Société

Les abords de la route du Maïdo, champ de désolation

Nous les appellerons les forçats de la route du Maïdo. Ils sont une quarantaine de bénévoles d'associations oeuvrant dans le cadre du Plan Ravine à se "tuer" à la tâche ingrate et ô combien triste de tronçonner des tamarins et autres bois qui ont mis tant d'années à pousser. Mais consignes de l'ONF oblige, il y a un pare-feu à constituer.


Une fois la route du Maïdo rouverte, les réunionnais auront du mal à reconnaître le coin
Une fois la route du Maïdo rouverte, les réunionnais auront du mal à reconnaître le coin
A l'heure où tous les projecteurs sont encore braqués sur les soldats du feu et bientôt sur le Dash, un autre maillon de la chaîne du PC incendie du Maïdo se joue en dehors des regards. Plus habitués jusque-là à oeuvrer sur le littoral ou à mi-pente, les dizaines de contrats du plan ravine aident les hommes du feu à leur manière, en élaguant et préparant le terrain.

Interdite d'accès depuis le début de l'incendie à tous les visiteurs et autres touristes, la route du Maïdo a été rendue aux ouvriers et bûcherons.

"C'est la mairie de Saint-Paul et le centre opérationnel de la préfecture qui ont fait appel à notre expérience" avance Jean-Alain Cadet, président de l'association Citoyens Contre le Chik (ACC) qui a troqué, pour un temps, sa casquette de secrétaire régional d'Europe Ecologie Les Verts.

Lorsqu'il quitte ses hommes, c'est Thierry Crescence, encadrant sur le plateau du Maïdo qui prend la relève. Aux abords de l'unique route qui mène au sommet, le spectacle de désolation donne des frissons. Par centaine, des bois de tamarin des hauts se retrouvent fauchés par les hommes armés de tronçonneuses.

"Nou lé 46 ouvriers aujourd'hui. 46 mais néna des roulements", ajoute le jeune homme. "Dans les bas, nous nettoye les ravines mais aussi les points d'eau qui stagnent, tout ça pour lutter contre la saleté où les moustiques i peu proliférer". En rigolant, il avoue que pour un travail aussi éreintant, les volontaires n'étaient pas si nombreux. Qu'importe, l'histoire de l'incendie du Maïdo version 2011 retiendra que des dizaines d'associations n'ont pas hésité à se porter volontaires pour épauler les professionnels.

"Demain (aujourd'hui, ndlr), 24 hommes venus du Tampon doivent venir aider ceux qui sont mobilisés depuis lundi", précise Jean-Alain Cadet. "Nous avons été sollicités dimanche, nous avons commencé lundi".

La coupe d'arbres en préventive passe mal auprès des travailleurs

Cette quarantaine d'hommes, qui viennent pour la plupart de Saint-Paul, mais aussi du Port et de la Possession, doivent se donner rendez-vous à l'Ermitage sous les coups de 6h30 du matin chaque jour. "Néna un bus qui emmène à nous ici". Les premiers coups de pioches ou de sabres sont donnés à 8h. Vu la cadence et la fatigue gagnant les organismes, la mission s'achève tôt dans l'après-midi : à 14h30.

Placés sous la responsabilité de l'ONF, ces hommes ont vécu de près l'incendie qui fonçait vers la route. "Lundi, environ 200m plus haut, l'incendie l'a arrête là même, mais même si na pu de flammes, ou sent sous out chaussures que lé chaud". La décapitation des arbres situés en bord de route, du moins sur ce secteur (3km avant le sommet) aura-t-elle été utile ? Le feu s'est arrêté en effet quelques mètres en amont, ce qui est en soit une bonne nouvelle. Le jeune chef d'équipe a des doutes sur l'efficacité des coupes d'arbres, en préventive, effectuées depuis trois jours. Si le feu reprend, le travail n'aura pas été vain. Mais le pare-feu n'est pas la seule motivation de cette mission. "Nous ouvre aussi une voie pour le bulldozer".

Au-delà de la raison et de la mission assignée à ces hommes, le coeur reste gros. "C'est dommage, c'est du bon bois. Avant que nous revoit ça repousser..." soupire Thierry Crescence. Mais le travail de sape doit se poursuivre, en attendant les nouvelles consignes. Peut-être qu'en rentrant ce soir, et avec le passage du bombardier dans la journée, l'ONF fera taire les tronçonneuses...  

C'est le coeur gros que Thierry Crescence et ses collègues coupent de beaux spécimens de la fôret du Maïdo
C'est le coeur gros que Thierry Crescence et ses collègues coupent de beaux spécimens de la fôret du Maïdo

Sur les côtés de la route, la largeur de forêt décapitée est d'environ 30m
Sur les côtés de la route, la largeur de forêt décapitée est d'environ 30m
Jeudi 3 Novembre 2011 - 07:25
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par ticabri le 03/11/2011 08:03
pour ma part, je prefere vois 30 m de chaque cote de la route decapité qu'une foret entiere .......

2.Posté par Reunionnais le 03/11/2011 08:17
Le dash est là, et l'on massacre ainsi? Un carnage cette fois par l'homme?

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