Faits-divers

Les gaîtés de la correctionnelle: "Vous aviez bu ? – Oui, pour rendre service !"

Qui a dit que les séances du tribunal correctionnel étaient tristes ? Même les audiences les plus mornes peuvent connaître des moments hilarants. Le quiproquo en est souvent à l’origine. Chronique du tribunal correctionnel de Saint-Pierre, jeudi 5 septembre 2013.


Les gaîtés de la correctionnelle: "Vous aviez bu ? – Oui, pour rendre service !"
Récidive et papiers douteux
 
Boire ou conduire, il n’a jamais su choisir. Ce récidiviste ne sait plus comment faire pour conserver son sauf-conduit l’autorisant à piloter un camion pour son travail. A l’Entre-Deux, en fin de journée, il grille un STOP au volant de son engin. Pas de bol, les gendarmes sont en faction à côté. L’enquête démontre qu’il est coutumier du fait et que ses papiers sont douteux. Et pour cause : il a déjà tenté de rouler l’administration pour se faire délivrer un duplicata et quand on veut saisir son vrai permis, il déclare l’avoir perdu… puis le retrouve par miracle plus tard. "Pour avoir deux permis, au cas où mon patron en conserverait un pour les formalités". Il est bien le seul à comprendre de quoi il parle. Mais pourquoi avoir bu ? s’enquiert la présidente. "Pour rendre service !" Il a voulu dire qu’il a pris le volant pour raccompagner un ami avec qui il venait de vider force godets mais s’est exprimé comme un loufoque. Le dossier étant vraiment mal ficelé, J.V. na écopé que de quelques amendes pour le STOP et la conduite sous emprise éthylique et relaxé pour la scabreuse histoire (non élucidée) de double permis.
 
"La crise économique, vous connaissez ?"
 
Son frère et complice Nicolas étant en cavale, Jonathan Smith comparaissait seul mais encadré par la gendarmerie, avec un casier "professionnel" long comme un discours de syndicaliste survolté. Les vols avec effraction, de nuit, il connaît : "J’ai appris comment lever un rideau métallique en taule… On fait des erreurs dans la vie… Et puis, il y a la poussée d’adrénaline, madame la présidente !" Lorsque cette dernière, avec une bonne volonté touchante, tente de savoir comment il a plongé dans le vol organisé, en bande, avec effraction, et pour quelques euros à peine, il a cette réplique désarmante : "C’est la crise économique !" Balle que le procureur a saisie au bond pour dire qu’avec les dernières statistiques sur la pauvreté, si tous les pauvres volaient, "il y aurait 350.000 casses chaque jour, ce qui n’est heureusement pas le cas. Vous risquez l’inflation, monsieur". Pas de quoi émouvoir vraiment notre Arsène Lupin au petit pied qui est reparti serein entre ses accompagnateurs en uniforme, ayant encaissé sans broncher son année (supplémentaire) de gnouf. Avant de sortir, il avise une accorte jeune femme dans les premiers rangs : "Vous êtes bien jolie". Pas là ek ça.
 
Que fait-il là, celui-là ?
 
Le rôle des tribunaux est surchargé par manque de personnel judiciaire, on le sait. On se demande alors comment certaines affaires navrantes échouent devant la Cour alors qu’elles pourraient être traitées autrement. C’est le cas pour X.Y., accusé par la fille de son ex-épouse d’attouchements sexuels déplacés. L’ex et la jeune fille ont retiré leur plainte depuis belle lurette mais la procédure a suivi son cours. L’incompréhension vient du fait que les trois enfants que X.Y. a eus avec son ex, eh bien elle les lui confie joyeusement chaque semaine alors qu’elle s’est plainte par textos (donc publiquement) qu’il était pédophile. Vous confieriez vos enfants sans défense à un amateur de jeunesses, vous ? Cette contradiction, suffisante pour jeter la suspicion sur le reste du dossier, a été brandie par l’avocate de la défense. Sur réquisition du procureur, lequel a souligné qu’il y avait "des jeux de séduction malsains", la cour a logiquement demandé un supplément d’enquête. Il y a des baffes qui se perdent.
Vendredi 6 Septembre 2013 - 09:29
Jules Bénard
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1.Posté par Dialogue le 06/09/2013 12:10
Le juge : - Allons ! Avouez ! On a retrouvé vos empreintes...

Le malfrat : - c'est pas vrai, j'avais des gants !

2.Posté par zorbec le 06/09/2013 12:16
Cela me rappelle quelques "gaîtés" de Cour d'assises de l'époque dont je rendais parfois compte. A la barre, un homme qui a émasculé son concurrent, avant de le poignarder pour finir l'oeuvre. Le président à l'accusé : "quelle est votre profession, Monsieur ?". "Mwin lé sénatèr !" répond-il du tac au tac. "Ah, vous êtes sénateur. Eh bien moi, je suis Président de la Rébulique", ajoute le magistrat provoquant l'hilarité générale. L'avocat de la Défense me dit alors en confidence à l'oreille : "en créole, le sénatèr, c'est celui qui châtre les cochons!". L'accusé a pris finalement 10 ans de prison pour un crime particulièrement horrible...

3.Posté par noe le 06/09/2013 13:59
Heureusement que ces comédies ne tuent pas !
Nos magistrats en plein délire de jugement

De l'ordre , SVP !

4.Posté par Moumtaz Akbal le 07/09/2013 09:23
Cela se passe à la gendarmerie de Saint-Pierre
Le brigadier chef à l'accusé: gentil comme vous l'êtes, nous le savons bien, jamais vous n'auriez pu commettre pareil acte ! En revanche, pourriez-vous nous indiquer l'heure à laquelle vous l'avez fait et où cela s'est-il passé ?
L'accusé: à inère d'matin dans la kizine
Le brigadier chef : c'est tout ce que nous voulions savoir... allez, embarquez-moi çà !

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