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C'est une information du Point qui risque de faire du bruit: le magistrat Hakim Karki, qui fait une enquête sur l'organisation par des gendarmes d'une partie du trafic de clandestins et de drogues à Mayotte, a la preuve que certains responsables du Groupement d'Intervention Régional de Mayotte auraient signé des laissez-passer à des clandestins pour leur éviter d'être reconduits à la frontière.
Le Point a pu consulter un de ces laissez-passer, signé de la main de l'ancien patron du GIR. Il est sans ambiguïté : "L'intéressé est témoin dans une affaire judiciaire traitée par notre service et ne doit pas faire l'objet d'un arrêté portant reconduite à la frontière. En cas de contrôle, contacter le chef du GIR, capitaine Gautier, au 06..., ou le maréchal des logis-chef Papa, au 06..." .
Ce document, décerné à Saidou Waadi Mze, un indic du GIR, a été remis au juge d'instruction dans le cadre de l'enquête qu'il mène sur la mort par overdose d'héroïne de Roukia, une jeune Mahoraise. Saidou Waadi Mze a raconté au juge comment il avait été recruté comme indic en 2010 lors d'une garde à vue, en échange d'une promesse de régularisation. Régularisation qui n'arrivera jamais: il a été condamné en 2011 pour aide au séjour irrégulier et doit purger une peine de deux ans de prison assortie d'une interdiction de territoire de cinq ans. Selon lui, il aurait pendant six mois fourni des renseignements au GIR, permettant notamment l'arrestation d'un agent corrompu de la police de l'air et des frontières. C'est en mai 2011 que, convoqué au tribunal, il aurait commencé à douter de la réalité de la protection dont il bénéficiait et aurait alors envoyé des membres de sa famille au GIR avec une photocopie couleur de son dernier laissez-passer. Photocopie qui finira confisquée par les gendarmes, pour effacer toute trace de la connexion selon son avocat.
C'est le dernier en date d'une liste d'indices qui s'accumule contre les pratiques du GIR à Mayotte. Si l'entourage des gendarmes met en avant que Saidou Waadi Mze est un clandestin en difficulté avec la loi, l'enquête du juge d'instruction a mis au jour de nombreux autres témoignages décrivant entre autres comment les gendarmes mettaient de la drogue en circulation pour appâter les dealers, notamment grâce à des écoutes téléphoniques de conversation entre des gendarmes et un indic.
Le Point a pu consulter un de ces laissez-passer, signé de la main de l'ancien patron du GIR. Il est sans ambiguïté : "L'intéressé est témoin dans une affaire judiciaire traitée par notre service et ne doit pas faire l'objet d'un arrêté portant reconduite à la frontière. En cas de contrôle, contacter le chef du GIR, capitaine Gautier, au 06..., ou le maréchal des logis-chef Papa, au 06..." .
Ce document, décerné à Saidou Waadi Mze, un indic du GIR, a été remis au juge d'instruction dans le cadre de l'enquête qu'il mène sur la mort par overdose d'héroïne de Roukia, une jeune Mahoraise. Saidou Waadi Mze a raconté au juge comment il avait été recruté comme indic en 2010 lors d'une garde à vue, en échange d'une promesse de régularisation. Régularisation qui n'arrivera jamais: il a été condamné en 2011 pour aide au séjour irrégulier et doit purger une peine de deux ans de prison assortie d'une interdiction de territoire de cinq ans. Selon lui, il aurait pendant six mois fourni des renseignements au GIR, permettant notamment l'arrestation d'un agent corrompu de la police de l'air et des frontières. C'est en mai 2011 que, convoqué au tribunal, il aurait commencé à douter de la réalité de la protection dont il bénéficiait et aurait alors envoyé des membres de sa famille au GIR avec une photocopie couleur de son dernier laissez-passer. Photocopie qui finira confisquée par les gendarmes, pour effacer toute trace de la connexion selon son avocat.
C'est le dernier en date d'une liste d'indices qui s'accumule contre les pratiques du GIR à Mayotte. Si l'entourage des gendarmes met en avant que Saidou Waadi Mze est un clandestin en difficulté avec la loi, l'enquête du juge d'instruction a mis au jour de nombreux autres témoignages décrivant entre autres comment les gendarmes mettaient de la drogue en circulation pour appâter les dealers, notamment grâce à des écoutes téléphoniques de conversation entre des gendarmes et un indic.
















