Interview

Madagascar "tombe dans une économie catastrophique"

Fano Rakotondrazaka, un journaliste de l'Express de Madagascar, s'est entretenu avec Roger Ralison sur la situation économique désastreuse rencontrée par la Grande île depuis plusieurs mois. Selon un enseignant-chercheur en Economie à l'Université de Tananarive, le constat est grave et le risque de récession économique se fait de plus en plus présent.


Madagascar "tombe dans une économie catastrophique"
"Dans quelle situation se trouve l'économie nationale à l'heure actuelle ?

Nous constatons un budget de l'État maigre. En plus, les responsables étatiques ne se conforment pas à l'orthodoxie financière. Ils ne maîtrisent pas ainsi le levier financier. Ils pratiquent un pilotage à vue. Les problèmes, comme la grève des employés des douanes, ayant des impacts sur l'approvisionnement des caisses de l'État, tendent à aggraver la situation. Le risque de récession économique n'est plus discutable. Le réglement de la crise par le biais de la mise en place d'une convention consistant à rétablir nos relations avec les bailleurs de fonds est incontournable.

La création monétaire ne résout-elle pas le problème ?

L'association Otrikafo a proposé la création monétaire comme une voie de sortie de crise. Cela peut servir exactement de solution. Mais il faut la placer dans le contexte. Avec la création de monnaie, la récupération s'effectue plus tard sur le marché, lequel devrait donc être solide. Ce n'est pas, toutefois, le cas actuellement. La création monétaire est efficace si l'économie du pays n'est pas aussi faible.

Quelle solution proposez-vous pour surmonter la difficulté ?

Dans un telle situation, il ne nous reste que l'aide étrangère. Nous devrions convaincre les bailleurs de fonds, ainsi que nos partenaires financiers, pour qu'ils ouvrent le robinet et nous nous concentrerions sur la préparation de l'avènement de la 4ème République. A notre époque, sous le régime d'Albert Zafy, le taux de croissance était de 1%. Il a fallu deux ans pour redresser l'économie.

Mais le pouvoir de transition a déjà déclaré que seulement 10% du budget sont utilisés en faisant preuve d'austérité…

Les partisans de Marc Ravalomanana avaient déjà répondu au pouvoir de transition sur la question. Normalement, les dirigeants de la Transition ne devraient pas dépenser trop pour financer trop de projets. La préparation de la nouvelle République doit rester leur principale mission. En réalité, l'État n'a en ce moment que les recettes douanières et les impôts comme sources financières. Mais le taux de pression fiscale étant en baisse, certaines personnes font aussi exprès de saboter la Transition. La contestation contre le directeur général des Douanes est significative dans ce sens."
Vendredi 12 Juin 2009 - 07:45
Ludovic Robert
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