Faits-divers

Quand la débilité se fait sublime…

Tribunal correctionnel de Saint-Pierre, 31 juillet 2014.


Quand la débilité se fait sublime…
Joseph, de L’Entre-Deux, 47 ans, n’est vraiment pas le délinquant type. Il ne boit pas, ne fume pas, ne s’est jamais fait remarquer par les forces de l’ordre. Dans un si petit patelin, il est difficile de vivre caché même si on veut vivre heureux !

L’affaire qui le conduit dans le prétoire eût été banale, n’eût été le contexte de stupidité absolue qui la baigne. Stupidité, que dis-je, bêtise, con… rie, abrutissement, débilité absolue. Ca confine au divin. On n’a pas de prétexte à se friter avec son voisin, alors on en cherche un. Même le plus mauvais des à peu près.

Ce soir de baptême, petite fête en famille, Joseph s’occupe de la sono, détail qui a son importance comme on le verra.

D’un coup, l’aubaine ! Il entrevoit dans les travées l’homme (34 ans) qui est marié à sa nièce et avec qui il estime avoir un compte à régler.

"Mais qu’est-ce qu’il vous avait fait ?" s’enquiert la présidente. La réponse, on vous la donne en mille, elle vaut son pesant de vavangues : "Ben… Ce boug’ là i trompe sa femme, lu tape à elle et lu tape ses enfants aussi. Ma femme la raconte ça à d’aut’ mondes et na in’ la parti dire à lu que c’est moin que la raconte ça ! Et lu croit que lé vrai. Mi voulais demande à lu à cause".

Trois fois déjà, Joseph a voulu solder la question, ce à quoi l’autre, plus jeune, plus costaud, s’est toujours refusé. Ce qui est raisonnable mais Joseph tient à sa discussion entre quat’ zyeux et traverse la salle en direction de l’ennemi. Ce qui ne tirerait pas à conséquence s’il n’avait un câble électrique en main.
"Pourquoi le câble ?"
"L’était dans ma main, madame la Présidente. In câb’ la sono !"

Refusant de rester sur un refus de confrontation orale, il a utilisé le câble et fichu un souk total dans un repas de baptême qui, jusque là, se révélait un peu morne. Les conséquences physiques n’ont pas été graves.

"Et alors, depuis ça ?" demande la présidente qui tient décidément à tout savoir.
"Ben depu…moin la fâche avec toute la famille !"

Après que le procureur eut pris soin de rappeler que l’excuse de provocation n’existe plus en droit français, Me Ferrante s’est attachée à dépeindre "ces relations familiales compliquées, ces agapes au climat lourd, où chacun reste dans son coin".

On entend bien, mais alors… pourquoi s’inviter "quand on ne s’aime plus", comme dirait Aznavour.
Joseph aura 120 heures de TIG pour méditer là-dessus.
Vendredi 1 Août 2014 - 10:36
Jules Bénard
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1.Posté par pipoteur le 01/08/2014 12:36
Le problème c'est que cette "débilité" est chose commune à la Réunion!
Et on pourra tourner dans tous les sens, le problème n°1 est le déficit d'éducation! La misère sociale entraîne la misère humaine et génère ce genre d'énergumènes.

2.Posté par noe le 01/08/2014 13:40
Je pense que c'est 120h à nettoyer les tinettes des WC publiques qu'il lui faudrait à ce mec violent qui croit que c'est la "force" qui gouverne le monde !

Lamentable personnage qui joue de ses muscles !

3.Posté par Morpheus le 02/08/2014 02:28
Je constate une fois de plus, que le rédacteur de cet article s'est compromis, ,en romançant avec une délectation malsaine, le triste sort qui échoit aux plus malheureux d'entre nous.
Sachez Monsieur, que votre propension à satisfaire le voyeurisme d'autrui est des plus nauséabonde, à l'image de votre style.
Retournez plutôt à votre métier d'écrivain, le journalisme ne s'en portera que mieux.

4.Posté par Jules Bénard le 02/08/2014 09:13
à posté 3 "Morpheus" : mieux vaut entendre ça que d'être sourd.
Je vous dirai, cher monsieur, que si tous les chroniqueurs écrivaient de la même manière, le lecteur n'aurait plus guère de choix.
Mes confrères qui traitent la correctionnelle du jeudi avec moi, eux, ne m'adressent aucune critique. Nous avons même plutôt d'excellentes relations.
Il y a aussi les 99 % de lecteurs qui aiment mon style ; alors que quelques atrabilaires comme vous n'aiment rien. J'écrirais autrement que vous trouveriez encore à redire. En fait, ce n'est pas mon écriture qui vous gêne.
C'est moi, et je sais pourquoi car votre pseudonyme est aussi transparent qu'un encéphalogramme plat !
Ou alors... vous êtes maso ? Pourquoi me lire, en effet, si vous détestez ?
Sachez que si je tourne certaines situations en ridicule, c'est qu'elles ne méritent pas d'empathie.

5.Posté par Madinina le 02/08/2014 09:54
1. Tout à fait d'accord avec "pipoteur".

J'ajouterai que malheureusement cette "débilité" trouve son origine dans le patrimoine génétique transmis au cours des générations, aggravé par la consommation d'alcool et de zamal qui sont des neurotoxiques à largage différé : d'où les crises de delirium tremens et les coups sangs qui peuvent transformer des individus relativement calmes de prime abord en fous furieux subitement et parfois, hélas, en assassins.
Le mot "assassin" vient du mot arabe حَشَّاشِين, ḥašāšīn ! (celui qui consomme du hashich)
Pour la petite histoire, ce même hashich était largement utilisé par l'armée japonaise qui en faisait fumer à ses jeunes pilotes kamikazes qui précipitaient leurs avions sur les bâtiments de guerre américains dans le Pacifiques avant de détruire la flotte aéronautique de la base de Pearl Harbour ...

2. Quant à la diatribe de "Morpheus" elle est à côté de la plaque ! Manier l'humour, pour un auteur, est un art qui n'est pas donné à tout le monde. Seuls les esprits subtils peuvent en apprécier toute la finesse... Allez, "Morphéus", faites un petit effort !


Un article bien rédigé et avec humour -excepté une redondance lourde et maladroite " eût été banale, n’eût été le contexte"- : mais l'ensemble fait un bien fou !!

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