Santé

Les infirmiers libéraux craignent une dérive vers un système de santé à l'américaine

Ce matin, le syndicat majoritaire des infirmiers libéraux de la Réunion, la FNI (Fédération nationale des infirmiers), a alerté la population sur un possible changement du système de santé français avec une dérive vers un système à l'américaine. Une crainte fondée par les actuelles discussions autour du Pacte Territoriale de Santé, menées par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et la volonté de créer des maisons de santé.


Les infirmiers libéraux craignent une dérive vers un système de santé à l'américaine
"Il y a un double langage aujourd'hui", dénonce Emmanuel Adain, président de la FNI Réunion. Ce "double langage" consiste à entretenir le thème du "désert médical" pour réorganiser le système de santé en France et à la Réunion, et tendre vers de nouveaux modes de rémunérations en salariant les professionnels de santé au sein de maisons de santé, selon la FNI. "On veut réorganiser le système de santé pour basculer vers un système à l'américaine. Les maisons de santé seront dirigées par des firmes de santé", ajoute le syndicaliste.

Pour appuyer leurs dires, les membres de la FNI suggèrent de modifier la mesure retenue pour chiffrer l'accessibilité aux soins - actuellement définie selon le nombre de médecins par rapport à une population donnée - en se basant sur l'APL (accessibilité potentielle localisée). "On ne se baserait plus sur le nombre de médecins, mais sur le nombre d'actes délivrés", précise Emmanuel Adain. Selon lui, le spectre des déserts médicaux agité par le gouvernement n'aurait plus le même sens avec ce nouvel outil de mesure. "Avec l'APL, on se rend compte que l'accès pour une population à un médecin se trouve juste derrière le coiffeur et devant le boulanger", ajoute-t-il.

Même si les infirmiers libéraux ne sont pas contre les "regroupements" entre professionnels de santé, les nouvelles maisons de santé voulues dans le cadre du Pacte Territoire Santé, vont à l'encontre de leur statut libéral. "On a peur de perdre notre autonomie, notre indépendance. Aujourd'hui nous sommes libres de choisir notre temps de soin. Si nous devenons salariés au sein de ces structures nous ne pourrons plus développer les mêmes techniques de soin, ni notre relationnel avec nos patients", explique pour sa part Odile Lhuillier, trésorière de la FNI Réunion.

"Les Français sont-ils prêts à d’abord solliciter leur assurance par téléphone ?"

Selon la FNI, seulement 2% des infirmiers libéraux se disent intéressés par le salariat comme mode d'exercice de leur profession. "Au-delà du salariat des infirmières, c’est bien toute une évolution vers la mise en place de réseaux de soins qui est en marche et dans laquelle les usagers seront pris en charge via des réseaux gérés par des organismes d’assurance chargés de négocier les tarifs, mais aussi d’exclure certaines pratiques de soins jugées inefficaces ou encore trop coûteuses. Avant d’avoir recours à un médecin, les Français sont-ils prêts à d’abord solliciter leur assurance par téléphone ?", s'interroge la FNI Réunion.

Aujourd'hui les infirmiers libéraux peuvent travailler 365 jours par an 24 heures sur 24. Si une politique salariale est mise en place, "les infirmiers ne seront plus décisionnaires", craint la FNI. "On pourrait se retrouver comme aux Etats-Unis où il n'y a plus d'infirmiers en ville. On vous donnera vos pansements et vous devrez les faire tout seul chez vous", lâche Emmanuel Adain.

Aujourd'hui à la Réunion, on compte 1.400 infirmiers libéraux, soit un ratio de 140 infirmiers pour 100.000 habitants (contre 110 pour 100.000 habitants en métropole). Un infirmier peut voir jusqu'à 40 à 50 malades par jour. "La population est contente de l'organisation actuelle des infirmiers libéraux et demande de plus en plus à être soignée à domicile", conclut Odile Lhuillier.

La FNI souhaite que tous les acteurs aient connaissance des conséquences des choix qui engagent leur avenir. D’autres voies sont possibles et elle a publié, l’an dernier, un livre blanc qui recueille des préconisations compatibles avec le maintien d’un service public territorial de santé.
Mardi 2 Avril 2013 - 11:55
Lu 3837 fois




1.Posté par Sceptique le 02/04/2013 13:25
Et bien, j'aimerais savoir comment on peut encore parler de "relationnel avec nos patients" quand l'infirmier voit "40 à 50 malades par jour".
A supposé qu'il travaille 12 heures par jour, cela fait entre 14 et 18 minutes par patient. Si on ajoute à cela les trajets d'un domicile à l'autre, il ne reste plus que quelques minutes. Ce qui est incompatible avec l'argument du relationnel.
Mais c'est quand même bien que l'infirmier puisse venir à domicile quand on peut pas se déplacer.

2.Posté par Pierre Jean Nativel le 02/04/2013 14:12
Justement le systéme de maison de santé ou les infirmiers sont salariés mettrait fin a la dérive du systéme actuel ou la faible rémunération des actes engendre une necessité de les multiplier pour obtenir une bonne rémunération.
Pouvez vous m'expliquer comment un infirmier peut faire 50 consultations par jour , soit 12mn trajet compris par patient sur une base de 10h de travail effectif (soit au moins une journée de travail de 12h , pauses et préparation du travail compris) . Si c'est ca la qualité des soins revendiqués par ce systéme libéral dans lequel la rémunération des déplacements entre 2 patients rapporte plus que les soins eux mêmes (en particulier les insulines chez les diabetiques trés nombreux ici) .
Un systéme salarié permettra de créer des emplois en nombre , certes pas au niveau de rémunération de certains des libéraux d'aujourd'hui , et d'améliorer le temps passé avec les patients.

3.Posté par tiboug le 02/04/2013 14:45
un système salarié ne permettra pas de creer du travail en nombre, dans un système libéral chacun est libre de s'intaller et de travailler. donc s'il y a des soins, il y a du travail.
par contre le problème n'est pas de salarié, mais le montage de structure (had, assurance, réseau) qui eux vont négocier directement avec la sécu une forte cotation (€€) pour dans les faits réaliser le même travail. la différence se retrouve dans les poches de ses structures qui ont "pognons" sur rues.

de même que la tarification à l'acte dans les hopitaux les ont ruinés. on réduit donc le service publique hospitalier pour le redistribuer à des structures privées extérieures ....

il a dit quoi le président un choc de simplification ....

4.Posté par pfff le 02/04/2013 16:18
En tout cas ce qu'il faudra revoir à coup sur un jour c'est la rémunération insolente de ces personnes financée par le contribuable! Il n'y a en plus pas de justification niveau formation, vu qu'ils n'ont qu'un bac et un diplome d'etat sanctionnant trois années d'etudes. Quand on sait que certains vont en belgique pour eviter le fameux concours et s'installe en libéral après quelques années en ayant à peine le bac ça laisse songeur. Ceux qui ont des enfants ayant bac +5-6, et qui gagnent même pas le 10eme apprécieront

5.Posté par infirmiere le 02/04/2013 17:00
Moi je vois 20 a 30 patient par jour souvent grace q notre passage deux fois par jour permet le maintien de personnes agees avec le concours des aides menageres ,car en plus du soin on assure la surveillance, et au moindre probleme detecter en informer medecin et famille. Et ce sont les kine qui se forment en brlgique sans pasdrr de concours, pour l instant on passe tjrs un concours de plus en plus selectif,.notre salaire 4000 a 5000 euros brut apres paye carpimko ursaaf assuranced prof local secretaire materiel on arrive vite fait a 3000 euros net pour horaire travail 5h30/12h et 15h/19h

6.Posté par maisbiensur le 02/04/2013 17:07
Notre système de santé a fait rêver, ce n'est plus le cas car il est ingérable à l'heure actuelle. La faute aux abus, de la part des patients mais également de la part des professionnels de santé. Parlez nous du système de rémunération des trajets entre patients d'un même secteur !! Vous voulez jouer la carte des sentiments en nous parlant de relationnel, nous ne devons pas en avoir la même conception.
ça me rappelle le temps ou les hypermarchés voulaient vendre des médicaments accessibles sans ordonnance et l'ordre des pharmaciens s'y est opposé sous couvert encore une fois de relationnel et de conseil, alors que ce même ordre des pharmaciens se bat aujourdh'ui pour accéder à la vente sur internet. Il sera ou le conseil et le relationnel là ??!!
Vous êtes des épiciers comme les autres plus inquiets pour votre porte monnaie et votre bien être que celui de vos patients.
Enfin je ne veux pas généraliser, il y a certainement des passionnés et encore animé par l'envie de bien faire...

7.Posté par kreol974 le 02/04/2013 18:31
comme Mr DUPUIS n'a pas mis ma 1ère réaction en ligne ....je répète que les infirmiers libéraux sont loin d'êtra à plaindre avec pour certains des salaires mensuels avoisinnant les 8000 euros mensuels, et là je ne parle pas des cabinets.....Alors ne nous la jouez pas sentimental, proches des patients ...etc....vous comme les pharmacies, comme les ambulanciers et certains patients font bine gonfler le trou de la sécu depuis qq années ....

8.Posté par mamadou traoré le 02/04/2013 18:58
Parlez nous du système de rémunération des trajets entre patients d'un même secteur !!


++++++++++++++++++++

dans 90% des cas, une simple indemnité de 50 centimes !!!! s'ils sont trop éloignés du cabinet le plus proche, alors là JACKPOT rajouter 30 cts du km....

9.Posté par dadou le 02/04/2013 19:10
à pfff!!les enfants n'avaient qu'à partir en belgique ,ne faire que 3 ans d'etudes et apres s'installer en liberal!!Mais comme partout il y en a qui usent et abusent du systeme et apres on arrive a ce genre de situation !!Hollande ne sait plus quoi faire de coherent !!

10.Posté par pfff le 02/04/2013 19:38
@ infirmiere: je maintiens! il y a des gens qui vont en belgique pour eviter de passer le concours et reviennent en france après avoir obtenu le diplome. C'est même monnaie courante. Chez les kiné également
@dadou: chacun ses gouts! c'est quoi cette manie dès qu'on pointe le doigt sur des comportements ayant une incidence sur le porte monnaie de tout le monde, de dire "fais pareil". Non, les gosses n'ont pas à abuser de l'argent du contribuable parce qu'une caste a décidé de le faire, et surement pas en se forçant: Ca s'appelle la vocation! Ca s'appelle le respect d'autrui. Chose qui doit sans doute vous manquer

11.Posté par Dr Anonyme le 02/04/2013 19:44
Médecine low cowst

La………exprime son désaccord avec l’expérimentation parisienne de l’organisation de consultations en cancérologie réalisées par des infirmières pour le suivi des patients, comprenant la prescription directe d’antibiotiques et d’anxiolytiques et le renouvellement des ordonnances de chimiothérapie.



L’Agence régionale de santé d’Île-de-France, qui a autorisé ce système, remplace le cancérologue formé en douze années après le Bac, par une infirmière de simple formation théorique de 45 heures validée par une attestation de présence !



L’économie sur le dos des patients ne se trouve pas qu’en cancérologie. En santé au travail, on remplace les médecins du travail, dont la formation est tout aussi longue, par des infirmières pour lesquelles est refusé toute formation diplômante !



Tant au ministère de la Santé qu’au ministère du Travail, se retrouve cette même ignorance de la nécessaire qualification des personnels soignants : on préfère bricoler de la formation Canada dry !



La………exige des professionnels de qualité pour la santé. Elle comprend que, pour certains actes, un suivi puisse être envisagé par des infirmiers dans la mesure où ils ont bénéficié d’une formation diplômante, adaptée et de qualité.



Depuis cinquante ans aux USA et dans une quinzaine de pays de l’Union européenne, on demande aux infirmières de passer un master pour prendre en soins des patients chroniques. En France, malheureusement, on préfère masquer la misère après avoir organisé la pénurie. Rappelons que Kafka travaillait à la Sécurité sociale autrichienne !



Merci d'avoir lu...

12.Posté par tiboug le 02/04/2013 20:51
@pffff

ceux qui ont des enfants qui ont bac +5 ou 6 et qui ne gagnent pas un salaire à leur juste récompense, ils ont tout simplement raté leur orientation.

je ne crois pas que des infirmiers gagnent des fortunes sur des centimes de kilometrage quand on parle de se rendre à domicile avec des vehicules ...de toute façon tout cela est validé par la sécu et si c'est un abus il y aura sanction et remboursement...

bien souvent on ne voit qu'un aspect des choses, le plus bling bling, les gros chiffres, et on ne devine pas assez les autres, liens, difficultés, brut net, protection social, couverture maladie, congés non payés, mort, maintient à domicile, liens social, service, organisation, education, psychiatrie...

quand il faudra chercher LA maison medicale de garde, ouverte à partir de18h30 pour faire un pansement d'un abcès de la marge anale qu'on a sali, alors qu'on ne peut même pas poser son cul sur un siège .... on repensera alors que d'avoir du personnel à domicile compétent et disponible, et en plus remboursé par la sécu, ce n'était pas un luxe. car après on sera en dérèglement total avec prix fixé par votre assurance privé, et des que vous sortirez de la "norme" ou de la "fréquence", vous sortirez l'argent de vos poches ...

je rigole que tout le monde se plaint de l'attente des urgences ou d'une administration lambda, mais qu'on n'imagine pas la même chose juste pour devoir se faire faire une injection ....

13.Posté par Marie le 03/04/2013 07:28
Relationnel , de 30secondes de la part d une ide qui vient chez ma mère lui donner des médocs,

14.Posté par Antipode le 03/04/2013 09:11
Le système de santé, d'éducation, de retraite est à l'image du système politique que nous mettons en-place, le système américain Républicain & Démocrate dans lequel le groupe humain n'a pas sa place, mais uniquement l'individu et son capital, donc inhumain !

15.Posté par extradvdrip le 03/04/2013 13:41
Bonsoir
Notre système de santé a fait rêver, ce n'est plus le cas car il est ingérable à l'heure actuelle. La faute aux abus, de la part des patients mais également de la part des professionnels de santé. Parlez nous du système de rémunération des trajets entre patients d'un même secteur !! Vous voulez jouer la carte des sentiments en nous parlant de relationnel, nous ne devons pas en avoir la même conception.

16.Posté par secrétairedansuncabinetd''''infirmier le 23/07/2014 11:07
créer des maisons de santé pour les infirmiers!!, oh là là!, j'en connais des infirmiers qui vont mourir de chagrin vu la baisse de salaires!, je travaille ds un cabinet d'infirmier et mes patrons ne regardent que le côté financier, la qualité des soins est souvent baclée, les patients ne se plaignent pas car il ne comprennent pas....je me tairais sur le chiffre d'affaire du cabinet sinon ca va faire désordre mais je peut vous dire mes yeux sortent des orbitres à chaque télétransmission!! et la secrétaire c'est le dernier maillon de la chaine! aucune reconnaissance!, on me traite comme une moins que rien, je vais demissionner bientôt car de nos jours on ne traite plus les gens de la sorte, ma tranquilité d'esprit et ma santé valent beaucoup mieux que 2 billets de 500 euros! et des "faiseurs de frics"! c'est comme ça qu'on les appelle dans mon quartier

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales