Société

Les émeutes en Grande-Bretagne vues par un Réunionnais expatrié

Jérôme Manicom vit de sa passion à Londres : l'organisation de soirées dansantes. Résidant "créolondonien" depuis 2003, son regard tente de se détacher de la comparaison trop facile avec les émeutes qui avaient touché la France en 2005.


Jérôme Manicom peut se targuer d'une expérience de 7 années au sein de la cosmopolite "london"
Jérôme Manicom peut se targuer d'une expérience de 7 années au sein de la cosmopolite "london"
 
De Sainte-Suzanne à la capitale anglaise, Jérome Manicom vit à l'heure britannique depuis 2003. Fin observateur d'une société ouverte qui l'a accueilli comme nombre d'expatriés français, Jérôme Manicom s'attarde sur les événements qui remuent la capitale et les villes du Royaume depuis six jours maintenant.

"Les causes sont similaires en France comme en Grande-Bretagne : les difficultés économiques. Mais concernant la France, la difficulté est plus ciblée sur une catégorie de population d'origine nord-africaine. On ne leur donne pas de travail. En France, il y a un vrai problème lié à l'origine". Un point de comparaison qu'il tient de son expérience avec la capitale, l'une des plus cosmopolites du monde.

"En Grande-Bretagne, quand une personne afro-carribéenne par exemple postule pour un travail, de façon générale on lui fera confiance". Mais la cause de ce soulèvement de violence n'est pas à mettre au crédit du communautarisme ou du racisme selon le jeune expatrié.

Récupération politique

"Cela vient en partie du fait qu'une part de la population, et là je parle aussi bien d'afro comme de blancs, est démunie. C'est réellement la pauvreté que les gens endurent qui est en cause". Il n'en remarque pas moins que le modèle parental reste souvent absent chez ces jeunes casseurs et pilleurs.

Habitant West Acton (en périphérie de Londres, zone 4 et 5 pour les connaisseurs), où selon ses dires aucune casse n'est venue briser la quiétude du quartier, il aura falllu une interpellation par la police à l'étage d'un bus samedi dernier pour lui signaler que des événements inhabituels se tramaient. "J'étais en ville samedi et je n'étais pas au courant que des échauffourées avaient débuté", raconte-t-il.

Sans se prononcer sur la bonne gestion de l'événement par le gouvernement anglais et David Cameron (le Premier ministre), il pense simplement que les autorités, tout comme la police, devront "s'adapter" après avoir été surprises. "Même si les émeutes s'arrêtent, le problème de fond ne pourra se résoudre qu'à plus long terme", admet-il avant de pointer du doigt les récupérations politiques des organisations d'extrême droite comme la "British defense league".

Show must go on

La tension est palpable. L'entraide communautaire joue aussi à plein dans cette période de folie collective. "On a vu des Indiens de religion sikh qui se sont regroupés pour défendre leur temple", donne-t-il en exemple. Mais au-delà de ces quelques cas isolés, le jeune réunionnais dit vivre entouré d'amis internationaux. Raison sans doute pour laquelle, le malaise des jeunes anglais eux-mêmes reste à cartographier.

Malgré les coups de fils de la famille de la Réunion ces derniers jours, à laquelle il ne manque pas de donner des nouvelles rassurantes, l'avenir immédiat s'écrit déjà ce soir par une petite prise de risque. "Je vais distribuer des flyers et posters à Brixton (une ville en périphérie Sud de Londres). Pas de souci, je suis couleur locale", rigole-t-il. Un événement d'importance se prépare: "J'organise une énorme soirée d'une capacité de 1.000 personnes le 28 août" à Islington (nord de Londres). Si d'ici là les événements se tassent, il sera alors temps de mettre le feu "gentiment" au carnaval de Nothing Hill.

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Jérôme Manicom organise des soirées aux couleurs tropicales à Londres Sunbailante.com
Jeudi 11 Août 2011 - 18:35
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par james le 11/08/2011 19:49
"réunionnais expatrié"pfff. qu'est ce qu'il faut pas lire comme ânerie...

2.Posté par Tireloute le 12/08/2011 06:45
A James : c'est bien d'intervenir sur les forums. Mais avant de critiquer, seulement pour critiquer, essayer de vous documenter. Je vous donne la définition du mot expatrié : Un expatrié est un individu résidant dans un autre pays que le sien (sa patrie). Le mot vient des mots grecs exo (« en dehors de ») et patrida (« le pays »).
Ce monsieur Manicom est bien un individu résidant dans un autre pays que le sien. Le mot expatrié est bien approprié.

3.Posté par kif kif le 12/08/2011 07:25

Les "casseurs-pilleurs" de la banlieue londonienne ressemblent étrangement aux "casseurs-pilleurs
du "London Stock Exchange" de la "City".

4.Posté par Muriel F. le 12/08/2011 09:24
mon point de vue rejoint celui de Tireloute et James......
Et puis il est trop facile de pointer du doigt le gouvernement, les riches, etc.
comme l'a dit James Cameron, ce ne sont que des voleurs, des meurtriers !!!!! Quel bel exemple pour les générations futures, :....si tu es pauvre, noirs, sans emploi, ce n'est pas grave, attend le bon prétexte et tu pourras te servir dans les magasins que tu auras préalablement cassé.......!!!! qu'on les fasse rembourser sur les prestations sociales !!!!

5.Posté par Vive london le 12/08/2011 15:42
Vive london !

j'ai passé une année dans cette ville de fous et je pense que les jeunes ont utilisé un prétexte (la mort d'un jeune par un tir de policier alors que semble t il il avait lui même tiré sur le policier) pour détruire et tout casser.

j'aimerais trop y retourner mais pas maintenant c'est clair

please mind the gap yeahh !

6.Posté par Annabelle le 12/08/2011 18:57
Je me rends régulièrement en Angleterre et passe souvent à Londres. On voit de tout , certes , mais c'est vraiment une ville cosmopolite. Je suis consciente que le racisme est bien présent dans ce pays, comme dans pas mal d'autres d'ailleurs.
- Pour autant, c'est un pays où je me sens comme chez moi. Pour y avoir vécu, je sais de quoi je parle.
Le racisme/ Les émeutes qui en résultent etc , on les voit partout... sauf qu'il ne faut pas tout briser/ et surtout pas faire de victimes humaines. Cela devient un peu trop / TROP grave.
Anyway I LOVE UK.

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