Société

Maïdo: La lutte contre l'envahissant ajonc d'europe est perdue


Maïdo: La lutte contre l'envahissant ajonc d'europe est perdue
Près de trois ans après le dernier incendie du Maïdo, la progression irréversible de l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) est au coeur des préoccupations des protecteurs de la forêt.

La Réunion accueille pendant trois jours un séminaire sur la gestion des zones incendiées dans des espaces à haute valeur patrimoniale. Une délégation d'experts est venue confronter ses connaissances à la triste réalité rencontrée sur le massif du Maïdo.

Quelques chiffres pour illustrer l'irréparable. Sur les 2.500 hectares brûlés en 2011, 120 sont envahis d'ajonc d'Europe, espèce végétale ornée d'une couronne dorée et aux centaines d'épines aiguisées. En 2004, date de la précédente étude sur l'étendue de cette peste venue de la région Bretagne, seuls 90 hectares avaient été identifiés. La progression est donc perceptible.

Les incendies successifs de 2010 et 2011 ont accentué la propagation de cette espèce florale chatoyante aux yeux mais terriblement envahissante.

L'espèce est pyrophile, c'est-à-dire que l'expulsion des graines qu'elle produit est accélérée en présence d'une source de chaleur comme le feu. Chaque plant d'ajonc dissémine à son tour des graines dans un rayon de 5 mètres. Celles-ci attendent soit de fortes chaleurs, soit un incendie de forêt pour germer. Bref, une véritable machine de guerre.

Priorité sur les secteurs qui peuvent encore être jugulés

Actuellement, les hommes de l'Office Nationale des Forêts travaillent sur seulement 5 hectares. Un zonage qui est considéré comme prioritaire. Là où "l'ajonc entre directement en concurrence avec les espèces indigènes et endémiques", explique André Gilbert, responsable de travaux sur la zone du Maïdo (ONF).  "Le feu fait inexorablement baisser la diversité des espèces", déplore l'agent de l'ONF. Une note d'espoir : "la majorité des espèces endémiques reprennent naturellement après le feu et sans l'aide de l'homme, sauf pour le tamarin des hauts, endémique de la Réunion", partage Guillaume Payet, chargé de mission action de restauration post incendie au Parc national.

L'ajonc présente la particularité de proposer un système racinaire très long
L'ajonc présente la particularité de proposer un système racinaire très long
Mais après presque trois ans de retour d'expérience, le constat dressé vire au pessimisme sans retenue. "On a l'impression de vider la mer à petite cuillère", interprète André Gilbert.

Le retour d'expérience malheureuse de 2010 a pourtant permis aux administrations de tutelle d'agir plus vite l'année d'après. Mais le temps de germination de l'ajonc n'est pas celui de l'administration. Après les demandes pour des moyens supplémentaires et leur validation politique, le retour n'est pas attendu avant quelques mois et parfois les moyens réclamés ne sont pas à la hauteur de l'ennemi.

"En ce moment, nous avons sur site 8 contrats uniques d'insertion (CUI) encadrés par un agent de l'ONF", déplorent les mêmes agents. Ce séminaire agrémenté d'un rendez-vous avec la presse leur offre aussi l'opportunité d'alerter les autorités décisionnaires comme l'Etat ou le Département. Stopper l'envahissement de l'ajonc est un doux rêve mais contenir sa progression reste du domaine du raisonnable. Agir aujourd'hui, c'est donc économiser des ressources financières qui s'avèreront plus conséquentes dans 10, 20 ans…

Lutte chimique autorisée en coeur de parc sous condition

Devant les zones à traiter, l'ONF - en association avec le Parc national - est contrainte de faire des choix. "Nous avons des zones sacrifiées livrées à l'ajonc car elles sont économiquement difficiles à couvrir". En clair, elles sont soit trop éloignées de la route, rendant leur accès compliqué, soit demandent trop de petites mains pour l'arrachage des plants d'ajonc. "L'arrachage manuel est très difficile. Rien que sur un plant d'ajonc faisant 4cm, vous avez une racine qui fait plus du double, c'est vraiment impressionnant", explique, échantillon en main, Stéphane Hoarau, conducteur de travaux ONF.

Néanmoins, la lutte chimique est autorisée, et de façon surprenante, dans le coeur du Parc. Le pesticide utilisé est le Debrouxal Net. Sa pulvérisation se fait sur des secteurs définis, loin des remparts et des ravinements potentiels ou encore éloignés des habitats connus du lézard vert. La lutte chimique offre un rayon d'action plus important, mais malgré cela, l'optimisme n'est clairement pas de rigueur. "La lutte est perdue. Nous pouvons que limiter la propagation  de cette peste végétale", annoncent à tour de rôle les agents de l'ONF et du Parc.

La visite des experts internationaux s'achève ce mercredi dans l'Ouest à l'espace Tamarun avec la clôture du séminaire sur la gestion des zones incendiées.

Mercredi 7 Mai 2014 - 06:36
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par ecolo bobo pasteque le 07/05/2014 08:57
devant ce constat d'echec qu'attendent le parc et la prefecture pour stopper l'importation des nac?

2.Posté par mdr le 07/05/2014 09:37
ahahah je rigole bien, parce que la liane papillon envahit dangereusement notre nature depuis des années dans le plus grand silence et désinteressement de tous, et d'un coup le genêt est une peste, laissez moi rire !!!!!!!!!!!!!! de ces incapables à gérer notre patrimoine naturel INCAPABLES !!!!

3.Posté par môvélang le 07/05/2014 12:21
continuez d'importer encore des serpents et autres fleurs pour épater les voisins, et surtout, fermez les yeux devants les gros zozos qui se font des millions avec ces saletés

4.Posté par ptdr le 07/05/2014 12:23
c'est le Longose la peste végétale n°1, devant la liane papillon

5.Posté par Mango mango le 07/05/2014 12:56
sans parler du jonc d'europe qui plait tant aux réunionnaises.

6.Posté par Paysan créole le 07/05/2014 13:32 (depuis mobile)
Ah !!! Ce n 'est plus l ' hortensia ?

7.Posté par titingue le 07/05/2014 14:35
l'ajonc d’Europe à été introduis sur l'ile par un ancien responsable des forêt (ONF) au début du siècle dernier,cette personne étais originaire de Bretagne et pensé que cela aurais servir comme nourriture au animaux!! Comme quoi sa leurs retombe sur le nez aujourd'hui ! fallait réfléchir un petit peu avant de mettre notre nature et nos forêt en péril.

(documentation disponible dans les livres d'histoire sur notre île).

8.Posté par con-tribuable le 07/05/2014 20:38
ou ils sont les vaches et autres animaux qui se baladaient en s'alimentant dans cette forêt, Parc National ne donne pas son avis??!!!!!

9.Posté par Commandant Couscousto le 08/05/2014 03:04
@8 Il faut donc que la Reunion déclare la guerre à la Bretagne? Attaquons les chapeaux ronds à coups de bonbons la rouroutte......

@6 Malheureusement le jonc d'europe lé 'tit et y fatigue vite quand il faut grimper au Taïbit....

10.Posté par almuba le 08/05/2014 08:34
Mango le jaloux!
Le sien (son jonc) n'est surement pas prisé des réunionnaises, pas plus que des autres peut-être.

11.Posté par comique le 08/05/2014 10:33
Beaucoup de personnes cherchent du boulot, ils ont qu'à embaucher et on verra si c'est trop tard...Faut pas trop rêver malheureusement.

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