Social

Les élèves de Zen é Sens à Cambaie ne sont plus seuls


Les élèves de Zen é Sens à Cambaie ne sont plus seuls
Le 9 avril dernier, nous vous informions comme la plupart des médias de la lassitude d’une dizaine d’élèves d’un centre de formation en esthétique situé à Cambaie.

En liquidation judiciaire, la société Zen é Sens avait "abandonné" ses élèves pour reprendre les termes de ces derniers.

Cette formation étant naturellement payante, beaucoup estimaient avoir en plus perdu une année, d’autant plus que l’examen final allait se jouer dans des conditions peu sereines.

La gérante de ce centre de formation avait tenu à répondre aux faits remontés par ses propres élèves, "réfractaires à l’autorité" nous avait-elle mentionné ce jour-là pour expliquer cette fronde.

Il se trouve que ces élèves réunionnais se sentiront un peu moins seuls après avoir lu ce qui suit.

Des élèves d’un centre de formation, toujours en esthétique, de Montluçon dans le département de l’Allier en région Auvergne, nous livrent à leur tour les mois galère qu’ils ont vécus dans ce centre co-géré avec son mari par la même gérante de Zen é Sens à Saint-Paul.

Il s’est avéré que dans ce centre, "il y avait des intervenants pas qualifiés. On nous lisait des polycopiés toute la journée", entame une apprentie. Cette dernière signale aussi un fort manque de matériels, notamment côté maquillage. "A la limite, on en avait plus chez nous", ironise-t-elle.

Un mouvement d’humeur devant le centre de formation 1,2, 3 Réussite de Montluçon a même trouvé une place dans le journal local. Une manif’ qui, pour la petite histoire, s’est déroulée deux jours avant celle de La Réunion. Les élèves en sont même venus à solliciter l’inspection du Travail du département de Montluçon. Problème, raconte l’une d’entre elles, "Monsieur (...)  a eu le temps de ramener du matériel de La Réunion" pour montrer que le centre ne manquait de rien. L’affaire en est restée là.

A ces nouvelles accusations de manque de sérieux, le couple de gérants répond et promet des suites judiciaires.

A 10.000km de La Réunion, des élèves ont eux aussi marqué leur ras-le-bol à Montluçon le 7 avril (Photo: Florian Salesse-La Montagne.fr)
A 10.000km de La Réunion, des élèves ont eux aussi marqué leur ras-le-bol à Montluçon le 7 avril (Photo: Florian Salesse-La Montagne.fr)
La fameuse manifestation ? "Elle a duré 20 minutes", à entendre le gérant de 1, 2, 3 Réussite. De plus, la fronde aurait été montée par "seulement deux meneuses, les autres se sont excusées par la suite du débordement occasionné. Même les parents sont venus s’excuser", ajoute-t-il. "Ils ont repris les cours dans la foulée."

Un acharnement

Le matériel manquant s’explique selon lui par le fait qu’"on ne peut pas mettre à la vue de tout le monde un matériel qui coûte très cher". D’ailleurs telle machine n’était "pas forcément utile en début de session, au vu de l’état d’avancement de formation des élèves", indique-t-il. En tout cas, en coiffure, le gérant assure que son centre surpassait largement, en gamme de couleurs, ce qui se pratique dans d’autres centres.

Un dernier point doit être abordé : celui de la présentation des inscrits en tant que candidats libres. Un reproche dont nous font part également les élèves de Montluçon. C’était les conditions annoncées au départ, se dédouane le co-gérant. "On les accompagne jusqu’à l’examen comme le font tous les organismes de formation", avise-t-il. A titre d’information, à Montluçon, 16 élèves étaient inscrits à la session d’octobre 2014 jusqu’à juin.

Son associée embraye sur l’acharnement mental et physique dont elle se dit victime et annonce vouloir porter plainte contre ceux qui ont mis en doute le sérieux de ses multiples sociétés, à La Réunion comme dans l’Allier, y compris envers les organes de presse qui ont fait montre de diffamation.

La directrice dit faire les frais de "quelques élèves qui ont un mal-être. Pourquoi la presse ne parle-t-elle pas de nos réussites ? " , ajoute la gérante de Zen é Sens qui dit par ailleurs attendre des impayés de l’ordre de plusieurs milliers d’euros. Elle veut retenir les actions positives – 15 embauches dans l’activité qui est la sienne aujourd’hui, le taux de réussite de 100% aux examens de ses centres ces dernières années – ainsi que les félicitations, in situ, du président de la Chambre d’Artisanat l’an dernier. Son activité associative, elle aussi récompensée, a placé, recense-t-elle, des vingtaines de personnes en CDI et CDD.

Et pas plus tard qu’hier, les résultats de cette année sont tombés. "Après l’avoir interrogé la gérante en fin de semaine dernière, celle-ci nous signale ce matin que sur les 4 élèves présentés au CAP, 3 l’ont réussi, et sont malgré tout redevables de la formation non payée. Nous avons eu aussi 100% de réussite au CAP Petite enfance. Pour un centre tenu par une m…., c’est pas si mal", ironise-t-elle.

"Les élèves qui ont réussi ne le doivent qu’à eux-mêmes", rétorque le camp d’en face.

La gérante contestée précise par ailleurs que deux projets associatifs verront le jour l’an prochain. Des projets qui intégreront encore l’esthétique et la coiffure, indique-t-elle comme un pied de nez à ses détracteurs. "Ils (les élèves, ndlr) ne réussiront pas à me faire partir de cette île."

---
Mise à jour 10 juillet 2015 : Les co-gérants de Zen é Sens et de 1,2,3 Réussite tiennent à faire savoir que :

A La Réunion, leur centre esthétique a fait 90% de réussite pour cette session, le CAP Petite enfance 100%, le titre d'Agent d'entretien bâtiment 100% (2ème année de suite à 100%).

A Montluçon : 90% de réussite (11 élèves/9) en esthétique-coiffure.
Mardi 7 Juillet 2015 - 12:44
LG
Lu 2951 fois



Nouveau commentaire :
Twitter

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales