Economie

Les grandes lignes du rapport sur le partage des revenus en France

Selon un rapport réalisé par le directeur général de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), Jean-Philippe Cotis, la classe moyenne française serait prise en étau entre la progression du Smic et la forte augmentation des hauts salaires. C'est le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui avait demandé une mission d'étude sur le partage des profits et les inégalités de rémunération suite aux manifestations sociales du mois de février dernier.


Les grandes lignes du rapport sur le partage des revenus en France
Le chef de l'État avait évoqué le partage des profits en réponse aux mobilisations observées dans l'Hexagone au mois de février dernier. Un rapport a été réalisé dans ce sens par le directeur général de l'INSEE, Jean-Philippe Cotis. Voici les principaux résultats de cette mission réalisée sur plusieurs semaines.

Le premier constat concerne la part des salaires bruts dans la valeur ajoutée (Déf. en fin d'article) puisque celle-ci est restée constante depuis la seconde moitié des années 80. Les marges de manœuvres dégagées par les cotisations sociales ont ainsi été utilisées afin de financer le système de retraite et de santé alors qu'elles auraient pu composer des hausses de salaires des Français : c'est la modération salariale.

La crise de la classe moyenne

Pendant ce temps, les très hauts revenus ont poursuivi leur rythme de croissance, alimentant, de facto, le "sentiment de déclassement relatif au salarié médian". En effet, au moment où les salaires des cadres supérieurs explosaient et que la politique nationale était centrée sur le Smic avec, entre autres, le passage aux 35 heures, une part non négligeable de la classe moyenne française s'est estimée lésée avec l'impression d'être moins rémunérée. En résumé, les hauts revenus continuaient leur ascension tandis que les personnes aux revenus moyens sentaient qu'elles se rapprochaient des bas salaires.

L'intérêt des employeurs réside aussi dans les rémunérations liées à de faibles charges puisque les épargnes salariales se sont largement accrues. Désormais, c'est un taux de 1,5% de la valeur ajoutée de l'entreprise qui est observé contre 0,5% au début des années 90. De son côté, la part des dividendes dans la valeur ajoutée a considérablement augmenté pour passer de 7% de "l'excédent brut d'exploitation des sociétés non financières" à 16% il y a deux ans. Selon Jean-Philippe Cotis, l'octroi de ces dividendes semble avoir "été associé à une baisse de l'autofinancement des investissements (...)."

7% des profits pour les salariés

Les profits ont été largement étudiées par le directeur général de l'INSEE qui ne manque pas de souligner que ces derniers sont naturellement variables en fonction des entreprises. En effet, de nombreuses petites et moyennes entreprises ne distribuent pas de participation à leurs employés.
Si Nicolas Sarkozy avait souhaité voir s'appliquer la règle des Trois-tiers (1/3 pour les salariés, 1/3 pour l'investissement et l'épargne et 1/3 pour les détenteurs du capital), ce sont 57% des profits qui sont employés dans l'épargne, 36% dans le revenu du capital et seulement 7% pour l'intéressement des salariés à l'heure actuelle.

Les souhaits du président de la République restent donc en décalage avec la réalité du terrain ; une réalité retranscrite au sein des 90 pages du rapport sur Les partages de la valeur ajoutée, des profits et sur les écarts de rémunération en France, mais sur laquelle il n'est pas simple d'agir.

Quelle est la définition de la valeur ajoutée ?

La valeur ajoutée se définit par la différence existant entre la valeur de la production vendue et les matières nécessaires pour la produire. Celle-ci est répartie entre les salariés, l'État à travers les impôts, les organismes sociaux ainsi que les actionnaires, et l'entreprise elle-même.
Mercredi 3 Juin 2009 - 16:51
Ludovic Robert
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1.Posté par thierry le 03/06/2009 19:48
Pire, entre le Smicard et le Rmiste, quasiment aucune différence de pouvoir d'achat une fois listé les avantages et soldés les comptes...
Est ce que RSA et RSTA corrigeront cette prime à la paresse, et les mauvaises habitudes ?


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