Société

Les surfeurs invités à une réunion de crise par la mairie de Trois-Bassins


Mathieu du Dodo Surf Club, comme d'autres clubs, avait choisi Trois-Bassins en solution de repli
Mathieu du Dodo Surf Club, comme d'autres clubs, avait choisi Trois-Bassins en solution de repli
 
Pas un chat sur le plan d'eau de la pointe Trois-Bassins ce matin. L'arrêté municipal pris hier dimanche interdisant la baignade et toute activité nautique prévaut ce matin encore.

Sur l'esplanade, quelques habitués passent, le vague à l'âme. Après la commune de Saint-Paul, le littoral de Trois-Bassins est à son tour pris dans la psychose.

Mathieu, moniteur du Dodo Surf club, reste attristé. Le spot de Trois-Bassins était "la solution de repli", estiment les surfeurs présents. En plus, le spot a l'avantage d'être encore proche de leurs bases respectives, le plus souvent situées sur la zone balnéaire.

"Après il reste quoi ?, demande un habitué. Saint-Pierre, Saint-Leu et l'Etang-Salé !". Et encore, avoue le groupe, Saint-Leu ne semble également plus épargné. Quant à l'Etang-Salé, 2011 n'a pas vu d'attaques à proprement parler mais des observations y ont été faites par des surfeurs et confirmés dans la plupart des cas par les MNS.

Bref, le phénomène, qui ne semblait concerner que Saint-Paul, devient réellement cause départementale.

"Au moins deux apnéistes à l'eau et un zodiac en observation de surface"

Hier midi, pour rappel, le groupe de surfeurs à l'eau pratiquait en connaissance de cause, sans le dispositif d'observation tel qu'il a pu être déployé depuis fin décembre pour les écoles de surf.

"Les mercredi j'ai environ huit élèves, les samedi 24, sans compter les touristes qui s'essayent au surf, dans des créneaux entre 10h et midi". Sans surprise, cette observation "rapprochée" d'hier sonne comme un coup de massue pour l'activité du spot.

Selon les surfeurs et moniteurs présents ce matin, l'idéal serait d'avoir un pool de six personnes en permanence pour que des relais d'observation soient pris. "Au moins deux apnéistes à l'eau et un zodiac en observation de surface", poursuit Mathieu. L'idée de la mise en place d'une vigie sur le rivage est également avancée. De toutes ces propositions, il en sera question cet après-midi.

Associations sportives, clubs de surf et autres professionnels concernés sont invités en mairie de Trois-Bassins dès 15h.

L'arrêté municipal prévaut ce matin encore, en attendant de voir...
L'arrêté municipal prévaut ce matin encore, en attendant de voir...
Lundi 16 Janvier 2012 - 12:15
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par GUILLERMET le 16/01/2012 12:20
ATTENTION // ATTENTION //
PAS D IMPRUDENCE
DANGER
AUX 3 BASSINS
LES SURFEURS
MERCI

2.Posté par jf nativel le 19/01/2012 18:58
http://www.zinfos974.com/Ouverture-d-une-enquete-sur-la-peche-du-requin-bouledogue_a26063.html

3.Posté par Didier Vaïtilingom le 19/01/2012 19:07
a Réunion voit aujourd'hui s'affronter deux visions culturelles. L'étincelle ayant été deux attaques de requins mortelles. D'un côté une vision traditionnelle de la mer où l'espace marin est un espace n'appartenant pas à l'homme Réunionnais. Le Réunionnais accepte donc lorsqu'il "prend la mer" de se soumettre aux lois de celle-ci et assume donc pleinement les dangers inhérents à cet espace. Et de l'autre, une vision nouvelle pour la majorité des Réunionnais, un mode de pensée où la mer appartient à l'homme et, implicitement, la non acceptation des multiples dangers liés à cet élément.

Ce ne sont pas tant ces deux points de vue diamétralement opposés qui posent problème. Nous pensons qu'ils peuvent progresser l'un vers l'autre. C'est plutôt la réaction d'un groupe social au mode de pensée homogène : la nébuleuse des "surfeurs". Ce groupe a consciemment ou inconsciemment appliqué la stratégie du choc. La mort du surfeur réunionnais Mathieu Schiller a donc constitué le choc. Le choc permet d'obtenir sous le coup de l'émotivité l'acceptation de choses qu'en temps normal les personnes extérieures au groupe n'accepteraient pas. Le choc peut donc, à ce moment là, servir des intérêts personnels ou, dans le cas présent, l'intérêt d'un groupe. Nous agissons ici typiquement dans la précipitation, l'émotivité et l'irrationnel. Quel comportement plus irrationnel que de vouloir éradiquer les requins des plages réunionnaises ? L'émotivité est une chose mais elle laisse surtout place à un sentiment de vengeance caractéristique d'une certaine manière de voir les choses. Il est d'autant plus surprenant de voir le représentant de l'Etat sur l'île, le préfet, cédé à l'émotivité et à l'irrationnel. La mort de deux pêcheurs sortis en mer et qui n'ont, eux aussi, pas eu de chance illustre, dramatiquement, ces deux visions de la mer. D'un côté, la famille des pêcheurs est sous le coup d'une émotion certaine. Pour autant cette émotion ne se transforme pas en vendetta contre la mer et les autorités réunionnaises. C'est, malgré la frustration, l'exemple même de l'acceptation des dangers inhérents à la mer.

Ce conflit larvé s'est transformé en conflit ethnique qui ne dit pas son nom. La République est basée sur l'égalité de traitement de tous ses citoyens que nous soyons pêcheurs ou surfeurs. Cependant nombre de groupes sociaux ont compris l'importance du lobby pour contourner le principe d'égalité républicaine. Le choc de l'attaque de requin amplifié par la médiatisation nationale a permis au groupe "surfeurs" d'obtenir satisfaction. Sans doute à raison. Cependant les "surfeurs" ne sont pas le seul groupe social à savoir utiliser le lobby. Les agriculteurs ou les commerçants en sont un exemple. Le problème fondamental de cette situation est ici l'égalité de traitement. L'égalité de traitement ne nous renvoie pas simplement à la différenciation sociale. Elle nous renvoie à notre histoire coloniale où la couleur de peau a été un élément fondamental de la discrimination. A l'aspect culturel et social vient s'ajouter le problème ethnique. Fantasmer ou pas, le mode de pensée renvoie dans l'inconscient collectif à l'ethnie et c'est bien là le fond du problème. Et lorsque Madame Bello répond à "assassin !" par "je connais mon pays", elle ne répond pas de manière rationnelle mais de manière irrationnelle à une phrase assassine trop souvent entendue : "On connaît la Réunion mieux que les Réunionnais". Ces accumulations de phrases, de comportements, nourrissent la frustration et une certaine souffrance silencieuse.

Ce mode de pensée, où les cultures sont hiérarchisées, effrite de jour en jour l'idéal de vivre ensemble réunionnais. Ce combat est avant tout un combat pour l'égalité de traitement de tous les citoyens devant la République et, son corollaire, le respect de l'identité Réunionnaise. Le pêcheur traditionnel représente une part de notre mosaïque identitaire. Que leur douleur soit aussi entendue.

Dans un contexte de mondialisation où l'identité est l'ennemi de la consommation de masse. Dans un contexte de mondialisation où l'enracinement est l'ennemi de la mobilité du facteur travail, il nous appartient de défendre ce que nous sommes. Il nous appartient d'affirmer notre identité. Et si affirmer c'est résister, nous creusons d'ores et déjà notre sillon.

Didier Vaïtilingom
Secrétaire Général RSKP

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