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Nouveau round de négociations sous l'égide de l'Etat


Nouveau round de négociations sous l'égide de l'Etat
Initialement programmées ce lundi à 15 heures au siège de la Direction de l'agriculture et des forêts à la Providence, les négociations relatives à la paralysie de la campagne sucrière vont reprendre ce matin. C'est du côté de la DAF de Saint-Pierre que les trois syndicats agricoles majoritaires vont retrouver les usiniers pour une reprise des discussions.

Cette fois-ci, la DAF dirigera les négociations aux côtés de l'Etat, selon les souhaits des syndicats. Au centre de ces négociations, la question de la présence des observateurs au plus près des chargements lors des échantillonnages pour la fixation des taux de richesse en sucre. Une question pour laquelle des requêtes seront à nouveau formulées par la CGPER, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs.

Jean-Michel Lemétayer à la rencontre des troupes

Si Frédéric Vienne mise sur la non-suppression du poste, il demande néanmoins à ce que les observateurs "contrôlent tous les postes de la chaîne d'achat, de la pesée au débarquement des cannes mais pas au niveau de l'échantillonnage". Pour Patrice Pounoussamy et Jean-Yves Minatchy, la question du respect du protocole et de la Convention cannes devrait faire son retour dans les discussions. On peut d'ailleurs s'interroger sur la notion de non-respect du protocole quelques dix années après la mise en place des observateurs dans le département.

Reste désormais à savoir quelle sera l'issue de ce nouvel acte de négociations, délocalisé ce mardi à la Ligne Paradis. A cette occasion, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer se rendra au chevet des syndicalistes pour "booster" les troupes. Des troupes qui campent sur leurs positions, au Gol comme à Bois-Rouge depuis près d'une semaine.
Mardi 27 Juillet 2010 - 07:38
Ludovic Robert
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1.Posté par ilo le 27/07/2010 08:13
Comment est déterminé le prix d'achat de la canne ? si un zinfonaute connait le principe d'achat , qu'il l'explique ....merçi d'avance .

2.Posté par Gérard le 27/07/2010 12:09
La canne est achetée par l'usinier. Elle est payée selon 2 critères: le tonnage et le taux de sucre (dite "la richesse"). Ils sont déterminés par une convention tripartite (Planteurs-Etat-Usiniers). Le prix de la tonne de cannes est fixé environ 29 euros. La richesse est payée selon une table progressive dont la moyenne est autour de 13,80. Au dessous, le planteur doit rembourser l'usine. Au dessus, le gain est pour l'agriculteur.
Le prélèvement de la richesse doit être fait de manière aléatoire et par un organisme neutre financé de manière égale Planteur-Usinier. Cet organisme se nomme CTICS. Il est le seul habilité aux prélèvements. Il n'a rien à voir avec "l'observateur" payé par les usiniers et qui fait polémique aujourd'hui. "l'observateur" est un salarié de l'usine donc pas neutre à la différence du technicien CTICS.
Après ce paiement basé sur le tonnage et la richesse, viennent les aides à l'agriculture. Elles sont régies par le montant de la récolte et surtout la taille des exploitations. Les petites exploitations ont un calcul plus favorable que les grandes exploitations car ces dernières gagnent plus sur le volume. Les usiniers sont aussi très aidés par l'Europe par des aides au raffinage, au stockage, transport de cannes (les usines sont quasiment aussi aidées que les agriculteurs). Les usines bénéficient d'un large plan d'aides à la création et surtout à l'entretient et l'équipement des dispositifs de production électrique (les centrales thermiques sont ainsi subventionnées de manière déguisées...).
Actuellement, le régime des aides est à la baisse. L'enjeu de la filière consistera désormais à répartir entre planteurs et usiniers les bénéfices des sous-produits de la canne (entre 500 et 1000 sous-produits mais tous ne sont pas rentables).


3.Posté par comment sont payés les planteurs par les usines le 27/07/2010 13:49
C'est simple
le calcul permet de déterminer quelle quantité de sucre l'usine va produire pour une tonne de canne.
Il faut donc connaitre le pourcentage de jus. En effet si 1 Kg de canne donne 100 gramme de jus c'est moins bien que 150 gramme
Il faut ensuite analyser le taux de sucre dans ce jus ainsi que le taux d'impureté. Ce sont les laboratoires du CTICS qui font ces différentes mesures.
Bien évidemment il faut prélever un peu de canne dans le chargement amené par le planteur et pour ce faire l'endroit du prélèvement de l'échantillon dans le chargement est désigné au hasard par une machine.
La canne n'étant pas homogène tout au long de la tige, les planteurs essayent de s'arranger pour que l'échantillonnage soit fait dans la partie la plus riche.
Les observateurs des usiniers veillent à ce que le prélèvement soit fait à l'endroit désigné par la machine qui tire au sort.
Quelques dizièmes en plus ou moins sur la richesse mesurée représentent des millions sur l'ensemble de la campagne.
D'où les tentatives de fraude de certains planteurs et la méfiance du client usinier qui paye le produit acheté fonction de sa qualité (richesse en sucre)


4.Posté par Gérard le 27/07/2010 14:51
Remarque: l'explication du post "comment sont payé les planteurs par les usines" est particulièrement tendancieux, du moins me semble-t-il, car présentant le planteur comme le SEUL resquilleur.
Dans une vente, les 2 parties tentent de tirer de leur côté: les planteurs souhaitent que l'échantillon soit pris dans la tige (généralement la plus riche) et les usiniers préfèrent que ce soit dans la partie la moins riche (et pour cause puisqu'ils payent, tout acheteur veut le meilleur produit au prix le plus bas, nous le faisons tous...c'est humain). La tentation est des 2 côtés.
Le débat ne se fait pas dans le sens du gentil usinier contre le méchant planteur, ni le contraire. C'est pour cela qu'il y a plus de 30 ans qu'un organisme paritaire fait ces échantillonnages. Il faut savoir qu'avant d'être échantillonner, TOUTE livraison de canne passe sur une balance de pesage dont les employés sont 100% salariés de l'usine. Ils constatent donc aisément si une livraison est propre (peu de feuillage) ou "sale" (trop de feuillage). Il y a donc déjà plusieurs "observateurs usiniers" depuis 30 ans. La mise en place de nouveau "quidam" payé par l'usinier signifie que l'un des partenaires de l'interprofession (en l'occurrence l'usinier) ne fait plus confiance à l'organisme paritaire.
En outre, il faut rappeler au post "comment sont payés les planteurs par les usiniers" que rien ne prouve que l'observateur soit neutre (car ce n'est pas son rôle, le technicien CTICS est là pour cela). Il peut très bien vouloir que les échantillonnages soient faits au bénéfice de son unique employeur (l'usinier). Concrètement, ça veut dire que les prélèvements se feraient dans les parties les plus pauvres de la canne (les bouts supérieurs sont moins sucrées). Après tout, pourquoi l'observateur payé par l'usinier serait plus honnête que le planteur.
Encore une fois tous deux souhaitent leur avantage. Ou bien, les deux sont honnêtes ou bien les 2 sont malhonnêtes. Rappelons encore une fois, QU'IL EXISTE DEJÁ DES CONTRÔLEURS NEUTRES DEPUIS 30 ANS. Ce sont les contrôleurs du Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre (CTICS).

5.Posté par jumeau_974 le 27/07/2010 15:08
Le prix de référence est de 38 euros pour une tonne de canne à 13,8 de richesse (=13,8 % de saccharose). A cela s'ajoute de 7 euros à 21 euros de subvention par tonne, en fonction de la taille de l'exploitation.
Il y a eu des incidents de fraudes dans le Sud, mais qui me semble-t-il est marginale. Si on ne peut pas reprocher à l'usine de ne pas vouloir surpayer la canne, il est normal que les planteurs ne veulent pas brader leurs cannes. C'est là tout le rôle du CTICS, organisme neutre : effectuer les prélèvements, les analyses et publier les relevés de richesses.
D'après ce que j'ai compris, les premières livraisons de canne à sucre ont eu une richesse de 7 à 8. D'autant plus que ces dernières années de nouvelles variétés de cannes ont été libéré, variété "spéciale début de campagne" avec de meilleurs taux de richesse. Les planteurs qui ont investi et jouer le jeu, se retrouve avec des taux médiocres. Il y a donc un problème. Usiniers et planteurs se renvoient la balle.
Ces incidents sont destinés à se multiplier, à quatre ans de la fin de la convention cannes et plus généralement de l'OCM sucre. L'ouverture totale en 2015 du marché sucrier européen est en effet entériné.
Sur 100 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2003, l'usinier prend 50 millions et les planteurs 50 millions d'euros.
En 2009, la filière a fait 80 millions de CA : 50 pour les usiniers et 30 millions pour les planteurs.
Ce sont les planteurs qui supportent l'essentiel des charges de la réforme, d'où la nécessité de chercher de nouveaux débouchés à leur canne à sucre. Chose déjà faite avec la bagasse, et certainement bientôt la mélasse. Il est normal que le prix d'achat de la canne soit corrélé à la valorisation de ces produits.
Pour finir, nous sommes dans un département français : la plupart des filières agro-industrielles sont gérées sous forme de coopératives. Pourquoi la filière canne y déroge-t-elle? Comble de l'ironie, les usines sucrières de la Réunion ont été rachetées par une coopérative métropolitaine de planteurs de betteraves, Tereos.

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