Société

Lutte contre les pestes végétales: "Sur certains sites, c’est un combat perdu d’avance"

À l’approche des Journée du Patrimoine, l’ONF (Office National des Forêts) présente un bilan des ces dix dernières années de lutte contre les espèces invasives. L’occasion de sensibiliser les Réunionnais à la protection de notre patrimoine naturel.


Le Latanier Rouge (Latania Lontaroides) est endémique des îles Mascareignes et chaque île a sa couleur. Il existe moins d'une trentaine de spécimens sur l'île.
Le Latanier Rouge (Latania Lontaroides) est endémique des îles Mascareignes et chaque île a sa couleur. Il existe moins d'une trentaine de spécimens sur l'île.
Notre île est en proie à une invasion de pestes végétales exotiques, qui est en augmentation constante depuis dix ans. D’une trentaine d’espèces préoccupantes en 2003, la liste s’est allongée jusqu’à atteindre une centaine aujourd’hui.
 
"Il s’agit du patrimoine naturel réunionnais. Il est encore vivant est c’est important pour nous de le conserver" explique Julien Triolo, responsable du Pôle Ecologie à l’ONF. "Il faut prendre conscience que pour certaines espèces endémiques, comme le bois de senteur blanc, il ne reste qu’une dizaine d’individus sur notre île. Pour éviter de perdre ce patrimoine définitivement, nous avons créé des moyens de préservation".
 
La lutte contre les espèces envahissantes sur le terrain fait partie de ces moyens de préservation, mais l’ONF a également créé un arboretum afin de préserver les spécimens les plus en danger, à la manière d’une "Arche de Noé".
 
Plantes ornementales ou espèces introduites pour l’agriculture
 
La centaine d’espèces envahissantes est composée de lianes, d’arbustes ou d’arbres, comme la liane papillon, le jamerose, l’avocat marron ou le cassis. Chaque peste végétale nécessite des moyens de lutte différents sur tous les types de terrain, comme la lutte au sabre sur les terrains non-mécanisables, l’utilisation de phytocides réglementés sur les souches, ou l’intervention mécanisée qui reste plus rare.
 
Beaucoup d’espèces sont en fait des plantes à l’origine ornementales comme les hortensias ou les bégonias et qui se sont propagées jusqu’à couvrir toute une zone. "Tous les ans, on a une nouvelle espèce exotique qui apparait" déplore Julien Triolo. Le chardon, par exemple, s’est installé dans les hauts de l’Ouest et envahi les zones incendiées. La passiflore banane, importée pour l’agriculture a envahi les hauts, du Tampon à la Plaine des Cafres en passant par Mafate et Cilaos.
 
"Sur certains sites, c’est un combat perdu d’avance"
 
"Heureusement, il y a des chantiers que l’on finit" observe Julien Triolo, "mais sur certains sites, c’est un combat perdu d’avance. Quand l’espèce est trop présente, la terre est impossible à récupérer". Mais comme l’observe justement le responsable du Pôle Ecologie, "choisir, c’est renoncer".
 
Ce choix s’effectue par le biais d’Aires de Contrôle Intensif (ACI). "Nous avons choisi 24 zones de conservation de portions de forêt très préservée. Nous y effectuons un contrôle régulier. Nous ne pouvons pas agir partout, les budgets ne nous le permettent pas", explique Julien Triolo. Ces milieux particuliers concentrent les espèces endémiques raréfiées.
 
L’Office National des Forêts est le principal acteur de la lutte sur le terrain à la Réunion. Avec plus de 200 ouvriers en permanence sur le terrain, sans compter les 150 agents en insertion professionnelle, les 40 agents patrimoniaux et 30 conducteurs de travaux, nul doute que le secteur est pourvoyeur d’emplois.
 
Ces travaux sont financés en grande partie par le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural), mais également par le Conseil départemental et les fonds propres de l’ONF, pour une enveloppe annuelle de 1.3 million d’euros.  

Le Bois d'Olive Noir (Olea africana) est le cousin de l'olivier Européen.
Le Bois d'Olive Noir (Olea africana) est le cousin de l'olivier Européen.

Le Bois de Senteur Blanc (Ruizia Cordata) aurait des propriétés magiques. Il ne reste que cinq individus sur l'île.
Le Bois de Senteur Blanc (Ruizia Cordata) aurait des propriétés magiques. Il ne reste que cinq individus sur l'île.

Bois de Chenilles (Volkameria Heterophylla).
Bois de Chenilles (Volkameria Heterophylla).

Le Bois de Fer (Sideroxylon Majus) était utilisé pour les charpentes. C'est un des rares bois à ne pas flotter.
Le Bois de Fer (Sideroxylon Majus) était utilisé pour les charpentes. C'est un des rares bois à ne pas flotter.

Le Bois de Nèfles (Eugenia Buxifolia) a donné son nom à plusieurs quartiers de l'île.
Le Bois de Nèfles (Eugenia Buxifolia) a donné son nom à plusieurs quartiers de l'île.

Bois Puant (Foetitia Mauritania).
Bois Puant (Foetitia Mauritania).

Bois de Tisane Rouge, ou Bois de Prune (Scolopia Heterophylla).
Bois de Tisane Rouge, ou Bois de Prune (Scolopia Heterophylla).
Vendredi 16 Septembre 2016 - 20:31
Laurence Gilibert
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1.Posté par Vache a Lait le 16/09/2016 22:06
"L’occasion de sensibiliser les Réunionnais à la protection de notre patrimoine naturel."
Hihihihi, il suffit de voir l'etat de nos sentiers pour voir que ce sont les touristes zoreils qui degeulassent tout...
C'est quoi un patrimoine naturel?

2.Posté par golf51 le 17/09/2016 01:33
Préserver et développer pas facile sur l'île de la Réunion ! Combat permanent et sensibilisation à outrance sinon on courre à la catastrophe .

3.Posté par John le 17/09/2016 02:52 (depuis mobile)
@1 : pas tout à fait d accord avec vous.mi pe dire à ou souvent c le band créole que lé maquott !!! Malheureusement !!!

4.Posté par @post 1 le 17/09/2016 06:21
Et à regarder l'état de nos ravines, on voit aussi, bien sûr, que ce sont les touristes zoreils qui dégueulassent tout. Qu'est ce que c'est con une vache !

5.Posté par Hein ? le 17/09/2016 07:58 (depuis mobile)
Et le choca ? J'ai des photos d'il y a 10 ans, maintenant il est partout... Encore 10 ans et la réunion sera une forêt de chocas !

6.Posté par Ti Contier le 17/09/2016 09:48
Par contre les citrons galets sont vendus à prix d'or sur les marchés forains ... les fruit à pain de plus en plus rares etc...

Vous avez la solution l'ONF, rase toute mette des écolodges partout... des 5 étoiles, des routes partout,
Les zélus n'attendent que ça !

7.Posté par Thierry le 17/09/2016 10:18
Nous dirons que les pestes végétales, c'est comme pour les humains cons, l'éradication des espèces pourrait être un combat perdu d'avance aussi.

Si le résultat a été présent sur d'autres sites, pourquoi dit-il "perdu d'avance" ? Il n'a qu'à continuer le travail, un point c'est tout. Ils sont payés pour ! Où est le problème ? Ca ne prendra que le temps qu'il faudra.

Et le commerce des plantes (qui arrivent par les oiseaux mécaniques) qui est en vogue. Les oiseaux qui mangent les graines et vont faire caca dans les ravines ou les forêts. Le processus est enclenché.

Moi, j'ai pu sauvegarder mes violettes et c'est tant mieux. C'est rare.

8.Posté par totof le 17/09/2016 11:38 (depuis mobile)
Ils ont bon dos les touristes "zoreils" pour endosser le rôle de mauvais élève.
C''est connu, les îliens sont irréprochables....

9.Posté par missBoudin le 17/09/2016 11:40
Ils se foutent bien de nous chez l'ONF................
dans certaines zones absolument RIEN n'est fait pour éradiquer la propagation des espèces envahissantes...............
c'est à se demander si ce n'est pas fait volontairement.................
bref à part arracher nous même......... faut pas trop compter sur ces fonctionnaires............ pour faire leur travail!

10.Posté par fé pété le 17/09/2016 11:42
Saline les bains depuis la mairie à trou d'eau regarde su trottoir i respect pas le calendrier pou dépose zot encombrant et déchets vert.
A quand les contraventions Monsieur le Maire ?

11.Posté par Ma sonnerie le 17/09/2016 20:02 (depuis mobile)
Près de 40 millions d euros pour la continuité dans les deux.sens..voilà un budget plus utile à affecter d urgence dans la lutte contre les pestes végétales..les pestes.humaines elles, sont impossibles à traiter..

12.Posté par kld le 18/09/2016 14:39
en continuité de post 11, il est vrai que le bat karé annuel pour le plaisir ( tous les trois ans , je comprendrais ) est indispensable vu le haut niveau de développement de l'ile , ça rapporte tellement de voix avec les "y donne mi prend , merci didi , grand patron des réunionous"

13.Posté par Jean Thevenet le 08/11/2016 17:12
J'ai, dans le cadre d'une convention accordé à une association locale restauré déjà un hectare de forêt primaire que j'avais connu dans le passé sans ces plantes envahissantes... surtout longose, mais aussi herbe chiffon, galabert, et troène.

De temps à autre, je présente l'état des lieux en photos...

Une personne peut sauver environ 1 hectare en 3 an, il faut arracher les rhizomes, c'est difficile physiquement, laborieux, et délicat (ne pas casser les autres plantes), ensuite, pour un entretien on peut tabler sur 10 hectares par personne pour contrôler les débuts d'invasion (chiffres pouvant varier, ce que j'avance, c'est pour les plateaux faciles d'accès proche des sentiers et de la route, . Il s'en est fallu de peu: si tout avait été organisé à temps (dans les années 1990 à 2000) pour assurer une présence constante de quelques personnes par pan de forêt, nous aurions, à Cilaos, quasiment toutes les forêts intacte. L'ONF à l'époque envoyait une équipe couper les longoses au sabre sur une vaste zone, et à l'abandon ensuite, la forêt redevenait envahi du pareil au même 3 mois plus tard! il aurait été plus profitable de concentrer ses efforts sur des petites parcelles... et salutaire d'organiser une présence continue.

On peut encore sauver la forêt de la Roche Merveilleuse à Bras Sec, à l'est du sentier du bloc et de part et d'autre de la Route CD 241, ailleurs, ça sera effectivement difficile mais on peut quand même éviter de faire certaines bourdes (du genre, les coupes d'exotique à blanc base de départ d'une nouvelle attaque d'herbe chiffon)

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