe plus les plus pauvres, pour redistribuer l'argent des pauvres
a des millionnaires. Les pétroliers qui s'enrichisse sur les pauvres qu'il exploite, il veulent gagner toujours plus, la grande distribution ne savent que s'enrichir est nous exploités, des guignols qui ont les poches bien plaines. Une conversation entendu a une terrasse de café a AVIGNON en 1985
par des industriels ( allons a l'ile de la réunion la bas ont peut s'enrichir très vite) c'est état d'esprit est toujours d'actualité, il ne vienne a la réunion que pour faire du fric. il ne vienne pas faire du sociale.

4.Posté par Caton2 le 01/01/2010 14:03
3. Je parlais de l'IR. Je n'ai jamais remis en cause la pauvreté de plus de la moitié de la population.Le taux de chômage à la Réunion est inadmissible (25%), le taux de salariés fonctionnaires et assimilés également (40%). En sur-effectif et surpayés, ils forment une classe à fort pouvoir d'achat qui permet à la grande distribution de maintenir des marges inacceptables. La production est moribonde. Sans les aides, la production de sucre serait en faillite. Les autorités ne font pas grand chose pour relancer la machine économique, à part des grands chantiers qui ne concernent que le BTP et profitent surtout aux multinationales spécialisées. Pour éviter la grogne des laissés pour compte, on fait du social via des associations, qui, mal gérées, font faillite, rajoutant des chômeurs aux chômeurs... À quand un véritable plan de relance de l'économie, incluant de la formation professionnelle? C'est de la responsabilité de la Région à qui l'État à donné délégation. Qu'ont fait les politiques locaux depuis 10 ans pour répondre à cette responsabilité?

5.Posté par jiji le 02/01/2010 11:34

Caton 2, dans son premier commentaire, résume parfaitement le mal qui ronge la Réunion et qui s'est aggravé depuis la décentralisation. (j'adore sa conclusion)
Cela mériterait une plus large diffusion. Malheureusement nos quotidiens locaux sont très avares dans le courrier des lecteurs. Le nombre de mots étant limités, cet article serait inévitablement "élagué" et perdrait tout son sens.

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