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"Ne pas oublier les plus démunis..."

Olivier Cazeau est le directeur de l'Association humanitaire de l'océan Indien (AHOI) et responsable de la Boutique Solidarité de Saint-Joseph. En pleine préparation de Noël pour les plus démunis, nous l'avons rencontré pour lui poser quelques questions sur le contexte des fêtes de fin d'année. Des fêtes où les plus démunis ont également le droit de vivre dans la dignité, l'écoute et la convivialité...pour ne pas oublier ces hommes et femmes que la vie n'a pas épargné.


"Ne pas oublier les plus démunis..."
Olivier Cazeau, pourriez-vous nous présenter votre association, son origine et les objectifs que vous vous êtes fixés à travers le concept de Boutique Solidarité.

"Je suis le directeur de l'AHOI et responsable de la Boutique solidarité de Saint-Joseph en association avec la Fondation Abbé Pierre. A travers cette structure inaugurée il y a quelques mois, on a mis en place deux types de services : les services de base et les activités pédagogiques.
Les services de base permettent aux personnes en souffrance de retrouver une certaine dignité et une image de soi mais également de répondre à des besoins physiologiques avec des repas, des petit-déjeuners et des colis alimentaires deux fois par semaine. Mais Il y a aussi des services à l'hygiène, une buanderie et des douches.

Concernant les activités pédagogiques, on a mis en place plusieurs ateliers en informatique, peinture, poterie et Taï-Chi Shuan. A travers tous ces ateliers, le but est d'aller plus loin dans l'accompagnement et faire en sorte que chacun arrive à retrouver la motivation nécessaire. Une motivation pour récréer et retrouver un projet de vie cohérent et une autonomie"

En ces temps de fêtes de fin d'année, quel type de public recevez-vous au quotidien ?

"On a un public très varié à Saint-Joseph. On a des personnes sans-domicile fixe. Nous avons recensé trente SDF dont 25 qui viennent régulièrement à l'association. Nous avons aussi des personnes isolés psychologiquement et géographiquement et des handicapés. Tout ce petit monde là cohabite ensemble et cela se passe relativement bien."

Vous êtes en contact permanent avec ces personnes démunies et en souffrance, comment se déroulent les fêtes de fin d'année et plus particulièrement Noël pour elles ?

"A travers le Noël de solidarité, nous essayons de proposer un moment festif et un moment de convivialité avec des conditions qui respectent la dignité humaine. On essaie justement de favoriser la mixité sociale, l'échange et la considération de son prochain en développant les rencontres entre les personnes vivant dans la rue et les personnes insérées. On met également en place une démarche participative en impliquant au maximum ces personnes démunies dans la vie de la Boutique."  

Il y a quand même des malheureux qui restent à l'écart et qui, de ce fait, ne participent pas à ces fêtes. Pourquoi cet état de fait et que faire pour mieux les insérer ?

"Ce serait hypocrite de notre part de dire que l'on a pu regrouper le soir de Noël toutes les personnes démunies et isolées d'une commune. On a essayé en fonction de nos capacités et moyens d'inviter le maximum de personnes. Mais en tant que responsable de cette boutique, je dois faire en fonction de nos capacités d'accueil. Ceci étant, nous avons pu accueillir des familles qui ne viennent pas régulièrement et qui n'ont pas la possibilité de fêter Noël convenablement. On a été tout de même plus de 100 personnes."

On assiste depuis plusieurs années à une multiplication de ces repas de solidarité au moment des fêtes. Le nombre de personnes démunies, en difficultés et dans l'impossibilité de vivre ces fêtes dignement est de plus important. Pourquoi ?
 
"C'est malheureusement vrai. Nous avons tenu à organiser cela hier soir. C'est un Noël qui est également inscrit dans le cadre de la lutte contre l'exclusion. Et puis, il est très important d'intervenir par rapport à des situations de marginalisation et d'isolement. Nous organisons cette fête de Noël depuis 2003 et il est vrai que nous constatons chaque année la venue de plus en plus de personnes. Mais je pense que la société a une grosse responsabilité."

Comment faire pour mobiliser au mieux un population qui a, souvent, les moyens d'aider et de réagir à cet état de fait ?

"Maintenant cela demande du temps et de l'organisation pour pouvoir sensibiliser la population sur ce genre d'opération. Il y aurait la possibilité, par exemple, de mettre en place une collecte pour les jouets de Noël comme cela a déjà été fait. Souvent, chacun a ses obligations et oublie un peu la souffrance de personnes qui n'ont rien."

Comment s'est déroulé ce repas de réveillon ?

"Cette soirée a commencé à 20 heures avec des groupes musicaux avec Gilles Lauret d'Endemia et pas mal de belles choses et de la sono. On a préparé un vrai repas de fête avec des entrées, du fois gras, un bon carri de camarons et de la bûche de Noël.

Ce qui est très important, c'est que chacun se soit impliqué dans cette soirée et que les personnes présentes n'aient pas été trop assistées dans l'organisation de la soirée. C'était vraiment très bien."
Vendredi 25 Décembre 2009 - 15:30
Ludovic Robert
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