C’était un généreux ami et un innovateur de génie. Sa gentillesse était aussi proverbiale que sa créativité. Dans l’Ouest, dans les années 70, il a d’abord créé un endroit paradisiaque, c’est le cas de le dire. Son Jardin d’Eden est vite devenu un des sites touristiques les plus fréquentés de l’île. Il l’est toujours.
Pour un esprit foisonnant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Des projets axés sur un développement aussi durable qu’écologique, il en avait à la pelle. Alors, il a inventé le coup des pleurotes. Tous les cuisiniers connaissent les pleurotes, une succulente variété de champignon poussant sur de la bagasse compressée. C’était né d’une imagination alliant à la réflexion le sens inné de l’observation ; notre ami avait bien constaté que sur la bagasse humidifiée sans excès, les pleurotes poussent… comme des champignons. La filière a connu un succès instantané, elle aussi. Les imitateurs se sont pressés au portillon, ce qui ne gênait personne ; il y avait de la place pour tout le monde. Malheureusement, dans le même temps, les jalousies sont allées encore plus vite.
Lorsque notre ami a inventé une nouvelle filière pour les fraises, les envieux ont jugé que c’était trop. Comment… Voilà un homme, seul, qui sans l’aval officiel, se permettait de réussir. Quelle impudence !
Les tirs de barrage sont venus de tous côtés ; notre ami a été acculé à la faillite. C’est facile, quand on veut descendre quelqu’un en flammes : les coteries agissantes et nocives savent être efficaces. On l’a véritablement poussé au suicide !
Le Jardin d’Eden a été sauvé de justesse. Quant aux pleurotes, elles ont trouvé repreneur en la personne de la fille de notre ami Franco.
Et puis, catastrophe ! Une mauvaise passe financière (rien d’irréparable toutefois), la trésorerie qui fout le camp, les banques qui refusent de jouer le jeu et les pouvoirs publics qui se désintéressent totalement de la question. La conclusion est inévitable : on ferme boutique. Il n’y aura plus de pleurotes à La Réunion !
C’est ainsi qu’une excellente petite filière économique se casse la gueule parce que tous ceux qui auraient pu lui venir en aide ont applaudi chaleureusement à sa déconfiture.
Les 30 millions donnés à fonds perdus à la MCUR n’auraient-ils pas été plus utiles à notre économie ? Même les 50 000 euros gaspillés par l’IRT (tourisme) pour se gargariser d’un nouveau logo, auraient permis de sauver la filière. Tu parles !
Merci tout le monde. Vous finirez bien par le payer, un jour. Parce que le naufrage de l’économie locale, en fin de compte, il n’était pas inévitable. Il suffisait que vous vouliez aider ceux qui le méritaient. Et qui réussissaient. Mais vous avez tout saboté, de façon active.
Jules Bénard
Pour un esprit foisonnant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Des projets axés sur un développement aussi durable qu’écologique, il en avait à la pelle. Alors, il a inventé le coup des pleurotes. Tous les cuisiniers connaissent les pleurotes, une succulente variété de champignon poussant sur de la bagasse compressée. C’était né d’une imagination alliant à la réflexion le sens inné de l’observation ; notre ami avait bien constaté que sur la bagasse humidifiée sans excès, les pleurotes poussent… comme des champignons. La filière a connu un succès instantané, elle aussi. Les imitateurs se sont pressés au portillon, ce qui ne gênait personne ; il y avait de la place pour tout le monde. Malheureusement, dans le même temps, les jalousies sont allées encore plus vite.
Lorsque notre ami a inventé une nouvelle filière pour les fraises, les envieux ont jugé que c’était trop. Comment… Voilà un homme, seul, qui sans l’aval officiel, se permettait de réussir. Quelle impudence !
Les tirs de barrage sont venus de tous côtés ; notre ami a été acculé à la faillite. C’est facile, quand on veut descendre quelqu’un en flammes : les coteries agissantes et nocives savent être efficaces. On l’a véritablement poussé au suicide !
Le Jardin d’Eden a été sauvé de justesse. Quant aux pleurotes, elles ont trouvé repreneur en la personne de la fille de notre ami Franco.
Et puis, catastrophe ! Une mauvaise passe financière (rien d’irréparable toutefois), la trésorerie qui fout le camp, les banques qui refusent de jouer le jeu et les pouvoirs publics qui se désintéressent totalement de la question. La conclusion est inévitable : on ferme boutique. Il n’y aura plus de pleurotes à La Réunion !
C’est ainsi qu’une excellente petite filière économique se casse la gueule parce que tous ceux qui auraient pu lui venir en aide ont applaudi chaleureusement à sa déconfiture.
Les 30 millions donnés à fonds perdus à la MCUR n’auraient-ils pas été plus utiles à notre économie ? Même les 50 000 euros gaspillés par l’IRT (tourisme) pour se gargariser d’un nouveau logo, auraient permis de sauver la filière. Tu parles !
Merci tout le monde. Vous finirez bien par le payer, un jour. Parce que le naufrage de l’économie locale, en fin de compte, il n’était pas inévitable. Il suffisait que vous vouliez aider ceux qui le méritaient. Et qui réussissaient. Mais vous avez tout saboté, de façon active.
Jules Bénard

















