Société

Loi Handicap 2005 : Les lieux de culte réunionnais sont-ils à jour ?


Photo d'illustration
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Les lieux de culte réunionnais ont jusqu'au 1er janvier 2015 pour répondre aux normes d'accessibilité de la loi handicap promulguée en 2005. À partir de cette date, églises, temples et mosquées devront être aptes à accueillir des personnes en situation de handicap.

Pour Daniel Minienpoullé, président de la communauté tamoule de La Réunion, cette loi implique avant tout des contraintes au niveau du réaménagement. "Il faut comprendre quelque chose, ces travaux sont difficiles et demandent beaucoup de temps", explique-t-il. Par exemple, à la Réunion, des temples accueillent le public ponctuellement et sont fermés tout le reste de l'année alors que d'autres sont en accès libre de manière plus régulière.

Aussi, comme le veut la tradition, le temple "doit être plus haut que l'humain" et cette symbolique des trois marches à l'entrée du temple compromet toute construction d'une rampe d'accès. "Il faut être honnête, admet Daniel Minienpoullé, les temples hindous ne seront pas tous accessibles à la date limite".

"L'aménagement est possible"

Malgré tout, "trois quarts" des temples tamouls de l'île sont aux normes selon lui, car il existe une véritable "volonté de trouver des compromis" et "l'information circule". Bien sûr, les normes à appliquer exigeraient un travail au "cas par cas", notamment avec la problématique des temples classés et quasiment intouchables. Le président relativise tout de même, "si l'on ne peut pas toucher à la structure, l'aménagement reste possible".

De son côté, le vice-président du CRCMR (Conseil Régional du Culte Musulman Réunion) et président de la grande mosquée de Saint-Denis, Abdoullah Mollan, affirme que "dans toute les grandes villes de l'île, les responsables des mosquées sont au courant" de cette contrainte et que "la commission de sécurité" effectue des contrôles régulièrement. D'après lui, et comme par exemple à la grande mosquée du chef-lieu, l'emplacement des salles de prière au rez-de-chaussée de l'édifice facilite les travaux nécessaires à une bonne accessibilité.

Besoin de fédérer

Comme pour les communautés chinoises et chrétiennes, les édifices tamouls ne sont pas tous fédérés par une seule autorité représentant la communauté. Certains appartiennent à des familles ou à l'État, tandis que d'autres sont d'ordre public. La plupart des lieux de cultes de l'île, toutes religions confondues, sont des établissements construits avant la loi de 1905. Ils dépendent donc de la municipalité, comme la cathédrale de Saint-Denis.

La plupart des églises appartenant à l'État ont été mises aux normes, selon l'évêché. Au passage, il rappelle que "des lois avaient déjà été appliquées", comme celle de 1902 sur la protection de la santé publique. Ainsi "la quasi-totalité" des églises construites avant cette date, répondent aussi aux normes.

Bien sûr, le Diocèse dit rester "attentif à la question" et assure ne pas avoir "attendu" cette nouvelle échéance pour adapter ses structures. D'après Monseigneur Aubry "la santé est une question importante pour le clergé de la Réunion" mais certaines structures posent problème, surtout lorsqu'elles servent à accueillir de grands rassemblements.

L'État aussi responsable

Pour Raphaël Gastebois, architecte des bâtiments de France, chef du Pôle des patrimoines à la direction des affaires culturelles et conservateur de la cathédrale de Saint-Denis, la question de l'accessibilité n'est pas nouvelle. Lorsqu'il était conservateur d'une Cathédrale à Reims, il a même reçu un prix d'accessibilité.

Il assure que "même classés, tous les édifices doivent répondre aux normes", cependant, "il n'existe pas de dérogation par défaut à appliquer n'importe comment". D'après lui, la norme doit être adaptée et il faut "chercher des solutions architecturales plus en phase avec différents aspects", dont celui du patrimoine.

De plus, à la Réunion, "le terrain est difficile" car "rarement plat" donc "il faut faire preuve d'imagination". Il reste encore un "effort énorme à faire" et même si l'échéance est respectée, les municipalités "ne peuvent pas uniquement s'en satisfaire", conclut-il.

Adapter n'est pas médicaliser

La question de la discrimination envers les personnes en situation de handicap est aussi sensible. Il explique : "En voulant appliquer à la lettre les normes sur les infrastructures, il y a un risque de quasiment médicaliser le lieu". Ainsi, les architectes travaillent pour "un meilleur respect et de meilleures conditions d'accès" mais "dans la mesure du possible". Il faut "donner un sens à l'architecture" mais surtout viser la "fonctionnalité".

C'est à dire que, sans créer un accueil médical, il faut que ce soit à la fois "repérable" et "discret", un vrai "challenge" selon les structures.

L'accessibilité pour quand ?

Dans l'ensemble, les différentes religions de l'île sont en cours d'adaptation, à l'exception de la communauté chinoise. Le président Fédération des associations chinoises, Daniel Thiaw Wing Kai, admet que "le dossier n'a pas encore été abordé", mais que "la question de l'accessibilité devrait être soulevée très prochainement". Il explique que la plupart des temples "sont anciens et appartiennent à des familles". De ce fait, il ne peut pas dire "qui gère les possibles travaux". Malgré tout, il promet que "la problématique de l'accessibilité est bel et bien intégrée dans la construction de nouvelles structures".

Malheureusement, pour le président de la fédération tamoule, "l'État n'est pas pressé". Pour lui, la Réunion "est sur la bonne voie" mais "la France elle même n'y arrivera jamais complètement", c'est pourquoi il faudra s'adapter et pourquoi pas, repenser les normes.

Vendredi 18 Juillet 2014 - 09:27
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1.Posté par polo974 le 18/07/2014 12:49
Et les trottoirs même pas assez larges pour passer avec une poussette ? ? ?

(sans parler des gougnafiers qui garent leur caisses n'importe comment en toute impunité)

Il faudra aussi équiper le piton des neiges pour la messe de l’Ascension ? ? ?

2.Posté par Circulez!!!! le 18/07/2014 20:01
Et que dire du trottoir de la Rue Victor HUGO menant à l'école primaire à Bras Panon côté impair large de 60 centimètre qui est toujours encombré par des voitures et parfois des ordures, impossible aux handicapés, poussettes bébés et même piétons de circuler

3.Posté par moin mi pense que.. le 19/07/2014 09:37
Coup de gueule contre certains commerçants et usagers peu scrupuleux qui laissent joncher leurs poubelles à longueur de journée dans la rue François de Mahy à St Pierre. Une personne valide ne peut même pas passer,déjà que le trottoir est étroit. N'en parlons plus des poussettes…
Que font les services municipaux qui sont en droit de verbaliser ?

4.Posté par michel ravine blanche saint pierre le 19/07/2014 22:58
@3
j'ai déjà signalé ce problème aux autorités municipales (près de glacier aux 3 lettres), il se trouve que le proprio de l'immeuble n'a rien à foutre, c'est un ami du maire, c'est st pierre.

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