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Les tomates malgaches de la discorde



Les tomates malgaches de la discorde
29 mars 1947 : une insurrection éclate dans la colonie française de Madagascar. La répression va provoquer des dizaines de milliers de victimes.

29 mars 2013 : nous apprenons qu’en date du 28 mars 2013, M. le Préfet de la Réunion, Marx, Jean Luc de son prénom (à ne pas confondre avec Karl Marx pour qui la religion est l’opium du peuple) signe un arrêté préfectoral interdisant l’importation des tomates malgaches vers le département français de la Réunion. Les tomates malgaches donneraient le tournis à certains, paraît-il.

Il (le préfet) invoque des codes, des décrets, des arrêtés ; il considère des risques, des propositions du secrétaire général, du directeur de l’alimentation pour justifier son arrêté d’interdiction. Soit ! Il oublie cependant d’invoquer les pressions de deux pelés et trois tondus représentant le monde agricole de la Réunion, celui d’en haut, les pleureuses professionnelles qui chialent la bouche bien pleine et la gueule bien ouverte ! Dont une (l’ex et l’omnipotent) qui déclare sans honte, avec ses eternels trémolos : «jamais la Réunion n’a été en sous production de tomates. C’est la première fois de l’histoire ».

« Alorsss », comme dirait mon camarade grand amateur de rougail tomates, que cette pleureuse nous explique donc pourquoi le prix des tomates locales a doublé, triplé! Au fait, que pense cette pleureuse de ces carottes chinoises (en autres légumes importés) dont on reparlera plus tard avec plaisir? Et ces salades péi vendues à prix d’or et qui pourrissent tellement vite que même les radars suceurs de pognon n’arrivent pas à intercepter ?

Madagascar n’est pas la Chine. Le grenier de l’océan indien est devenu, par la grâce de qui vous savez, l’un des pays les plus pauvres de la planète. La Chine, entretemps, est devenue une puissance planétaire (souvenez-vous de cet excellent bouquin au titre prémonitoire : « Quand la Chine se réveillera » d’Alain Peyrefitte. La Chine s’est réveillée ; Madagascar s’est enfoncé, mais je reste persuadé qu’il se réveillera bientôt et qu’il reprendra la place qui est la sienne.

Souhaitons simplement, mais vivement, que la récente conférence tenue à Mahajanga sous l’égide de la Commission de l’Océan Indien (COI) soit suivie par d’actions concrètes afin que Madagascar redevienne le grenier de l’océan indien car la grande île est, selon le ministre malgache des Affaires Etrangères Pierrot Rajaonarivelo, une chance pour « l’Indianocéanie », une « chance pour ses terres arables et ses ressources, tant humaines que naturelles ».

En attendant, certains de ces pourfendeurs des produits malgaches (ils se reconnaîtront à coup sûr) ne rechignent pas à profiter des « atouts » malgaches ! Ces chefs d’entreprises, grands agriculteurs, élus de tout bords, responsables de collectivités locales, toujours et encore en mission à Mada pour « l’intérêt de la Réunion » si prompts à dégainer et à se faire tailler un crayon de la taille d’un cigare pour quelques malheureux euros pour eux, mais une petite fortune pour celles qui n’ont pas la chance d’être venues au monde dans leur sphère. Pour ces Don Juan vieillissants, bedonnants et presqu’impuissants, une petite pilule bleue leur procure un instant de jouvence temporaire ……. jusqu’au moment où un légume rouge ne leur scelle une hémorroïde permanente ! Une tomate malgache devrait bien s’acquitter de cette tâche…….

Philippe Lew, La Possession.

Vendredi 5 Avril 2013 - 10:37
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1.Posté par J-L Gajac le 05/04/2013 15:32 | Alerter
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Voici une réponse dans la Gazette d'hier au projet de la COI de refaire de Madagascar le grenier agricole de l'Océan Indien. Personne n'aborde encore à ce stade la question des prix et de la complémentarité inter-îles, mais çà viendra en son temps. Tout dépendra du souverainisme (ou pas) du prochain gouvernement élu en ce qui concerne les rapports gagnant-gagnant à mettre en place.
Sachons tout de même que pour le projet COI, çà concerne avant tout le riz, les oignons, le maïs et les grains. Pour la viande de zébu, les infrastructures aux normes sanitaires d'exportation manquent encore.

Personne parmi les importateurs de tomates ou autres denrées (prétendument dangereuses sans analyse) n'a attaqué l'oukaze du Préfet au nom de la sacro sainte liberté du commerce prônée par l'OMC ?


Minatchy et ses acolytes d’agriculteurs réunionnais pourront toujours crier à la concurrence déloyale ou également aux risques sanitaires éventuellement représentés par les tomates malgaches à la Réunion.
Ce n’est pas pour autant que la machine agricole malgache que la COI vient de redémarrer à Mahajanga, il y a quelques semaines, s’arrêtera en si bon chemin. A moins que les responsables malgaches au niveau des différents départements et les techniciens ne retombent dans la torpeur du « moramora ». En effet, en dépit de la détermination et de la bonne volonté du secteur privé et des agriculteurs, si l’Etat ne suit pas le jeu, cela ne vaut pas la peine.
Qualifiées à vocation agricole, les terres malgaches ont toujours suscité la convoitise de pas mal de promoteurs étrangers voire des firmes multinationales pour ne citer que Daewoo Logistics. Ce dernier, rappelons-le, avait voulu louer un million d’hectares de terres à Madagascar pour une plantation industrielle de maïs sous le régime de l’ancien président démissionnaire Marc Ravalomanana. D’ailleurs, cette affaire fut en quelque sorte l’une des causes de sa fuite en avant vers son exil en Afrique du Sud.
Ces intérêts des investisseurs pour les terres malgaches résident effectivement sur le fait que presque tout pousse à Madagascar du cactus et des baobabs aux légumes, sans parler des produits de rente comme le café, le girofle... Même dans les contrées où le sol ne serait pas vraiment fertile, le projet agricole a sa place. Sinon que dire du projet de plantation de maïs sur le plateau d’Ihorombe qui, à première vue, ne ressemble qu’à un vulgaire terrain vague plein de fourmilières. Ce ne serait pas par hasard que Tozzi Green, une filiale de la société italienne Tozzi Holding a choisi de s’implanter là-bas pour son projet d’énergie verte.
Certes, tout cela représente des opportunités non négligeables pour le pays, mais ce n’est rien par rapport à ce que la Commission de l’Océan Indien envisage de réaliser à Madagascar dans le cadre de son projet de sécurité alimentaire. Pour cause, tous les ingrédients sont là pour booster l’agriculture malgache. D’abord, les partenaires techniques et surtout financiers tels que le FIDA (Fonds International de Développement Agricole) et la FAO seront de la partie. Ce qui pourrait éventuellement résoudre en partie l’éternel problème des paysans malgaches, notamment au niveau des équipements et des matériels agricoles, plus que déterminant sur les rendements à l’hectare.
En outre, le marché est là. A portée de main. Aussi, faut-il rappeler que la recherche de débouchés pour leurs produits représente l’un des freins au développement de l’agriculture à Madagascar. Il faut reconnaître également que ce secteur est encore à des kilomètres de grandes productions industrielles comme on en trouve ailleurs.
Ainsi, c’est l’occasion ou jamais de relancer ce secteur qui regroupe plus de 75% de la population active à Madagascar. Mais pour ce faire, le gros du travail revient à l’Etat malgache qui devrait mettre en place tous les cadres nécessaires et imaginables pour que le projet puisse tenir la route.
Et entre temps, combattre aussi l’invasion des criquets qui commence à être sérieuse dans certaines régions du pays.
Simon R.

2.Posté par J-L Gajac le 06/04/2013 21:40 | Alerter
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L'express de ce jour publie aussi une réponse aux Réunionnais, la voilà :

Exportation
La Chambre d'agriculture défend les producteurs



Des supputations. C'est ainsi que la Chambre d'agriculture a qualifié les déclarations des agriculteurs réunionnais sur la menace sanitaire que pourraient apporter les légumes, principalement les tomates en provenance de Madagascar. Les responsables de cette entité mettent en avant la faible utilisation d'engrais, pour défendre la qualité des produits. «Après recoupement et échanges avec l'Autorité sanitaire, nous n'avons aucune hésitation à déclarer que ces produits ont été sains au départ de Madagascar. Nous n'avons aucune preuve qu'ils étaient en mauvais état ou pouvant contenir des parasites. » explique Willy Rakotomalala, secrétaire général de la Chambre d'agriculture. « Par rapport à la traçabilité, Madagascar figure parmi les pays présentant un faible taux d'utilisation de l'engrais, donc nos produits sont plus bio », poursuit-il pour défendre les producteurs malgaches.
Représailles
La Chambre d'agriculture, a même souligné être prêt à aider les producteurs pour confirmer la traçabilité. « Si la question de traçabilité pose problème, nous sommes prêts à conjugueur nos efforts avec les producteurs. Nous avons un label Vita malagasy à défendre », indique toujours le secrétaire général. En plus de sa réponse à la menace sanitaire évoquée par les Réunionnais, la chambre d'agriculture malgache a avancé d'autres explications, par rapport aux agissements de ces derniers qui ont conduit à la publication de l'arrêté stipulant la suspension des importations de fruits et légumes de Madagascar vers La Réunion. Selon les responsables, la situation a un rapport avec la tenue de l'atelier sur la sécurité alimentaire la semaine dernière à Mahajanga, au cours de laquelle, Mada­gascar a été officiellement déclaré par la Commission de l'océan Indien, comme le grenier de la zone. Ils ont aussi parlé de manques à gagner des producteurs réunionnais, par rapport aux prix appliqués sur les produits malgaches commercialisés sur les étals.
«Les producteurs réu­nionnais doivent se sentir lésés, car Madagascar a été choisi comme grenier de l'océan indien. Ils ont demandé à ce que des riziculteurs réunionnais accèdent à des terrains, pour pouvoir cultiver du riz mais nous avons pris position et avons refusé cette demande.

Lantoniaina Razafindramiadana
Samedi 06 avril 2013

3.Posté par Expedit ELFORDY le 09/04/2013 08:27 | Alerter
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Il ne faut absolument pas que Madagascar entre dans ce petit jeux de destabilisation de notre société par "le nouvel ordre mondial" pour gérer la planète et ce depuis 1789, période ou il nous ont imposé le système commercial actuel qui a fini par nous détruire et mobiliser autour de multinationales tout le système commercial mondial.
La Réunion est le fer de lance de la mafia Française organisée par l' ONU (le machin) dans l'océan indien, tout ici est multiplié par dix par rapport à Mada, qui devrait se désolidariser de tout commerce avec l'extérieur et vivre en autarcie elle en a les moyens, ici aprés avoir détruit le catholicisme ou du moins le réduire des trois quart , on est en train de détruire la cellule familiale avec le fameux mariage pour tous, je prie pour que Madagascar ou j'ai des ancètres reste Madagascar et retrouve ses valeurs propres en oubliant le système democratique de 1789, faites n'importe quoi. Vous ayez besoin d'un roi ? alors restaurez la royauté ou tout autre système qui vous rendra libre du reste du monde. Le système démocratie actuel est maintenant a mettre a la poubelle il faut réinventer notre France surtout maintenant que le peuple est plus nombreux que les "puissants" nous ne sommes plus des moutons, le malgache à besoin de retrouver sa dignité et n'a surtout pas besoin de leçons des agriculteurs profiteurs de la Réunion le malgache a une histoire et surtout des connaissances qui feraient pâlir plus d'un groupement de merde à la Réunion ou quatre Kg de tomates est l'équivalent d'un salaire moyen mensuel d'un malgache..... J'ai entendu quelque part que:
"La vérité devrait être vue comme un grand récipient rempli d'eau et totalement hermétique, si vous faites un très petit trou, le plus petit possible au fond de ce récipient elle sortira. Elle a prit du temps mais aujourd'hui une grande partie est déjà sortie....a suivre

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