Jean-François Copé et François Fillon ont débattu hier soir sur le plateau de France 2 pour la présidence de l'UMP. Reçus dans l'émission Des paroles et des actes, les deux chefs de file de la droite ont évité toute polémique entre eux, s'efforçant pour l'un d'apparaître comme un "opposant" et l'autre comme un "rassembleur".
A moins de trois semaines de l'élection du nouveau président du parti, les deux hommes se sont succédés pendant une demi-heure chacun lors d'un grand oral face aux journalistes, avant ensuite de débattre "à l'américaine" : les deux hommes, debout derrière des pupitres, ont rebondi sur les déclarations de l'autre.
Les deux candidats sont restés dans leur registre : M. Fillon, sobre, jouant la carte de l'homme d'Etat, s'est présenté comme l'homme du rassemblement. L'ancien Premier ministre a défendu son bilan à Matignon, notamment économique, tout en prenant ses distances avec Nicolas Sarkozy sur certains points.
M. Copé, très offensif, a fait valoir son mandat d'élu local pour défendre sa "droite décomplexée", estimant qu'il y a "une droite complexée, qui est dans la fausse pudeur, qui a peur de l'édito assassin d'une presse parisienne".
Pour les partisans des deux hommes, ils ont tous les deux gagné. "Pour moi, clairement c’est François Fillon qui a remporté le débat. D’abord j’ai trouvé le candidat François Fillon très posé, très serein et en même temps très déterminé. Il incarnait le mieux la figure de l’alternance. Il a une vraie vision sur comment s’en sortir, sur les 35 heures, sur les charges, sur la compétitivité de nos entreprises et sur la défense des emplois qui est un sujet décisif. On sentait une attention face à ces sujets économiques beaucoup plus importante de sa part", a déclaré Laurent Wauquiez, co-listier de l'ancien Premier ministre.
Un avis que ne partage pas Roger Karoutchi, co-directeur de campagne de Jean-François Copé. "Il est beaucoup plus punchy. François Fillon est resté beaucoup plus sur des généralités, sur une vision de l’Etat après 2017. Alors que Jean-François Copé a clairement exprimé ce qu’était un grand parti de droite aujourd’hui confronté à des réalités économiques, sociales, à un gouvernement de gauche qui dérape".
















