Municipales 2014

Les entretiens de Gilette Aho: Claudy Fruteau

Gilette Aho a interviewé trois candidates aux municipales à la Réunion: Nathalie Bassire, Claudy Fruteau et Vanessa Miranville. Aujourd'hui, retrouvez son entretien avec Claudy Fruteau:


Les entretiens de Gilette Aho: Claudy Fruteau
Quand bien même les primaires de la section de Saint-André avait sorti le nom de Claudy Fruteau de l’urne, Huguette Bello, présidente du parti PLR, n’a pas été tendre à l’annonce de cette candidature à l’élection municipale saint-andréenne. Et Claudy Fruteau d’affirmer :  "ces propos m’ont surprise et choquée. C’est d’une telle violence ! Ma candidature est légitime. Je ne suis pas seulement la femme de, je suis une militante comme une autre. Le fait d’être son épouse n’a rien à voir avec mes convictions". Un baptême de feu pour cette femme qui jusqu’à ce jour s’impliquait pleinement et discrètement aux côtés d’Eric Fruteau sur le terrain. "Huguette Bello parle de morale, je parle de légitimité !" Là voilà lancée dans la campagne avec comme objectif le siège de la mairie et, pour la conseiller, Eric Fruteau possède une forte expérience !
 
Qu’est-ce qui a motivé votre participation aux élections municipales ?
 
Je suis une militante avant d’être la femme d’Éric. J’ai vu ma mère travailler : elle était employée communale (mon père est décédé quand j’étais jeune) elle a dû se battre pour nous élever. Puis en tant qu’épouse d’Éric j’ai constaté la mauvaise gestion municipale sous le règne de l’ancien maire. J’ai voulu que les choses changent à Saint-André. Je me suis impliquée pleinement à chaque échéance électorale. Avec les militants nous travaillons pour qu’à Saint-André la promesse républicaine d’égalité se concrétise dans les domaines qui relèvent de la compétence d’une Mairie : éducation, social, sport, culture… Au-delà de l’inégalité de traitement subie par mon mari, ma candidature a été souhaitée par de nombreux Saint-Andréens qui ne veulent pas le retour des archaïsmes
 
Quelles sont vos propositions pour la municipalité qui vous différencient des autres candidats ?
 
Je ne me situe pas par rapport aux autres candidats mais par rapport aux attentes de la population. Nous sommes en train de préparer notre projet de façon participative. Nous consultons nos élus sortants, nos adhérents et militants, la population à travers les réunions de famille auxquelles nous participons. Ce sera le projet non pas d’une personne mais le projet collectif d’une équipe construit par tous ceux que nous rencontrons. Il nous faut tout faire pour empêcher un retour en arrière et faire en sorte que le travail initié puisse se poursuive. Ce projet sera évidemment dans la continuité du travail commencé depuis 2008 par notre maire actuel. Il nous faut finir les chantiers tels que le TCSP, les ZAC "Eco-quartiers" Bel Ombre et Ravine Creuse, le PRU du centre-ville, l’îlot de l’église, la sécurisation des routes et des écoles, le gymnase de Bédier, de 1000 Roches, le bassin de baignade au Colosse.
 
Est-ce que la condition des femmes réunionnaises vous préoccupe ?

Les  femmes et les jeunes sont les principales victimes de la crise et de la pauvreté. Les violences faites aux femmes m’interpellent. Mais c’est l’état d’extrême pauvreté et de misère que vivent les Réunionnais dans leur ensemble qui doit nous mobiliser. Nous subissons trop les inégalités. Il n’est pas normal que des femmes, des hommes, des enfants, ne puissent pas se faire soigner. Nous devons poser le problème de la santé physique et psychologique et trouver des solutions pour réduire les inégalités sur le sol réunionnais. Vous trouvez normal que des gens ne puissent pas aller chez le dentiste ou chez l’ophtalmo faute de moyens financiers ou de mutuelle (car trop chère). Les femmes réunionnaises vivent cet état de souffrance quotidiennement. Soumises à la précarité elles sont victimes d’une violence sociale mais elles sont courageuses !

La mairie de Saint André a permis l’installation d’une maison d’accueil d’urgence pour les femmes victimes et soutient l’association Femmes Solid'air qui fait un travail remarquable. En partenariat avec la police Nationale nous avons permis l’installation d’une assistante sociale pour faire face à l’accueil des victimes des violences faites aux femmes. Nous organisons aussi des journées à thème telles que Sports et femmes. La CIREST sous l’impulsion d’Éric Fruteau met en valeur chaque année une douzaine de femmes de l’Est. Il s’agira pour nous de poursuivre et d’amplifier ces actions.
 
Pensez-vous qu’une forte participation des femmes aux différentes élections peut aider les hommes à voir la société autrement ?

Les femmes doivent se mobiliser, bouger, prendre des responsabilités. J’ai la chance d’avoir le père de mes enfants qui partagent toutes ses valeurs. Je pense qu’il existe des hommes qui ont aussi le regard qu’il faut. Il faut que cela se généralise et que cela ne soit plus des exceptions. L’éducation à légalité et au respect doit prendre toute sa place. Cela relève d’une politique globale de prévention, de réactivité face au fait de violences. La lutte contre ces violences est une affaire de conscience mais aussi de coûts économiques et donc de moyens.

Le 30 mars, vous devenez maire de la commune, quelle serait votre première initiative en tant que Maire, en tant que femme ?

En tant que Maire je remercierai d’abord les Saint-Andréens. Si c’est le cas cela voudra dire qu’ils ont compris notre message et qu’ils ont rétabli une injustice trop flagrante. Cela voudra dire qu’ils souhaitent poursuivre le travail initié par Éric Fruteau.
 
Mon travail consistera à transformer ce projet électoral en projet de mandature et à l’appliquer le plus rapidement possible. Son application bénéficiera à l’ensemble des Saint-Andréens et donc aux femmes.
Mardi 17 Décembre 2013 - 15:59
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