Economie

Les entreprises réunionnaises moins endettées que leurs homologues métropolitaines

L’Insee a publié hier sa seconde publication réalisée à La Réunion consacrée aux ratios de gestion des entreprises de 1 à 249 salariés. On y apprend que dans trois industries (alimentaire, métallurgie et fabrication de produits en caoutchouc et plastique), les entreprises réunionnaises sont moins endettées que celles de France métropolitaine, et autofinancent largement leurs investissements.


Dans le secteur du commerce

Les 3 700 entreprises réunionnaises de 1 à 249 salariés ont un taux de marge plus grand qu’en France (34 % de la valeur ajoutée, contre 25 % en France). Le commerce de gros alimente cette différence avec la France (51 % de la valeur ajoutée contre 28 %). Il est sans doute de nature différente, mobilisant notamment plus d’investissements : 115.000 euros de capital sont immobilisés par salarié, contre 54.000 en France.

Dans le commerce de détail et le commerce automobile, les taux de marges à La Réunion et en France sont proches. Dans l’ensemble, le commerce réunionnais est moins endetté et dégage des bénéfices proches du niveau national.

Autre indicateur, le taux de marge commerciale est comparable à la France pour le commerce de gros. Il est légèrement inférieur pour le commerce de détail mais est supérieur de 7 points pour le commerce automobile. Le taux de marge commerciale est la différence entre le prix de vente et le prix d’achat rapportée au prix d’achat.

Les 5.800 entreprises réunionnaises de 1 à 249 salariés des services marchands ont également un taux de marge plus élevé qu’en France : 27 % de la valeur ajoutée contre 23 % en France.

Quatre secteurs présentent un taux de marge nettement supérieur à La France : l’hébergement et restauration, l’information et communication, l’enseignement privé-santé humaine et action sociale (hors secteur public) et les autres services aux particuliers. Pour deux d’entre eux, l’hébergement et restauration et les autres services aux particuliers, ce taux de marge élevé se conjugue avec un bénéfice également supérieur à La France. À l’opposé, les services aux entreprises et les activités immobilières présentent des taux de marges faibles. Leur taux d’investissement et leurs bénéfices sont également en retrait.

Dans le secteur de la construction:

Les 2.500 entreprises réunionnaises de 1 à 249 salariés ont un niveau élevé d’investissement : 17 % de la valeur ajoutée soit trois fois plus qu’en France. Elles le financent par l’endettement et par une marge plus importante qu’au niveau national, stimulée par des allégements de cotisations patronales et grâce à des dis- positifs de défiscalisation. Mais l’endettement pèse sur les résultats tant au niveau du compte d’exploitation que des bénéfices qui sont deux fois moins élevés qu’en France.

Dans le secteur industriel: 

Au sein des entreprises de 1 à 249 salariés, les industries alimentaires et de la métallurgie dégagent à La Réunion un taux de marge équivalent à leurs homologues de métropole. Les consommations intermédiaires pèsent toutefois un peu plus dans leur chiffre d’affaires probablement du fait de l’éloignement géographique et d’un marché plus restreint. Ainsi, les coûts de production représentent 81 % du chiffre d’affaires dans les industries alimentaires (contre 78 % en France).

Ce n’est pas le cas pour la fabrication de produits en caoutchouc et plastiques, les industries réunionnaises et françaises ne fabriquant probablement pas les mêmes produits. Le taux de marge est ainsi à La Réunion nettement supérieur.

Ces trois industries, qui représentent 30 % de la valeur ajoutée du secteur industriel, sont moins endettées qu’en France et auto- financent largement leurs investissements. Les bénéfices dégagés sont globalement supérieurs dans les trois secteurs, en particulier dans l’alimentaire, les amortissements et les impôts étant plus faibles.

La valeur ajoutée dégagée par les 578 entreprises de 1 à 249 salariés du secteur des transports terrestres est inférieure à La Réunion : elle s’élève à 32 % du chiffre d’affaires contre 38 % en France en raison de consommations intermédiaires élevées. Néanmoins, le taux de marge de ces entreprises est près de deux fois plus grand à La Réunion (19 % contre 11 % en France). Cette marge permet probablement aux entreprises de ce secteur de financer leurs investissements qui sont supérieurs à la France.

Mercredi 23 Mars 2016 - 15:31
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1.Posté par pouleto le 23/03/2016 16:33
vue les marges pratiquées ici....

2.Posté par kld le 23/03/2016 18:48
à la suite de post 1 , quand l'"observatoire des prix " se mettra réellement au boulot , pour une "clarté " , si cela peut exister , de la formation des prix sur cette ile , et en générale sur les "exDOM" , curieux , vraiment curieux , meme ds un "système" libéral" , le consommateur doit savoir , c'est la règle des comiques à la suite de Adam Smith , non ? : "chaque intervenant économique doit avoir "une parfaite information" des intervenants sur le marché " ............... le "libéralisme ", est basé sur une hypocrisie "de base" .............. bon , vive la libre entreprise , mais quand meme ??????????????? alors la formation des prix dans une économie de comptoir , pardon , une économie libérale , sur une ile , faisant partie de l'Europe , "l'économie des "ex DOM" .alors l"obseeeeeervatoire" , quand ça zot y sa dire à nous que deux trois certains y abusent sur leur " marge" : ha , c'est à cause de la surrem........... , .l'économie des DOM est tout sauf "libérale" .............. libérale , dans le bon sens du terme , si ça peut exister .............j'en doute !

3.Posté par lolo le 24/03/2016 03:11 (depuis mobile)
Les entreprises à la reunion .pour vivre il faut connaître les monsieur etel si ou crève. Y si c est une île comme la cose

4.Posté par Pierre Balcon le 24/03/2016 08:18
Je trouve cette étude très paresseuse. Sans doute encore en raison d' un manque d'effectifs l'INSEE n'a pas réellement approfondi le sujet , se contentant d'exploiter les données hétérogènes qu'il avait sous la main .
Elle n'a que très peu de valeur car elle mélange les carottes et les choux et plein d'autres choses encore . La taille et la structuration de l'entreprise sont des facteurs déterminants qui n'ont pas été pris en compte : entre une entreprise de 249 salariés et une autre du même secteur de 1 salarié il peut y avoir des différences énormes ; beaucoup de commerces font appel à des centrales d'achat qui engrangent une partie de la marge .
Elle s'appuie sur des indicateurs ( marge commerciale , taux de marge ) qui ne veulent pas dire grand chose en eux mêmes si on ne les analyse pas dans le détail pour chaque entreprise .
On retrouve surtout le biais qu'on avait rencontré pour les pharmaciens il y a qques années.
La chaîne d'approvisionnement est longue dans les DOM avec souvent une même entité qui déploie son activité sur plusieurs fonctions ( exemple : centrale d'achat , grossiste , semi grosssiste , détaillant..)
Dans le commerce automobile par exemple chacun peut constater, parce qu'il existe un argus, que les prix finaux de vente sont au moins un tiers plus élevés qu'en métropole et parfois deux fois plus cher , alors que le fret +OM ( réduit sur les petites cylindrées) + TVA à taux réduit ne justifie pas cette différence. Quand on nous dit que le taux de marge est identique à la métropole cela laisse perplexe .
Un autre travail bâclé : je viens dans le même genre de finir la lecture du rapport Lurel ( qu'on a droit de lire mais pas de télécharger , sans doute parce qu'il ne doit pas être diffusé par peur de la contagion de l'imposture ).
Même constat : plein d'inexactitudes ,de données incomplètes , d'énoncés non vérifiés , de propositions approximatives , de données statistiques partielles et biaisées ,mélangées à des analyses subjectives.
C'est avec tous ces charlatans qui se drapent dans la dignité de la science économique et l'autorité politicienne qu'il nous faut vivre . Cela me fait penser aux médecins du moyen âge

5.Posté par William le 24/03/2016 08:39
Évidemment que les entreprises de la Réunion sont moins endettées : les banques locales ne prêtent pas, ne soutiennent pas l'investissement.

6.Posté par c''''est la lutteu finaleu... le 24/03/2016 09:38
Les scandaleuses marges pratiquées par les sociétés Réunionnaises en général dans lesquels on retrouve dans leur actionnariat les banques Réunionnaises dont les profits sont partagés entre les mêmes nantis !!!

7.Posté par kld le 24/03/2016 12:18
Merci , M. Balcon , pour ces explications, mais alors , que faire ? c'est un constat , certains secteurs économiques font des marges supérieures comparées à celle du territoire hexagonal, toute chose étant égal par ailleurs, comme on dit en "économie" , et ce n'est pas normal.


le contrôle des prix dans notre économie étant impossible, il ne reste que l'Observatoire pour expliquer le complexe processus de la formation des prix sur une petite ile , comme la Réunion. et on aurait des surprises , j'imagine , mais ce serait un réel , pour le coup , pas, vers l'égalité tant souhaitée.

8.Posté par alcide le 24/03/2016 20:40
Ce n'est pas pour rien que les réunionnais ont la réputation d'être des baiseurs de paquet...

9.Posté par Pierre Balcon le 25/03/2016 09:32
à KLD
Cet espace est trop étroit pour que je puisse développer mes propositions . Elles s'articulent autour de trois orientations , bien éloignées des considérations "matérialistes" qui structurent généralement les propos de nos physiocrates d'un côté et mercantilistes de l'autre
- faire une révolution culturelle ( liberté , engagement , responsabilité ) ;
- moraliser la vie publique ;
- simplifier et rendre efficaces nos institutions .
Autant dire qu'il y a du travail et je suis à cent lieues du rapport Lurel.
Ce rapport fait partie des exercices obligés de nos parlementaires qui , pour donner une allure technique à leur travaux , s'adjoignent des universitaires patentés . En ce moment pour les DOM on ne jure que par Olivier Sudrie , effet de mode , hier c'était Bernard Poirine écarté car trop révolutionnaire .
Le premier ,qui travaille beaucoup pour la Nouvelle Calédonie , déclarait en nov 2011 que nous allions assisté à un boom du nickel qui depuis s'est ...effondré ; l'année dernière en Martinique , département pour lequel il officie aussi , il annonçait le retour de la croissance et nous invitait à être optimiste . On sait ce qu'il est advenu .
Sur ce rapport Lurel vous constaterez que notre député n'a pas cru bon d'interroger ni le CESR ni le CCEE. En revanche la FEDOM , dont le siège est juste à l'entrée , à droite , du MOM a été largement associée . Sachez que ce lobby patronal ,qui demande toujours la même chose à savoir payer moins d'impôt , moins de charges et bénéficier plus largement de la commande publique est présidée par JP Philibert , ancien député UDF rapporteur de la loi Pasqua sur l'immigration , et qui a donc succédé à Guy Dupont jugé trop mou et trop social . Il s'entend comme larrons en foire avec Lurel , Karam , et Bareigts qui vient d'ailleurs de débaucher son secrétaire général pour préparer à ses côtés la future loi sur l'égalité réelle.
Si cela ne vous suffit pas pour rendre votre carte j'ai d'autres histoires croustillantes !

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