Société

ONF : Les petites mains du Maïdo travaillent dans l'ombre à reconstruire la nature

Leur travail est discret. Derrière les camions rouges pimpants des pompiers, les hommes de l'Office National des Forêts rétablissent, pas à pas, plante après plante, la reconstruction des pentes du Maïdo.


L'incendie du Maïdo a laissé des traces dans les casernes de pompiers de l'île. Depuis l'incendie d'octobre 2010, seuls les hommes de l'ONF, tout comme ceux du Parc national n'ont pas quitté la zone d'opération. Celle de la reconstruction.
 
Sur les pentes carbonisées, plusieurs équipes en roulement de 80 hommes, avec en plus un encadrement d'une vingtaine d'hommes, s'activent sur leurs secteurs respectifs. Norbert Baleya, à l'ONF depuis 1977, en a vu des incendies. A commencer par celui de 1988 qui a dévoré encore plus d'hectares que celui de l'an dernier. "Ce matin, nous dégageons la végétation brûlée sur les bords de la piste forestière pour faire un coupe-feu". Par la même occasion, les branches calcinées coupées à la tronçonneuse constitueront avantageusement les futurs paliers anti-érosion : les fascines. Tous les matériaux végétaux, du moins ce qu'il en reste, sont donc utilisés.
 
A deux pas de là, le 4x4 de l'ONF franchit un radier naturel où la cendre de l'incendie est venue s'accumuler dans le lit du ravinement. "C'est tellement fin qu'on dirait du compost" avance pascal Perreard de l'ONF.

Norbert, agent ONF depuis 1977
Norbert, agent ONF depuis 1977
"Le défi est immense" reconnait Pierre Sigala, responsable du secteur Ouest. La progression des hommes de terrain se fait plant par plant, racine par racine. "Ils pourraient utiliser des gants mais pour bien retirer les racines de pestes végétales, la prise est plus simple à mains nues". En matière de pestes végétales justement, les regards se tournent vers l'ajonc. Une espèce déjà bien présente, pour ne pas dire omni-présente avant l'incendie, mais dont la progression doit être aujourd'hui cantonnée à quelques zones.
 
La sémantique est en effet sans détours du côté de l'ONF. "Il faut gérer la progression de l'ajonc" précise Pierre Sigalla, réaliste devant l'impossibilité d'enrayer définitivement l'évolution de la plante. 
 
Des plantes pour en couver d'autres
 
Ennemi de la forêt, l'incendie l'est aussi pour le déploiement de l'indésirable. "La chaleur des flammes a accéléré la reproduction de l'ajonc" explique Stéphane Hoarau, conducteur de travaux. "Une touffe d'ajonc, c'est 30 gousses. Dans chaque gousse, 6 à 7 graines. Lorsqu'elles éclatent, les graines peuvent se disséminer sur 15 à 20 mètres". De quoi désespérer l'armée des petites mains du Maïdo.
 
"Il arrive que les équipes soient obligées de venir une deuxième fois sur un secteur déjà traité. Les ajoncs ayant poussé tout autant dans leur dos. C'est décourageant", estime Pierre Sigala. Lorsque les pousses sont encore petites, la main de l'homme suffit. Plus hautes, des produits phytosanitaires sont versés pour "griller" l'ajonc d'Europe.
 
A l'inverse, les petits hommes verts du Maïdo mettent de l'amour dans leur travail quand il s'agit de leurs petites protégées que sont le tamarin des hauts, la fleur jaune (espèce indigène mais pas endémique), l'ambaville, le branle vert utilisé par les Réunionnais en guise de balier pour la cour. Enfin, la fougère aigle est aussi indispensable. Ses ailes protectrices couvent très souvent de jeunes pousses de tamarins, toujours très délicats à pousser. "Là où il y a de la fougère aigle, on est à peu près sûr qu'il pourrait y avoir plus de tamarins des hauts" ajoute Pascal Perreard.
 
Mais le brouillard s'épaissit en cette matinée sur le Maïdo. La visibilité ne dépasse plus les 400 mètres d'horizon. Seul le bruit des tronçonneuses fracasse le silence de la morne plaine. Les petites mains, elles, travaillent toujours.

Un pied de tamarin sort de sol. Une espèce à préserver.
Un pied de tamarin sort de sol. Une espèce à préserver.

La zone de reconstruction du massif est immense
La zone de reconstruction du massif est immense

Reconnaître la peste végétale de l'espèce protégée, c'est le travail des hommes de l'ONF
Reconnaître la peste végétale de l'espèce protégée, c'est le travail des hommes de l'ONF
Vendredi 14 Octobre 2011 - 16:25
ludovic.grondin@zinfos974.com
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