Faits-divers

Les gros bras de Miel-Vert… voulaient se réinsérer

Correctionnelle Sud – Jeudi 27/08/2015


Ils se sont fait prendre en flagrant délit par les gendarmes, lors de la fête de Miel-Vert au 27è, le 17 janvier 2014. "Ils", ce sont les gros bras d’une société de surveillance, gardiennage et sécurité, chargés d’assurer le maintien de l’ordre dans cette manifestation de grande ampleur.

Car, comme le souligne Me Normane Omarjee, "même si la gendarmerie est toute proche, même si l’on ne peut rien reprocher aux gendarmes, ils ne suffisent pas à la tâche ; il y a déjà eu des morts à Miel-Vert !" Il n’a pas dit que cette fête était un véritable coupe-gorge, ce qui serait faux au demeurant.

Mais c’est à se demander si les organisateurs principaux de la fête, les élus, s’intéressent aux personnels qu’ils embauchent. Car constater que sur 5 employés de cette société, 4 ont un CV intéressant (dont 1 avec assassinat à la clef !), il y a de quoi s’inquiéter.

Les Sioux sur le sentier de la guerre

Ils arrivent à la barre en compagnie de leur employeur, accusé d’avoir employé des agents de sécurité ne possédant pas la carte professionnelle. Plus exécution de travail dissimulé et non-inscription au registre du personnel. Quand on dit "gros bras", ce sont de vrais gros bras, au propre et au figuré. Biceps, dorsaux et autres abdominaux pétant de santé sous des t-shirts tendus à craquer. Mieux vaut les aborder au 3.57 magnum ! Il y en a même un qui, attendant son tour, faisait ses exercices d’assouplissement dans les bancs du public. Même pas peur.

Pour piquer nos ahuris en pleine flagrance, nos gendarmes ont joué les Sioux sur le sentier de la guerre, planques, filatures, dissimulations dans les fourrés, caméras longue portée en batterie, Eliott Ness revu et corrigé… C’est que les contrevenants se savent dans l’illégalité et se méfient.

Nos pandores ont fait très fort ce soir-là, avec plusieurs camions-bars fermés et des contraventions aux règles élémentaires de sécurité.

Si je ne cite pas les noms des "agents" pris en faute, c’est qu’ils semblent tous, apparemment, vraiment désireux de se refaire une conduite. Ce qui ne saute pas aux yeux à la simple lecture de l’acte d’accusation.

Des condamnations à frémir

Effectivement, le curriculum vitae des accusés fait état de nombreuses condamnations et de séjours en cabane prolongés pour la plupart.

En vrac : refus d’obtempérer, vols, vols en réunion, vols avec violences, outrage à agents, blessures volontaires, détention de stupéfiants, menaces diverses, extorsion, détention d’armes prohibées, conduite sans permis, organisation de jeux de hasard, assassinat (il était mineur)…

Il est certain que de trop violents faits-divers ont mis en lumière la profession d’agent de sécurité. Certains, récemment, ont été condamnés pour avoir tabassé des clients sortant d’une boîte de nuit. D’où une surveillance accrue et justifiée des forces de justice et de police sur ces gens exerçant tout de même un métier hors du commun.

"Alain Juppé, condamné, veut être Président !"

La loi est stricte et précise : pour exercer le métier d’agent de sécurité, il faut une autorisation administrative soumise à des conditions de qualification et à la possession d’un casier judiciaire vierge. On est loin du compte.

Le substitut Saunier a précisé qu’il y avait eu un délai accordé aux agences de sécurité pour se mettre en conformité avec la récente législation plus restrictive que l’ancienne, jugée trop laxiste. Insistant sur les casiers judiciaires devant être vierges, il a mis en exergue ceux des prévenus, très lourds pour la plupart.

"Je conçois mal être contrôlé dans une fête par des agents de sécurité condamnés pour violences, voire pour assassinat pour l’un d’eux !" Ca fait mal.

Ce à quoi Me Normane Omarjee, jamais pris au dépourvu, a rétorqué "qu’un casier judiciaire n’interdit pas la réinsertion ou la réhabilitation". Citant à l’appui de son argumentation Alain Juppé qui fut condamné à l’interdiction de droits civiques et vise aujourd’hui rien moins que la présidence de la république française. Il y a du vrai.

Me Omarjee et Von Pine ont soulevé les incohérences, l’ineptie d’une administration qui reçoit une demande d’habilitation et autorise la poursuite de l’activité (d’agent de sécurité) en attendant ; et poursuit ensuite la personne concernée devant les tribunaux.
"Si vous leur refusez le droit de se réinsérer, a dit Me Von Pine, qu’avez-vous à leur proposer ? Le bas-côté de la route ?"

Verdict le 22 septembre.
Jeudi 27 Août 2015 - 15:38
Jules Bénard
Lu 2726 fois




1.Posté par Zbob le 27/08/2015 16:57
Des repris de justice gros bras recrutés par la mairie du Tampon, quoi de plus normal!
Mais je dis Tampon, je pourrais dire St Louis, St Denis et bien d'autres communes.
Les élus qui les recrutent sans jamais vérifier leur CV ni surtout leur casiers sont dans leur logique ...ils pensent aux campagnes électorales où il faut des nervis et les nervis ce ne sont jamais que des voyous bien costauds qui pourront faire peur aux adversaires voire plus...le petit plus étant sans doute d'avoir , comme les maires eu maille à partir avec la justice , du coup on est entre potes!
Tout se tient!

2.Posté par 1portois le 27/08/2015 18:17
ne sois pas naïf ZBOB, les élus savent très bien à qui ils ont à faire et pourquoi ils les utilisent. ET tous les élus de la Réunion sont au diapason à ce sujet.
A ce sujet venez voir autour de la mairie du Port , c'est éloquent et en même temps pitoyable de la part de soi-disant élus.
Je me souviens aussi des propos de JC Fruteau au sujet des frères B... assasins de T.... " je préfére les avoir avec moi que contre moi"

3.Posté par noe le 27/08/2015 18:53
Ils avaient faim ... ça se comprend !
Le miel est tentant !

4.Posté par tintin le 28/08/2015 11:50
ses vigiles soit disant gros bras se sont tous des illétrer qui non rien dans la tete voila que des repris de justice il n ont aucun niveau d etude a peine s il arrive a lire !!

5.Posté par audrey le 28/08/2015 15:22
J'avais travaillé dans une mairie de l'ile de la reunion( je ne citerais pas la ville) des rumeurs couraient que l'agent d'acceuil avait fait de la prison pour viol.
Je ne sais pas si cela est vrai.
De toute facon a la reunion c'est la magouille, en attendant des jeunes diplomés comme moi avec un casier judiciaire vierge sont partis en France pour bosser.

6.Posté par PSSR le 29/08/2015 00:21
les domage que la pa met mon poste

7.Posté par PSSR le 29/08/2015 14:37
Si c'est toujours la meme société comme tout les ans, bin dit a zot bien que na une personne fort de la société que les jury pour les nouveaux diplomé en sécurité. Mi trouve sa pas normale que soit disant li montre l'exemple mais li na le droit emploi domoune sans carte pro. na des ga i démeine a zot po avoir une formation, en quelque sorte réglo po faire un métier, ou voi que i engage toujours les meme tete sans diplome etc... mi trouve que na point assé controle, la nuit surtout, parce que na un ta la journé i fai boss des jeunes en contrat pro po un coque pistache et la nuite bann gro bras sans diplome, mi trouve sa domage...

8.Posté par Jules Bénard le 30/08/2015 09:46
à posté 4 "tintin" :
Je ne suis pas du tout d'accord avec vous, monsieur.
Il y a, certes, des sociétés qui ne sont pas très regardantes sur les casiers judiciaires de leurs employés, bien que cela soit une des conditions essentielles de l'embauche d'un agent de sécurité.
Mais cela n'est pas la règle.
Je connais des agents de sécurité qui sont des gens très bien. Qui plus est, "qui n'ont même pas la gueule de l'emploi" car il est une autre légende qui veut que ces "gros bras" aient une mine patibulaire.
Ce sont des costauds, c'est vrai... et c'est tant mieux pour NOUS !
Ne les mettez pas tous dans le même panier, SVP !

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