Politique

Nassimah Dindar: "La parité ne peut être l'alibi d'une réforme à visée électoraliste"

La présidente du Conseil Général, Nassimah Dindar, va proposer au Premier ministre d'instaurer une réforme électorale globale favorisant la parité pour l'ensemble des élections à scrutin majoritaire. Voici sa tribune libre:


Nassimah Dindar: "La parité ne peut être l'alibi d'une réforme à visée électoraliste"
"Le projet de loi portant réforme des élections locales : un grand pas vers la parité?

Les citoyens aspirent à davantage de parité, en matière de prise de décision économique comme en matière de leadership politique.

Ainsi l’initiative du gouvernement, soutenue par l'Assemblée des Départements de France (ADF), de faire émerger un binôme homme-femme dans le cadre des futures élections départementales est louable, tant il est vrai que malgré les lois successives, les conseils généraux restent rétifs à la féminisation. En effet, au Conseil Général de La Réunion, nous comptons seulement 7 femmes élues sur les 49 membres de l’assemblée départementale.

Au niveau national, la part des femmes conseillères générales n’atteint même pas les 15 %. Mais force est de constater combien le manque de concertation préalable et les achoppements successifs, la navette parlementaire sur ce texte censé revitaliser notre démocratie locale aboutit finalement à donner au citoyen un bien triste spectacle.

Après l'épisode du rejet du texte par le Sénat en janvier dernier, nous assistons à présent à l'échec de la commission mixte paritaire. La navette parlementaire entamera son troisième "round" où en cas de désaccord persistant, l'Assemblée nationale aura finalement le dernier mot d'ici le 17 avril prochain.

L'enjeu n'est pas seulement d'empêcher un redécoupage électoraliste de la carte cantonale. Il s'agit aussi et surtout de faire avancer la parité.

Les partis politiques jouent on le sait un jeu insidieux aboutissant à conjuguer candidat au féminin uniquement dans les circonscriptions complexes, ou encore à ne réserver aux femmes que la deuxième place sur la liste ou la suppléance.

Plutôt que de procéder ainsi par à-coups, n'est-il pas grand temps de porter une réforme électorale globale favorisant la parité dans l'ensemble des lieux restant l'apanage des hommes? N'est-il pas grand temps de tirer les leçons des réformes constitutionnelles et législatives successives depuis 1999 et n'ayant toujours pas permis à la parité de devenir une réalité palpable en dehors des assemblées accessibles par scrutin de liste? Si le scrutin
binominal devait être introduit dans les moeurs électorales de la République Française, n'est-il pas plus judicieux de l’élargir pour l'ensemble des élections à scrutin majoritaire ?

Je vais donc adresser un courrier au Premier ministre afin de lui faire part de ma proposition d’instaurer le même mode de scrutin binominal pour les élections législatives. Il serait anormal qu’un lieu tel que l’Assemblée nationale, qui a le dernier mot sur le vote des lois, reste à l’écart de la dynamique paritaire. Les députés doivent être exemplaires et voter la parité pour leur propre assemblée.

J’inviterai également l’ensemble des parlementaires de La Réunion à soutenir cette initiative. La parité ne peut être l'alibi d'une réforme à visée électoraliste, mais doit être le socle d'un véritable renouveau démocratique dans les lois votées comme dans les réalités vécues.

Nassimah DINDAR"
Mardi 9 Avril 2013 - 11:24
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1.Posté par CREOLE NAïF le 09/04/2013 12:01
MADAME DINDAR , LA SOCIÉTÉ RÉUNIONNAISE ( surtout le milieu politique ) EST TRÈS MACHISTE: il nous faut une loi trés contraignante pour mettre fin au système actuellement en vigueur!!!

2.Posté par string ficelle le 09/04/2013 14:15
Cette tribune en revanche n'est pas à visée électoraliste, car cette dame Dinedar que je ne connais pas, agit dans le seul intérêt de la population. Votez pour elle!

3.Posté par Papapio, ni macro ni géniteur payeur le 09/04/2013 15:06
Nassimah Dindar, va proposer au Premier ministre d'instaurer une réforme électorale globale favorisant la parité pour l'ensemble des élections à scrutin majoritaire.
rectification importante, car réelle:
Nassimah Dindar, va proposer au Premier ministre d'instaurer une réforme électorale globale u[favorisant la parité pour l'ensemble des élections à scrutin majoritaire. a CONDITION QU'ELLE RESTE INAPPLIQUÉE AUX JAFS ou 90% des Pères se font massacrer sous son silence complice]u

4.Posté par petite citoyenne le 09/04/2013 19:30
Ce qu'il faut c'est favoriser l'accès des femmes en politique en s'appuyant sur la sensibilisation, la conscientisation, repérer les potentialités du genre féminin, encourager, accompagner...
Nous aurons gagné lorsque les femmes s'impliqueront davantage, lorsque les électeurs feront davantage confiance, c'est cela l'égalité des chances.
En légiférant pour obliger à la parité, en particulier comme cela est prévu dans les futur cantons pour le Conseil Général, on va se retrouver avec des femmes candidates par obligations légales pour aider un candidat...
Une candidature doit venir de convictions, d'ambitions spour soi, pour son pays, pas d'une obligation légale.

5.Posté par ti yab des hauts le 09/04/2013 21:31
Un parti politique est une association comme les autres : pas si sûr... (09-04-2013)





► La femme est l'égale de l'homme selon les cas...

Après les récents événements politiques, la question de la transparence est sur toutes les lèvres. Il faut savoir que tous les partis politiques sont structurés, juridiquement, sous une forme associative. Cela permet à ces derniers, comme pour toutes les associations, de recourir aux dons.

Ces dernières années, la plupart des élus, essentiellement les députés, ont pris l'habitude de créer une association du type "club de réflexion pour l'avenir de la France" pour recevoir des dons afin d'aider au financement des campagnes électorales. Rien d'illégal en cela, même si la multiplication des structures rend le contrôle compliqué.

Prenons un exemple : le député Martin appartient à un parti politique. Mais, pour assurer le financement "extra" de sa prochaine campagne électorale, ce brave député crée une association qu'il nomme : "Soutenir Martin, le défenseur de ses électeurs". Attention, son propre parti se doit de financer aussi la campagne de ce député. Mais, vous savez ce que c'est, les prix augmentent pour tous et donc également pour Martin. La création de cette association va lui permettre de lever des fonds auprès de ses donateurs et également d'en recevoir de son propre parti politique.

Il faut savoir qu'en France, il existe une Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). (1)

Par le passé, cette commission publiait la liste des dons reçus par chacune de ces "associations extra" en provenance d'autres partis politiques.

Or, cette disposition extrêmement importante pour la transparence des flux financiers et la moralisation de la vie politique n'est plus appliquée. Pourquoi ? Un simple petit amendement glissé subrepticement par un député lors d'un vote et le tour est joué.

Oui, il est utile de rappeler que ce sont les députés qui votent les lois. C'est peut être un détail pour vous, mais... etc.

Conformément aux dispositions de l'article 11-4 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, les seules personnes morales autorisées à financer des partis et groupements politiques sont les partis et groupements politiques eux-mêmes. C'est étonnant, mais c'est comme ça.

Soumis aux dispositions de la loi du 11 mars 1988, les partis et groupements politiques doivent donc chaque année, déposer leurs comptes certifiés auprès de la CNCCFP qui en assure le contrôle et la publication "sommaire" au Journal Officiel.

En effet, l'article 11-7 de la loi du 11 mars 1988 n'impose qu'une publication sommaire des comptes des partis politiques. Sommaire est un mot qui veut bien dire ce qu'il veut dire : on n'entre pas dans le détail.

Pire, c'est dans l'annexe 3 des comptes qui doivent être déposés auprès de la CNCCFP que sont présentés les versements intervenus au profit ou à destination d'un autre parti politique. On est proche d'un système en vase clos.

La commission confronte donc les annexes des différents partis et doit (je répète dans le cadre de son contrôle), s'assurer de leur cohérence. Il y a incohérence ? La commission n'est pas tenue de la publier.

Oui, vous lisez bien. Il y a une différence entre les différentes annexes ? Pas de problème, on oublie puisque la loi autorise la commission à ne pas en parler.

Seule une disposition législative pourrait prévoir la publication du détail des relations financières entre partis. Or, aucun député ne semble pressé de modifier la loi...

Il faut bien comprendre que cet aspect du contrôle des financement des partis est un tout petit verre d'eau dans les masses d'argent qui circulent autour du petit monde politique. Mais, mettre à jour ce type de pratiques permet d'avoir un éclairage particulier sur les déclarations de tous les chevaliers blancs qui se bousculent devant les micros depuis les "révélations Cahuzac".

Il semble urgent de ne rien changer... Pour ma part, je crois que les citoyens ne vont pas accepter encore longtemps de se faire "enfumer" (2) par les apiculteurs politiques...

En savoir plus
(1) Le site de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP)

(2) Enfumage n'est pas un gros mot. C'est l'action d'enfumer. C'est un terme qui est aujourd'hui utilisé par les apiculteurs. En effet, la fumée déclenche chez l’abeille la peur instinctive et ancestrale de l’incendie qui vient menacer son site d’habitation. Ce stress amène la colonie à se gorger de miel avant de fuir le lieu menacé par le feu car pas question pour elles de partir le ventre vide !

Donc l’apiculteur enfume la ruche, provoque ainsi un stress et les abeilles vont instinctivement consommer du miel, ce qui va les calmer. Consommer agit comme un calmant, c’est bien connu...

Donc enfumer signifie envoyer une information fumeuse (c’est-à-dire à moitié vraie ou à moitié fausse) à une masse d’individus que l’on veut manipuler tranquillement

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