Faits-divers

Les gagne-petit de la cambriole: Deux malandrins et trois cloches

Correctionnelle Sud – Jeudi 17 mars 2016 :


Cela pourrait être le titre d’un mauvais western de série Z, un "western rougail".

Prenez deux vieux chevaux de retour. "Vieux", façon de parler car Vincent Angama et Jérémy Capounda, 22 et 23 ans seulement, cumulent quand même près d’une quarantaine de condamnations à eux deux. Vols, vols aggravés, dégradations diverses, violences multiples, dont beaucoup dans des établissements scolaires (qu’ils semblent mépriser au plus haut point).

Ajoutez-y trois clampins que nous appellerons minus, minable et petit pois,  autour des 25 ans chacun, qui se sont retrouvés embringués dans une rocambolesque histoire de cambriole débile. Cela se passe le 21 septembre 2015 au Tampon, à partir de 21 heures.

Trouillomètre à zéro !

Vincent et Jérémy, tout juste sortis d’encabanement (ça existe ça ?), décident qu’ils s’ennuient. La folle du logis étant toujours mauvaise conseillère, ils décident d’aller se refaire dans un restaurant du Tampon.

Pour transbahuter les supposés fruits du larcin à venir, ils convainquent trois jeunes, sans aucun casier judiciaire, de leur prêter main-forte. Que leur prend-il à ces trois là ? Ils n’ont pas su l’expliquer à la barre mais en voiture Simone !

Et pompez Shadocks !

Pendant que les trois néophytes restent dehors à faire le guet, trouillomètre à zéro, les deux vieux de la vieille escagassent une fenêtre sur l’arrière, entrent dans le restaurant et font main basse sur des objets d’un hétéroclisme confondant : chaîne hifi, écran plat, ordinateur, boissons en qsp (« quantité suffisante pour », disent les prospectus de médocs), un peu de menue monnaie, un chargeur de téléphone mobile et divers objets plus ou moins définis qu’on ne retrouvera pas.

Le "caïd" balance ses complices

Mais même de vieux chevaux de retour peuvent se montrer débiles-de-chez-abrutis-de-chez-bas-de-plafond. Comme conserver par devers eux un larcin, se croyant à l’abri des indiscrétions.

Or les enquêteurs sont rarement discrets. Lors d’une sournoise perquise chez Vincent, pour une autre affaire, ils découvrent ce qui reste du butin du casse dans ce restaurant. Que voulez-vous qu’il fît contre trois ? Il a reconnu et, dans la foulée, balancé les noms de ses comparses. La loi du silence n’est plus ce qu’elle était, ma pauvre amie. L’honneur des truands ? Pfffff !

Finalement, tout ou presque a été retrouvé. Sauf les boissons, consommées dans la foulée, et la menue monnaie de la caisse. Comme si un patron de restaurant consciencieux allait laisser des mille et des cents dans son établissement non gardé, la nuit. Des clampins, je vous dis.

"On savait pas quoi faire ce soir-là"

A la barre, Vincent Angama, le plus "trapu" des cinq, fait pleurer l’auditoire. Enfin, il tente le coup. Il n’a jamais eu de famille, on ne lui a jamais donné sa chance. Au parloir, personne ne vient le voir. Il a été placé en famille d’accueil à 18 mois, est entré en prison à 16 ans. Pathétique, soit. Mais la présidente Peinaud lui rappelle le nombre de sursis auquel il a eu droit et dont il n’a jamais profité. Silence radio.

Son co-habitué-des-prétoires y va de la même rengaine larmoyante, longues maladies, problèmes de famille, moral à zéro, il a pris tout ça comme un jeu…

Les trois naïfs au casier judiciaire vierge ne peuvent donner aucune explication valable quant à leur bêtise d’un soir.

Le vice-procureur Pierre Bernard a fustigé ces accusés qui tentent de minimiser ce type d’infraction avec des "on avait bu… on savait pas quoi faire ce soir-là… c’était pas grand-chose… il a tout récupéré…"

Une admonestation profitable ?

Le tribunal, lui, a su quoi faire. Vincent Angama, le plus chargé en condamnations, écope de 8 mois outre ses condamnations précédentes. Son complice "malheureux" en prend pour six mois.

Quant aux trois débiles d’un soir, qui ont exprimé des regrets apparemment sincères, ils en ont pour trois mois avec sursis. Plus un stage de sensibilisation aux stupéfiants pour l’un d’eux, chez qui on a retrouvé quelques grammes de zamal.

Que cette admonestation leur soit profitable, c’est tout le bien que nous leur souhaitons. Quant aux deux habitués des prétoires, pourquoi pas ?

"Il y a plus de choses dans le ciel, Horatio…"
Jeudi 17 Mars 2016 - 15:53
Jules Bénard
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1.Posté par justice à 2 vitesses ? le 17/03/2016 16:04
Ici nous avons un exemple concret :
- des ti voleurs qui volent pour vivre et écopent une peine salée
- lorsqu'on juge les élus qui se mettent plein les poches ou font le "roitelet" dans leur commune , ces élus ne gagnent que des "loupettes" , juste des rappels à la loi avec plein de pubs !

2.Posté par titi974 le 17/03/2016 17:42
Post 1 oui des Ti voleurs juste une quarantaine de condamnations et des couillons pour les plaindre car désolé tous le monde ne vole pas pour vivre au contraire je trouve cela bien clément pour des multirécidivistes et le sursis normal pour les autres idiots , ces debiles n'ont aucunes excuses.

3.Posté par Vas y Jules! le 18/03/2016 17:44
C'est en lisant cet article que je viens enfin de comprendre le style "parlé" de Jules Bénard: je le trouve très sympa, un peu à la façon de certains auteurs de "polar" de série. Beaucoup de verve.

C'est quand même plus sympa à lire un fait divers de tribunal raconté comme ça, à la limite de l'argot (tiens, faudrait en mettre quelques termes, quand même...) qu'un compte rendu officiel, pince sans rire, sec et froid comme un automne ou un hiver à Paris, non?

J'en redemande.

Par contre, Jules, désolé de le dire mais t'as manqué d'imagination, alors que tu parlais de "western rougail" pour le titre qui était pourtant tout trouvé (à la façon "western spaghetti"):

"Un "génie", un associé et 3 cloches"!

Ou "Deux "génies", aucun associé et 3 cloches?"


2.Posté par titi974 le 17/03/2016 17:42

D'accord : la Justice n'a pas eu la main très lourde.

Qu'est-ce que t'as encore foutu, Thémis?

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