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Obésité, diabète, cancer : une partie de la solution dans nos assiettes ?

Mardi 10 Juillet 2012 - 21:14

Obésité, diabète, cancer : une partie de la solution dans nos assiettes ?
Bien manger pour se maintenir en bonne santé, mais pas seulement. Notre alimentation modifierait également l’expression des gènes et permettrait donc à nos enfants de bénéficier d'un meilleur "capital santé". Explications de  Maximilien Rouer, président de BeCitizen, une société de conseil stratégique en développement durable.

L’alimentation d’aujourd’hui pose question pour la population actuelle, mais aussi pour les générations futures. Plus d'un milliard d’adultes sont aujourd’hui en surpoids, dont 500 millions seraient obèses.
 
Cette augmentation croissante de l’obésité ferait des enfants occidentaux la première génération dont l’espérance de vie serait plus courte que celle de leurs parents. Un autre phénomène, beaucoup plus préoccupant, est à l’étude aujourd’hui : notre alimentation modifierait l’expression des gènes.
 
Manger pour sa santé, mais aussi pour celle de ses enfants
 
Différentes expériences sur des souris [1], réalisées depuis 1998 et toujours en cours, ont montré que l’alimentation d’une souris gestante pouvait influer sur la tendance à développer obésité, diabète et même certains cancers chez ses petits. Le même lien de cause à effet pour l’Homme est toujours en cours d’étude, mais il est fortement suspecté.
 
Ainsi les conditions de vie, et plus particulièrement ici l’alimentation, si elles n’influent pas sur les gènes, influent sur l’expression de ceux-ci. On parle d’épigénétique ("épi" = "sur"), qui a pris une place centrale dans l’étude de l’hérédité : l’expression des gènes peut en fait être modifiée durablement par l’environnement. On ne mangerait donc plus seulement pour sa propre santé, mais aussi, directement, pour celle de ses propres enfants.
 
Au-delà des régimes maintes fois dénoncés et des déséquilibres nutritionnels (trop salés, trop sucrés, trop gras ou encore trop carnés), s’ajoutent les nombreuses substances soupçonnées toxiques qui auraient progressivement envahi nos assiettes. L’exemple le plus récent est celui du Bisphénol A (BPA), utilisé depuis 1891 et retrouvé aujourd’hui dans de nombreux emballages alimentaires, dont l’ANSES a souligné en septembre 2011 la nécessité de prévenir l’exposition des populations sensibles – le BPA migrant sous certaines conditions dans les aliments qu’il contribue à protéger. Et que dire des pesticides, résidus phytosanitaires, aliments transformés et autres additifs de toutes sortes ?
 
Une alimentation saine est-elle alors encore possible ?
 
"Un petit peu de tout, de tout un petit peu", comme disaient nos grands-mères, mais pour cela, il faut une chaîne alimentaire qui produit des aliments en accord avec les besoins nutritionnels humains. Cette alimentation repose donc sur des modes d’agriculture et d’élevage durables.
 
Ainsi, le travail sur les filières agricoles doit consister en un rapprochement indispensable de l’agriculteur et de l’industriel pour maximiser la valeur nutritionnelle, organoleptique et sanitaire de l’aliment : choix d’une agriculture dont les produits finis sont exempts de résidus phytosanitaires, et de circuits de distribution favorisant des approvisionnements de saison et locaux.
 
L’alimentation saine doit ensuite reposer sur des modes de transformation industriels non dénaturants, qui respectent la matière première en refusant additifs et conservateurs de toutes sortes.
 
Enfin une transition vers une consommation adaptée aux besoins permettrait non seulement de limiter les problèmes de santé mais aussi d’assurer une meilleure répartition de ces denrées à l’échelle mondiale.

L'intégralité de l'article ssur Le Nouvel Observateur.
Pierrot Dupuy
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