PSA Peugeot Citroën, qui va supprimer 8 000 postes en France, n'exclut pas de recourir à des licenciements faute de candidats au départ suffisants, selon un document de la direction obtenu vendredi 13 juillet par l'AFP.
"Une phase de licenciement collectif pour motif économique" sera ouverte, "si à l'issue de la phase de volontariat, il n'a pas pu être procédé au reclassement de la totalité des salariés concernés par la suppression des postes" à Aulnay-sous-Bois (3 000) et Rennes (1 400), dit le document.
De son côté, le patron du directoire, Philippe Varin, a pour sa part affirmé qu'il n'y aurait pas de "licenciements secs". "Nous proposerons une solution à chaque salarié", a-t-il déclaré au journal télévisé de TF1. Plusieurs syndicalistes se sont montrés sceptiques jeudi sur la probabilité que PSA Peugeot Citroën trouve autant de candidats au départ.
Le patron de PSA estime qu'il faut réduire le coût du travail
Ce matin, invité de la radio RTL, Philippe Varin a estimé que le coût du travail était trop élevé en France, et qu'il fallait réduire les charges qui pèsent sur les entreprises.
"Pour restaurer nos marges, il y a une marge de flexibilité sur le coût du travail. Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44% de notre production en France, donc il faut baisser les charges qui pèsent sur le travail de manière massive", a déclaré le patron automobile, qui a reconnu avoir différé l'annonce après les législatives pour ne pas "en faire un enjeu de la période électorale" (voir la vidéo)
Le gouvernement a continué à réagir aux explications données par PSA suite à sa décision de supprimer 8.000 postes. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a trouvé "un peu facile" les déclarations de Philippe Varin au sujet du coût du travail.
"Ce serait un peu facile que le PDG de cette entreprise se défausse en disant: 'traitez le problème du coût du travail et tout sera résolu', non!", a répondu Jean-Marc Ayrault.
"Pourquoi cette annonce maintenant?", s'est interrogé le Premier ministre. "Est-ce que cette situation n'était pas connue déjà depuis plus longtemps, voire un an, voire deux ans ? Pourquoi cette situation s'est dégradée alors que l'Etat (...) a versé 4 milliards d'euros à ce groupe industriel. Quel a été le rôle de l'actionnaire, notamment de la famille Peugeot ?
L'Etat peut faire pression sur PSA, selon Montebourg
Quant à Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif qui a été interpellé par les syndicats à Aulnay après l'annonce du plan social, ces derniers lui demandant d'interdir la suppression des 8.000 postes, il s'est exprimé sur France 2 hier soir.
Selon lui, PSA a "un devoir vis-à-vis de la nation France". Il a assuré que l'Etat disposait "de nombreux moyens" de pression sur le groupe privé. "Nous ne pouvons pas accepter aujourd'hui que des plans sociaux soient abusifs. Ils doivent être strictement proportionnés aux difficultés de l'entreprise", a affirmé le ministre.
















