Santé

Médiator: Les victimes réunionnaises préfèrent la justice au fonds d'indemnisation

Alors que la Réunion est durement touchée par la crise sanitaire du Médiator, Maître Alain Antoine, l'avocat des victimes réunionnaises, préfère choisir la voie judiciaire du code civil plutôt que recourir au fond d'indemnisation qui vient d'être mis en place par l'Oniam la semaine dernière. Il dénonce d'ailleurs, à travers cette initiative, "un effet d'annonce".


Le cabinet de Me Antoine (au centre) en charge des victimes réunionnaises du Médiator
Le cabinet de Me Antoine (au centre) en charge des victimes réunionnaises du Médiator
 
En métropole, les victimes du Médiator se sont manifestées en masse depuis le lancement, jeudi, du Fonds public d'indemnisation. Des centaines de personnes ont déjà contacté le fonds en espérant être indemnisées. Un Fonds géré par l’Oniam, l'Office national d’indemnisation des accidents médicaux. Les demandes des victimes présumées sont étudiées par des experts qui devront déterminer les dommages et les responsabilités du médicament pour chaque victime. Le traitement des dossiers devraient prendre une année. Selon l'avis des experts, les laboratoires Servier devront faire une proposition d'indemnisation. S'ils refusent d'indemniser, l'Oniam s'en chargera avant de se retourner vers Servier. Toute cette procédure laisse pantois Maître Alain Antoine, l'avocat des victimes réunionnaises. Selon lui, l'appellation de "fonds d'indemnisation" est d'ailleurs impropre puisque l'Oniam est censé jouer les intermédiaires. Pour Me Antoine, le lancement de ce fonds n'est "qu'un effet d'annonce à quelques mois des présidentielles".

C'est la Réunion qui est frappée le plus durement pas ce scandale

L'avocat des victimes réunionnaises assure d'ailleurs que la Réunion est certainement un des territoires français les plus touchés par ce scandale sanitaire : "C'est la Réunion qui est frappée le plus durement pas ce scandale", souligne-t-il. Pour expliquer cette situation, Alain Antoine souligne que l'île est particulièrement touchée par le diabète et que ce médicament était censé soigner cette maladie. Par ailleurs, l'avocat affirme que le laboratoire était particulièrement bien implanté à la Réunion. Il pointe du doigt, sans les nommer, certains médecins qui auraient prescrit ce médicament pour d'autres pathologies que le diabète et notamment comme coupe-faim et dénonce le rôle des délégués médicaux et les "petits cadeaux" aux médecins.

La justice civile plutôt que le fonds d'indemnisation

Devant la situation des victimes réunionnaises, Me Antoine préfère ne pas faire appel au fonds d'indemnisation. Plus de 200 personnes lui ont déjà déposé un dossier et il a lui-même effectué 55 demandes devant le juge des référés. Selon lui, une procédure civile sera plus efficace. "Je préfère avoir affaire au monde judiciaire qu'aux experts de Servier", précise-t-il. Il regrette néanmoins qu'il n'y ait pas à la Réunion de structures susceptibles d'accueillir les victimes alors que beaucoup seraient dans des situations difficiles et précaires: "Certaines victimes vivent dans une situation difficile. Certaines ne savent pas lire. C'est difficile de monter des dossiers complets dans ces conditions même si les victimes sont de bonne foi", regrette l'avocat.
Mardi 6 Septembre 2011 - 15:02
Lilian Cornu
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1.Posté par alertecatastrophe le 06/09/2011 19:12
40 ans de mensonges sur le Médiator, merci Servier, heureusement que la vérité fini par sortir.

2.Posté par noe974 le 06/09/2011 19:24
Le Médiator naguère "coupator de faim" devient en quelques jours "mortador" ...La faute à qui ?
-aux consommateurs ?
-aux prescripteurs ?
-aux fabricants ?
-aux mangeurs ?

On l'a utilisé comme "coupe faim" alors que c'était pour la lutte contre le diabète ...
Coupait-il vraiment la faim ?

3.Posté par Jeff le 06/09/2011 22:12
Il fallait écouter le débat sur LCP, édifiant. Le labo, c'est de la tambouille "scientifique" teinté d'escroqurie à l'AMM. Maintenant cela va devenir de la tambouille juridique, les juristes vont s'en mettre plein les fouilles. Pôvre monde.

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