Municipales 2014

Municipales 2014, des enjeux exceptionnels

Tous les lundis, la rédaction de Zinfos974 vous propose un article d'analyse politique, et ce jusqu'à la semaine du premier tour des Municipales 2014. Cette chronique a pour objectif d'apporter un éclaircissement sur les enjeux multiples de cette élection, et de vous aider à les décrypter.

Bien plus que pourvoir aux équipes qui auront en charge les affaires des 24 communes, ces Municipales préfigurent de bien autre chose... Voici, ce lundi, un diaporama des enjeux exceptionnels qui se cachent derrière une élection à priori tout à fait ordinaire.


Municipales 2014, des enjeux exceptionnels
Aux municipales, on élit une liste de conseillers municipaux. En leur sein, dans un second temps, ces conseillers vont élire un maire. Voilà pour une définition au plus simple d’une élection municipale. Reste que cette définition, et plus particulièrement à La Réunion, surtout dans le contexte actuel, masque des enjeux plus profonds et décisifs qui débordent la seule problématique municipale.

La Réunion étant un des départements français qui compte le plus faible nombre de communes, les équipes municipales acquièrent un poids important qui va bien au-delà des limites des seules communes concernées. Elles influent sur toute la vie politique réunionnaise. Aussi, se faire élire à une élection sans le soutien du maire ou des maires, n’est pas une mince affaire.  

Le Conseil Général n’est rien d’autre à La Réunion que le syndicat des maires...

Prenons les dernières cantonales. Il faut vraiment s’appeler TAK (André Thien-Ah-Koon) à la Plaine des Cafres, ou Sinimalé à la Saline, pour triompher des candidats soutenus par les maires des communes concernées. Les conjonctures très particulières prévalant, tant au Tampon qu’à Saint-Paul, n’enlèvent rien aux exploits des deux conseillers généraux, bien au contraire, elle renforce la puissance manœuvrière de ces vieux briscards de la vie politique réunionnaise. 
C’est ce qui faisait d’ailleurs dire aux anciens que le Conseil Général n’est rien d’autre à La Réunion que le syndicat des maires...

Changeons d’élection et regardons du côté des dernières Régionales avec Paul Vergès, président sortant, candidat à sa succession. Si son échec peut être lié à sa campagne désastreuse, à son népotisme élevé au rang de principe, à l’évolution de la société réunionnaise et à ses difficultés à s’y adapter, comment ne pas y voir également sa non prise en compte du poids des maires, par ailleurs communistes, de Saint-Paul, de Saint-Louis et de Saint-André ? Une attitude qui, certes, peut accepter plusieurs explications, dont l’inusable et coutumière arrogance de l’ex-président de Région, mais qui n’enlève rien pour autant à la puissance de ce théorème qui fait que l’élection municipale est la mère de toutes les élections à La Réunion. Et quand on voit l’énergie que Didier Robert déploie pour les municipales, aux quatre coins de l’île, une chose est déjà acquise, candidat à sa propre succession aux prochaines Régionales, ce théorème, il l’a bien assimilé.

Voilà une donnée fondatrice qui, vraie hier, l’est aujourd’hui, et ce ne sont pas les évolutions du code électoral qui risquent, pour l’avenir, de la rendre dépassée ! Mais il y a également autre dimension qui vient se sur-ajouter à ce théorème fondamental de la vie politique réunionnaise pour faire de ces municipales de 2014 un rendez-vous exceptionnel.

Ce qui est en jeu, c’est le paysage politique réunionnais pour des décennies !  

C’est l’état de décomposition, au même moment, pour des raisons certes différentes, de l’ensemble des principales forces politiques locales. Le PCR est mort. Ce que l’on appelait hier le "camp des nationaux" est sans leader, ce qui est également la situation du PS. Une fait totalement inédit. Car, si à la fin de la décennie 1950, la droite comme la mouvance socialiste étaient dans une passe très difficile, tel n’était pas le cas, bien au contraire du PCR.

A droite, chaque maire, à partir de son fief, faisait la guerre à son collègue de parti, oubliant l’adversaire, et accessoirement, l’intérêt de La Réunion. Seule la venue de Michel Debré, appelé à la rescousse par une partie des élus de droite, a pu sortir la droite de cette situation mortifère. Quant à la mouvance socialiste, à la même période, non structurée, ne disposant plus de base municipale, ni de leader après la mort de Raphaël Babet, puissant député-maire de Saint-Joseph, il lui a fallu trois décennies, et l’élection présidentielle de François Mitterrand, pour jeter les bases de sa refondation. Ce qui, en passant, renvoie les réécritures successives et continues de l’histoire du socialisme à La Réunion, par Gilbert Annette, pour ce qu’elles sont : des pitreries narcissiques. Un Gilbert Annette dont son principal adversaire, au sein du PS actuel, vous l’avez noté, est un certain Patrick Lebreton, député-maire de Saint-Joseph, qui a mis ses pas dans ceux de Raphaël Babet, son illustre prédécesseur, comme c’est curieux ! 

Face à la droite et la mouvance socialiste, il y avait alors dans cette décennie 60, un parti communiste, lui, en marche de bataille après le coup de force interne d’un certain… Paul Vergès. C’est ce cycle qui s’achève, et on peut comprendre alors pourquoi les Thierry Robert, Didier Robert, Huguette Bello, Fabrice Hoarau, Pierre Vergès, Patrick Lebreton, Gilbert Annette jouent en 2014, directement ou indirectement, bien plus que leur sort municipal. Ce qui est en jeu, c’est le paysage politique réunionnais pour des décennies !  
Lundi 24 Février 2014 - 10:22
Eliard de Laleu
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1.Posté par noe le 24/02/2014 12:37
C'est puissant !
De la bonne histoire !
Une excellente analyse du contexte local !

J'adhère !

Il n’y a pas de vie en commun sans règles communes, pas de droits sans devoirs, pas de liberté individuelle sans respect des libertés de tous.
Pour mieux vivre ensemble, nous avons sans cesse besoin de consolider le pacte républicain, fragilisé par l’individualisme à outrance ou la tentation communautariste. Notre attachement partagé aux valeurs du pacte républicain – liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité, sécurité… – permettra à la Réunion de mieux concilier unité et diversité, réussite individuelle et réussite collective. C’est la meilleure façon de préparer l’avenir de notre belle île intense !

2.Posté par sacha le 24/02/2014 14:13
Un article d'analyse politique par semaine, voilà une bonne idée. Peut-on juste savoir qui écrit les articles? un journaliste? un citoyen? un politologue? c'est intéressant de le savoir pour se faire une opinion sur ce qu'on lit. Merci d'avance pour votre réponse

3.Posté par David Asmodee le 24/02/2014 15:00
Enjeu exceptionnel surtout pour les élus. Et pour les boites qui travaillent avec tel ou tel élu contre enveloppe. Accessoirement pour les propriétaires de terrains mal classés qui seront récompensés tous les 6 ans pour leur fidélité.

Pour le pékin moyen, il n'y a pas grand chose à attendre. En dehors d'une augmentation de la taxe d'habitation, bien sûr.

4.Posté par Arnaud le 25/02/2014 11:15
Vous avez oubliez l'essentiel . Les politiques se battent surtout pour l'avenir de leur famille et surtout du clan.

Gilbert ANNETTE pour son frère et ses fils ,dont un sera dit -on le futur conseil général de Bois de Nèfle
Thierry ROBERT pour son frère
GIRONCEL pour sa fille
Claude HOARAU pour son fils
VIRAPOULLE pour son fils
LAGOURGUE pour son fils
ROBERT (Possession) pour sa fille

ET ON PARLE DE L INTERET DE LA REUNION!!!!

Voilà la vraie carte politique qui va se dessiner.Les journalistes devraient arrrêter de tromper l'opinion publique . On se croirait en Chine populaire .

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