Economie

Les pays de la zone OI discutent du potentiel de l'aquaculture du crabe de mangrove

A l'initiative de l'ARDA (Association Réunionnaise de Développement de l'Aquaculture) et en collaboration avec le Programme SmartFish de la Commission de l'Océan Indien (COI), 25 participants issus de Madagascar, du Mozambique, de Maurice et de La Réunion se sont réunis la semaine dernière pour discuter du potentiel de l'aquaculture du crabe de mangrove dans le Sud-Ouest de l'Océan Indien, autour d'opérateurs privés, de responsables de centres techniques et des représentants des administrations concernées. Voici le communiqué de la COI :


Les pays de la zone OI discutent du potentiel de l'aquaculture du crabe de mangrove
"Initialement prévu comme un atelier de restitution d’un projet mené par l’ARDA au Mozambique d’octobre 2010 à décembre 2012 (financé par le Fonds européen de développement régional – FEDER), les organisateurs ont souhaité lui donner une dimension régionale. Aux intervenants réunionnais et mozambicains sont donc venus s’ajouter des participants en provenance de Madagascar et de Maurice, deux pays de la région ayant manifesté un intérêt pour cette filière auprès du programme SmartFish-financé par le Fonds européen de développement (FED). Il s’agit, par ailleurs, d’une articulation innovante de mécanismes de financement européens différents, dont la Commission de l’océan Indien et la Région Réunion peuvent se féliciter.

Selon Yann Yvergniaux, socio-économiste du projet SmartFish, "cette rencontre était l’occasion idéale pour échanger sur des initiatives aquacoles similaires, proches géographiquement, mais se trouvant à des stades différents : un projet en train de se clôturer, un second bientôt opérationnel et un troisième au stade des premières discussions".

Cet atelier fut donc l’occasion à la fois de tirer des leçons de l’expérience réunionnaise au Mozambique, de passer en revue les tentatives passées – souvent avortées – dans la région et de donner la parole à ceux qui souhaitent aujourd’hui se lancer dans cette aventure. C’est notamment le cas d’un projet original à Maurice, impliquant un partenariat public-privé entre un investisseur et le centre de recherche d’Albion du Ministère de la Pêche. Du côté malgache, certains opérateurs souhaitent également ajouter de la valeur aux crabes collectés en se lançant dans des initiatives pilotes de grossissement.

La région du Sud-ouest de l’Océan Indien étant relativement chanceuse par rapport au reste de la planète du point de vue de l’état des stocks de Scylla serrata, elle renferme aujourd’hui un formidable potentiel. Outre les aspects purement aquacoles, les enjeux liés à la durabilité de l’exploitation du crabe de mangrove ont donc également été abordés en se basant sur les travaux de l’ARDA en matière de suivi halieutique du stock sauvage au Mozambique et sur l’étude de filière menée par SmartFish à Madagascar, et ayant récemment abouti à une série d’activités du projet dédiées à la réduction des pertes post-capture. Parmi les recommandations de l’atelier, on notera avant tout la nécessité d’un suivi halieutique approprié et d’ "itinéraires techniques" aquacoles pilotes adaptés.


Les pays de la zone OI discutent du potentiel de l'aquaculture du crabe de mangrove
Selon Pierre Bosc, directeur de l’ARDA "cette filière bénéficierait grandement d’une approche régionale, à commencer par la standardisation des méthodes d’évaluation des stocks et la réplication de bonnes pratiques au sein des projets de grossissement".

La filière du crabe de mangrove, ou crabe de palétuvier, revêt une importance particulière pour les pays de la région. A titre d’exemple, Madagascar, avec ses 325.000 ha de mangroves, représente 20% des mangroves africaines et possède la plus importante surface de ces forêts dans l’océan Indien occidental. Le crabe Scylla serrata, une des espèces de crabes les plus commercialisées au monde, y est exploité à seulement un tiers de son potentiel, estimé à 7.500 tonnes par an. Cependant, les zones plus facilement accessibles montrent déjà les premiers signes d’une surexploitation, ce qui nécessite à la fois un encadrement plus strict de la pêcherie et une meilleure valorisation des captures réalisées."
Mercredi 3 Avril 2013 - 17:11
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