Société

Les requins et les médias font du mal à l'activité des plongeurs

Les plongeurs en bouteille de la Réunion veulent rétablir certaines vérités. Devant la menace des dents de la mer qui touche surfeurs et sports d'eau, ces derniers lancent un message à l'adresse des touristes et des locaux : le risque de croiser un requin est quasi nul. Bien au contraire, et sans rire, les différents intervenants sont catégoriques : "On aimerait en voir plus".


 
L'IRT chapeautait ce matin à la base nautique de Saint-Gilles une conférence de presse conjointe avec le monde de la plongée. Un point presse pour délivrer un message qui en étonnera plus d'un. Les plongeurs qui prendront la parole seront unanimes : croiser un requin lors des plongées est l'exception. A mots choisis, les médias sont également égratignés. Le mot "requin" deviendrait-il tabou ?

Le moral est en berne. Le comité régional de la Fédération française d'études et de sports sous-marins (FFESSM) sort de sa réserve aujourd'hui. "Nous ne sommes pas de grands communiquants, voilà pourquoi c'est l'IRT qui a mené cette action de communication", précisera un intervenant plongeur professionnel. Certes, si la comparaison est sans commune mesure avec les clubs de surf et autres professionnels d'activités nautiques, voire les commerçants de Boucan Canot et des Roches Noires, il n'en reste pas moins vrai que le "requin" commet des dégâts collatéraux sur des activités comme la plongée.

La plongée en apnée différente de la plongée en bouteilles

L'association plongée/requins est d'ailleurs vite faite dans l'esprit du grand public. La plongée, par définition, est souvent perçue comme "L"'activité par excellence pour côtoyer le seigneur des mers. Il n'en est rien annoncent collégialement les intervenants. Sur 12.000 plongées recensées par an à la Réunion, pas plus de cinq observations sont constatées. "Et encore, on parle bien d'observations furtives", affirmera Nicolas Glélé Kakaï, pratiquant depuis 1995 et désormais moniteur. "Lorsque ces rares observations ont lieu, nous n'avons même pas le temps de pouvoir détailler le type de requin ou encore connaître sa taille", explique le plongeur. Pour eux, l'activité en bouteilles doit vraiment être mise à part: "Nous, quand on entre dans l'eau, on crée une perturbation, un volume qui effraie sans doute l'animal". Par ce message, la FFESSM tente aussi de recadrer l'image d'une activité en perte de vitesse. Les médias ne sont pas épargnés.

Les requins et les médias font du mal à l'activité des plongeurs
"A chaque fois qu'un article de journal ou un reportage télé passe, je vais avoir derrière des gens qui vont décommander", poursuit le professionnel. Georges Masanelli, président du comité régional, ajoute pour sa part qu'au contraire "on aimerait presque en voir (des requins, ndlr)". Le président du comité prend un exemple tout trouvé, celui de l'île Maurice il y a quelques années. "Il y avait un lieu qui s'appelait la grotte aux requins. Une grotte où il y avait toujours des requins. Avoir la même chose à la Réunion serait un attrait touristique majeur". Dans la salle, un autre plongeur complète un exemple local : "il y a sept ou huit ans, à Saint-Pierre, des requins sédentaires étaient également visibles. Mais après deux ou trois ans de plongées sur le site, ils ont disparu. Pour ma part, en 10 ans de pratique et de sorties matin, midi et après-midi, j'ai qu'un "pointe noir", c'est tout".

Pas question de pratiquer le shark diving

De passage sur l'île, le président de la Fédération française de plongée, Jean-Louis Blanchard, comprend le désarroi des plongeurs locaux, dont l'image est injustement associée aux requins. "J'ai une vision internationale du phénomène. Je peux dire que le requin est un vecteur de vente car les plongeurs dans leur grande majorité veulent plonger avec les requins. La Réunion est réputée pour être pauvre en requins", explique-t-il. Mais même si c'est le cas, selon lui elle ne doit tout de même pas "déraper" comme d'autres destinations qui ont tiré à l'excès sur cette ficelle en pratiquant le shark diving. Une pratique qui consiste à attirer encore plus de requins en jetant quantité d'appâts autour d'une cage semi-immergée offrant une protection au plongeur.

Pour sortir les professionnels réunionnais du calme plat ambiant, le patron de la FFESSM envisage d'utiliser tous les moyens de communication de la fédération (site internet et son magazine Subaqua) pour rétablir l'image de la destination "plongée Réunion".

Cette mise au point étant faite, les professionnels du secteur s'accordent sur quelques chiffres. "Le chiffre d'affaires global des professionnels a diminué de 30 à 50%", annoncent-ils. C'est depuis juillet que les chiffres ont commencé à basculer. Un licenciement économique est recensé sur la darse du Port Ouest. Mais plus globalement, c'est l'activité globale qui est en perte de volume. "Là où un groupe de touristes de 20 personnes réservaient avant pour un baptême de plongée, 10 maintenaient leur réservation. Maintenant, ce n'est plus que deux !"
Mardi 22 Novembre 2011 - 16:00
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par NEMO le 22/11/2011 16:11
Qu'attendent nos Elu(e)s pour demander aux services de l'Etat de lancer les études de faisabilité du projet de l'Association (nautilus.reunion@lajeanne.com) consistant entre autres,à créer un récif artificiel qui serait un formidable observatoire sous-marin pour tous les Scientifiques et le Monde de la mer ???

2.Posté par noe le 22/11/2011 15:25
C'est vrai !
On a dit tellement de choses sur ces affaires qu'à un certain moment , on n'y croit guère !

Requins ou pas ...on se remet au boulot !
Dès qu'une nageoire apparaît , on crie "à l'assassin" !
Je fais des plongées depuis des années , je n'ai jamais vu une queue endiablée de requin ...

Cessez de raconter des salades dès qu'on voit une queue !

3.Posté par Pasquale le 22/11/2011 15:56
Et en plus ils voudraient se faire plaindre?

J'éspère que la plongée va décliner le plus vite possible....et qu'un plongeur qui dit que les requins ne sont pas dangereux pour eux se fasse également attaquer par un beau spécimen du genre bouledogue......et que l'on interdise la plongée sur toute la zone ouest.....il n'y a pas de raisons pour que l'on interdise les plages pour que des amateurs de requins fasse leur bizeness sur la mort de nos sport de glisses et sur la perte de centaines d'emplois liès aux plages.....

Plongez en apnée et sans bateau qui polluent si vous aimez vraiment l'océan.....

4.Posté par Nico le 22/11/2011 16:46 (depuis mobile)
Il y a eu deux plongeurs dévorés par un réquin en Australie recèlent !!!

5.Posté par job le 22/11/2011 16:57
Va t-il falloir organiser un telerequin pour sauver les clubs de plongée (et non un téléthon, c'est déjà pris)

6.Posté par pas dupe le 23/11/2011 07:21
Mouais...
Certains clubs s'associent effectivement aux baigneurs et surfeurs pour essayer de faire bouger les choses. D'ailleurs, les marquages privés viennent au départ d'une idée des plongeurs bouteilles.
Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que quelques plongeurs bouteilles (un brin éco-extrêmistes ?) rêvent d'une côte ouest débarrassée des baigneurs et surfeurs pleurnichards et remplie de gands requins, pour aller tout à loisir les admirer...

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