Faits-divers

Prédateur mais… pas trop : gros malaise au tribunal !

Le prof a peut-être caressé quatre de ses élèves – Elles n’ont porté plainte que quatre ans plus tard – Elles ont continué à solliciter son savoir-faire pour aller aux championnats de France – L’instruction a été menée à charge uniquement – Une foule d’incohérences au dossier qui n’inquiètent personne – Une sombre histoire de malversations financières jamais élucidées – Un jugement bâtard grâce auquel un homme va perdre son travail et sa retraite sans mobile apparent – Et un gros gros malaise à la fin.


Prédateur mais… pas trop : gros malaise au tribunal !
Nous ne donnerons aucun nom ni aucune circonstance précise car cette affaire, selon toute apparence, est loin d’être terminée.
 
Voici quelques années, Jean-Pierre (un nom aussi faux qu’un jeton) exerce son art dans une discipline sportive très spéciale, sans qu’il nous soit possible de vous dire laquelle.
 
Il est enseignant dans un lycée du Sud et emmène ses pratiquants en camps d’entraînement dans les Hauts. Ces nuits-là, tout le monde couche sous la tente, une seule chambrée pour garçons, filles et prof, sur des matelas à même le sol. Les garçons d’un côté, les gamines de l’autre, lui au milieu. Lors de plusieurs de ces nuitées à la dure, quatre de ses ouailles, mineures, affirment que la nuit, le prof a eu les mains baladeuses.
 
Elles en parlent entre elles mais n’en disent rien à leurs parents plusieurs années durant. Raisons multiples et plausibles. Elles entretiennent des relations quasi filiales avec lui, connaissent son épouse et leur fils qui est un de leurs potes et, si elles déposent plainte, craignent pour son avenir professionnel.
 
Qui plus est, c’est un excellent professeur, une vraie pointure qui les a emmenées au Championnat de France où certaines ont même été médaillées. Plutôt que de se plaindre, elles se taisent et ce sont elles qui le sollicitent pour qu’il continue à les entraîner !
 
D’ailleurs, lorsqu’elles lui ont fait part de leur trouble profond, après les premiers attouchements, il a fait amende honorable et a promis de ne plus recommencer. Ce qui a été le cas apparemment.
 
A la barre, l’accusé admet que les caresses ont pu se produire involontairement, lorsqu’il se retournait dans son sommeil, les matelas étant apparemment collés les uns aux autres.
 
L’enquête met en évidence, au cours des entraînements, une plus grande proximité entre le prof et les filles qu’entre lui et les garçons. Des attouchements qui s’attardent pendant les exercices, des "tripotages". Y compris dans sa piscine où elles se rendent volontairement malgré leur méfiance envers l’individu. Une des accusatrices aurait même passé la nuit chez lui après les faits, de façon volontaire et avec l’accord de ses parents. Bref, tout ceci est limpide comme on le voit.
 
Ce n’est que 4 ans après les faits que les jeunes filles se confient à leurs parents et que la machine judiciaire se met en branle.
 
Certaines accusations sont très précises. Comme le fait qu’il se soit attardé, à 15h30, seul avec l’une d’elles après l’entraînement, pour ranger le matos… "alors que l’entraînement se poursuit jusqu’à 17h et qu’il y a plein de monde dans la salle alors ?" se récrie-t-il.
 
Une contradiction que n’ont jamais relevée les enquêteurs, lesquels n’ont jamais non plus interrogé d’éventuels témoins à décharge. Tout comme le fait que ce professeur, en quelques décennies de carrière, n’a jamais fait l’objet de la moindre plainte ni du plus petit soupçon.
 
Les questions du procureur sont incisives : "Vous avez favorisé les filles ? Avez-vous acheté des boîtes de maquillage à l’une d’elles ? Vous niez les témoignages qui vous accablent ? Vous croyez donc à une vaste conspiration contre vous ?..." Aucune des "charges" pourtant redoutables du procureur Saunier ne démontent une seconde l’accusé.
 
Les rapports d’expertise ne décèlent aucune anomalie mentale chez les jeunes filles. Pas plus que chez leur prof. Mais alors, pourquoi avoir attendu si longtemps pour dénoncer de tels agissements qui, s’ils sont prouvés, seraient graves au plus haut point ?
 
L’une des victimes s’en est expliquée à la barre : "On croyait vraiment qu’il avait cessé mais on a appris (ndlr : quand elles étaient en terminale) qu’il avait recommencé avec des jeunes des classes inférieures".
 
Une contradiction que n’a pas manqué de mettre en avant Me Péchier, avocate de la défense, très pointue dans son raisonnement :
 
"On n’a jamais compris pourquoi ces nouvelles victimes n’en ont jamais parlé !" Une incohérence de plus dans un dossier qui en compte déjà tant et ce n’est pas fini.
 
L’avocate de la partie civile note le très fort attachement entre les jeunes filles et leur prof, le fait qu’il n’y a aucune animosité envers lui, pour réfuter la thèse du complot.
 
(Pendant ce temps, sur leur banc, les victimes présentes à l’audience et leurs parents rigolent ouvertement, comprenne qui pourra !)
 
Le père d’une des victimes a choisi de se passer d’avocat et se lance dans une longue tirade dont le caractère interminable laisserait sans voix Virapoullé lui-même.
 
Voulant "mettre en avant la face obscure d’un homme à la réputation parfaite", il se lance dans un admirable panégyrique… de l’accusé ! Blindé comme un TGV, il en fait trop ; il en fait tant qu’on se dit qu’avec un tel accusateur, l’accusé n’a plus besoin d’avocat.
 
Le procureur met en avant le chantage moral et affectif qui expliquerait le retard dans le dépôt des plaintes. Et réclame deux ans dont un ferme, plus l’interdiction professionnelle pendant 10 ans. Il est parfaitement dans son rôle de défenseur de la société et il n’y a rien à dire là contre.
 
Me Péchier relève une à une toutes les contradictions du dossier (voir ci-dessus). Comme le fait qu’avant et après 2008, personne ne s’est jamais plaint d’une quelconque attitude louche chez le prévenu. Mais il y a mieux… Un détail important, que l’enquête n’a jamais mis au jour, est présenté par cette avocate hors pair :
 
"L’un des parents était trésorier de l’Association sportive dont l’accusé était alors le président. Ce dernier, relevant des malversations dans la tenue des comptes, aurait alors demandé au trésorier de démissionner !"
 
L’avocate n’accuse personne, ne suggère rien mais laisse planer un lourd silence qui aurait dû interpeler la Cour.
 
Il n’en sera rien. La Cour a choisi un moyen terme qui ne résout rien : 18 mois avec sursis et interdiction professionnelle totale, même bénévole, pendant 8 ans. Ce qui revient à dire que le suspect est condamné à ne plus travailler et perd ses droits à la retraite par là-même !
 
Or, soit les juges sont convaincus de la culpabilité de l’accusé et le taxent au prix fort ; soit ils ne le sont pas, et invitent le Parquet à mieux se pourvoir. Les fronts étaient chargés de points d’interrogation à la sortie de la salle. Et le malaise plus palpable qu’un foie de cirrhotique.
 
Jules Bénard
Vendredi 22 Novembre 2013 - 09:44
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1.Posté par noe le 22/11/2013 11:06
Il y a des professions qu'il faut se garder de trop faire le "copain-copain" avec les élèves : il s'agit le plus souvent des professeurs (d'école, de collège, de lycée) et d'autres qui côtoient les élèves (surveillants, assistants sociaux , sécurité ...)
On peut être "accusé" de tout et de rien !

Prudence dans les faits et gestes ....

2.Posté par Jules Bénard le 22/11/2013 12:52
à posté 1 : je suis le premier à être d'accord avec vous. Mais j'étais au tribunal, ce jour-là. Et personne ne m'a convaincu de la culpabilité de cet homme ni, non plus, que ses accusatrices n'étaient pas franches. Les unes et les autres peuvent être de bonne foi. Je dis seulement que les arguments présentés hier devant la Cour ont laissé un profond malaise dans le coeur de tous ceux qui ont assisté à l'audience. Si cet homme est coupable, qu'on l'assaisonne. S'il est innocent,qu' on le libère. S'il y a doute, le doute profite à l'accusé.
On m'a demandé, avec insistance, si je ne craignais pas de déplaire à la Cour. Je répondrai à ceux qui se soucient de ma santé : "Merci ! Et si bientôt il n'en reste plus qu'un, eh bien moi je serai celui-là !"

3.Posté par Jean-Luc Hoareau le 22/11/2013 13:38
Un copain d'un copain on suppose, parce que sinon comment expliquer ce flou le plus total?


4.Posté par Pfffvouzètnul le 22/11/2013 14:45
Jean Luc HOAREAU,
Vous êtes minables, Commenbt permettez vous de juger les gens et les situations de cette façon? Quelqu'un a dit un jour, Vous devriez ouvrir l'oeil sur votre entourage avant de vous préoccuper de celui des autres.

Bonne méditation!!

5.Posté par pierrot le 22/11/2013 16:10
Moi aussi j'ai perdu mon travail il y a quelques mois suite au fait qu'une gamine de 13 ans m'avait montré ses seins à sa webcam...Non je n'ai pas perdu mon travail suite au jugement, mais juste à cause des journalistes qui avaient bien mis en évidence mon Nom et Prénom et lieu de travail dans article de presse oui le troisième pouvoir existe... et à cela je ne leurs dis pas merci de m'avoir pourrit ma vie!

6.Posté par pierrot le 22/11/2013 16:50
oups 4 eme je voulais dire!!!!

7.Posté par Jules Bénard le 22/11/2013 19:52
à posté 4 : je ne juge personne, monsieur ! Je rends simplement compte de mes impressions à l'audience. Y étiez-vous ? Non ! Alors, évitez de juger. Et la prochaine fois que vous oserez commenter ce que vous ne connaissez pas, ayez au moins le courage de signer de votre nom ! Il est trop facile de se camoufler derrière un pseudo.

8.Posté par Boby le 23/11/2013 08:00
Je ne connais ni ce monsieur, ni les enfants, ni les parents de ces enfants, mais il y a des possibilités d'altération de la vérité ou voir plus de la part des enfants, le fiasco d'Outreau est la, récent pour nous le rappeler, il y a eu aussi de nombreuses accusations, condamnations, suicides de la part d'enseignants pour des faits qui n'ont jamais existés... il faut être très prudent ...

9.Posté par Avis Contraire le 24/11/2013 09:42
C'est la lecture de votre article qui suscite mon malaise. J'étais comme vous à l'audience: plus de 2h30 de débat, une présidente qui va au fond des faits, qui cherche à comprendre, une partie civile sans colère ni haine, mais qui dénonce des faits d'attouchement sur mineur de 13ans par personne ayant autorité, des victimes d'une grande dignité qui n'emploient jamais le terme de prédateur que vous reprenez.
Il me semble au contraire que l'accusé aggrave son cas par son déni et ses explications en forme d'aveu : «mais après, je me suis calmé....» ou son étonnement devant le délai de leurs plaintes: ce sont des jeunes filles de 13 ans qui sont sous l'emprise de "leur entraineur dévoué "-( si le Droit leur laisse 20ans après leur majorité avant prescription, c'est bien que c'est extrêmement culpabilisant pour elles de dénoncer) ou plus malvenu encore, l'allusion à une malversation qui accréditerait un complot -que n'a-t-il donc porté plainte?- Enfin, la défense n'a pas suscité le doute, elle a aggravé la méprise en prenant de haut la parole de jeunes filles, en les traitant de «gamines» quasi systématiquement, c'était maladroit. Une défense trop classique, inadaptée au front renversé que vous avez souligné de la partie civile reconnaissant elle-même les indéniables qualités de ce professeur d'EPS.
Aussi, je ne partage pas votre analyse sur l'opportunité à faire appel.
Sauf à faire amende honorable ( ce qui eut été élégant pour la reconstruction psychique des victimes) et à modifier radicalement son axe de défense, il risque de prendre bien plus...et peut-etre de ne pas bénéficier de la même connivence médiatique à proteger son identité.
Vous souhaitant bonne réception.

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