Faits-divers

Martinique : la pêche interdite sur les côtes et dans les rivières

Les autorités sanitaires ont rapporté que le niveau de pesticides autorisé en Martinique est deux fois trop élevé dans les rivières et certaines zones côtières. La pêche est y est donc interdite jusqu'en 2010.


Martinique : la pêche interdite sur les côtes et dans les rivières
Jusqu'en 2010, la Martinique interdit la pêche dans ses rivières et dans certaines zones côtières de l'île. Les autorités sanitaires ont relevé des niveaux de pesticides très élevés, soit le double des quantités autorisées, notamment concernant les taux de chlordecone dans 96% des quarante zones évaluées.

Pour les pêcheurs, cette mesure est trop radicale, d'autant plus que le secteur est déjà affecté par une concurrence rude et un prix du carburant élevé. De son côté, Marie Ademar, présidente de l'association familiale maritime de la Martinique indique que "les pêcheurs ne doivent pas payer pour ceux qui polluent. Notre profession sera pénalisée par des mesures destinées au consommateur, mais ce seront nous les premières victimes".

En effet chaque année, ce sont pas moins de 4.000 pêcheurs qui ramènent 6.300 tonnes de poisson en Martinique. Mais d'après la Commission européenne, la pêche au large, qui représente 60% des prises, ne sera pas affectée.

Chronique d'un empoisonnement annoncé

Certains pourrait dire qu'il s'agit d'une chronique d'un empoisonnement annoncé, si l'on s'en réfère au rapport qui a été remis par le cancérologue Dominique Belpomme à l'Assemblée nationale en 2007, et qui a mis en évidence l'impact sanitaire de la pollution au Chordecone aux Antilles. Ce qui avait fait dire à Michel Barnier, Ministre de l'agriculture à l'époque, que l'utilisation massive des pesticides dans la culture des bananes antillaises a entraîné un "désastre sanitaire".

Pour le scientifique Dominique Delpomme, les pesticides ont empoissonné les sols et l'eau de toutes les Antilles. Le chlordecone, destiné à éradiquer le charançon (coléoptère), est malheureusement cancérigène. Le phytosanitaire serait responsable du taux élevé du cancer de la prostate. De plus,  "le taux de malformations congénitales augmente dans les îles" avait fait remarquer le cancérologue.

Alors que le chlordecone est interdit depuis 1976 aux Etats-Unis, les Antilles semblent avoir bénéficié d'une étonnante indulgence jusqu'en 1993. Les bananiers des Antilles avaient en effet obtenu une dérogation en 1981, suite au passage d'un ouragan. Le pesticide a été interdit par le gouvernement français en 1990, mais les bananiers obtiennent un délai de trois ans supplémentaires.

Aussi appelé Kepone, le chlordecone est classé comme potentiellement cancérigène par le Centre international de recherche contre le cancer.
Samedi 26 Septembre 2009 - 11:46
Karine Maillot
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1.Posté par nicolas de launay de la perriere le 26/09/2009 15:19
merci les békés !!
d'un autre côté, en metropole, il y a le scandale encore étouffé, de la pollution du Rhône..

2.Posté par ACSP le 26/09/2009 19:17
A la Réunion aussi, le taux dépasse la norme dans certains forages.
Nous avions soulevé le problème à Saint-Pierre. Nous avons souhaité que la mairie précise l'échéancier pour que nous retrouvions une eau réglementairement conforme au Code de la Santé publique. Sans réponse ... pourtant un sujet important pour les habitants, qui paient ... et qui accumulent dans leur organisme des résidus de pesticides ...
Article http://citoyennedestpierre.viabloga.com/news/pour-quand-une-eau-a-boire-conforme-a-saint-pierre ainsi que ceux de la rubrique Saint-Pierre Eau

3.Posté par gecko974 le 26/09/2009 21:47
c'est la (très) triste réalité de l'agriculture intensive! L'histoire du chloredécone aux antilles est bien sûr des plus remarquables de par l'ampleur des dégâts occasionnés que ce soit envers la santé des populations locales ou plus généralement envers l'ensemble des écosystèmes antillais terrestres et marins. Une histoire qui n'est pas près d'être terminée puisque la molécule prendrait des dizaines d'années voire plus d'une centaine pour se dégrader...Combien de vies spoliées pour l'enrichissement éphémère de quelques-uns?
Cette histoire antillaise est hélàs loin d'être un cas isolé et bon nombre de catastrophes écologiques similaires ont lieu dans bien des régions du monde...mais trop peu révélées!
Heureusement à la Réunion, nous avons la chance de vivre sur une île exemplaire quant à ses pratiques agricoles. Dormons tranquille, notre ô combien vénérable Président de la chambre d'agriculture déclare sur la page d'accueil de son démagogiquement irréprochable site web: "On parle beaucoup de développement durable. Qui mieux que l’agriculture et en particulier la canne à sucre permet à notre île de valoriser son espace de façon optimale tout en préservant la qualité de vie ?"

Pour celles et ceux qui auraient des doutes, voici quelques pistes de réflexion:
Agriculture raisonnée: est-ce bien raisonnable?
Hégémonie de la culture de la canne sur la moitié de la SAU réunionnaise (objectif avoué atteindre les 30000 ha)
Parait-il que sa culture empêche l'érosion des sols et qu'elle offre à nos chers touristes des paysages magnifiques...vous avez dit monotones?
La canne nout péi, nout kiltir, nout tradition...celle d'un esclavage perpétuel?

et le bio dans tout ça? "bann boug i di i met pa rien comme produit....ah arrêt déconné don! lé pa vrai sa!" 0.3% de la SAU, une quarantaine de paysans à la Réunion, il y a du travail ...

les questions essentielles : que donnons nous à manger à nos enfants, que souhaitons leur transmettre?
Pour terminer un petit proverbe qui en dit long: "Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"


4.Posté par jack kariti le 27/09/2009 19:33
Une population a été privée de son droit le plus strict. A savoir consommer les produits même de sa terre qui peut être dans certains cas un moyen de subsistance. Imaginez ceci transposé à la Réunion, fini le marché forain, enfin en tout cas pour moi, fini la pêche. Tout ceci ne m'inspire une chose: une envie de vomir assez virulente. Pour plus d'infos merci de consulter le site suivant:
http://www.gwadeloupe.com/blog/video-bekes-les-derniers-maitres-de-la-martinique/
et dire que cela aurait pu arriver à notre chère île. Privez les gens de leur produits naturels, tuez-les à petit feu ek le cancer, et qui va crier? Personne bien entendu, raisons politiques oblige.

5.Posté par Gecko974 le 28/09/2009 16:09
Désolé de vous décevoir Jack Kariti mais les produits naturels ne se trouvent pas sur le marché forain, hélas! Selon le Mouvement pour le Droit et le respect des Générations Futures ce sont plus de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive qui contiennent des pesticides. Ces chiffres proviennent d'études réalisés en métropole. Ramenés à la Réunion ces chiffres pourraient bien atteindre les 75% voir plus quand on considère le taux d'illetrisme parmi les exploitants agricoles réunionnais conjugué à une pression parasitaire continue tout au long de l'année propre à nos condtions tropicales/subtropicales. En résumé autant mettre 2 fois la dose...
Bien sûr ces chiffres ne sont que des estimations, nos institutions bienveillantes se gardent bien de diffuser certaines études qui pourraient jeter le feu aux poudres.
http://www.mdrgf.org/2sommpestos.html

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