Blog de Pierrot

Pauvre France...

Jeudi 7 Août 2008 - 11:09

Le parquet de Paris a déclaré hier avoir requis un non-lieu général dans l'affaire des frégates de Taïwan car il estime que l'instruction menée par les juges Renaud van Ruymbeke et Xavière Simeoni "n'a pas permis d'identifier les bénéficiaires" d'éventuelles rétrocommissions, versées à des personnalités en marge de l'achat de six frégates à la France par Taïwan en 1991.

Les juges enquêtaient depuis juin 2001 dans le cadre d'une information judiciaire ouverte contre X pour "abus de biens sociaux et recel" après la découverte et le blocage par la justice suisse de 520 millions de dollars sur des comptes de l'homme d'affaires taïwanais Andrew Wang, soupçonné d'avoir organisé un système de détournements massifs.

Ils espéraient pouvoir remonter la piste de ces rétrocommissions supposées en consultant des documents des douanes qui contiendraient la liste des bénéficiaires de commissions versées à des Chinois et des Taïwanais. Mais les ministres des Finances successifs, Laurent Fabius, puis Francis Mer et Thierry Breton, ont à plusieurs reprises invoqué le secret défense pour refuser de communiquer ces documents.

Ainsi donc, un des plus grands scandales de l'ère Mitterrand va se refermer sans coupables.

Ce dossier, et la façon dont il se conclut, nous permet de mettre en exergue plusieurs points forts :

1) La France est bel et bien un pays corrompu. Dans ce dossier, et uniquement dans celui-là, les détournements étaient de 900 millions de millions de francs!!!

Si plusieurs centaines de millions de francs ont été détournés sur un seul dossier, je vous laisse imaginer les sommes qui disparaissent (pas pour tout le monde...) sur l'ensemble des contrats signés chaque année...

2) Cette affaire nous démontre également la complicité qui existe entre tous les partis politiques.

Dans le cas des frégates de Taïwan, ce sont apparemment les socialistes (mais ils ne sont probablement pas les seuls) qui ont monté l'opération et qui ont le plus touché.

J'en veux pour preuve les déclarations de Roland Dumas, l'ancien ministre de François Mitterrand, qui a surtout critiqué surtout ses "amis" politiques hier sur France Info, plus que la justice qui s'est heurtée à la raison d'Etat.

Selon lui, le non-lieu général requis dans cette affaire "n’est pas glorieux pour la justice française qui n’a pas pu franchir le barrage des pouvoirs publics sur le secret défense", ce qui a empêché selon lui la justice de percer l’identité des personnes soupçonnées d’avoir touché des "rétrocommissions" sur la vente de ces bateaux.

"Je l’ai critiqué. J’ai critiqué certains de mes amis politiques qui étaient au poste de commande à ce moment-là… Je trouve qu’il y a des circonstances dans la vie où il faut avoir un peu de courage politique", a-t-il ajouté.

Les ministres des Finances successifs, Laurent Fabius, Francis Mer et Thierry Breton, ont plusieurs fois invoqué le secret défense pour refuser de communiquer des documents des douanes réclamés par les juges.

"Moi, je m’étais opposé à cette affaire de frégates depuis le début. C’est le Premier ministre de l’époque qui avait arbitré contre moi en donnant l’autorisation de vente", a assuré Roland Dumas.

Le contrat avait été signé en août 1991, alors qu’Edith Cresson venait de succéder en mai à Michel Rocard à Matignon...

On voit donc bien que des ministres des Finances de Droite ont "couvert" leur prédécesseur socialiste. En espérant sans doute un retour d'ascenseur si un jour pareille mésaventure survenait à la Droite...

3) Au total, 900 millions de dollars (sur un contrat de 2,8 milliards de dollars...) sont toujours bloqués dans les banques suisses dans le cadre de cette affaire.

C'est d'ailleurs cette somme que le gouvernement de Taïwan réclame aujourd'hui à la France pour le versement de commissions occultes, expressément interdites dans le contrat sous peine de remboursement. Taïwan a saisi en 2001 un tribunal arbitral pour obtenir dédommagement.

Ce qui signifie que, nous contribuables français, risquons de devoir rembourser à Taïwan les sommes qui ont atterri dans les poches de nos hommes politiques et de leurs intermédiaires!!!

Et que, si les poursuites sont abandonnées, cet argent devra en plus être rendu aux voleurs... Avec les excuses de la République française!!!

On aura donc payé illégalement une fois les corrompus, et on devra payer la même somme une deuxième fois Taïwan...

Un comble!!!

4) Enfin, le réquisitoire du parquet estime que "la tentative d'escroquerie n'est pas caractérisée" pour poursuivre la plainte déposée en 1997 par Thomson-CSF [aujourd'hui Thalès]" à l'encontre d'Alfred Sirven, Loïk Le Floch-Prigent, Christine Deviers-Joncour et Gilbert Miara. Cela signifierait que ces derniers ne seraient donc plus poursuivis

.La "Putain de la République" et ses deux maquereaux Alfred Sirven et Loïk Le Floch-Prigent vont donc s'en sortir blanchis et pourront continuer à profiter tranquillement des centaines de millions de francs détournés chez Elf, argent qui n'a rien à voir avec celui des frégates. Ça vient en plus!!!

A ce sujet, le film sur le scandale d'Elf diffusé il y a deux jours sur Canal+ il me semble, était à ce sujet très instructif...

Pauvre France...

Et pendant que ces messieurs-dames achètent des appartements à plusieurs millions d'euros avec notre argent, pendant qu'ils voyagent en jet privé, pendant qu'ils vivent dans les palaces du monde entier, nous, les "ti colons", on continue à tirer le diable par la queue...
Pierrot Dupuy
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