Faits-divers

Manchot, illettré, introverti, le tyran familial retourne en prison


Cache-t-il bien son jeu ou alors le camouflage caméléon serait sa nature profonde ? Quand on voit Léo Fidji, 58 ans, petit, éteint, la main gauche en moins, entre ses trois gendarmes, on se dit que la nature est mal foutue. Que ce petit bonhomme inoffensif n’a rien à faire là. Et puis le film de sa vie se déroule sous nos yeux ébahis…

Le 15 janvier dernier à Saint-Louis, Léo Fidji a cogné sa femme et son petit-fils. "C’est un complot".

Lorsque les gendarmes arrivèrent, ils découvrirent une maison sortie des griffes de Firinga. "C’est une mise en scène !" Il restera ainsi d’un bout à l’autre dans une dénégation totale.

Même son alcoolisme chronique, cause de ses maux, il le réfute : "Mi boir in coup comme ça tazantan". Alors que tous les témoignages corroborent le fait qu’il picole dur et que la violence entre en scène à chaque fois.

"Quand je sors, je la tue !"

Au fur et à mesure que tombent les questions et que s’accumulent les non-réponses ou dénégations du prévenu, on se rend compte que Léo Fidji vit dans un monde à part où les seuls codes acceptables par lui sont les siens.

Analphabète, illettré, réfutant les jugements et les lois qui les commandent, il s’est construit une image de pater familias omnipotent où les contrevenants ne méritent que sa colère.

Depuis 2005, "il est passé devant le tribunal et a été condamné au moins une fois par an", souligne la partie civile. En tout, 8 condamnations pour violences, menaces de mort, transport d’armes prohibées, plusieurs conduites sous état alcoolique prononcé…

En prison (!), il a dit au JAP (juge d’application des peines) qu’il liquiderait le compte de sa femme dès sa sortie de prison. Et tant qu’à faire, à l’amant de sa femme. Confortant ainsi l’image d’un homme à l’intolérance poussée à ses dernières limites.

De Kassav à James Bond

On se demande d’ailleurs bien comment il assouvira sa vengeance : elle est partie en métropole, ayant enfin compris qu’après des années de galère, loin des yeux, loin du cogneur, c’était peut-être mieux. Après 33 années de vie commune quand même.

Pourquoi cette insistance à rester ensemble quand ça ne va plus ? Sans doute parce que dans cette famille gnons et bosses, à sa décharge, il était le seul à rapporter quelqu’argent, sa pension d’invalide, 600 euros par mois.

Si Léo Fidji se rend consciencieusement à ses rendez-vous judiciaires, "c’est beurré comme une savate" a dit la partie civile. Le prévenu ne nie pas. Pas vraiment.

La substitut Coupry a assaisonné sévère cet homme qui affiche "son mépris pour les nombreux avertissements que lui a adressés la justice".

La tâche de Me Issé relevait de "Mission impossible". Armé d’une foi inébranlable, le jeune avocat a quand même tenté l’impossible.

"C’est lui qui faisait tout dans le ménage pendant que les autres profitaient de son allocation d’invalidité".

Et alors, Me Issé a emprunté une surprenante diagonale pour éclairer la lassitude de son client, allant jusqu’à citer et fredonner les paroles d’une chanson zouk bien connue, s’emmêlant un peu au passage entre Kassav et Zouk Machine :

"Nettoyer, balayer, astiquer…"

La Cour ne s’est pas trémoussée mais ça rigolait bien sur l’estrade. Après Me Raffi qui récemment se prenait pour James Bond…

Dix mois fermes de plus pour le bonhomme, et 500 euros de dédommagements divers.
Jeudi 23 Juillet 2015 - 13:48
Jules Bénard
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1.Posté par joevany le 23/07/2015 14:11
C'est la crème de la crème, nana travail pou fé

2.Posté par EKOLO le 23/07/2015 15:06
Salut JB

Excellente narration, où comme d'habitude, à la fin de l'article, on s'étonne d'être chez soi alors qu'on croyait être dans la salle d'audience.

N'empêche, c'est ce genre de parcours judiciaire (9 condamnations en 12 ans) qui fait dire à certains que la justice en France est trop sympa.
On le sait, le milieu judiciaire pleure depuis longtemps qu'il manque d'effectifs (comme d'ailleurs les enseignants ou encore les policiers, etc ... ), et on voit bien ici que les affaires sont traitées à la chaîne, sans réelle recherche d'efficacité.

Ce monsieur a visiblement une vie de m___ . De plus il lui manque une main et le taux de dignité qui va avec, et ses 600 € par mois sont ridicules.
Comme d'habitude, la société punit, mais elle abandonne ses membres les plus vulnérables à leurs malheurs, en croyant que la punition suffira. Et on voit bien ici que ce n'est pas vrai.

On n'est certainement pas le pays le plus à plaindre, mais la route est encore longue avant d'arriver à exploiter tout notre potentiel.
Les grands fonctionnaires du ministère des affaires sociales ne sont-ils donc que des endormis ?
Y a-t-il seulement des gens au service de l'Etat, dont la fonction est de méditer sur tout ça ?

A m'éditer SVP.
Merci.

3.Posté par fépitié le 23/07/2015 15:32
fé pitié....le réunionnais type dans toute sa splendeur!part pas en métropole on en a assez des comme toi...

4.Posté par 974 le 23/07/2015 19:48
ma pas lire l'article mi t koné déja kissa t sa rouve son ki,toujours le même ka à un moment donné i étone pi mwin.....mi shouaite a ou juste ke ou garde cette haine,cette méchanceté et ke li prolifére dssu plusieur génération.....oui ou na beaucoup de mérite post3.....

5.Posté par Moin la di le 23/07/2015 21:54
"c’est beurré comme une savate" ??? ou "c’est beurré comme p'tit lu " ? kossa y vé dire ? merci rien à ajouté a ce que dit post 2 la vérité vraie

6.Posté par KLD le 23/07/2015 22:33
oui ekolo , pour une fois le "à méditer" est à sa place !

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