Société

Plus de place pour le petit Noé...

Une délégation, rassemblant les syndicats SAIPER, CGTR Educ'Action et l'association Réunion des lycéens en lutte, s'est rendue ce matin, vendredi 2 mai, pour une réunion avec le recteur de l'Académie de la Réunion, Thierry Terret.

Ce fut l'occasion pour Thierry D'Audigier, père de Noé, 12 ans et en situation de handicap, de se faire entendre et d’envisager des solutions pour son fils, qui n’a pas de place en classe spécialisée au collège.


Thierry D'Audigier et la délégation devant le rectorat
Thierry D'Audigier et la délégation devant le rectorat
Ce matin, le Recteur, Thierry Terret, a reçu Thierry D'Audigier, un quart d'heure à la fin d'une séance censée ne réunir que la délégation des syndicats et avoir pour objet les rythmes scolaires et la réforme du calendrier des écoles. Son fils, Noé, a 12 ans et devrait normalement intégrer le collège à la rentrée 2014, dans une classe spécialisée.

Mais ces classes, les ULIS (Les Unités Localisées pour l'Inclusion Scolaire) et les CLIS (les Classes pour L'Inclusion Scolaire), n'ont pas la capacité d’accueillir tous les élèves en situation de handicap, et le rectorat "manque de budget", selon Thierry D'Audigier. L'Éducation nationale voudrait que Noé redouble sa primaire, alors qu'il a acquis des compétences lui permettant d'intégrer un collège.
 
Ce sont les syndicats qui ont appuyé son dossier pour lui permettre de se faire entendre et d'exposer son problème à l'Académie de La Réunion. Pour le secrétaire général de la CGTR Educ’action, Patrick Corré, il est important "de soutenir et encourager la professionnalisation des AVS (auxiliaires de vie scolaire)". Ce qui serait "la réponse la plus pertinente au dossier".

Jean-Damin Lehinga, jeune membre de l'association Réunion des lycéens en lutte, a lui aussi tenu a soutenir le père du petit Noé lors de cette réunion face au recteur : "C'est un enfant comme nous", commence-t-il, "il devrait avoir accès à une classe de son niveau".

À la sortie de la réunion, devant le Rectorat, le père de Noé se dit "rassuré" car il a enfin pu voir des gens "qui travaillent à faire bouger les choses, à faire bouger les secteurs". Lors de cette réunion, la possibilité de forcer les effectifs par classes spécialisées en les poussant jusqu'à 12 élèves ou lieu des 10 maximum, a été abordée. Le rectorat entend ainsi libérer des places et permettre à d'autres parents, comme Thierry D'Audigier, de placer leur enfant dans un cursus adapté.
 
Thierry D'Audigier "ne sait pas si cela est bien" mais reste satisfait de voir qu'un groupe de travail va se concentrer sur son cas, pour une prochaine commission qui aura lieu dans 15 jours. "Ce n'est pas évident", soutient-il malgré tout, car la rentrée approche et que "nous sommes déjà en mai".
 
Un taux d'équipement encore trop faible

La Réunion compte actuellement 118 CLIS, 49 ULIS en collège et 6 en lycée. Sur la commune de St Paul, 14 CLIS et 6 ULIS fonctionnent pour un nombre de personnes handicapées mal évalué. Selon un membre du collectif Citoyen Handicap, "le quota du secteur ouest est plein".
 
Thierry D'Augidier espère que ces établissements pourront avoir "plus de moyens" car "aucun enfant souffrant d'un handicap ne doit être laissé sur le côté" explique Patrick Corré.

Selon une enquête de l'INSEE, la Réunion se trouvait au 1er janvier 2011 dans le classement des trois régions ayant le plus faible taux d'équipement (12,7 places pour 1000 enfants handicapés de moins de 20 ans). En 2012, elle avait un taux de 7,1 places pour 1000 jeunes handicapés de moins de 20 ans et comptait un total de 1408 places sur l’ensemble de l’île.
 
Thierry D'Audigier déplore par contre le manque d'information venant de l'Education Nationale. Aujourd'hui, les associations pour le handicap "ignorent combien de parents sont dans la même situation que moi", affirme-t-il. Il y a un problème de communication envers les parents, qui "ont besoin d'explications”. Selon lui, "Ce n'est pas acceptable pour un parent qui veut construire l'avenir de son enfant. Il faut que l'on sache".
 
Il signale cependant qu'il ne s’exprime qu'en son nom et pour son fils, et qu'il ne se proclame pas porte-parole des parents d’enfants en situation de handicap. Il devrait avoir une réponse du Rectorat dans environ 15 jours.
 
Double satisfaction pour la délégation
 
Outre la condition de Noé, d'autres questions on été abordées ce matin à l'Académie de la Réunion, notamment sur les rythmes et le calendrier scolaires.  Joël De Palmas, membre du bureau de la CGTR Educ'Action, a "appris avec satisfaction" ce matin que 15 maires de la Réunion ont officialisé leur position commune dans un communiqué de presse concernant leur refus d'appliquer le décret du 27 janvier 2013 modifiant les rythmes scolaires des écoles maternelles et élémentaires. Il salue leur réaction, les soutient et attend beaucoup des autres maires n'ayant pas encore pris position.
 
Cette ré-organisation du temps scolaire est pour lui "une réforme bâclée, qui n'apporte rien aux enfants et qui coute cher aux collectivités qui sont déjà réduites financièrement ". Selon le syndicat c'est une protestation pour dénoncer inadaptation de la réforme à la Réunion, qui souffre de "beaucoup de précarité, de chômage et qui ne pourrait pas la supporter".
 
Joël De Palmas affirme que la réforme pose trois problèmes essentiels. Un problème d'ordre financier tout d'abord, car "elle coûte 100euros par enfant et qu'une petite commune comme Sainte-Clotilde ne pourrait pas l’assumer".

Mais aussi pédagogique, car le but d'enseignement des ces heures périscolaire "n'est pas encore défini". Il se demande "quelles acquisitions les enfants feront de ces activités qui n'ont pas encore fait leurs preuves. Je reste sceptique de plus que la Réunion n'a pas les formations et diplômes requis pour les encadrer".

Et pour finir, un problème social : "Cela va créer de la précarité car les intervenants travailleront un total de 16 heures par mois", selon Joël De Palmas, qui se questionne quant à la complétion de leurs horaires.
 
"Le combat continue"

Concernant les calendriers scolaires, ce professeur de lettres au lycée Jean-Perrin, déclare que "le syndicat se bat depuis le premier arrêté de l’Éducation nationale mais que le combat continue".
 
Cette seconde réforme est tout aussi inadaptée pour lui : "Une rentrée en février n'est juste pas possible. À 14h dans une salle à 30°C parfois pire, on ne peut pas travailler efficacement". Il ajoute que tant que les écoles ne seront pas "conformes au climat réunionnais", les élèves ne travailleront pas correctement.
 
Malgré tout, le syndicat  est "très confiant et content" lui aussi, des promesses d'assises du rectorat dans "les 6 mois prochain voire un an de réflexion". Ce matin, il a pu discuter de deux solutions pour empêcher une telle contrainte. Soit "un recul de la date de rentrée, même si le pic de chaleur est en février", soit une "réduction des vacances intermédiaires", ce avec quoi Joël De Palmas est "d'accord".
Vendredi 2 Mai 2014 - 15:38
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1.Posté par noe le 02/05/2014 17:28
Tout doit etre fait pout accueillir Noé dans de bonnes conditions , pour qu'il puisse intégrer le collège ...Le faire redoubler est inutile ...
Benoit Hamon disait : "Ce que je veux, c'est permettre à tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, de bien apprendre, de mieux apprendre à l'école, et donc de pouvoir réussir."

2.Posté par zinfonaute le 02/05/2014 18:50
d'accord pour le petit noé. Pour le gros noé c'est autre chose: il faut le bailloner il saoule tout le monde

3.Posté par le neveu de noe et de sonia le 02/05/2014 19:03
Noé est déjà capable de citer du Benoît Hamon, à la place du Vincent Peillon. Plus réactif dans le cirage de pompes, tu meurs !

4.Posté par kinnack - AVS en colère le 02/05/2014 19:27
Forcer le nombre d'enfants en classe d'ULIS!? On voit bien qu'on pense encore à l'économie!!!
Déjà il serait plus judicieux d'ouvrir des classes d'ULIS (en particulier 4, trouble des fonctions motrices) dans l'Est et dans l'Ouest, ainsi la moitié des enfants ne seraient pas sur le carreau comme c'est le cas actuellement... La seule ULIS TFM du Nord de l'île est pleine et la moitié de ses élèves viennent de l'Est et de l'Ouest... cherchez l'erreur...

5.Posté par môvélang le 03/05/2014 08:39
il n'y a pas d’argent pour le petit noé, la france en a trop besoin pour guerroyer dans le monde, surtout chez les arabes et pour venir nous en mettre plein la vue avec ses rafales que personne n'en veut!

6.Posté par con-tribuable le 03/05/2014 20:40
honte a ce pays, honte a ces gouvernements qu'on a eu et qu'on a, honte aux syndicats, honte aux directeurs et directrices d'école et honte au rectorat !!!!!!!!

7.Posté par Ladi Lafé le 04/05/2014 22:51
article mis en ligne Vendredi 2 Mai 2014 - 15:38, on est dimanche 04 mai 2014, 6 petits commentaires!!!!!!!!!

Si Maëlys Peiteado veut vois des commentaires sur ses articles, il lui suffira d'inventer une histoire de chien appât!

8.Posté par williame le 30/05/2014 16:09 (depuis mobile)
Nous sommes dans un cas identique... yannis 12 ans en octobre 2014 devrait faire son entrée en ulis ,plus de place en public, ils l envoie en privé,sans savoir si on pourra suivre financièrement et biensur on ne peux pas j ai 4 enfants et 1 salaire..

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