Economie

Les exportateurs de fruits arrêtent bien plus tôt leurs colis letchis

"C'est une sale saison pour nous", lance le directeur commercial d'une société d'export de fruits vers la métropole. Montrés du doigt par de nombreux consommateurs réunionnais pour avoir accaparé l'essentiel de la production 2011/2012, toutes les sociétés contactées font part de leur extrême difficulté à boucler la saison.


Les exportateurs de fruits arrêtent bien plus tôt leurs colis letchis
 
70% pour certains, 80% pour d'autres, les mois de décembre-janvier représentent pour le moins une part écrasante du chiffre d'affaires des sociétés d'exportation de fruits vers la métropole.

"Nous avons pratiqué les mêmes tarifs que les années précédentes sur nos colis", résume Gwennaël Brillant, co-gérant de la société ColisRun, créée il y a trois ans. "Notre marge a juste été réduite", avoue-t-il, sans en dévoiler plus sur les secrets commerciaux.

Saison "gâchée"

Avec des prix au kilo qui ont commencé au plus haut, à 10 euros, puis à 5 à la mi-décembre pour finir péniblement à 2 euros, les exportateurs avouent avoir gâché une saison. "On est loin, très loin de ce que nous avions réalisé l'année dernière", reconnaît le responsable de ColisRun, implantée dans l'Est, comme nombre d'exportateurs, au plus près des producteurs.

"Nous avons les mêmes producteurs depuis des années en raison de notre marque qui collabore avec ces mêmes producteurs", annonce un responsable commercial d'une autre société d'export qui ne souhaitera pas qu'apparaisse le nom de la société. D'ailleurs, très peu de sociétés accepteront de répondre à nos questions. Il faut dire que le marché de l'export est ultra concurrentiel avec pas moins de cinq sociétés, et qui plus est, basé sur une saisonnalité très marquée.

Pour contrer une saison fade, les petits gestes commerciaux ne sont pas de trop pour fidéliser le client. "Je m'arrange pour suivre le colis jusqu'à son destinataire, qui sera prévenu du moment où son colis sera livré", s'assure Gwennaël Brillant de ColisRun. "Le producteur avec qui je collabore me parle de chiffres catastrophiques : de 20 tonnes de letchis en 2010, il en est aujourd'hui à 2,5t".

Les exportateurs ont l'avantage de pouvoir sélectionner la marchandise

Le calcul est vite fait. De quoi interroger de nombreux consommateurs habitués des marchés forains. "Oui, nous entrons en concurrence avec les étales des bazardiers car nous commandons des letchis de meilleure qualité. Beaucoup de producteurs préfèrent travailler avec nous plutôt que de passer par la vente sur le marché local", reconnaît le responsable commercial d'une autre société d'export. Ne soyez donc plus étonner de n'avoir à choisir que parmi des letchis à peine mûrs ou presque aigres. Lors d'une saison aussi délicate que celle que nous vivons, les meilleurs lots sont négociés par les sociétés exportatrices de colis.

"Nous envoyons nos derniers colis de letchis aujourd'hui", poursuit le responsable commercial. Même si tous s'accordent sur le fait qu'ils n'ont pas eu à refuser de commandes de colis letchis, le "produit star", au cours du mois de décembre, les regards se tournent désormais vers d'autres produits d'appel.

"Dès la semaine prochaine, nous ne ferons que des colis avec ananas et mangues". Et dire que l'année dernière, les colis letchis pouvaient être expédiés jusqu'à fin janvier...
Mercredi 4 Janvier 2012 - 14:28
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par ndldlp le 05/01/2012 18:25
faut-il s'envoyer un colis à soi même localement pour avoir un bon lot à savourer?

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