Santé

Quand les médecins du GHSR ne veulent pas "d’un CHU à la papa"

L'absence d'innovation et d'équité financière, les nombreuses irrégularités réglementaires dans la procédure, la problématique du choix des sites de formation dans un CHU "bipolaire", les arguments des médecins du GHSR sont nombreux pour s'opposer à la fusion des deux hôpitaux. José Guiserix, le représentant de la commission médicale d’établissement au sein du conseil de surveillance, dénonce une fusion "immédiate, brutale et mal préparée" ou encore "un très scolaire CHU à la papa".


Quand les médecins du GHSR ne veulent pas "d’un CHU à la papa"
 
Mercredi, José Guiserix, le chef du pôle néphrologie du GHSR, a déposé un recours, au tribunal administratif, contre la fusion avec le CHD Félix Guyon. Le représentant de la commission médicale d’établissement au sein du conseil de surveillance entend contester une fusion qu’il considère "immédiate, brutale et mal préparée".

Derrière les raisons, déjà connues, des différences d’endettement entre les deux établissements, et la crainte de voir la qualité des soins menacée au Sud, c’est clairement la globalité du projet de CHU qui est ici remise en cause par les médecins et une partie du personnel. S’opposer à la fusion pour s’opposer au CHU en somme.

La raison d’être du projet est donc au cœur du désaccord. "L’innovation, seule condition posée par le chef de l’Etat, n’est hélas pas au rendez-vous", dénonce José Guiserix. Selon lui, le cadre innovant a été sacrifié "au profit d’un très scolaire CHU à la papa, singé avec de multiples dérogations sur un modèle métropolitain datant de 1958 qui s’essouffle, et demande de profondes réformes structurelles. La Réunion rate ainsi l’opportunité d’exprimer sa créativité, d’être le laboratoire du CHU du XXIème siècle".

Un CHU n’est pas indispensable à la recherche

Autre conséquence de la création d’un CHU, le recrutement de professeurs des universités-praticiens hospitaliers qui viendraient à la fois enseigner, diriger des projets de recherche mais surtout les différents services de médecine des hôpitaux (lire notre article : Au fait, c'est quoi un CHU? ). Ces recrutements vont évidement rétrograder les actuels chefs dans la hiérarchie des hôpitaux. On comprend mieux pourquoi, selon José Guiserix, un CHU n’est pas indispensable à la recherche. "La recherche sans CHU, sans moyen mais surtout sans entrave, ça existe depuis toujours". Pour nous en convaincre, il évoque les travaux du Docteur Alain Michault qui a travaillé sur le chikungunya et conçu un test dont les résultats sont disponibles en 2h30 précises (lire notre article : Une équipe réunionnaise nominée aux Victoires de la médecine 2010).

La procédure est marquée par un certain amateurisme

Finalement, le médecin s’oppose au projet à travers une approche très légaliste. Il considère que la procédure est marquée par un "amateurisme et de très nombreuses irrégularités réglementaires qui fondent également ce recours en annulation des délibérations". Il dénonce "une méthode qui procède de l’opacité, avec dissimulation de certaines informations susceptibles d’influencer le vote des instances". Selon lui, "les représentants des différentes instances n’ont pas pu mesurer les conséquences de ce mariage forcé en communauté de biens sur le moyen et long terme".

Si le partenariat avec l’université et la bipolarité Nord-Sud qui pose le choix des sites de formation, sont d’autres problématiques majeures dans ce dossier, le représentant des médecins au GHSR assure qu’il croit encore "possible un vrai projet, ambitieux et respectueux. (…) Le projet doit être gagnant-gagnant pour les malades, les étudiants, les établissements, l'Université".
Vendredi 22 Juillet 2011 - 17:39
Lilian Cornu
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1.Posté par METS DE SAINTS le 22/07/2011 18:38
Le voile est ainsi donc levé, selon ce médecin en veut en aucun cas porter atteinte aux postes de ses confrères. Il faut le dire clairement : ils ne veulent surtout pas devenir des sous chefs.

Moi qui croyais que dans le sanitaire le diplôme est ce qui prime?????

Mr Guiserix, vous êtes actuellement chef du service néphrologique du GHSR, mais rappelez vous la manière dont vous avez usée pour obtenir ce poste alors que selon certains de vos collègues néphrologues vous n'aviez pas la spécialité de néphrologie. Je ne me permettrai pas de citer les noms de vos confrères mais pensez donc à celui qui a créé et ouvert le service de néphro et qui a du vous laisser la place!!!


2.Posté par michel ravine blanche saint pierre le 22/07/2011 21:05
Bizarrement on entend pas la voix des médecins, syndicats du CHD....ils en pensent quoi de tout ça : CHU, Fusion...!!!

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