Economie

Les gérants de stations-service très inquiets face au projet de la CCIRPP

Le projet d'importation de carburant de Singapour par la Chambre des carburants d'Intérêt régional et des produits pétroliers interpelle le syndicat des gérants de stations-service de la Réunion. Passer d'un modèle administré à un modèle de libre concurrence ne serait pas forcément l'équation gagnante pour la société réunionnaise. Juste une question de lecture ?


La CCIRPP aura eu le mérite de faire bouger les lignes du prix du carburant à la Réunion. Mais pour quelles conséquences répondent les stations ?
La CCIRPP aura eu le mérite de faire bouger les lignes du prix du carburant à la Réunion. Mais pour quelles conséquences répondent les stations ?
 
Un gasoil moins cher vaut-il le sacrifice de plus d'un millier d'emplois ? Les mondes des transporteurs et des stations-service se déchirent autour de la question de l'importation de carburant en provenance d'Asie et de ses conséquences sur le long terme.

En attendant de voir l'arrivée effective du premier cubis sur le sol réunionnais dans deux mois environ (selon les informations délivrées la semaine dernière par le bureau de la CCIRPP), les interrogations se multiplient autour de ce gasoil à 0,87 cts le litre au 22 août.

Moins cher, mais pour combien de temps ? C'est la question que se pose le syndicat des gérants de stations-service qui regrette de ne pas avoir été consulté par les autorités préfectorales mais aussi par la CCIR qui, soit-dit en passant, ne verrait pas d'un bon oeil la confusion intellectuelle entre la CCIRPP et la CCIR.

"Le modèle actuel est celui d'un modèle administré où les prix sont fixés par l'autorité préfectorale. On peut critiquer celle-ci mais toujours est-il qu'elle permet de maintenir un service à la pompe", tranche pour sa part Gérard Lebon, président du syndicat des gérants de stations-service de la Réunion.

Ce qui surprend toujours autant le représentant syndical, c'est l'obstination de ces quelques élus de la CCIR "qui veulent se faire voir" en baissant ce fameux budget carburant, alors que d'autres postes comme l'usure des pneus ou le coût des pièces détachées mériteraient qu'on s'y intéresse. En clair, le coût du carburant a toujours bon dos. "Si l'on y regardait de plus près, je ne suis pas sûr que le prix du pneu et donc du caoutchouc soit en baisse", précise Gérard Lebon. Pour lui, chaque transporteur a aussi le devoir de s'adapter à la conjoncture des marchés publics. Une manière de dire que les grands travaux ne se commandent pas et qu'un minimum de perspective de la part du chef d'entreprise devrait être une attitude plus répandue.

1.500 emplois menacés

Le modèle de contrôle qui impose un prix unique à la pompe, au Nord ou au Sud de l'île, sur le littoral ou dans les hauts, préserve l'emploi selon Gérard Lebon, mais également la proximité des points de ravitaillement. "On ne se pose pas la question de savoir si dans le cas d'un marché de libre concurrence, il y aurait une station à proximité de chaque automobiliste ? Si ce projet fonctionne, ce sont 1.500 pompistes et personnels des 150 stations de l'île qui seront sur la touche", prévoit-il.

Toujours sur un ton grave, il parle de la disparition d'un modèle économique qui ne fonctionne pas si mal aujourd'hui. Il ne tarde d'ailleurs pas à évoquer l'expérience métropolitaine qui a montré qu'à la libéralisation du prix du carburant, les prix constatés à la baisse dans les premiers mois sont ensuite remontés implacablement, suivant le cours du marché. "C'est exactement ce qui va se passer ici", prévient-il. En échange, les Réunionnais perdront le service à la pompe dont ils bénéficient grâce au cadre protecteur du "gendarme" institutionnel : la Préfecture.

Loin de rester inactif sur ce dossier, le syndicat compte bien demander audience auprès des interlocuteurs institutionnels concernés. Selon lui, l'autorité préfectorale doit préciser dans quel modèle économique les professionnels doivent s'inscrire: "Quid du décret qui contraint la fixation des prix à la pompe chaque mois par la Préfecture ?". En attendant d'avoir des éléments de réponse, il ne cesse de mettre en garde : "Attention à sortir d'un système administré, les Réunionnais vont pleurer".  
Mardi 23 Août 2011 - 18:12
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par rougail974 le 23/08/2011 18:39
ça ne me derange pas de me servir moi même de l'essence
les pompistes n'ont qu'à laisser jouer la concurrence plutôt que d'imposer à tous les pompistes le prix maximum autorisé par la préfecture
fallait se réveiller avant

2.Posté par ndldlp le 23/08/2011 18:59
gérard lebon, la préf fixe un taux plafond, rien n'empêche les pompistes de pratiquer un prix inférieur..
à la limite, y aurait il de l'entente illégale sur les prix ?

3.Posté par nrj le 23/08/2011 20:22
Rien à craindre !
Il faut être fou pour mettre n'importe quoi dans son moteur ...la casse garantie ..
Un camion , pas de problème mais une voiture ? non , trop dangereux ...

4.Posté par Cambronne le 23/08/2011 21:59
regardez moi ce système soviétisé ils s'inquiètent pour un container les imbéciles

5.Posté par manu le 24/08/2011 00:44
Tout ce qui est affirmé dans cet article n'est qu'un prétexte à mon avis. Vive la concurrence !!

Arrête prendre consommateur po couillon dont !! Empauchez 'largent zot y gagne.. pff plus lé cher, plus zot lé heureu et nou à ter !! pff

6.Posté par question le 24/08/2011 06:55
le transport de carburant en cubitainer ne pose-t-il pas un problème de réglementation ?

7.Posté par polo974 le 24/08/2011 07:48
5.Posté par question le 24/08/2011 06:55
le transport de carburant en cubitainer ne pose-t-il pas un problème de réglementation ?


Au minimum le recyclage de ces cubitainers...
Il faut impérativement mettre en place un suivi à l'unité près de ces choses, sinon, bonjour la pollution...

8.Posté par CANDIDE le 24/08/2011 07:51
Gérard Lebon, arrêter de vous moquer du consommateur. Vous ferez comme tout le monde, vous vous vendrez au plus offrant le moment venu et vous vous mettrez plein les poches en travaillant avec la CCIRPP !!!

9.Posté par almuba le 24/08/2011 08:50
Toujours le chantage à l'' emploi pour continuer les abus et conserver les rentes de situation.
Il serait temps que ça change!
Et oui! Le monde bouge

10.Posté par Logique le 24/08/2011 09:25
8.Posté par CANDIDE le 24/08/2011 07:51

Sauf que si on ajoute au prix de revient le salaire du gérant, celui de ses salariés, la location de la station-service, les factures d'électricité et les autres charges je ne suis pas sûr que le carburant en sortie de pompe reste moins cher ! Alors non, ça ne changerait pas rien pour eux.

Ce modèle là n'est valable que pour les professionnels qui ont un moyen de stockage sur place (au moins un lieu de stockage sûr pour les containers en question), pas pour le particulier.
Par ailleurs, certains professionnels achètent déjà le carburant moins cher que le prix du consommateur lambda via des remises dépendant de leur volume de consommation (souvent modestes, il faut l'avouer...)

Allez, je parie qu'au final tout ça va se terminer en négociation avec les pétroliers pour améliorer les remises (au moins pour les plus virulents et pour les plus gros) et tout le monde va retourner se coucher.

Si tel n'est pas le cas, bonjour les stockages de fortune avec risque d'incendie, les pollutions à répétition, les vols de carburant sur site, j'en passe et des meilleures. Au bout du compte, ceux qui croient faire des économies miraculeuses risquent de se réveiller avec plus d'ennuis que d'avantages...

11.Posté par tiboutikieleo le 24/08/2011 09:36
raisonons comme les pompistes dans tous les secteurs de l economie ,par exemple dans les banques plus d automates pour les versements et les retraits, . un guichet et un employe.pas d operation possibles par internet .pourquoi ce systeme des annees 50 persiste t il uniquement pour le carburant,

12.Posté par Logique le 24/08/2011 11:02
11.Posté par tiboutikieleo le 24/08/2011 09:36

Le système des années 50?
Ce monde où on payait les gens à travailler plutôt qu'à chômer?

Il est vrai que le monde actuel qui compte plus de consommateurs que de travailleurs et où on vit en s'endettant perpétuellement est infiniment préférable à un monde où les gens ont un travail, fût-il si stupide qu'une machine puisse le remplacer.

D'ailleurs, c'est assez drôle: les machines étant de plus en plus "intelligentes", le nombre d'emplois non remplaçables par des machines se réduit comme peau de chagrin. Sans compter qu'avec la mondialisation et le télétravail, les emplois intellectuels (Ingénieur, informaticien, etc.) sont de plus en plus facilement délocalisables en Inde, en Tunisie ou ailleurs.

Tant que ceux qui bossent nous prêtent de l'argent pour consommer, tout va bien, mais on risque de se réveiller un jour avec zéro production sur place, peu d'emplois de proximité et nos prêteurs qui ferment les robinets ! (Ben zut, ça a déjà commencé?)

On aura l'air fin avec nos automates qui ne distribuent plus rien...

13.Posté par Zorro du 974 le 24/08/2011 14:49
Salaire d'un gérant de station-service: 10000€ par mois.
Pour chaque fermeture de station, cet argent retourne dans la poche des consommateurs qui se servent eux-même et permettrait par leurs dépenses supplémentaires la création d'au moins 8 emplois à 1500€ (6x1250=10000€)

Les achats que font les clients dans les stations seront réalisés dans les grandes surfaces.
Les prix étant moins élevés dans ces grandes surfaces, le pouvoir d'achat augmente d'autant ce qui permettrait de créer plus d'emplois vu qu'il y aura plus de produits à mettre en rayon.

Je le répète une fois de plus, les stations en libre service ne suppriment pas d'emploi !
Arrêtez de faire l'amalgame entre suppressions d'emploi et transfèrement d'emploi !
Le modèle économique Capitalo-communiste de monsieur LEBON, doit cessé pour le pouvoir d'achat des consommateurs !

14.Posté par Zorro du 974 le 24/08/2011 14:56
Quant ont pense qu'ils ont installé un distributeur automatique de frittes dans une station d'Etang-Salé !
C'est le monde à l'envers !

15.Posté par LKP le 24/08/2011 15:34
l'etude a ete faites quand le gouvernement a etudié la structure des prix dans les DOM:

la marge des distributeurs en métropole est de 10,8 cts.
les emplois aux pompes à la Reunion coutent 5 cts
la marge des pompistes est de 21 cts .

(reste a verifier si la marge des patrons a ete calculée en deduisant le cout des emplois)



16.Posté par claude le 24/08/2011 17:36
A LKP ET ZORRO

80% du C.A. de la station est realisée sur des produits à faible marge , moins de 10% (carburant, gaz, tabac, cartes tel., ). Produits que vs trouverez quasiment au meme prix dans toutes les categories de commerce de la REUNION. Produits sur lesquels les faibles marges ne permettent de faire jouer la concurence par les prix.

la concurrence se fait sur le service, la disponibilité, l'accueil, la rapiditè du service, la proximité du personnel et du commerçant.

20% du C.A. restant est realisé les autres produits où la concurrence par les prix peut s'ecxercer.
Au final, tout est dans le comportement et l'attente du consommateur.

nous exerçons notre metier en repondant à la demande du client qui comprend que les tarifs d'un meme article (ex: coca) soit different selon qu'il l'achete à 5h00 dans une station service, à 10h00 en grande surface, à 12h00 au restaurant ou à 23h00 dans une boite de nuit.

Tout cela repose effectivement sur la presence du personnel en station. C' est le systeme retenu apres maintes etudes des douanes , de la prefecture, de la repression des fraudes, des parlementaires. si le systeme doit changer la clientele devra s'adapter à un nouveau mode de distribution, je m'adapterai à nouvelle forme de metier avec le peu de personnel qui restera parce qu'il en faudra toujours pour le reappro, la caisse, la compta, le service du gaz, la propretè et la securitè de la station. pour les autres pompistes je ne sais pas si l'adaptation au chomage sera facile. ce n'est pas du chantage à l'emploi, mais une réelle inquietude.

autres precisions: l'activité et la rentabilité d'une station service n'est nullement favorisée par un prix du carburant élevé. un carburant à 1 € rapporte 0.10€ par litre. le meme carburant à 1.50€ ou 2€ rapportera toujours 0.10€ brut par litre. alors le combat sur le prix est le meme pour le consommateur et la station service.

enfin pour LKP : la marge du pompiste (plus precisement du distributeur ou station service) est de 10 cts et non 21 cts.
et pour ZORRO : vous en connaissez beaucoup des gerants qui gagnent qui gagnent 10000 €/par mois. j' en gagne à peu pres la moitié et je ne me considere pas comme un priviligié. je ne m'en plains pas non plus. je serai meme plutot fier d'employer une vingtaine d'employés qui assurent chaque jour le service à une clientèle fidèle qui semble apprecier leur travail.
Le cout d'un salaire se chiffre charges comprises, vous etes loin du compte avec vos 1250 €/ personne.

vraiment sans rancune, vous etes d'abord notre client. discutez avec nous les choses seront plus claires. au paisir...

17.Posté par elche le 25/08/2011 08:02
balivernes !!!!!!!!
depuis toujours le pétrolier qui a le savoir de son arnaque, a le pouvoir sur son arnaque.
Noire duperie que celle des gérants et des pétroliers.
avant 2 mois on saura comment cette duperie protège, et on comprendra pourquoi on l’utilise.
le monde pétrolier et leurs amis aiment ne pas savoir et on comprend pourquoi

quand je reprends le début de l histoire les mêmes qui disaient importer c est du bluff même disaient arnaque aujourd'hui les mêmes ont peur

tiens le bluff et l arnaque seraient devenues réalité et opportunité

vive cette cooperative que je soutien allez les gars faites peter

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