Economie

Petite-Île : Le gérant d'une station dénonce la direction de Tamoil...

Patrick Puchalski est gérant d'une station essence à Petite-Île, à proximité du site de Grand-Anse, depuis septembre 2007. S'acquittant de près 22.000 euros de loyer chaque mois auprès de Tamoil, celui-ci risque fort d'assister à la liquidation de son entreprise dès le 7 juillet prochain. En cause, le silence, les négligences et l'opacité de la direction du groupe concernant ces problèmes financiers et le peu d'écoute qui lui accordée.


Petite-Île : Le gérant d'une station dénonce la direction de Tamoil...
Un gérant d'une station services du Sud doit faire face à d'importants problèmes financiers. Pour Patrick Puchalski, c'est l'important loyer qui est exigé par Tamoil qui est à l'origine de ce qui pourrait bien mener à un dépôt de bilan. Malgré les multiples appels, aucune réponse concrète ne lui a été transmise.

Monsieur Puchalski, vous êtes le gérant d'une station Tamoil. Comment pouvez-vous décrire la situation financière de votre entreprise et quelle en est la cause ?

"Je suis de loin à la tête de la station la plus chère de l'île en loyer. Je paye un loyer mensuel compris entre 21.000 et 22.000 euros. C'est variable, ce qui me génère 10.000 à 12.000 euros de perte chaque mois depuis le début de l'année. Cela fait plus d'une année que je tire la sonnette d'alarme à Tamoil mais rien n'y fait, ils ne veulent rien entendre. Je ne pourrais plus tenir bien longtemps. Si Tamoil ne m'aide pas, il y aura un dépôt de bilan qui sera prononcé le 7 juillet prochain à 14 heures par le juge de Saint-Pierre sur les conseils de l'administrateur.

J'ai fait une demande d'un plan de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Saint-Pierre. Celui-ci a pour objectif de bloquer les créances antérieures au plan de sauvegarde et ce, avant un éventuel plan de redressement judiciaire. Tous les loyers de Tamoil antérieurs sont donc gelés et un mandataire devra faire le lien entre le directeur et moi même mais, pour le moment, ces démarches restent infructueuses au niveau du dialogue. L'ultime recours serait une négociation pour repartir sur de bonnes bases mais personne ne veut m'écouter
.
"

Quelle a été la réponse de la direction de Tamoil ?


"Les seules réponses sont intervenues à travers les avocats. Je ne suis pas libre de mes actes. Tamoil a annoncé qu'elle était prête à me donner un certain montant mais cela reste largement insuffisant pour rétablir l'équilibre financier de mon entreprise. Vous vous rendez-compte ! 22.000 euros de loyer par mois, c'est incroyable. Je ne m'enrichis pas. Je ne demande pas des indemnités mais juste que mon compte puisse être remis à niveau pour empêcher le dépôt de bilan et lever le plan de sauvegarde. Vous savez, il y a dix personnes qui sont employées dans cette station et elles seront certainement menacées mais Tamoil me juge responsable de tous les maux alors qu'ils me demandent le loyer le plus cher de tout le département. Je crains le pire pour mes salariés..."

Est-ce que les gérants des autres stations Tamoil ou autres vous ont apporté leur soutien ?

"Il y a une véritable chasse aux sorcières du côté des gérants des stations Tamoil. J'en ai pour preuve le retrait précédent d'un gérant du Tampon. Les pressions et les menaces sont nombreuses et les collègues de l'île ne me démentiront pas officieusement. L'unique objectif de Tamoil est le chiffre d'affaire de ses stations. En ce qui me concerne, je réalise 50% du chiffre d'affaires attendu mais avec un tel loyer ce n'est pas étonnant; l'essence ne servant qu'à payer les employés. J'ai demandé à ce que l'étude de marché soit modifiée mais je ne suis même pas sûr qu'elle ait eu lieu. Tamoil m'a adressé une fin de non recevoir."


Et les banques ? Vous ont-elles soutenu dans vos démarches ?


"Les banques n'ont absolument pas joué le jeu. Elles ont bloqué mes comptes et mes accès à la consultation de ces derniers sur internet. Elles ont même rejeté mes chèques alors qu'il y avait près 100.000 euros sur un compte par 'précaution'. Dans le contexte que l'on connaît, les banques n'ont pas levé le petit doigt pour m'aider car je me considère comme un petit avec de tels frais de loyer. C'est incroyable de voir que malgré les engagements de l'État, aucun signe de mon établissement bancaire n'est intervenu."
Lundi 29 Juin 2009 - 12:30
Ludovic Robert
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1.Posté par CONDOR le 29/06/2009 13:01
TAMOIL c'est une société de KHADAFI !!!Ce gérant n'a qu'a "copier" les méthodes du "colonel"
prise d'otage du directeur général de TAMOIL et apres on discute....

2.Posté par ziskakan le 29/06/2009 14:21


10 000 € , 21 000 € , 22 000 € 100 000 € je croyais que les stations rapportaient une misère!

Quand est ce que les automobilistes vont ils ouvrir un peu les yeux, il y a des trucs vraiment pas clair la dessous!

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