Economie

"Les secteurs privilégiés par la Lodeom perdront leur avantage fiscal avec la TVA sociale"

La France est habituée aux réformes. Loin d'être pris de court ou tout simplement fataliste devant la mesure, les experts-comptables espèrent simplement accompagner l'application de cette réforme fiscale au sein des entreprises réunionnaises, si et seulement si le relèvement du taux normal de TVA intéressait aussi notre département.


"Les secteurs privilégiés par la Lodeom perdront leur avantage fiscal avec la TVA sociale"
Le Premier ministre François Fillon a annoncé hier soir la présentation en Conseil des ministres, le 8 février, d'un collectif budgétaire destiné à mettre en oeuvre le plan de relance de l'économie annoncé dimanche soir par le chef de l'Etat, et notamment les mesures sur la TVA et la CSG.

Une fois que les derniers ajustements sur l'application en outre-mer seront connus, ce sera au tour des commerçants de répercuter sur leurs produits ou services ces nouveaux changements de taux. Un casse-tête en vue ? Pas si sûr, à en croire les experts-comptables.

Même si des changements de cette ampleur ne se font pas tous les quatre matins, Abdoullah Lala, président de l'Ordre des experts-comptables de la Réunion, ne se dit pas inquiet par une telle réforme, bien au contraire. "Elle s'applique aux entreprises de métropole mais il faudra attendre les derniers arbitrages pour savoir si elle va effectivement s'appliquer à la Réunion. Ce changement se fera comme j'ai pu le vivre à mes débuts avec le changement de taux à la Réunion, passant de 7,5 à 9,5", s'en souvient-il encore. "C'était en 1996* me semble-t-il". Depuis, l'expert-comptable est aussi aidé dans sa tâche par une expertise "informatique" cette fois. "Les logiciels de tableaux comptables" rendront le changement de taux sur les produits ou les prestations des professionnels plus aisé.

Au-delà de la forme, le spécialiste de la comptabilité prend aussi sa casquette de maître de conférences associé à la faculté d'économie afin de rappeler l'intérêt d'un rehaussement d'1,6 point de la TVA. L'exemple allemand qui a pu procéder voilà quelques années de ça à un relèvement de ces taux de TVA donne en effet des idées. Sur le papier, la comparaison est en effet flatteuse pour le cousin germanique. "8% des entreprises allemandes exportent là où elles ne sont que 3% à le faire en France". A ceci près que nos voisins ont quand même beaucoup mieux gardé sur leur sol des industries justement ciblées par cette réforme. Presque toutes hormis les entités oeuvrant dans le secteur tertiaire.

La compétitivité des entreprises françaises remise en selle ?

"Pour modérer la perte de pouvoir d'achat qui résultera de cette hausse de TVA à la Réunion (si cela devait s'appliquer : de 8,5 à 10,1%)", Abdoullah Lala aurait aimé la mise en place d'exonérations des charges sociales salariales. Une question d'équilibre. Mais un équilibre du coup menacé pour certains secteurs de production réunionnais désignés comme prioritaires par la fameuse Lodeom. "Des secteurs comme l'hôtellerie, les TIC, l'artisanat ou l'agro-nutrition sont concernés par la Loi organique pour le développement économique en Outre-Mer. Du coup, un rehaussement de TVA ferait perdre ce bénéfice à ces secteurs ajoute-t-il. Dans ce cas, il faudrait réfléchir à la mise en place d'exonérations de charges sociales pour garder cet avantage fiscal pour la Réunion". Mais pour l'heure, pas de précipitation, aucune annonce concernant les DOM (la Guyane restant exemptée de TVA) n'a été faite.
 
Dans l'absolu en tout cas, la réforme voulue par le chef de l'Etat a été prise dans un but de favoriser la compétitivité des entreprises françaises, espère-t-il. "Nous devons accompagner les entreprises dans cette évolution". Le taux de couverture import/export très défavorable que connaît notre département finit par le convaincre de l'intérêt de la mesure. "Nous importons à la Réunion vingt fois plus que nous n'exportons". Les statistiques en disent parfois plus que les longs discours.  

*Voir notre précédent sujet :
La TVA sociale déjà appliquée à la Réunion dans les années 90
Mardi 31 Janvier 2012 - 07:39
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par David Asmodee le 31/01/2012 08:07
"Abdoullah Lala aurait aimé la mise en place d'exonérations des charges sociales salariales. "

Tiens...moi aussi. Et augmenter le net par la même occasion.
Mais, il faut bien que les salariés qui veulent bosser paient pour ceux qui se font licencier pour manger le ssedic. Tant que l'Etat distribuera l'assurance chômage sans un minimum de conditions, ceux qui bossent le feront pour les autres.

2.Posté par Thierry le 31/01/2012 09:09
Montrer son plus beau ramage, en bon chevalier sauveur des entreprises ...... et mieux leur succer le sang ....

Partout où il y a à gagner, partout il y aura des hommes de bonne volonté, meilleure que celle des autres... et comme dans un certain sketche (d'un futur chomeur qui va voir un voyant) "ne me touchez pas, mais payez d'abord" .... les conseils viendront après... si ça marche, on verra, je ferai plus cher pour le prochain et si ça ne marche pas, je ne baisserai pas mes prix pour autant...

Chacun son train de vie

3.Posté par curebien le 31/01/2012 10:23
Davis Asmodee peut détailler ses conditions pour l'obtention de l'Assedic?

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