Faits-divers

Procès Verbard : "Le Petit Lys est mort, il serait bien de l'enterrer"

Les plaidoiries tant attendues des avocats de Juliano Verbard et de Fabrice Michel ont comme prévu clôturé hier les débats. Principaux mis en cause dans le dossier des enlèvements du jeune Alexandre Thélahire en 2007, les deux jeunes hommes ainsi que leurs 14 co-accusés seront fixés sur leur sort aujourd'hui. Le verdict sera probablement rendu dans l'après-midi.


Procès Verbard : "Le Petit Lys est mort, il serait bien de l'enterrer"
Ils auront défendu les indéfendables jusqu'au bout.  Hier après-midi, Me Amel Khlifi Ethève et Nicolas Normand ont su retenir l'attention des jurés, des magistrats mais aussi celui du public présent à la cour d'assises. Il faut dire que leurs clients respectifs, Fabrice Michel et Juliano Verbard sont ceux qui encourent la plus longue peine. Le parquet avait requis pour le premier entre 10 et 12 ans de réclusion criminelle, entre 10 et 15 ans pour le second.

Me Khlifi a inscrit son argumentation dans le même axe que ses autres confrères de la défense passés à la barre lundi et hier matin :  son client est "victime de ses croyances".

Retraçant les grandes lignes de sa biographie, le conseil de Fabrice Michel décrit un jeune homme empreint de religiosité depuis tout petit. "Il a grandi dans une famille très pieuse. Son adolescence, ses loisirs n'était dédiés qu'à la religion. Il n'avait pas d'amis".  Bible de Jérusalem en main, elle donnera lecture d'un passage qui fonde les préceptes de l'Ordre de Saint-Charbel, cette secte australienne dont "Le Coeur Douloureux et Immaculé de Marie" serait la branche locale.

Elle fera également référence au carnet de Saint-Joseph, ce petit journal de bord dans lequel son client notait toutes ses suppliques au Ciel, illustrées de petits dessins. Une preuve de "sa très grande spiritualité", trait de caractère qui ne l'a pas "aidé à maîtriser toutes ses décisions".

"Une relation de dépendance tissée au fil du temps"

Sa rencontre avec Juliano par le biais du groupe de prière sera le point de départ d'une histoire d'amour passionnelle. Une histoire pour laquelle il donnera tout, sans se poser de questions, même jusqu'à s'accuser d'avoir "agressé sexuellement une femme dans le but de faire de la prison et revoir son ami", indique l'avocate. Pour elle, Fabrice Michel "idolâtre" littéralement son amant qui se disait voyant, en communication avec la Vierge Marie. Amour et piété se confondent alors. "Leur lien s'est renforcé par les convictions qu'ils partagent. C'est une relation de dépendance qui s'est tissée au fil du temps", explique-t-elle.

La représentante de Fabrice Michel a achevé sa plaidoirie sur le fait qu'il n'était  pas question de remettre en cause les faits, ni les responsabilités de son client, impliqué dans les deux dossiers d'enlèvement. Le jeune homme les ayant de toute façon reconnus. "Il n'était pas en mesure de faire autrement. Pour lui, comme pour les autres, cet acte, c'était une mission, c'est tout", soutient-elle avant de lancer un dernier appel aux jurés : "Je demande une peine juste et proportionnée pour mon client. Prenez en compte son jeune âge au moment des faits. Rendez une justice humaine".

Deux accusés, deux avocats, deux stratégies

Contrairement à sa consoeur, Me Nicolas Normand s'est détaché de l'aspect mystique: "Moi, la religion, j'en ai eu ma dose. Avec tout ça, je crois que l'on a oublié l'essentiel : les faits". Le ton et l'armature de sa plaidoirie sont donnés.

De sa voix forte, son attitude singulière et son franc-parler habituel, l'avocat en impose et capte l'attention de toute la salle d'audience. C'est que son rôle, tout comme l'enjeu, est important. Il doit convaincre.

"Je suis l'avocat du diable"
, se décrit-il lui même. Le "diable" serait ce jeune homme de 28 ans, ex-leader d'un groupe de prière. Ce dernier qui, depuis le début des plaidoiries a toujours gardé la tête baissée, n'a plus rien à voir avec l'individu qui haranguait les foules il y a quelques années.

Durant près des deux heures qu'aura duré son exposé, Me Nicolas Normand n'a jamais cherché à dédouaner Juliano Verbard de ce qu'il a commis. Grâce à une chronologie des événements qui ont marqué la vie de son client, le défenseur a tenté de démontrer dans un premier temps qu'il existait différents liens de cause à effet.

Entre son rejet de l'église catholique traditionnelle et la création du groupe de prière, entre la stigmatisation du groupe (après les accusations d'agressions sexuelles à l'encontre du leader) et sa marginalisation, puis à sa sectarisation. Et enfin, entre la sectarisation du groupe et le changement de statut de son client, passé de leader charismatique à gourou. "On les a rejetés, ils se sont organisés et ont continué de penser qu'ils étaient des martyrs" a souligné Me Normand. "L'Ordre de Saint-Charbel en a fait un roi. Que s'est-il passé dans la tête de ce gamin de 20 ans?" questionne-t-il.

Stratégie sacrificielle

Au sujet des faits qui lui sont reprochés, le conseil les explique par cette impunité dont il croyait bénéficier "grâce à la protection de la Vierge". "Il a défié l'Eglise puis l'Etat. Les autorités n'ont pas réussi à mettre la main sur lui pendant plusieurs mois". 

"Ce n'est pas lui qui a demandé à Guillaume Maillot d'aller lui chercher un enfant pieux. Il le lui a présenté. Ils avaient besoin d'un successeur. Les retraites spirituelles ont servi à commencer sa formation mais comme il allait retourner vivre chez ses parents, la folie criminelle s'est mise en place"
expose-t-il.

L'avocat résume alors le premier enlèvement. Une action que Juliano Verbard décide d'écourter en ordonnant de le ramener chez lui. Le second rapt, "qui n'aurait jamais du se faire compte tenu de la situation dans laquelle il se trouvait déjà (cavale)", l'a plongé "dans une souricière. Il n'avait aucun intérêt de le commettre. Mais il n'a pas pu s'y opposer".

Pris au piège dans cette position qui s'est imposée à lui, "coincé par son propre message", Verbard est pris dans un "conflit affectif". Son représentant dresse le portrait de la situation : "Il ne peut pas leur dire de ne pas le faire. Il s'agit de sa famille adoptive. Alors il finit par donner son accord".

"On est con à 20 ans"
 
Plus tard, évoquant la position de Corinne Michel qui s'est déclarée coupable d'avoir orchestré le second kidnapping, Me Nicolas Normand considère qu'il s'agit d'une "stratégie" : "Soit c'est une passation de pouvoir en règle entre le Petit Lys et elle, soit elle se sacrifie corps et âme pour lui". Dans le second cas, l'avocat considère que le petit groupe ayant fomenté le plan est composé "d'enfants soldats".

A l'adresse des jurés, le défenseur leur a demandé de ne pas alourdir le temps que Juliano Verbard doit d'ores et déjà effectuer en prison. "Avec ses autres condamnations, il a déjà 20 ans au compteur, avec au moins 10 de plus pour l'évasion qui sera jugée en fin d'année. Vous pouvez lui mettre une peine ferme, qui n'aille pas au delà du minimum des réquisitions du parquet. Mais il faut surtout qu'elle soit assortie d'un suivi socio-judiciaire".

Et l'avocat de conclure : "On est con à 20 ans. Le Petit Lys est mort, il serait bien de l'enterrer. Il faut que le vrai Juliano revienne, à sa sortie de prison, dans la légalité. Moi j'ai défendu un gamin, un homme, pas un évêque de pacotille".

Le verdict sera rendu dans la journée.
Mercredi 20 Avril 2011 - 07:04
Mélodie Nourry
Lu 2399 fois




1.Posté par môvélang le 20/04/2011 08:20
Procès Verbard : "Le Petit Lys est mort, !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Maudit soit son âme!

2.Posté par noe le 20/04/2011 09:47
Que du temps perdu pour ce procès , finalement , qui n'intéressait personne ...Un mec qui a vu la Vierge sur un pied de coco ... n'importe quoi ! et dire que de nombreux (ses) imbéciles y ont cru ...

Il y a encore de l'éducation à faire chez nous !!!!

3.Posté par kaloupillé le 20/04/2011 23:12
Et Maintenant le Petit LYS est Mort .... Quand est ce que Maitre COLLARD va t-il S'Occuper de la SECTE - AUSTRALIENNE ? L' ORDRE de SAINT -CHARBEL ????????

Nouveau commentaire :
Twitter

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales