Société

Projet d'immeuble de bureaux à 48 millions bloqué: La mairie de St-Denis mise en demeure

Rodolphe Perez, directeur de la société Immo Neuf, vient de mettre en demeure la mairie de Saint-Denis d'instruire son dossier d'acquisition de parcelle communale en vue de la construction d'un immeuble de bureaux situé sur le Boulevard Sud. Une demande qui fait suite à la découverte, quelques semaines après que la mairie n'ait pas donné suite favorable à son projet, d'un autre projet porté par Apavou - Futura 2 - une dizaine mètres plus loin. Problème, la mairie avait signifié à Rodolphe Pérez son intention de construire à cet endroit des "équipements publics de proximité". Une situation alambiquée qui suscite l'interrogation.


Projet d'immeuble de bureaux à 48 millions bloqué: La mairie de St-Denis mise en demeure
Pour refuser le projet de Rodolphe Pérez, la mairie de Saint-Denis s'était appuyée sur la révision de "sa politique de développement local" en vue d'un rééquilibrage de l’offre en équipements publics de proximité. Une décision prise par la commune en raison de "la programmation récente de nombreuses et importantes opérations de logements sociaux en VEFA (Vente en état futur d'achèvement) sur le secteur de Sainte Clotilde", avait-elle ajouté. La mairie avait conclu dans une réponse adressée par courrier au directeur de la société Immo Neuf le 3 septembre dernier : "Le foncier communal que vous convoitez à cet endroit fait l’objet d’études dans le cadre de la procédure de révision du plan local d’urbanisme engagée par la Commune. Votre projet d’immeuble de bureaux n’a pas été jugé conforme à cet objectif".

Quand Rodolphe Pérez apprend que le groupe Apavou a l'intention de construire son projet de Futura 2 à une dizaine de mètres de son projet "retoqué" par la mairie, et empiétant sur une des parcelles de son projet, son sang n'a fait qu'un tour. "La stupeur a été totale", lâche-t-il. "J'apprends que le projet d'immeuble de bureaux Futura 2 est en cours d'instruction de permis", ajoute-t-il.

Une fusion de parcelles correspondant au plan de masse du projet Futura 2

"Sur le plan de masse, il est étonnant de constater que ce projet est implanté sur une assiette foncière, constituée exclusivement de parcelles communales (…). Le 19 septembre 2012, la mairie a fait une demande de fusion de ces parcelles en joignant le document d’arpentage numérique, lesquelles devenant au service du cadastre une seule et unique parcelle, correspondant évidement au plan de masse du projet Futura 2, du Groupe Apavou", s'étonne-t-il dans son courrier de mise en demeure adressé à la mairie. "Plus troublant encore, le plan de masse du projet Futura 2 comprend également la parcelle AW 921. Problème, cette parcelle fait partie des parcelles communales pour lesquelles un accord de la mairie m’a été signifié et faisait donc partie de l’assiette foncière de mon projet. La mairie, avant le refus officiel de mon projet en date du 3 septembre 2012, a sciemment laissé utiliser une emprise foncière communale, faisant pourtant déjà l’objet d’un accord de vente. De plus, avant le refus de mon projet, le Groupe Apavou avait déjà réalisé la conception de son projet de fait, sur une partie de mon terrain", explique-t-il.

Interrogé, le premier adjoint de la mairie de Saint-Denis, Gérald Maillot, a une vision différente du problème. "Les parcelles correspondant à la fusion sont des parkings qu'occupe actuellement la société Apavou. Cette demande avait été faite en novembre 2011", explique-t-il, rappelant qu'il existe un bail entre la société et la commune. Gérald Maillot poursuit. "Dans un premier temps, nous étions d'accord sur le premier projet porté par Immo Neuf portant sur trois parcelles communales (…) Mais la société Immo Neuf est revenue nous voir avec un projet plus grand. Nous étions contre ce projet".

"Apavou n'a pas instruit de permis de construire auprès de nos services"

La mairie de Saint-Denis avait expliqué précédemment (voir ici : St-Denis: Un projet d'immeuble de bureaux à 48 millions bloqué par la mairie ? ) qu'une partie des terrains, convoitées par Immo Neuf pour la construction de son projet, ne lui appartenaient pas, car transférés à la Région. "On a attendu pendant un an que la délibération arrive concernant la Région", nous avait-il rappelé. "Quand la Région aura statué sur ces parcelles, une proposition pourra être faite par la mairie sur l'utilisation de ces terrains", rappelle-t-il. "On n'investit pas dans quelque chose qui n'est pas sûr. Sur le secteur de Sainte-Clotilde, beaucoup de logements sociaux ont été construits. On fait très attention à ce qui se fait dans le secteur. Il n'y a pas eu d'accord écrit. M. Espéret (ndlr: Adjoint à l'urbanisme) ne peut pas donner un accord comme ça et un accord verbal n'a pas de valeur (…). On doit passer par un appel à projet pour décider du choix du projet et faire le tri parmi ceux qui ne tiennent pas la route", ajoute-t-il. Par contre Gérald Maillot est formel : "Aujourd'hui, Apavou n'a pas instruit de permis de construire auprès de nos services", conclut-il.

Quand à la mise en demeure de la mairie de Saint-Denis, Gérald Maillot ne fera pas de commentaires. De son côté, Rodolphe Pérez est clair. "Je mets en demeure la Mairie de Saint Denis de me laisser signer les compromis portant sur les parcelles communales et d’instruire ma demande de permis de construire pour le projet Centre d’Affaires Saint Denis Deux Canons (S.D.D.C). A défaut, soupçonnant clairement la Mairie de Saint Denis d’avoir favorisé indûment le Groupe Apavou, je pourrai être amené à déposer plainte au pénal, et parallèlement lancer une procédure au civil", conclut Rodolphe Pérez.
Lundi 29 Octobre 2012 - 16:40
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1.Posté par Bertrand le 29/10/2012 17:47
Une collusion entre un acteur public (la mairie) et une entreprise privée, qui plus est locale ? Non, jamais de la vie, voyons. Tout le monde sait qu'il n'existe pas de corruption à la Réunion...

2.Posté par Mwa la pa di le 29/10/2012 17:49
Foutez lui la paix au Maire de St Denis, il a déjà été condamné.....

3.Posté par John Galt le 29/10/2012 17:49
encore une affaire puante au pays des soviets les socialistes aiment la corruption encore un investisseur qui n'a pas voulu donner la valise ,et un autre véreux aux abois qui s'imagine faire le coup du siècle

4.Posté par kada le 29/10/2012 18:43
Bizarrerie dans un projet d'immeuble, bizarrerie dans la construction d'une station de lavage sur le boulevard sud, bizarrerie dans les autorisations de constructions en plein centre ville! Bizarrerie dans les rencontres avec les dirigeants incompétents du service de l'urbanisme! Quand est-ce qu'il y aura de l'ordre à la mairie de Saint-Denis? Des régularisations qui interrogent tout le monde... Quand est-ce que tout ça va s'arrêter?


5.Posté par oceane le 29/10/2012 18:47
M. Espéret (ndlr: Adjoint à l'urbanisme) ne peut pas donner un accord comme ça et un accord verbal n'a pas de valeur (…)
Ah ah ah! Il n'y a qu'à regarder les nombreux permis attribués n'importe comment et on verra si mr espéret ne peut pas donner son accord comme ça! L'urbanisme ? C'est le service bordel de la mairie!!! au détriment des gens!

6.Posté par michel ravine blanche saint pierre le 29/10/2012 20:47
Quelle mocheté..pire que Apavou c'est dire.

7.Posté par Constat le 30/10/2012 08:39
On dirait un casque colonial pris entre les mors d'un étau sans pitié. Encore une atrocité venant s'ajouter aux autres et, tous n'ont pas leur pareil pour parfaire le saccage d'un paysage déjà ravagé par le béton à outrance ; sans âmes donc. L'autorisation de la construction d'une telle verrue, trouble de l'harmonie d'un patrimoine en état d'achèvement, ne doit en aucun cas être construit à cet endroit et à fortiori ne pas donner lieu à la délivrance d'un permis de construire... sauf si le promoteur accepte de revoir sa copie et en modifie le contour.

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