Faits-divers

Pas de bénéfice du doute pour l'incendiaire présumé


Pas de bénéfice du doute pour l'incendiaire présumé

Les faits sont d'une banalité affligeante. Mais la question soulevée est importante : la place du doute dans le procès pénal

Dans la nuit du samedi 13 avril dernier, Vincent, Jessica et Bernard, tous trois portés sur la bouteille, se réunissent au domicile de Jessica pour une soirée arrosée. Alors qu'il prend l'air sur le balcon de cet appartement du quartier des Camélias, Vincent croit recevoir en pleine figure le crachat d'un voisin indélicat. Il faut dire que les trois comparses font beaucoup de bruit. Le voisin en question est aussitôt désigné par Jessica : il s'agit du locataire du dessus, avec qui elle s'est déjà querellée pour des histoires de tapage nocturne. Dans un état d'ébriété que personne n'a contesté à la barre, une expédition punitive est aussitôt lancée contre l'auteur présumé du crachat. Jessica prépare alors une mixture à base d'eau et de piment et Vincent s'arme d'une barre en fer, au cas où. Elle frappe à la porte du voisin, il ouvre et reçoit au visage la potion pimentée.

Quelques instants après, le véhicule du voisin, garé en contrebas de l'appartement, est incendié, après que Jessica ait jeté un galet dessus.

Tout l'enjeu du procès réside dans cette question : qui des trois acolytes est l'incendiaire ? Car, comme l'a souligné Maître Bentolila, avocate de Jessica, ce dossier aurait certainement été classé sans suite s'il n'y avait eu cet incendie, puisque la peine encourue pour une dégradation volontaire de bien par incendie est de 10 ans. D'ailleurs sa cliente avait déposé en février une plainte contre son voisin, au motif que ce dernier lui aurait jeté -toujours de son balcon- de l'eau mélangée à du produit vaisselle... Plainte classée par le ministère public.

Quoiqu'il en soit, Bernard, 44 ans, ex-séminariste actuellement en formation à l'IRTS pour devenir éducateur spécialisé, est fortement soupçonné. Il a été désigné par Vincent et Jessica pendant l'enquête comme l'auteur de l'incendie volontaire. Lui affirme être rentré chez lui, de l'autre côté de la rue, au moment où Jessica et Vincent sont partis "s'expliquer" avec celui qui allait devenir leur victime.

"Pas de matérialité des faits" pour Maître Boniface

Me Boniface, avocat de Bernard, pointe de son côté l'absence de matérialité des faits, car le témoignage d'un voisin qui aurait vu Bernard incendier le véhicule est selon lui trop précis pour être crédible. Ce témoin, absent à l'audience, s'il livre une description concordante avec le physique frêle de Bernard, finit par donner, pour l'avocat de la défense, un détail troublant. En effet, le témoin, habitant l'immeuble de Jessica, a déclaré avoir vu, en pleine nuit et de chez lui, Bernard sourire après son méfait. Pour Maître Boniface, cette précision est le détail de trop. Dès lors ce témoin, qui n'est pas venu réitéré ses dires à la barre, est, pour l'avocat de la défense, discrédité.

Et puis Me Rémi Boniface comptait sur un autre témoignage, celui du voisin de Bernard, qui a été alerté de l'incendie par Bernard et qui a appelé les pompiers...

Mais ce témoignage censé être à décharge s'est avéré en définitive défavorable pour Bernard. Appelé à la barre, le témoin est interrogé par le président du Tribunal : "Sur quelle partie du véhicule avez-vous vu des flammes" ? Et le témoin de répondre qu'il a vu des flammes s'échapper du côté avant droit du véhicule... Alors que Jessica avait dans un premier temps affirmé que Bernard avait tenté "en vain" de mettre le feu à un chiffon posé sur... la roue avant droite du véhicule.

Maître Boniface, tente alors de convaincre les magistrats qu'un incendiaire n'irait jamais alerter son voisin pour lui dire d'appeler les pompiers, ce à quoi le Président rétorque sèchement : "Maître, je vous laisse la responsabilité de vos propos". En outre, interrogé sur la distance séparant l'immeuble de Jessica de l'endroit où le premier témoin aurait vu Bernard sourire, ce témoin déclare : "Peut-être 8 ou 9 mètres"... Alors que Maître Boniface parlait d'une centaine de mètres quelques temps auparavant.

L'intime conviction du Procureur... et du Tribunal

Puis le représentant du ministère public intervient. Il accable Bernard. Pour le magistrat, bien que Jessica soit revenue à la barre sur le fait qu'elle ait vue Bernard essayer "en vain" de mettre le feu au véhicule de la victime, ses dires et ceux de Vincent sont crédibles (ils ont désigné Bernard lors de l'enquête) puisqu'ils ont "dit la vérité" par ailleurs (sur les faits de violence). En outre, les témoignages "collent" pour le ministère public avec l'hypothèse de la culpabilité de Bernard. Et puis Bernard est "peut-être un pyromane". Et l'on sait "le plaisir qu'ont les pyromanes à admirer le résultat de leurs méfaits"... Le mobile est pour le procureur tout trouvé : "un contexte d'affinité entre les trois protagonistes qui expliquerait le geste de Bernard : un service rendu à Jessica"... Enfin le procureur souligne qu'il "y a 30 ans, de tels faits auraient entraîné une peine de trois à quatre ans fermes" et qu'il ne faut pas banaliser ce genre d'acte, potentiellement très dangereux. En conclusion de son réquisitoire, le ministère public dit "son intime conviction" sur la culpabilité de Bernard. Il propose une peine de 18 mois d'emprisonnement dont 9 mois ferme contre Bernard et une peine de 6 mois avec sursis pour Jessica et Vincent.

Il sera globalement entendu par le tribunal : Vincent écope de trois mois de prison avec sursis, Jessica de 6 mois avec sursis et Bernard de 18 mois de prison dont 6 mois fermes. Me Boniface avait réclamé la relaxe pour son client, au bénéfice du doute.
Vendredi 21 Mai 2010 - 18:28
Renaud Daron
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1.Posté par Cambronne le 21/05/2010 19:02
peu être coupable ..alors ...Pas de bénéfice du doute pour l'incendiaire présumé tout le monde n'a pas forcément les disposition influentes des Dindars lorsque plus de 400 voitures bruleront , juste avant la vente au groupe Caillé ? pour de la justice n' y trouve rien à redire sauf que nous avons des gens respectable

2.Posté par papapio, ni macro ni géniteur payeur le 21/05/2010 19:27
C'est impressionnant d'assister a un vrai débat et confrontation d'éléments, quand on présente des preuves qui sont volontairement ignorées epuis 9 ans....
Les Tribunaux ne condamnent donc plus a charge et sans preuve maintenant ?!..

Ca laisse un espoir de REVISION des procés dés que L'Elysée et la Chancellerie donnerons enfin des ordres pour que le Procureur ne bloque plus le dossier et que cessent les sanctions injustes depuis 9 ans...

M. ROYER Pierre, au cas ou le Parquet souhaiterait encore fire semblant d'instruire...

3.Posté par citoyen le 22/05/2010 11:15
"...Bernard, 44 ans, ex-séminariste actuellement en formation à l'IRTS pour devenir éducateur spécialisé ..."

Vu les faits et ses fréquentations, je me pose surtout la question de sa place professionnelle future, c'est à dire du métier choisi....

En principe, un éducateur spécialisé, confronté par définition à des cas dits sociaux, doit savoir être souple, conciliant, éviter toute violence et dialoguer, non ?

C'est surtout là dessus que mon doute, fort, se porte....

4.Posté par jaqueline le 22/05/2010 12:45
Femmes...manipulatrices !
La femme, dans l'affaire rhum, piment et bmw, a menée sa barque d'une main de maître. Le sentiment qu'elle a pris sa revanche par le biais de deux hommes, peu être un peu simplets, éprient d'amour pour la fabuleuse jessica ! bravo Melle ! Dommage pour vous messieurs....

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