Faits-divers

Procès Verbard : Les avocats de la défense demandent une peine "modérée"

Trois avocats se sont avancés à la barre ce matin afin de plaider pour leurs clients. Me Moissonnier, Me Gangate et Me Hoareau, respectivement défenseurs des époux Michel et des frères Daleton ont chacun demandé aux jurés de rendre "une décision juste et équitable".


Procès Verbard : Les avocats de la défense demandent une peine "modérée"
Dixième jour de procès et peut être bien l'avant dernier. Ce matin, Me Catherine Moissonnier, avocate de Marie-Lucie et Alexin Michel a tenté, dans une ultime argumentation, de convaincre les jurés de prononcer une peine qui puisse permettre à ses clients "d'envisager un avenir".

Une heure plus tôt, l'avocate était revenue sur les faits reprochés à Alexin Michel, l'un des membres du commando qui avait enlevé le jeune Alexandre en Août 2007. Ce commando, qualifié par la procédure et par les parties civiles d'organisation criminelle, mais qui selon Me Moissonnier, ressemblait davantage à une "bande de pieds nickelés, d'amateurs pas très organisés". Et le conseil de reprendre quelques points de l'enquête afin d'illustrer son propos: "La voiture a été louée avec un chèque, Alexin Michel a utilisé des gants pour faire la vaisselle quand il est entré dans la maison des Thélahire, ils ont fermé la voiture à clef avant de passer à l'action, ils sont allés acheter un briquet pour mettre le feu à la voiture. Personne n'avait prévu de plan B. Est ce vraiment là le comportement de professionnels du crime?" a-t-elle relativisé.

Quant au mobile de ses agissements, la représentante d'Alexin Michel a insisté sur le fait que c'était un homme très pieux depuis de nombreuses années. A son avis, le fait d'avoir "un excès de foi" ne constitue pas un crime, "il a agi sans réfléchir".  Son épouse, Marie-Lucie Michel, 51 ans, était l'une des seules à avoir un peu plus de "raisonnement" a signalé l'avocate. "Elle n'était pas contente quand elle a vu l'enfant arriver. Elle savait que cela allait leur causer des problèmes. Elle a demandé à ce qu'on le ramène".

Les Daleton, une solidarité sans faille

L'autre famille impliquée de façon concrète dans le dossier reste la fratrie Daleton. Cinq frères originaires de Saint-Paul, âgés entre 20 et 40 ans, qui ont participé au rapt en raison de "leur foi inébranlable". "Ils étaient dans leur vérité, dans leur croyance. Corinne Michel a dit avoir reçu un message de la Vierge lui sommant d'enlever l'enfant. Ils savaient que c'était quelque chose de mal mais comment allaient-ils s'opposer à la volonté divine?", a tonné Me Djalil Gangate, défenseur de Patrice, Johan, Yves et Jean-Charles Daleton.

Mettant en exergue l'expertise du psychiatre, ce dernier a souhaité "ramener ce dossier hors normes à des dimensions beaucoup plus réelles": "Ce sont des gens limités, non pas dans le sens péjoratif du terme, mais ils n'avaient pas tous les outils pour réfléchir au préalable. Ils ont agi par suivisme, sous l'emprise familiale et celle du groupe. Ils ont pensé qu'il fallait le faire."  Evoquant "la solidarité sans faille et l'aveuglement" dont ils ont été victimes, l'homme en robe noir n'a pas manqué d'indiquer que ses clients avaient reconnu les faits, et " exprimé leurs regrets et leur souhait de réparer la faute en assumant ses conséquences". Une réparation que l'avocat souhaite juste et proportionnée.

Pas de jugement "au delà du raisonnable"

Même volonté de la part du bâtonnier Georges-André Hoareau pour le cinquième frère, John Daleton, impliqué dans les deux affaires d'enlèvement. Aux jurés et à la cour, il a fait remarquer que la religion constituait de toute évidence le squelette du dossier. Pour autant, il a signifié aux jurés que l'affaire devait être "jugée de façon laïque".

A l'instar de tous ses confrères, Me Georges-André Hoareau a rappelé le rôle de son client : "Il n'était que le chauffeur. On lui dit de prendre l'enfant, il le prend, on lui dit de le ramener, il le ramène, c'est tout". Comparant ce rôle à celui de "Guillaume Maillot, sans qui rien de tout cela ne serait arrivé, et qui est jugé pour un délit de correctionnel", l'avocat s'est dit surpris de voir que John Daleton encourrait une peine criminelle "alors que sa participation était moindre étant donné qu'il n'avait pas participé physiquement au second enlèvement". "La cour ne doit pas rendre un jugement qui aille au delà du raisonnable", a-t-il conclu.

La fin des plaidoiries est prévue pour cet après-midi avec les interventions attendues de Me Amel Khlifi Ethève pour Fabrice Michel et Me Nicolas Normand pour Juliano Verbard.
Mardi 19 Avril 2011 - 14:16
Mélodie Nourry
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