Courrier des lecteurs

Plaidoyer pour le soutien financier des pouvoirs publics à la presse écrite


Contrairement à certaines voix désapprobatrices, je suis très heureux d’apprendre que la commission permanente de la région de La Réunion vient de se prononcer sur le principe d’une subvention exceptionnelle de 2 millions d’euros accordée au Jir afin de lui permettre « d’investir et de se digitaliser » et, plus encore, de « préserver la diversité des organes de la presse écrite à La Réunion ». Faut-il ici le souligner ? Sans les journalistes de la presse écrite – par définition indépendante et pluraliste – et sans leurs informations et commentaires sur des évènements multiples et complexes qui défilent à une allure de plus en plus véloce, il n’y a une érosion de la liberté d’expression et, par suite, un risque d’affaiblissement de la démocratie qui est notre bien le plus précieux au sein de la République. 
 
Dans une « Tribune libre » publiée le dimanche 21 février 2016, en page 16, dans « Le Journal de l’île de La Réunion », le plus ancien journal réunionnais après Témoignages (un journal créé le 5 mai 1944 par le Docteur Raymond Vergès et dont nous déplorons au passage la disparition de la version papier), j’avais suggéré certaines solutions élémentaires, notamment le renforcement des moyens de mutualisation dans l’impression des quotidiens régionaux et de leur distribution afin de réduire leurs coûts de fonctionnement. Cette solution est aujourd’hui en partie adoptée. Mais j’avais surtout indiqué que dans l’hypothèse où l’aide préalable du secteur privé – celle des annonceurs, des lecteurs, des courriéristes, des donateurs et des mécènes – ne suffirait pas à remettre à flot de manière durable un organe de la presse écrite, il ne faudrait surtout pas hésiter à se tourner vers le secteur public. 
 
Comme beaucoup de citoyens de base, j’ai en effet la conviction qu’un journal n’est pas une entreprise comme les autres : il ne saurait en aucun cas être assimilé à une société privée mercantile dont les responsables sont obsédés par la recherche de profits, des profits toujours plus grands. Un quotidien qui présente et commente notamment l’actualité politique, économique, sociale, sanitaire et culturelle est une entreprise d’une essence particulière, dès lors qu’elle contribue à la gestion d’un service public de la plus haute importance dans un État de droit : celui de l’information et du savoir. 
 
Au même titre que les associations de la loi de 1901 et des PME qui bénéficient de subventions pour permettre d’assurer, selon le cas, leur fonctionnement ou leur restructuration, un journal quotidien – par définition vital à la « bonne gouvernance » d’un pays démocratique – mérite, par suite, de recevoir le concours des pouvoirs publics lorsqu’il rencontre des difficultés susceptibles de mettre en cause son existence. Par suite, notre « Tribune libre » indiquait que, pour repartir sur des bases nouvelles tout en conservant sa version « papier » traditionnelle à laquelle les lecteurs demeurent attachés, le Jir devait pouvoir compter sur le concours financier de la région de La Réunion – désormais déclarée chef de file incontesté en matière économique en 2015 – et de son Président Didier Robert. Faut-il à ce sujet rappeler que lorsque les banques ont connu un état de faillite de nature à conduire le monde au bord du gouffre, elles ont été massivement renflouées par les États ? Si les pouvoirs publics peuvent venir au secours des banques qui ne sont pas des entreprises particulièrement philanthropiques, a fortiori ont-ils l’impérieux devoir d’intervenir afin de faire repartir d’un bon pied un grand quotidien régional. 
 
C’est dire que les soutiens financiers opportunément programmés par la région de La Réunion pour permettre une seconde naissance ou renaissance du Jir et faire vivre au jour le jour la démocratie au plan régional sont à tous égards les bienvenus. Mais ces soutiens devront également et logiquement bénéficier aux autres organes de la presse écrite qui traversent – au plan régional comme au plan national (c’est un secret de Polichinelle) – des turbulences économiques sans précédent. Concrètement, l’aide des pouvoirs publics devra également être accordée avec la même intensité et pour les mêmes raisons au journal « Le Quotidien de La Réunion » qui est lui aussi aujourd’hui en difficulté. 
Jeudi 31 Août 2017 - 14:51
André ORAISON, Professeur des Universités, Juriste et Politologue
Lu 796 fois




1.Posté par GIRONDIN le 31/08/2017 15:18

Donnez moi aussi 2 000 000€

Je promets de ne licencier personne et en plus je serai libre......

2.Posté par GIRONDIN le 31/08/2017 15:21

Et

..... Le Quotidien de ce mercredi indique qu’il déposera un dossier, similaire, dès le mois de septembre. Guillaume Kempf précisant « que plusieurs demandes avaient déjà été formulées par le passé, sans connaître une issue favorable »... Freedom

3.Posté par Cimendef le 31/08/2017 16:09 (depuis mobile)

Les éditos de Monsieur Philippe Le Claire du JIR depuis quelques semaines montrent qu'il a la reconnaissance du ventre. Pour deux millions on peut s'asseoir sur son indépendance.

4.Posté par pipoteur le 31/08/2017 18:55

@post3: et Philippe leclaire est tellement démocratique qu'il censure tous les commentaires qui le contredisent et surtout qu montrent qu'il est un menteur. Il se sert de son édito et donc désormais des finances publiques pour protéger ses amis politiques et dézinguer les autres.
Un homme infréquentable et certainement pas un journaliste.

5.Posté par Eric le 01/09/2017 00:46

"Sans les journalistes de la presse écrite – par définition indépendante et pluraliste" le JIR indépendant ?
Monsieur "André ORAISON, Professeur des Universités, Juriste et Politologue" j'espère que vos élèves sont moins aveugle que vous

6.Posté par pipoteur le 01/09/2017 08:42

@post5: Mais André oraison c'est aussi lui qui défend les îles éparses malgaches par des arguments juridiques totalement erronés donc qu'il voit le JIR indépendant ça ne nous étonnera guère ;)

7.Posté par Acelam le 01/09/2017 11:59 (depuis mobile)

Aucun article dessus sur zinfos 974 c'est a ce moment la qu'on voit les limites du journalisme...

8.Posté par Fuxéen le 01/09/2017 13:01

Et Jacques, que va-t-il faire de ses foies jaunes ? Il va les trillier ?

9.Posté par Marc le 02/09/2017 16:33

Le problème n'est pas que la Région finance la presse écrite. C'est comment elle le fait et, pour un juriste, Oraison semble étrangement aveugle à cette question.

Quand une aide à la presse est, comme ce que fait l'Etat en règle générale (en finançant par exemple l'acheminement par courrier de la presse généraliste ou une fiscalité allégée) , une aide automatique pour peu qu'on remplisse des critères pré établis et transparents, ça ne pose aucune difficulté. Les dirigeants de journaux savent que tant qu'ils tombent dans les clous du droit, ils toucheront l'argent et que le politique ne peut les punir en leur retirant ce financement pour un mauvais article.

Par contre, quand l'aide à la presse est dite "exceptionnelle", c'est à dire qu'elle se fait sur instruction d'un dossier et avec un vote par les élus, et donc une capacité d'appréciation qui leur permet d'accorder ou non la subvention, alors là il y a un risque réel de collusion.

10.Posté par Gérard Jeanneau le 03/09/2017 07:07

Le fromage du JIR

Le titilleur du JIR, Jacques Tillier, a écrit de beaux articles pour encenser son maître, Didier Robert, et dénigrer ses foies jaunes, les adversaires du pharaon, dont Thierry Robert.

Le titilleur, par l'odeur alléché, sait très bien qu'à la plus haute fenêtre de la pyramide inversée se tient le maître des lieux avec, en son bec, un gros fromage, deux millions d'euros. Et le phénix, fier d'entendre qu'il est le phénix des cocotiers, a lâché son fromage qui est tombé juste aux pieds du bipède désemplumé.

Le flatteur avait trouvé de l'aide, il est vrai, en la personne de Leclair qui passe le clair de son temps à écrire des articles tels qu'ils ne peuvent que chatouiller l'ouïe du phénix. Et pour faire bonne mesure, le titilleur avait jeté aux gémonies son canard boiteux, Yves Mont-Rouge : son canard cancanait tout autrement.

Le Phénix s'est trouvé plongé dans la béatitude de l'extase, il était ravi, il était aux anges.

Le fromage est tombé, tout naturellement, tout démo(n)cratiquement !

Gérard Jeanneau, expert ès-magouilles des cocotiers.

11.Posté par Gérard Jeanneau le 03/09/2017 21:29


On se souvient ! Le journal de Paul Vergès, Témoignages, était récemment aux abois. Pas un seul titilleur digne de ce nom n'a encensé l'auguste Didier Robert.

Finalement la version papier a disparu, il ne reste plus que la version électronique, une peau de chagrin qui ne chagrine nullement notre titilleur roublard qui a ramassé le gros lot.

Là aussi, tout naturellement, tout démo(n)cratiquement !

12.Posté par A mon avis le 03/09/2017 21:31

b[
Sans les journalistes de la presse écrite – par définition indépendante et pluraliste – et sans leurs informations et commentaires sur des évènements multiples et complexes qui défilent à une allure de plus en plus véloce, il n’y a une érosion de la liberté d’expression

]b

Ca, c'est la théorie !
Mais pourquoi la presse écrite française est-elle délaissée ? (ce n'est pas le cas partout)

1°) parce que le nombre des points de vente est très réduit. Il faut pratiquement être abonné pour pouvoir lire la presse écrite !

2°) vous parlez de commentaires des journalistes ? Quels commentaires ? La plupart du temps, les journaux se contentent de reproduire les dépêches d'agence, et ne font que répéter ce que la radio ou la télé a déjà annoncé.
Quant à l'investigation. En Métropole, à part Médiapart (presse non écrite) et le Canard enchaîné, et Le Monde, quels sont les vrais journaux d'investigation ?
Investigation est une notion totalement ignorée par la presse réunionnaise (tous médias confondus) inféodée aux politiques et aux annonceurs. Le JIR en est l'archétype !

3°) vous avez dit "indépendance des journalistes" : A part de rares exceptions (Médiapart, le Canard, Charlie Hebdo ...) tous les journaux dépendent de leurs financeurs, actionnaires et surtout publicitaires. De plus la connivence entre journalistes et politiques enlève toute crédibilité quant à l'objectivité de l'information.
Certains journaux ne sont que des panneaux publicitaires où, parmi les panneaux de pub ou la pub rédactionnelle, il faut bien chercher pour trouver un article de commentaire ou de critique.

4°) Sans oublier la puissance d'influence (et même menaçante) des lobbies religieux ... sur la liberté d'expression !

Comment s'étonner que la presse écrite ne trouve plus preneur.
Et en fin de compte, on ne peut que constater une grave érosion de la liberté d'expression !


L''indépendance d'un journal ne dépend que de son auto financement et donc de la confiance que lui apporte ses lecteurs en l'achetant.

13.Posté par MINUTE le 04/09/2017 07:10

"je n’éprouverai jamais le besoin de matraquer gratuitement Didier Robert, président de Région, et son épouse, comme preuve de loyauté vis-à-vis de nos lecteurs"
Clicanoo tilier

En revanche et à l'inverse pour 2 000 000 il veut bien......?

14.Posté par JORI le 04/09/2017 13:08

"Si les pouvoirs publics peuvent venir au secours des banques qui ne sont pas des entreprises particulièrement philanthropiques, a fortiori ont-ils l’impérieux devoir d’intervenir afin de faire repartir d’un bon pied un grand quotidien régional.": je ne pense pas que les français en général et les réunionnais en particulier, à qui l'Etat a obligé de verser leurs salaires dans des banques, et pour certains leurs maigres économies, auraient quelque chose à sauver dans un quotidien!!. Je pense que la grande différence est là.

15.Posté par pipoteur le 04/09/2017 13:30

Le JIR du jour encore un édito à charge de philippe Leclaire contre Thierry Robert. Ce sale type se sert d'un journal financé par les fonds publics (en dehors des 2 millions d'euros le JIR vit des annonces légales publiées chaque jour par les différentes collectivités) pour régler ses comptes personnels avec thierry Robert.
Le JIr et ses éditorialistes Leclaire et Tillier en tête est une honte pour le journalisme, digne de fox news aux USA, toutes proportions gardées, car le JIR n'est qu'un torchon local avec lequel je ne m'essuierais même pas le ....

16.Posté par Schoum le 04/09/2017 18:26

"Je n’éprouverai jamais le besoin de matraquer gratuitement Didier Robert, président de Région, et son épouse, comme preuve de loyauté vis-à-vis de nos lecteurs"*
Clicanoo Tillier
Sous entendu pour les autres, le besoin s'en fera ressentir, bien évidemment.

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