Les Français ont-ils moins de chances de gagner à l'Euro Millions ?



Les Français ont-ils moins de chances de gagner à l'Euro Millions ?
 
Les Français ont-ils moins de chances de gagner à l'Euro Millions que d'autres joueurs européens ? Une question à première vue saugrenue mais qui mérite malgré tout d'être posée. C'est du moins ce que pense Laure Meilheureux, une joueuse à la grande loterie européenne qui vient de déposer une plainte auprès de la Commission européenne pour "non-respect du droit communautaire", révèle le Parisien dans ses colonnes.

L'objet du courroux de Laure Meilheureux : Alors qu'un Français peut jouer au maximum, sur une grille, trois étoiles et neuf numéros soit 378 combinaisons pour un montant de 756 euros, un Espagnol peut lui jouer 10 numéros et cinq étoiles soit 2.520 combinaisons pour 5.040 euros. Ainsi, l'équité entre les joueurs ne serait pas assurée.

Des arguments que réfutent la Française des jeux. Pour l'entreprise, qui réaffirme sa volonté de protéger les joueurs en limitant le montant maximum des mises, l'équité entre les joueurs est respectée car le montant de la mise est le même dans chaque pays (2 euros) et rien n’interdit les joueurs français de jouer 1.260 grilles simples à 2 euros chacune pour avoir autant de chances qu’un Espagnol. Un dernier argument qui ne convainc par l'avocate de la plaignante, Me Daphné Pugliesi, citée par le Parisien: "cocher 1.260 combinaisons différentes sur des grilles simples peut prendre de très longues heures. Et trouver un buraliste qui veuille bien enregistrer 1.260 bulletins relève de l’exploit".

Même sans avoir touché le jackpot à l'Euro Millions, Laure Meilheureux pourrait bien recevoir un chèque de la Française des jeux. Mais la chance n'y serait alors pour rien...

Lundi 18 Juillet 2011 - 16:58
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1.Posté par okemvele stephane le 18/07/2011 17:46 | Alerter
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on dit le casino ne perd jamais.
quelque soit le nom loto quebec , la francaise des jeux etc .
la vie n est pas fruit du hazard tout a une raison .
on dit aussi tu mangera a la sueur de ton front .
Personne ne gagne a ces jeux .
enfin je n ai jamais gagner .
madame et messieur on se paie une chateau en ecosse avec vos reves legitimes .

stop la gratto mani, la loto mani et autre escroquerie

2.Posté par TEGO le 18/07/2011 17:53 | Alerter
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Les Reunionnais ont-ils moins de chances de gagner à l'Euro Millions ? je réponds oui la FDJ a toujours truqué ce jeu depuis sa première apparition . Il faut savoir que la FDJ a mis hors champ la REUNION pour le tirage , les bulletins validés ne sont pas prises en compte lors du tirage et puis l' électronique ne laisse peu de chance de gagner et pas équitable dans les 10 pays participants . Une loterie doit être les mêmes modalités !

3.Posté par noe le 18/07/2011 17:59 | Alerter
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Il faut savoir ne mettre que les bons numéros et là , on est sûr de gagner ...Beaucoup de gens mettent n'importe quels n° ...pas bon ...
Et puis tous les gagnants ont tenté leur chance en mettant une bougie à la Vierge Noire ...

4.Posté par noe222222222222222222 le 18/07/2011 18:53 | Alerter
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Pour gagner il faut jouer et pour jouer il faut avoir gagné !!! Et c'est en essayant encore et encore que le gagnant apprend à gagner ...Et bien sûr , il est bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu'on ne les a pas tentées....n'est-ce pas ?


5.Posté par Des millions de cons le 18/07/2011 19:32 | Alerter
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L'Euromillions, c'est de l'arnaque d'État légale pour les cons.

6.Posté par martignoni le 18/07/2011 19:46 | Alerter
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Chance de gagner à Euromillions, affaire Riblet, aléatoire prépondérant, financement et instrumentalisation du jeu pathologie maladie : la Française des jeux se croit tout permis et se permet tout


LE DOUBLE JEU DE LA FRANCAISE DES JEUX : UN JEU DANGEREUX


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)


La Française des jeux finance ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en œuvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a pour conséquence en réalité - sous couvert d’une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l’inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire, pour accélérer sa croissance tout azimut par une incitation au jeu accrue. La politique de jeu responsable mis en œuvre par la Française des jeux va produire en final du jeu excessif… Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l’opérateur de loteries. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. Dans le même temps la société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l’audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l’addiction au jeu » ! Au même moment Jean Luc Vénisse (financé à hauteur de 2 millions d’euros par la FDJ) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, IOO questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d’affirmer dans France Soir du 6 juin 2011 que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. La boucle est bouclée. La collusion d’intérets marche à fond pour les deux parties en présence. Dernières précisions qui montre le vrai visage de la Française des jeux : l’inflation et les chances de gagner. L’opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules, de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement l’espèrance statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Ils se croient tout permis et ils se permettent tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros ( soit une augmentation de 67 % !!) et l’espèrance statistique évolue d’une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011 la FDJ a fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d’une chance sur 75 millions à une chance sur 116 millions ! La politique mise en œuvre par la Française des jeux n’a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et son monopole. Elle agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l’Etat Croupier peu soucieuse en réalité de l’intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer à une société qui ne lui appartient pas, un double jeu très dangereux qui risque à terme d’énerver Nicolas Sarkozy, à l’origine de la politique jeu responsable quand il était Ministre de l’Intérieur. Cette duplicité risque également d’irriter fortement Bruxelles et la Cour de justice Européenne.

Quant à la récente affaire d’Euro Millions qui voit une joueuse (Laure Meilheureux) déposer plainte contre la FDJ auprès de la Commission Européenne, elle dévoile aussi beaucoup du vrai visage de la Française des jeux. Si le journal le Parisien se fourvoie quand il précise que « les chances de gagner ne sont pas les mêmes selon les pays », on peut en effet s’interroger pour savoir pourquoi c’est en France que le nombre de combinaisons possible en jeux multiples pour Euromillions est le plus bas ( 378 pour 756 euros, alors qu’un joueur espagnol peut jouer 2520 combinaisons en une seule fois pour une mise de 5040 euros). Souhaite t elle vraiment protéger les joueurs comme elle l’affirme : « nous souhaitons compliquer la vie du joueur excessif pour ne pas encourager les abus qui peuvent conduire à des addictions » ou instrumentalise t elle la question du jeu pathologie maladie en essayant d’éliminer les gros joueurs ou les regroupements de joueurs qui voudraient investir ou jouer gros jeu dans Euromillions ? On peut sérieusement s’interroger. Cette histoire rappelle l’affaire des jeux de grattage (découverte aussi par un joueur qui jouait gros jeu Robert Riblet) ou l’on voyait la FDJ inventer un concept inconnu en probabilité ( aléatoire prépondérant) pour contrôler la distribution des gros gains sur tout le territoire. Elle cherche désormais aussi à contrôler la manière de jouer des joueurs. L’ensemble indique que l’opérateur historique plus que jamais se croit tout permis et se permet tout.

© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 173. Juillet 2011



7.Posté par Fab le 18/07/2011 19:52 | Alerter
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Je ne gagnerai sûrement jamais mais ça ne m'empêche de continuer à jouer.. 20 € par mois pour espérer gagner des millions, j'estime que ça en vaut la chandelle. C'est sûr que dans tout ça le grand gagnant reste la FDJ donc l'Etat.
Par contre je ne savais pas que les règles n'étaient pas les mêmes dans tous les pays. C'est du n'importe quoi, une honte pour un organisme aussi sérieux que la FDJ..
Post 2, pouvez-vous développer et apporter la preuve du "Il faut savoir que la FDJ a mis hors de champ la REUNION pour le tirage, les bulletins validés ne sont pas prises en compte" ??! Ca a l'air intéressant..

8.Posté par citoyen le 18/07/2011 21:06 | Alerter
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pfff n'importe quoi, quand on sait que les gagnants sont souvent avec une mise minime, voire un flash...à 2 balles...

1chance ou 1000 chances sur 100 000 000....: il faut de la chance de cocu! et encore, un cocu chanceux!

9.Posté par sgeg le 18/07/2011 22:10 | Alerter
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le dégénéré est totalement " out of space" ...ses posts 3 et 4 ? faut le faire soigner !

10.Posté par TEGO le 18/07/2011 22:28 | Alerter
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A 7.Posté par Fab , pour une simple bonne raison dans toutes les combinaison possible et de probabilité la FDJ a l'avantage qu'avant chaque tirage les spécialistes de l'informatique sevrés et payés par la FDJ d'écarter les combinaisons validés par n'importe quel joueur , la FDj sait à l'avance les N° cochés grâce à la validation d'un bulletin de jeu dans un bar tabac ou autres établissements de jeu . Les appareils servant de jeu sont directement connecté à la central de la FDJ . Depuis bien longtemps que ce n'est plus le un tirage avec une main innocente . Par contre avec un appareil informatisé tout est possible . A malin , malin et demi , la FDJ sait parler une machine , l'enjeu est énorme pour l'Etat !

11.Posté par ffilou6 le 19/07/2011 04:06 | Alerter
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L'article oublie de mentionner que les heures de dernière limite pour valider sa grille de numeros sont différentes selon les pays, et que la joueuse qui porte plainte demande aussi que le temps entre la dernière heure limite pour jouer une grille et le tirage soit le plus court possible.
Car entre la validation des dernières grilles et le tirage, les ordinateurs ont le temps de calculer les combinaisons les moins achetées...
On n'a toujours pas de preuves réelles que le tirage est en direct, et dans les reportages sur les coulisses, la présence d'huissiers c'est juste pour donner un semblant d'image que c'est contrôlé et vérifié et légal, ce n'est que de la communication... Et il est très facile de truquer et modifier le tirage, notamment par l'utilisation des plans de cameras: comment peut-on vérifier qu'il s'agit de la même machine qui secoue et délivre des boules, lorsque la machine est filmée dans son ensemble, puis lorsqu'il y a un zoom ou agrandissement ou focalisation sur le couloir de sortie des boules? Là aussi, ce n'est que de la communication par l'image...

12.Posté par noe974 le 19/07/2011 07:41 | Alerter
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Pour gagner , il suffit d'aller voir des marabouts genre Mme Soleil ..Ces gens sont extra-lucides , ils voient tout et tout les voient ...Il y a aussi les "prêtres malgaches" qui officient bien ...Et puis St Expédit ou les Vierges, Noire , au Parasol ...apès une bonne prière , la Madonne peut vous donner les n° qu'il faut cocher ...et vous serez ce chanceux sur 17000000 qui empochera le grelot !

13.Posté par François le Français le 19/07/2011 16:51 | Alerter
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les français sont nuls en tout de tout façon !

14.Posté par martignoni le 19/07/2011 20:54 | Alerter
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Chance de gagner à Euromillions, affaire Riblet, aléatoire prépondérant, financement et instrumentalisation du jeu pathologie maladie, incitation au jeu accrue…


LA FRANCAISE DES JEUX SE CROIT TOUT PERMIS...ET ELLE SE PERMET TOUT


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)


La récente affaire d’Euro Millions, qui voit une joueuse (Laure Meilheureux) déposer plainte contre la Française des jeux auprès de la Commission Européenne, dévoile beaucoup du vrai visage de la FDJ. Si le journal le Parisien se fourvoie, quand il précise que « les chances de gagner ne sont pas les mêmes selon les pays », on peut s’interroger pour savoir pourquoi la FDJ limite le nombre de combinaisons possible en jeux multiples d’Euromillions à 378 (pour 756 euros) alors qu’un joueur espagnol peut jouer 2520 combinaisons en une seule fois ( pour 5040 euros). La FDJ souhaite t elle vraiment protéger les joueurs comme elle l’affirme : « nous souhaitons compliquer la vie du joueur excessif pour ne pas encourager les abus qui peuvent conduire à des addictions » ou instrumentalise t elle la question du jeu pathologie maladie pour éliminer les gros joueurs - ou les regroupements de joueurs - qui voudraient jouer gros jeu à Euromillions ? On peut sérieusement s’interroger.

Certes, certains seront choqués d’apprendre que des Français engagent (souhaitent engager) autant d’argent dans Euromillions . Mais après tout c’est leur choix. Arrêtons de tout moraliser par une politique du care hypocrite et envahissante. Les Français ont plus besoin de millions que de conseils (sic) Par ailleurs, à qui la faute ? Les discours des pompiers pyromanes, ça commence à bien faire. Les pactoles de plus en plus faramineux d’Euromillions attisent les convoitises des Français et des Européens qui peuvent percevoir ces jeux comme une forme de placement, certes à très haut risque, mais une forme de placement tout de même. Comme ils pensent - ont ils complètement tort ? - qu’on ne prête qu’aux riches, ils expérimentent cette maxime dans la sphère ludique. Les logiques internes à la praxis ludique indiquent que ça n’a rien d’absurde.

A ceux qui voudraient jouer comme les Espagnols, la FDJ – cynique - indique « qu’ils peuvent toujours cocher 1260 grilles simples à 2 euros » ! Totalement absurde, car bien entendu strictement impossible à réaliser matériellement. L’opérateur se moque de sa clientèle. Il y a bien inégalité d’accès au jeu selon le pays ou l’on habite. De fait, la FDJ empêche sa clientèle de jouer gros jeu à Euromillions alors que les Espagnols nous l’avons vu, mais aussi dans une moindre mesure les Belges (1260 combinaisons possibles pour 2520 euros) et les Portugais ( 756 combinaisons possibles pour 1512 euros) peuvent le faire. C’est très curieux. Visiblement l’opérateur n’aime pas les gros joueurs ou les joueurs qui se regroupent pour jouer… forcément plus gros que s’ils jouaient individuellement. Bizarre. Si c’est par soucis de protéger le joueur, et si cela fait partie d’une politique de jeu responsable, que diable l’opérateur historique ne l’a t il pas annoncé avant, haut et fort !Pourquoi ce silence radio. C’est la suspicion légitime d’une joueuse qui a dévoilé l’affaire, une fois de plus ( voir ci après l’affaire Riblet/aléatoire prépondérant) A suivre car en l’absence d’autorité de régulation pour les jeux en dur, en attendant qu’un véritable observatoire scientifique des jeux se mettent au travail pour informer le Comite Consultatif présidé par F. Trucy, la vigilance est de mise. L’absence historique de transparence de la FDJ, son double langage, sa main mise sur les médias et les agences de presse ( voir ci après) autorise une suspicion légitime.

Cette histoire rappelle en outre l’affaire des jeux de grattage (dévoilée par un joueur qui jouait lui aussi gros jeu, Robert Riblet) ou l’on voyait la FDJ inventer un concept - totalement inconnu en probabilité – d’aléatoire prépondérant, pour contrôler la distribution des gros gains de manière homogène sur tout le territoire. Bref la FDJ manipulait avec machiavélisme le hasard et continue certainement à le faire en toute impunité. Elle cherche désormais visiblement à contrôler aussi la manière de jouer des joueurs. L’ensemble indique que l’opérateur historique plus que jamais se croit tout permis et se permet tout.

Sa politique en matière de jeu responsable est particulièrement représentative de cette omnipuissance. La Française des jeux finance ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler, mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en œuvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a pour conséquence en réalité - sous couvert d’une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l’inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire pour accélérer fortement sa croissance par une incitation au jeu accrue. La politique jeu responsable mis en œuvre par la Française des jeux, va produire en final du jeu excessif… Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l’opérateur. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. L’incitation au jeu est tel que la FDJ a pu être « gênée par son succès » d’après France Soir. C’est en effet dans l’ordre des possibles.

Pour allumer des contre feux vis à vis de cette incitation au jeu accrue, la FDJ pousse le bouchon de plus en plus loin dans le domaine du jeu responsable. La société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l’audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l’addiction au jeu » Au même moment comme par hasard, Jean Luc Vénisse (CRJE, Nantes) financé à hauteur de 2 millions d’euros par la FDJ (mais il est vrai que le site du CRJE est très discret sur ce financement) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, IOO questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d’affirmer dans France Soir du 6 juin 2011, après sans doute plusieurs mois d’études de terrain ( !) et d’études comparatives ( !!), que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. » La boucle est bouclée. La collusion d’intérets marche à fond pour les deux parties. Plus c’est gros, plus ça marche. En cherchant bien on apprend que ce livre est publié et distribué via un mécénat …de la Française des jeux. Mais bien entendu la plupart des médias n’ont pas repris ce détail.

Autres informations, qui montrent une nouvelle fois le vrai visage de la Française des jeux : l’inflation de ses produits et les chances de gagner. L’opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules ou de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement, l’espèrance statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Ils se croient tout permis et ils se permettent tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros - soit une augmentation de 67 % - et l’espèrance statistique évolue d’une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011, la FDJ fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d’une chance sur 75 millions, à une chance sur 116 millions.

La politique mise en œuvre par la Française des jeux n’a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et de son monopole. Elle agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l’Etat Croupier peu soucieuse en réalité de l’intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer - à une société qui ne lui appartient pas - un double jeu très dangereux , qui risque à terme d’énerver Nicolas Sarkozy. Cette duplicité risque également d’irriter Bruxelles et la Cour de justice Européenne.

Certes certains pourront considérer que le PDG de la FDJ – responsable mais pas coupable - n’est après tout qu’un grand commis de l’Etat qui fait très bien son travail et remplit avec zèle les caisses du Trésor Public. Reste à savoir de quelle marge de manœuvre CB Dignac dispose et si elle n’a pas été trop grande justement et cela depuis des années. Reste à savoir si la politique des jeux de la France doit se décider à Bercy ou à Boulogne (siège de la FDJ). Reste à savoir si les excès de zèle du patron de la FDJ, sa politique expansionniste, sa boulimie et surtout sa duplicité, ne sont pas en contradiction en réalité avec la Politique des jeux responsable affichée par le gouvernement depuis quelques années, et inaugurée par Nicolas Sarkozy avec les casinos quand il était Ministre de l’Intérieur.



© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 174. Juillet 2011



15.Posté par polo974 le 21/07/2011 13:54 | Alerter
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En fait, ce sont le français qui ont plus de chance de moins perdre . . .

Elle n'a qu'à remplir 13 ou 14 grilles pour claquer son fric (ou m'envoyer l'argent).

16.Posté par Christophe le 30/07/2011 20:25 | Alerter
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Tout le monde a les mêmes chances de gagner, et toutes les combinaisons également. Même si on lit le contraire parfois, c'est faux.

Une chose est vraie en revanche : jouer des numéros peu choisis par les joueurs permet de maximiser les gains. En effet lorsqu'ils sortent au tirage, il y a moins de gagnants, donc les gains sont plus élevés.

Comment connaitre les combinaisons les moins jouées ? La communauté met ses efforts en communsur ce site : http://www.onewinner.me (en accès privé pour l'instant. Demandez un code sur le site). Les joueurs déclarent leurs grilles pour vérifier leur originalité, et la communauté découvre ainsi petit à petit les combinaisons les moins jouées. Donc les plus rentables

17.Posté par martignoni le 01/09/2011 13:28 | Alerter
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Euromillions, aléatoire prépondérant, financement et instrumentalisation du jeu pathologie maladie, incitation au jeu accrue…


LA FRANCAISE DES JEUX SE CROIT TOUT PERMIS...ET ELLE SE PERMET TOUT


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)


L’affaire d’Euro Millions, qui a vu une joueuse déposer plainte contre la Française des jeux (FDJ) auprès de la Commission Européenne, dévoile beaucoup du vrai visage de l’opérateur historique. Si le journal le Parisien se fourvoie, quand il précise que « les chances de gagner à Euro millions ne sont pas les mêmes selon les pays », on peut s’interroger pour savoir pourquoi la FDJ limite le nombre de combinaisons en jeu multiples à 378 (pour 756 euros) alors qu’un joueur espagnol peut jouer 2520 combinaisons à Euro Millions en une seule fois ( pour 5040 euros). La FDJ souhaite t elle protéger les joueurs comme elle l’affirme : « nous souhaitons compliquer la vie du joueur excessif pour ne pas encourager les abus qui peuvent conduire à des addictions » ou instrumentalise t elle la question du jeu pathologie maladie pour éliminer les gros joueurs ou les regroupements de joueurs qui voudraient jouer gros jeu ? On peut sérieusement s’interroger.

Certes, certains seront choqués d’apprendre que des Français engagent autant d’argent dans Euro Millions. Mais après tout c’est leur choix. Arrêtons de tout moraliser dans une politique du care hypocrite et envahissante. Les Français ont plus besoin de millions que de conseils. Par ailleurs, à qui la faute ? Les discours de pompiers pyromanes, ça commence à bien faire. Ce sont les pactoles de plus en plus faramineux d’Euro Millions et les publicités omniprésentes de la FDJ, qui attisent les convoitises des Français (et des Européens ) qui peuvent percevoir ces jeux comme une forme de placement, certes à très haut risque, mais une forme de placement tout de même. Comme ils pensent qu’on ne prête qu’aux riches, et qu’on ne pardonne qu’aux riches ( cf affaire DSK) ils expérimentent cette maxime dans la sphère ludique. Les logiques internes à la praxis ludique indiquent que ce n’est pas forcément absurde de jouer gros jeu. Mais naturellement on peut gagner Euromillions en jouant… une seule grille à 2 euros.

À ceux qui voudraient jouer comme les Espagnols, la FDJ – cynique - indique « qu’ils peuvent toujours cocher 1260 grilles simples à 2 euros » ! Totalement absurde car strictement impossible à réaliser matériellement. L’opérateur se moque donc de sa clientèle. Il y a bien inégalité d’accès au jeu selon le pays où l’on habite. De fait, la FDJ empêche peu ou prou sa clientèle de jouer gros jeu à Euro millions alors que les Espagnols mais aussi dans une moindre mesure les Belges (1260 combinaisons possibles pour 2520 euros) et les Portugais ( 756 combinaisons possibles pour 1512 euros) peuvent le faire. Visiblement l’opérateur Français n’aime pas les gros joueurs ou les joueurs qui se regroupent pour jouer… forcément plus gros que s’ils jouaient individuellement. Bizarre. Si c’est par soucis de protéger le joueur, et si cela fait partie d’une politique de jeu responsable, que diable la Française des jeux ne l’a t elle pas annoncé avant, haut et fort ! C’est la suspicion légitime d’une joueuse qui a dévoilé l’affaire. A suivre car en l’absence d’autorité de régulation pour les jeux en dur et en attendant qu’un véritable observatoire scientifique des jeux se mettent au travail pour informer le Comite Consultatif présidé par F. Trucy, la vigilance est de mise. L’absence historique de transparence de la FDJ, son double langage, sa main mise sur les médias et les agences de presse autorisent une suspicion légitime.

Cette histoire rappelle l’affaire des jeux de grattage (dévoilée par un joueur qui jouait gros jeu, Robert Riblet) ou l’on voyait la FDJ inventer un concept - totalement inconnu en probabilité – d’aléatoire prépondérant, pour contrôler la distribution des gros gains de manière homogène sur tout le territoire. La FDJ manipulait avec un grand machiavélisme le hasard pour ses jeux de grattage et continue certainement à le faire en toute impunité. Elle cherche visiblement à contrôler la manière de jouer des joueurs. L’ensemble indique que l’opérateur historique plus que jamais se croit tout permis et se permet tout.

Sa politique en matière de jeu responsable est particulièrement représentative de cette omnipuissance. L’opérateur finance curieusement ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes (CRJE) dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler, mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en œuvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a donc pour conséquence en réalité - sous couvert d’une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l’inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire pour accélérer fortement sa croissance par une incitation au jeu accrue. En final la politique jeu responsable mis en œuvre par la Française des jeux produire du jeu excessif… Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l’opérateur. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. L’incitation au jeu est tel que la FDJ est même parfois – en fonction du calendrier politique - « gênée par son succès » comme l’a précisé France-Soir.

Pour allumer des contre feux vis-à-vis de cette incitation au jeu accrue, la FDJ pousse le bouchon de plus en plus loin dans le domaine du jeu responsable. La société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l’audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l’addiction au jeu » Au même moment comme par hasard, Jean Luc Vénisse financé à hauteur de 2 millions d’euros par la FDJ (le site du CRJE est très discret sur ce financement) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, 100 questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d’affirmer dans France-Soir du 6 juin 2011, après sans doute plusieurs mois d’études de terrain et d’études comparatives, que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. » La boucle est bouclée. La collusion d’intérêts marche à fond pour les deux parties. Plus c’est gros, plus ça marche. En cherchant bien on apprend que ce livre est publié et distribué via un mécénat …de la Française des jeux. La plupart des médias n’ont pas repris ce détail.

Comme le Centre du jeu excessif de Nantes a beaucoup d’argent, il faut bien qu’il le dépense. Il a lancé un enquête pour passer les « joueurs compulsifs à la loupe « . Marc Valleur, qui fait pourtant parti de l’Observatoire des jeux, participe à cette étude financée par la FDJ. Curieusement le CRJE semblent avoir du mal a recruté des joueurs compulsifs alors qu’ils affirment par ailleurs (dans une belle fourchette scientifique qui ressemble à un râteau) qu’il y aurait entre « 600 OOO et 1,8 million de joueurs pathologiques ! » Nous aurons l’occasion de revenir sur cette étude qui se déroule sur 5 ans. Mais en attendant nous invitons le lecteur à prendre connaissance des conditions méthodologiques fixées par le CRJE de Nantes : « Le CRJE recherche des joueurs à Paris et Colombes. Les conditions : avoir entre 18 et 65 ans, jouer au moins une fois par an, avoir joué l’année écoulée et … (la ça devient cocasse NDLR) « avoir l’impression de perdre le contrôle sur la pratique du jeu » Comme il n’est pas certain que ce protocole très scientifique ( sic) attire les joueurs le CRJE ajoute : « La participation a l’étude est indemnisée »

Autres informations, qui montrent une nouvelle fois le vrai visage de la Française des jeux : l’inflation de ses produits et les chances de gagner. L’opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules ou de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement, l’espérance-statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Sur ce registre également FDJ se croit tout permis et elle se permet tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros. Une augmentation de 67 %. L’espérance-statistique de gagner évolue d’une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011, la FDJ fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d’une chance sur 75 millions, à une chance sur 116 millions ! L’opérateur historique n’a pas eu le culot de dire que c’était pour lutter contre le jeu excessif qu’il changeait les règles. Il a insisté sur le pactole qui augmentait

En final chacun en conviendra la politique mise en œuvre par la Française des jeux n’a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti-consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et de son monopole. La FDJ agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l’Etat Croupier, peu soucieuse en réalité de l’intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer - à une société qui ne lui appartient pas - un dangereux double jeu, qui risque à terme d’énerver le Président de la République et l’opinion. Cette duplicité risque également d’irriter Bruxelles et la Cour de justice Européenne. Certes, certains pourront considérer que Christophe Blanchard Dignac – responsable mais pas coupable - n’est après tout qu’un grand commis de l’Etat qui fait très bien son travail et remplit avec zèle les caisses du Trésor. Reste à savoir de quelle marge de manœuvre il dispose et si cette liberté n’est pas trop grande justement. Reste à savoir en outre si la politique des jeux de la France doit se décider à Bercy ou à Boulogne (siège de la FDJ). Reste à savoir si les excès de zèle du patron de la FDJ, sa politique expansionniste, sa boulimie et surtout sa duplicité, ne sont pas en réalité en contradiction avec la Politique des jeux responsable affichée par le gouvernement depuis quelques années, et inaugurée par Nicolas Sarkozy avec les casinos quand il était Ministre de l’Intérieur.

Dum félis dormit mus gaudet et exsilit antro*



© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 175. Septembre 2011

* : Quand le chat dort, la souris en profite et sort du trou. Ce proverbe médiéval signifie que lorsque les chats ne sont pas là, les souris dansent. C’est à dire que lorsque les responsables font défaut, leurs subordonnés prennent toutes les libertés et la situation tourne rapidement à l’anarchie la plus totale

18.Posté par martignoni le 08/09/2011 20:44 | Alerter
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Gambling France

Jeux en ligne : trop de réglementation tue la réglementation
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Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)


Après les 21 propositions ( dont certaines antinomiques) du rapport Lamour/Filippetti et en attendant celui – le plus attendu - du Sénateur Trucy qui ne manquera d’en contenir un grand nombre, l’Arjel vient de publier pas moins de 65 « recommandations » à l’adresse du gouvernement pour qu’il modifie (améliore ?) la règlementation en matière de jeux en ligne. Ca commence à faire beaucoup ! D’autant que le lobby des jeux on line - l’AFJEL - n’a pas manqué dans son Livre Blanc d’en faire également.

Certes nous avons souligné dans plusieurs contributions - la France n’étant pas une République bananière - que les débats, rapports sénatoriaux, parlementaires sont indispensables pour aboutir à un consensus en matière de politique des jeux et afin de démentir le sous-titre du I° opus de François Trucy ( l’Etat Croupier le parlement croupion ?). Mais il est nécessaire de rappeler une évidence. Dans le secteur du gambling comme dans d’autres secteurs - trop de réglementation peut tuer la réglementation et même tuer le secteur censé être règlementé.

Le problème c’est que le consensus obtenu en 2010 ne provenait pas de recherches (scientifiques) ni même d’expertises (technocratiques) objectives mais était avant tout le fruit « d’arbitrages » subjectifs souvent politiques (aussi bien vis à vis de l’opposition, de l’opinion qu’au sein même de la Majorité) - véritables quadratures de cercle improbables. Le concept « d’ouverture maitrisée » illustre la symbolique sémantique de cette contradiction générique, tant il est vrai que la loi sur les jeux en ligne a pu apparaître légitimement, sous de nombreux aspects, comme une « fermeture maitrisée ». Cette ambivalence frisait l’antinomie, d’ou l’activisme actuel pour modifier la loi avant la clause de revoyure.

La fiscalité – un mal français ? - constitue sans doute la principale pierre d’achoppement du dossier qui, dès le départ, a fragilisé artificiellement la loi sur les jeux en ligne. Nonobstant les nombreuses contraintes techniques ( onéreuses et compliquées pour les opérateurs ) et alors que personne ne savait si le gambling virtuel constituait un nouvel eldorado ludique, on a vu la représentation nationale rivaliser pour fiscaliser joyeusement ce nouveau secteur. La gauche prohibitionniste, dans une belle contradiction démagogique dont elle a le secret, faisant naturellement de la surenchère en la matière. Noble volonté de l’esprit public de ne pas déshabiller Christophe et Philippe ( respectivement Christophe Blanchard Dignac PDG de la FDJ et Philippe Germond PDG du PMU) au profit de Stéphane ( Courbit) ou de Nicolas (Béraud) tout en déjouant la rumeur complotiste anti Nicolas (Sarkozy) des « amis du Fouquet’s ? Réflexe ancestral d’un Etat Croupier soucieux avant tout de remplir les caisses de Bercy quoi qu’il arrive et en oubliant la corrélation du couplet croissance/fiscalité ? Les raisons de ce fiscalisme préventiste sont nombreuses et n’ont pas été avouées franchement, outre le fait qu’il est toujours facile de se donner bonne conscience en taxant un secteur de l’économie du vice considéré comme une vache à lait. Résultat des courses, à force de traire la vache par anticipation et avant même que celle ci n’ait prouvé ses qualités de bonne laitière, après un an d’exploitation des jeux en ligne, cette boulimie fiscale a fait long feu. Toutes les recommandations actuelles visent à revoir fortement à la baisse la fiscalité des jeux en ligne. Pléthoriques, loin d’être homogènes, ces propositions risquent d’entrainer de longs débats d’apothicaires, outre le fait que certains ne manqueront pas d’accuser le gouvernement d’avoir cédé au lobby des opérateurs.


La situation en matière de TRJ (taux de retour aux joueurs) est du même tonneau. Sans même s’interroger une fois sur le fait qu’après tout, dans une économie libérale, il n’aurait pas été absurde d’imaginer, d’expérimenter une totale liberté en matière de TRJ qui aurait permis une véritable concurrence, le développement du secteur, une lutte efficace contre les sites illégaux…. un TRJ maximal parfaitement subjectif, correspondant à l’idéologie d’une économie dirigiste, a été imposé arbitrairement ( 85%). On a même vu à l’époque l’ex Ministre du Budget ( E. Woerth) - pas plus spécialiste du gambling et de l’addiction qu’il ne l’était du prix d’un hippodrome (sic) , instrumentaliser la question du jeu pathologie maladie pour justifier ce TRJ particulièrement pingre. A l’époque nous avons vivement condamné cette intrumentalisation, pourtant repris pro domo par les responsables du dossier, les médias et agences de presse , la doxa du jeu pathologie maladie et certains opérateurs dont la FDJ. Pour redistribuer le moins possible aux joueurs le consensus était unanime. Scandaleux. Seul le sénateur Trucy ( c’est tout a son honneur car par ailleurs il est un chaud partisan du jeu responsable et la protection des joueurs) a mis un bémol à cette causalité improbable imposée par le soldat Woerth = TRJ élevé égal forcément addiction et addiction élevée. Bercy dans le même temps, mettant son véto pour empêcher les contrats de recherches susceptibles d’informer les pouvoirs publics et l’Arjel sur cette question et sur d’autres.


Nous n’avons pris que ces deux exemples mais il y en aurait de nombreux autres qui sont liés, par exemple la base sur laquelle doivent être imposés les jeux en ligne. Les décideurs et régulateurs semblent aujourd’hui découvrir que c’est naturellement le PBJ qu’il faut taxer et non le volume d’affaire ( les mises}. Certes gouverner c’est prévoir et on pourrait facilement accuser les pouvoirs publics et les différents acteurs en charge du dossier d’être de très mauvais prospectivistes, de ne pas savoir. Nous n’aurons pas la naïveté d’accuser le gouvernement et les acteurs du champ d’incompétence. Ils savaient. Les choix effectués proviennent des trop fameux arbitrages déjà cités et non d’ignorances, même si l’absence de recherches, la difficulté de mettre en place en place le CCJ et l’observatoire des jeux ( la curieuse tentative de déstabilisation de F. Trucy), le fait que cet Observatoire ressemble pour l’instant plus à une Commission dominée par la doxa du jeu pathologie maladie et des associations familiales, qu’à un Observatoire scientifique des jeux, ont sans doute contribué à aveugler les décideurs du champ, sur de nombreux aspects du dossier (TRJ, fiscalité… ». De la même manière nous n’aurons pas l’outrecuidance d’accuser l’Arjel qui ne fait qu’appliquer avec zèle une régulation décidée par ailleurs. Nous poserons simplement différentes questions qui nous paraissent fondamentales, à l’ensemble des protagonistes du secteur :

➢ L’industrie des jeux de hasard et d’argent est elle compatible avec la notion de jeu responsable, de lutte contre le jeu excessif ? En voulant courir deux ou trois lièvres à la fois, le gouvernement n’a t il pas joué un double jeu un peu hypocrite ( que la FDJ a poussé à l’extrème dans une belle duplicité, incitation au jeu accrue financement de la doxa du jeu pathologie maladie pour mieux la controler) qui l’oblige aujourd’hui à revoir sérieusement sa copie ?

➢ N’est il pas grand temps que les pouvoirs publics mettent sérieusement de la recherche et de l’expertise dans leur politique des jeux afin de que le CCJ puissent émettre des propositions au gouvernement basées sur des faits objectifs et non des arbitrages subjectifs. Cette rupture permettra en outre de lutter contre les différents lobbys ( doxa du jeu pathologie, association, opérateur privés… et publics Française des jeux en tête !) qui confondent leur propres intérêts à l’intérêt général et afin de mettre en œuvre une politique des jeux nationale cohérente, ambitieuse, qui n’ait pas peur de son ombre, mais sache bien entendu étudier toutes les conséquences ( positives et négatives) du gambling en ligne et en dur et celles de la socialisation ludique contemporaine, avant de prendre des décisions ?

➢ N’est il pas grand temps de réintroduire les millions joueurs – acteurs principaux qui financent entièrement cette industrie qui sans eux n’existerait pas – dans la Politique des jeux de la France. Ils connaissent mieux les jeux que la plupart des membres de la doxa du jeu pathologie maladie

➢ Le dernier questionnement est sans doute le plus important : est ce véritablement le rôle de l’Etat et à fortiori le rôle du régulateur (cf les propositions de l’Arjel) de vouloir réguler économiquement le marché des jeux dans une économie de marché, en jouant notamment sur la fiscalité, le TRJ… ? Est-ce le rôle de l’Etat et à fortiori celle du régulateur de rendre « plus attractifs les jeux en ligne », comme viennent de l’affirmer certains responsables, ou celui des opérateurs ? N’est-il pas urgent que l’Etat redéfinisse les rôles, missions et compétences de chacun des acteurs du gambling, pour clarifier un dossier qui se complexifie sans cesse.

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Avant d’aller plus loin tête baissée, nous pensons nécessaire que les protagonistes et décideurs du secteur s’interrogent à nouveau fondamentalement sur ces différents questionnements, ( déjà soulevées par les sociologues et les économistes dans certains colloques) (1) et publications (2) par exemple à travers des Etats Généraux des jeux en dur et en ligne. Car en l’absence de débats de fond la pléthore des propositions et recommandations pour amender la réglementation sur les jeux en ligne apparaitront in fine forcément comme des « injonctions contradictoires » inachevées, susceptibles de mécontenter tout le monde et de ne rien régler sur le long terme.


© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 176. Septembre 2011

(1) Martignoni, J.-P. (2010). » L’industrie des jeux de hasard et d’argent est-elle compatible avec les notions de jeu responsable et de développement durable? Intérêts, contradictions et enjeux. »(pp 226-232) Sophie Massin : l’ethique dans l’industrie du jeu : quels enjeux et quelle crédibilité ?(213-226)In C. Dunand, M. Rihs-Middel, & O. Simon (Eds.), Prévenir le jeu excessif dans une société addictive : D’une approche bio-pscho-sociale à la définition d’une politique de santé publique, Genève : Éditions Médecine & Hygiène., 2010
(2) Martignoni, J-P (2011) , « De la révolution machines à sous à la politique jeu responsable en passant par la légalisation des jeux en ligne : une sociologie du gambling contemporain », Pouvoirs n° 139, Les jeux d’argent, 51-64, Editions du Seuil ( à paraître novembre 2011)


19.Posté par martignoni le 15/09/2011 13:45 | Alerter
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Gambling France

Gain record de 160 millions pour Euromillions : Décryptage


UN TRES GROS GAGNANT …DES MILLIONS DE PERDANTS


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)




Nous aurions pu intituler cet article Un riche ….des millions de pauvres, tant il est vrai que le pactole décroché le 13 septembre par un joueur du Calvados (1) peut être considéré comme scandaleux, voir indécent. Peur d’apparaître une nouvelle fois comme un sociologue provocateur du coté du Palais de Luxembourg (siège du Sénat) ou du coté de la rue Leblanc (siège de l’Arjel), volonté consensuelle de retourner sa veste… jamais du bon coté. D’autres raisons plus prosaïques et plus rationnelles expliquent la sobriété tautologique du titre de cette contribution.

➢ D’une part nous avons toujours refusé les analyses néomaxistes simplistes du gambling et du fait social qu’il représente - le jeu comme opium du peuple - résumé dans la formule latine Panem et circenses ( du pain et des jeux) (2). Ces analyses idéologiques, reprises par certains économistes à travers la théorie de la pauvreté ( plus on est pauvre plus on joue) sont pour partie réductrices. Si une corrélation existe entre le niveau de richesse et le fait de jouer aux jeux de hasard, elle reste à étudier de manière fine et ne constitue en aucune manière un rapport de causalité. Si le joueur joue toujours pour l’argent, il ne joue pas que pour l’argent. Si l’argent, la volonté de sortir de sa condition sociale, d’améliorer l’ordinaire sont les motivations premières des gamblers, une kyrielle d’autres raisons existent. Par ailleurs de multiples indicateurs et variables sociologiques rendent compte des raisons, des conditions et conditionnements, des représentations et croyances, qui expliquent pourquoi ça joue, pourquoi certains jouent et d’autres pas. Si l’analyse néo-marxiste stricto sensu est fallacieuse nous verrons néanmoins en fin d’article que les jeux ( et notamment ici les jeux d’argent et la politique des jeux) donnent certainement à voir sur notre société , ses inégalités, son fonctionnement. Une sociologie critique du gambling est nécessaire sans forcément qu’elle soit progressiste ou a visée idéologique.

➢ D’autre part nous pensons que le titre de cette contribution, malgré son aspect tautologique, donne à voir la politique des jeux menée par la Française des jeux notamment à travers Euromillions dont la France détient le record de gagnants de premier rang (65) suivi de l’Espagne (55) et pointe à la première place des ventes (21,9%)
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Rappelons tout d’abord que la FDJ met en avant depuis quelques années ( avec une accélération depuis la loi sur les jeux en ligne) une politique de jeu responsable - hypocrite et paradoxale - que nous avons plusieurs fois dénoncée. Elle finance et instrumentalise la doxa du jeu pathologie maladie, notamment du coté du centre du jeu excessif (CRJE) de Nantes. Le Conflit d’intérêts est patent, scandaleux. La société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a même eu l’audace de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l’addiction au jeu » Au même moment Jean Luc Vénisse financé à hauteur de 2 millions d’euros par la FDJ (le site du CRJE est très discret sur ce financement) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, 100 questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d’affirmer dans France-Soir du 6 juin 2011, que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. ». En cherchant bien on apprend que ce livre est publié et distribué via un mécénat …de la Française des jeux. La plupart des médias n’ont pas repris ce détail. Dans le même temps la Française des jeux mène un activisme commercial forcené, une incitation au jeu accrue, jamais vu chez l’opérateur historique dirigé par Christophe Blanchard Dignac

Mais c’est pas suffisant comme la FDJ se croit tout permis, elle se permet tout. Il y a par exemple l’affaire Riblet/jeux de grattage ou l’opérateur invente un concept totalement fallacieux en probabilité d’aléatoire prépondérant, pour masquer le fait qu’elle manipule le hasard en toute impunité pour des raisons commerciales. Plus récemment - et ce sera le centre de notre réflexion dans cet article et ce qui explique le titre de cette contribution, il y a eu un changement de règlement d’Euromillions après celui du loto (3) . La probabilité de trouver les 7 bons numéros est passée d’une chance sur 75 millions, à une chance sur 116 millions ! L’opérateur historique n’a pas eu le culot de dire que c’était pour lutter contre le jeu excessif qu’il changeait les règles. Il a insisté sur le pactole qui augmentait. Et en effet comme on peut le constater il augmente.

La duplicité est totale, la FDJ gagne à tout les coups et de quelle manière. Comme les chances de gagner diminuent fortement, le gros gain tombe moins souvent comme chacun a pu le constater ces derniers mois et augmente sans cesse. La super cagnotte d’euromillions n’était pas tombée depuis le 29 juillet. Cela permet à l’opérateur public de communiquer en permanence sur ce pactole digne de Crésus. Les multiples communiqués de la FDJ sur Euromillions sont repris systématiquement par les agences de presse, médias, télévisions. Agences de presse notamment , presse régionale (qui reprend systématiquement pro domo les dépêches d’agence) participent donc fortement au prosélytisme ludique de la FDJ et en constitue même le fer de lance. Que seraient les multiples communiqués de la FDJ sans les agences de presse ? Ces messages sur les produits et résultats de la FDJ apparaissent comme des messages naturels , informatifs et neutres alors que les publicités (souvent nunuches et bébêtes de la FDJ : devenez plus riche que riche) peuvent lasser l’opinion.

Les pléthoriques communiqués de presse de la FDJ constituent des vecteurs stratégiques de l’expansionnisme commerciale de la FDJ car ils sont repris systématiquement et avec complaisance par les agences de presse et la presse régionale et nationale. L’ensemble du système (parfaitement rodé ) crée gratuitement pour la FDJ un buzz permanent qui lui permet par saturation de contrôler peu ou prou le champ médiatique en permanence sur la question du jeu.

Les voix qui critiquent ou même simplement interrogent et souhaitent débattre de la politique des jeux de la FDJ sont inexistantes et quand – rarement - elles apparaissent ( par exemple sur internet) elles disparaissent dans le flot informatif et propagandiste de la FDJ ou dans l’obsolescence du net. Autre conséquence , comme les élus ( les gros gagnants) sont plus rares et toujours plus riches, la presse les cherchent et les traquent. La FDJ, machiavélique la aussi, diffuse les informations qu’elle possède ( région, localité et bureau de validation..) ce qui entraine une nouvelle médiatisation gratuite. Si le gagnant se fait ensuite connaître la FDJ bénéficiera la aussi d’une très bonne publicité qui constitue une incitation au jeu exceptionnelle.


Alors ne soyons pas étonné qu’avec une telle politique qui aboutit à des pactoles qui peuvent apparaître indécents en période crise que des voix s’élèvent, au sein meme de la majorité. Eric Straumann ( député UMP du haut Rhin) a écrit à Christophe Blanchard Dignac (4) pour que les gains d’Euro millions soient plafonnés et mieux répartis.

Certes certains pourraient rétorquer à ce député du Haut Rhin : de quoi je m’e mêle. Il y a un Comité Consultatif du jeu et même un Observatoire des jeux a même de travailler sur ces questions et de faire des propositions. En attendant que ces deux organismes - tardivement mis en place - fonctionnent ce député s’exprime et la FDJ fait ce qu’elle veut. Certes , certains pourraient reprocher à Eric Straumann sa grande naïveté : écrire au PDG de la FDJ alors que la politique stratégique de Christophe Blanchard Dignac est parfaitement voulue, concertée, orchestrée par lui même. Mais nous n’aurons pas cette outrecuidance car « la proposition choc » du député n’a rien de moralisatrice. Elle donne à voir sur la politique des jeux voulu par CB Dignac dont on a de plus en plus de mal à penser qu’elle puisse se décider sans l’aval de Bercy. Ceci dit c’est le grand mystère. La politique des jeux de la FDJ se décide t elle à Boulogne ou à Bercy ? La politique des jeux de la FDJ est elle en harmonie avec la politique des jeux voulue par le gouvernement ? On peut s’interroger.

Que donne à voir cette politique. Une hiérarchie fortement inégalitaire. Un très gros gagnant d’un coté – l’élu de la chance - des millions de perdants de l’autre. Et plus le gagnant est gros, plus les perdants sont nombreux, plus les gains intermédiaires sont réduits ( d’ou la proposition du député visant à une meilleure répartition des gains). Certes, c’est le principe des jeux de hasard. Les perdants cotisent pour les gagnants et c’est comme ça que ça marche. Les joueurs acceptent le principe générique de cet impôt volontaire. Mais de là à pervertir ce principe (préjudiciable à la quasi totalité des joueurs sauf un ou deux gros gagnants) pour exploiter encore davantage la Poule aux œufs d’or il y a un grand pas que la FDJ et son PDG n’aurait pas du franchir, surtout quand on est un monopole public qui soit disant défend l’intérêt général et promeut une politique de jeu responsable voulue par Nicolas Sarkozy et mise en musique par François Baroin.

Sans tomber dans le syndrome anti sarkoziste des « amis du Fouquet’s, nous pensons également, qu’on le veuille ou non , que ça plaise ou non, que – sociologiquement, politiquement - cette politique des jeux voulue par la FDJ, son contexte, donne à voir sur notre société. Au travaillez plus pour gagnez plus sarkozien on pourrait aisément substituer un jouer plus pour gagner plus qui peut apparaître contradictoire ( politiquement, économiquement, culturellement, moralement…) à une opinion qui subit chômage, précarité, petits boulots, paupérisation accrue. Egalement au niveau de l’argent, des revenus , des inégalités financières et patrimoniales qui gangrènent notre pays et sont loin d’assurer une croissance qui serait si nécessaire en période de crise. Le parallèle facile, apparaît néanmoins légitime. D’un coté un gros gagnant à euromillions…des millions de perdants, d’un autre coté quelques centaines de grosses fortunes auxquelles il faut ajouter quelques milliers de hauts fonctionnaires, stars et fous du roi ( sportifs, acteurs, comédiens, journalistes, écrivains, présentateurs TV….) qui se partagent argent, notoriété et privilège - à droite comme à gauche - et de l’autre des millions de Français qui vivent mal et s’apprêtent à payer une trilogie fiscale ( impôt sur le revenu, foncier, taxe d’habitation) qui - comme les gros gains d’Euromillions - ne cesse d’augmenter. La revue Challenges ne s’y est pas trompée. Elle a immédiatement calculé que le « Normand » qui vient de gagner à Euromillions devenait la 247° fortune française. (5), loin derrière Bernard Arnault (LVMH), Gérard Mulliez (Auchan), Liliane Bettencourt (L’Oréal)….

Plus que jamais, comme le pensait Roger Caillois, le jeu donne à voir sur notre société beaucoup plus que le jeu lui même. Il est donc grand temps que les Français soient remis au centre de la Politique Des Jeux et au centre de la Politique tout court. – ils constituent le premier parti de France - afin que l’ensemble de ces politiques profite au plus grand nombre et non simplement à quelques privilégiés et gros gagnants.

© Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 177. Septembre 2011




(1) « Gain record à l’Euromillions : 162 millions pour un joueur du Calvados « ( Le Parisien.fr du 14-9-2011)
(2) Cette expression est empruntée au poète Juvénal qui regrettait que le peuple romain se soit à ce point affaibli qu’il ne désirait plus que du pain et des jeux. L’expression décrit également une méthode politique, basée sur la démagogie et qui fait du peuple un rassemblement de sujets ignorants ou incapables de penser par eux-mêmes qu’il suffirait de nourrir et de divertir ( source Renzo Tozi , Dictionnaire des sentences latines et grecques, Ed. Jérome Million 2010, 192-193)
(3) En 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros. Une augmentation de 67 % ! L’espérance-statistique de gagner évolue d’une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions.
(4) « La proposition choc d’un député UMP » ( Le Parisien.fr du 9-9-2011)
(5) « Un Normand gagne à l’Euromillions et devient la 247° fortune française « ( Challenges.fr du 14-9-2011)

20.Posté par martignoni le 21/09/2011 21:18 | Alerter
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Gambling France :Questions /Réponses
Alors que l’Observatoire des drogues vient de publier une étude sur l’addiction au jeu qui pose problème et avant la clause de revoyure et les propositions du sénateur Trucy qui seront connues prochainement, questions réponses sur les jeux en ligne, le jeu pathologique, excessif, compulsif, addictif….

LE JEU N’EST PAS UNE MALADIE
jeu pathologique/ jeu excessif/ jeu compulsif: attention aux idées reçues… et aux conflits d’intérêts
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Jean-Pierre Martignon-Hutin ,sociologue


1. Les sites de paris en ligne sont-ils dangereux?


Pas plus que les autres jeux d’argent. Après la roulette, les machines à sous, le Rapido, les jeux de grattage, les jeux en ligne sont présentés comme les nouveaux démons de l’enfer du jeu, par la doxa du jeu pathologie maladie. En réalité le jeu et son support sont neutres. Le jeu n’est pas une maladie. Le joueur est responsable. Le joueur est un sujet social. En assimilant le jeu à une pathologie on déresponsabilise les joueurs. Sans joueur, pas de jeu. C’est le joueur qui donne sens au jeu comme l’a démontré le philosophe Jacques Henriot. Les pratiques ludiques excessives ne viennent pas du jeu lui-même ou de son support mais de la biographie, de l’histoire du joueur et de nombreux autres éléments ( socialisation ludique primaire, rapport à l’argent , croyances, culture ludique familiale…). Le joueur est un sujet social. Par contre bien entendu le jeu peut mettre en lumière, voire exacerber, des problèmes sociaux ou personnels, financiers ou conjugaux par exemple.
Le jeu donne à voir sur notre société mais il est illusoire et réducteur de traiter les problèmes sociaux en médicalisant le jeu et les pratiques ludiques de nos contemporains comme le souhaite la doxa du jeu pathologie maladie


2. Vous refusez de parler de joueur pathologique...

Le terme jeu problématique épistémologiquement est plus neutre et évite d’associer le jeu à une pathologie sans pour autant nier le « problème ». Lors de l’expertise Inserm on a beaucoup bataillé avec la doxa sur cette terminologie. Je conteste la doxa scientiste du jeu pathologie maladie fortement en conflit d’intérêts dans cette affaire. Les études sur le jeu excessif (souvent contradictoires) prétendent qu'il y aurait entre 1 et 3% de joueurs addicts. Comme par hasard l’Observatoire des drogues tombe dans cette fourchette, mais dans le bas de cette fourchette pour ne pas trop gêner les opérateurs et notamment la FDJ. Drôle de fourchette en réalité qui varie du simple au triple et permet toutes les manipulations. Sommes-nous ici dans la rigueur scientifique ou dans le lobbying. Plus globalement dans notre société du care ( soin mutuel), certains médicalisent des pratiques sociales et culturelles notamment quand elles sont excessives, pour donner bonne conscience aux autorités et aux opérateurs mais aussi pour faire de l’argent ( le business du jeu compulsif). Cette collusion d’intérêts est hypocrite et scandaleuse. C’est l’ensemble des causes et conséquences ( positives et négatives) du gambling qu’il faut étudier sans a-priori. C’est à l’Observatoire des jeux de faire ce travail et non à l’Observatoire des drogues.


Plusieurs millions d’euros versés au centre de Nantes par la Française des jeux en pleine expertise Inserm, légion d’honneur accroché par Eric Woerth à Marmottan au bon moment, étude de l’Observatoire des drogues qui sort au bon moment mais n’intègre pas les jeux en ligne et accouche d’une souris ( même JF Lamour dans son dernier rapport a reconnu les lacunes de cette étude de 8 pages avant même sa publication ). Tout cela n’est pas très net. Ca sent à plein nez le conflit d’intérets, l’instrumentalisation, la manipulation. La politique des jeux de la France, le secteur économique concerné, l’intérêt général et les joueurs méritent de notre point de vue un autre traitement.


3. L'approche médicale pour parler du jeu et de son environnement ne convient pas?

Il manque une approche socio-antropologique, économique, historique...du gambling. Une approche pluridisciplinaire du jeu, qui est une passion humaine ancestrale, un fait social et culturel. Il y a danger à aborder ces jeux à travers la problématique de l’addiction, car une fois acceptée comme entité morbide individualisée, les jeux de hasard sont analysés comme des formes plus ou moins graves de jeu pathologique. Par ailleurs historiquement il faut savoir que le jeu pathologique est un construit social qui vient, pour la période contemporaine, du lobby des psychiatres américains et de certaines associations.



4. Mais vous ne pouvez pas contester qu'il y a des personnes chez qui le jeu pose problème?

On enfonce des portes ouvertes c’est une évidence que toute pratique excessive « peut » être dangereuse….. dans le jeu comme ailleurs et effectivement des sujet joueurs jouent beaucoup. Encore faudrait il définir cette excessivité. Il ne suffit pas de demander naïvement à un joueur ( à fortiori par téléphone ! ) combien il joue ( comme vient de le faire l’Observatoire des drogues à travers le baromètre santé de la DGS ) pour le savoir. Par ailleurs :
- rien ne prouve que le jeu lui-même soit la cause originelle de cette excessivité
- rien n’indique que l’excessivité soit forcément synonyme de pathologie.
Par ailleurs je conteste avec d’autres chercheurs internationaux, la vision d’un joueur désocialisé, forcément seul devant sa machine à sous ou son ordinateur, pour flamber en ligne dans une posture onanistique. Dans les casinos socialités et sociabilités sont nombreuses. On peut facilement engager la conversation, faire des rencontres. Idem pour les jeux d’argent sur Internet ou de nombreux sites existent autour du poker.



5. Précédemment, il fallait se déplacer dans des casinos ou au café pour jouer à des jeux d'argent. Avec Internet, les tentations vont être à portée de main, directement au domicile des joueurs...

Arrêtons à nouveau d’enfoncer des portes ouvertes, permanence et proximité sont les principes d’Internet! C’est pour ça que ça marche et c’est pour ça qu’on a fait une loi sur les jeux en ligne. La légalisation des jeux en ligne va réduire la distance entre le jeu et le joueur et cela va faciliter la vie des joueurs qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas se déplacer. Bien entendu il faut faire de l’information prévention, notamment en direction des mineurs et des personnes vulnérables. Mais avant de mettre en œuvre des mesures par trop liberticides, il faut prendre le temps de faire des études sociologiques sur les pratiques ludiques des internautes et la socialisation ludique contemporaine. C’est au Comite Consultatif des jeux (CCJ) et à l’Observatoire des jeux de faire cela de manière sereine et non à l’Observatoire des drogues, qui a d’autres chats à fouetter en matière de toxicomanie et qui en outre n’a aucune compétence en matière de gambling. Pas besoin de construire une usine à gaz, comme actuellement, ou la doxa du jeu pathologie maladie et les opérateurs de jeu (notamment la Française des jeux) verrouillent en réalité le dossier pour contrôler entièrement l’information médiatique et scientifique sur le jeu. 


6. Les casinos et opérateurs en ligne font-ils assez de prévention?

Il y a déjà pas mal de prévention, notamment dans les casinos en dur, sur les sites , mais est-ce vraiment aux opérateurs de faire de la prévention et surtout de mesurer l'impact de leur activité comme le fait actuellement la Française des jeux en finançant les études du centre du jeu excessif de Nantes et celles de Lejoyeux. Le conflit d'intérêt est grossier. Plus globalement cela vaut aussi pour l'Etat Croupier qui ne pourra pas éternellement exploiter le gambling et établir les règles en matière de responsabilité, de protection, de taux de redistribution

(TRJ) Par manque d’étude impartiale le TRJ a été dès le départ instrumentalisé par Eric Woerth vis à vis de la problématique de l’addiction et maintenant comme les jeux en ligne marchent moins que prévu, les responsables du dossier retournent leur veste et veulent augmenter le TRJ. Ce n’est pas une politique des jeux cohérente. C’est une politique courtermiste, girouette, qui favorise instrumentalisation, conflit d’intérets, lobbying. Il faut développer la recherche sur le jeu en France et ce n’est pas à L’observatoire des drogues de le faire et encore moins à la FDJ via le centre du jeu excessif de Nantes avec la caution scientifique de Marmottan. Ce n’est pas à ceux qui veulent soigner les joueurs, former des thérapeutes spécialisés, de mesurer le jeu problématique. Ils sont forcément en conflit d’interets et n’ont pas du tout intérêt en réalité à ce que le jeu excessif disparaisse, bien au contraire. C’est le principe même de l’usine à gaz. Certes les opérateurs – et notamment la FDJ - croit contrôler la situation. Un jour ils s’en mordront les doigts. Attention à l’effet boomerang.

7. Que préconisez-vous alors pour limiter les risques?

Il faut les mesurer avant de les limiter. Par ailleurs il faut favoriser la concurrence et développer un consumérisme ludique. Je préconise la création d'une autorité de régulation unique et indépendante ( qui intégrerait l’Arjel) , à l'image de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Il faut éviter les doublons , travailler conjointement sur les jeux en ligne et les jeux en dur. Pour l’aspect recherche/expertise il faut faire fonctionner l’observatoire au service de cette autorité. Actuellement ce n’est qu’une commission dominée en outre par la doxa du jeu pathologie maladie et certaines associations familiales. C’est pas sérieux. La doxa du jeu pathologie maladie et la FDJ font tout en réalité pour qu’un véritable Observatoire des jeux d’argent scientifique ne soit pas installé, cela bousculerait leurs petits arrangements entre amis et leur business respectif. La clause de revoyure doit être l’occasion de faire évoluer la situation dans un sens favorable à l’intérêt général.

© 
JP Martignoni-Hutin , Lyon (France), 179, septembre 2011

21.Posté par martignoni le 26/09/2011 16:21 | Alerter
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Gambling France


JEUX DE HASARD ET D’ARGENT : comprendre, prévenir, soigner


Alors que l’Observatoire des drogues vient de publier une étude sur l’addiction au jeu qui pose problème sur de nombreux aspects ( scientifique, épistémologique, méthodologique…) et avant la clause de revoyure et les propositions du sénateur Trucy qui seront connues très prochainement et qui ne manqueront d’aborder la question du jeu responsable et ces différents objets ( taux de redistribution, information,prévention, fiscalité des jeux, recherche sur le jeu, conflit d’interets….) nous voudrions signaler un intéressant ouvrage sur ces problématiques.
« Jeux de hasard, jeux d’argent : comprendre, prévenir, soigner » (Paris, L’Harmattan, Questions Contemporaines, septembre 2011, 133 pages, 13,5 euros)
Très pertinent ce petit livre( issu d’un colloque organisé par l’association Le Pelican de Chambéry) n’hésite pas à réinterroger la notion de jeu excessif, à questionner la doxa du jeu pathologie maladie, à interpeller la Française des jeux et les opérateurs, tout en apportant des témoignages et des expériences utiles au débat.

Jean-Pierre G. Martignon-Hutin ,sociologue, 180, septembre 2011

Pour se procurer ce livre =
Michel BOULANGER

22.Posté par martignoni le 28/09/2011 17:18 | Alerter
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GAMBLING INTERNATIONAL


Le Québec vient d’installer une Chaire de recherche sur le jeu responsable :

Recherches sur le jeu, jeu pathologique, Observatoire des jeux…quelques mots sur la situation en France et au Québec



Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue)



En France depuis quelques années, la Française Des Jeux (FDJ) finance ses « ennemis » - les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes (CRJE) dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler. Dans le même temps l’opérateur historique se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. Sous couvert d’une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur, la « politique éthique » mise en œuvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a donc pour conséquence en réalité de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l’inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne - autorisés en France depuis mai 2010 - non pour mettre la pédale douce en matière de développement, mais au contraire pour accélérer fortement son volume d’affaire par une incitation au jeu accrue. Si l’on est y regarde bien – et c’est le rôle du sociologue de le faire - la duperie est totale, car en final la politique de jeu responsable mis en œuvre par la Française des jeux va produire du jeu excessif. Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l’opérateur. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois les 10 milliards d’euros. L’incitation au jeu est telle que la FDJ est même parfois – en fonction du calendrier politique et du calendrier de la politique des jeux - « gênée par son succès ». L’expression est du quotidien France-Soir qui d’après des sources internes à la FDJ pense que la barre symbolique des 10 milliards aurait été atteinte en 2009 et non en 2010.

Pour allumer des contre feux vis-à-vis de cet activisme commercial & marketing, la FDJ pousse le bouchon de plus en plus loin dans le domaine du jeu responsable. La société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l’audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l’addiction au jeu (1) » Au même moment comme par hasard, Jean Luc Vénisse - financé à hauteur de 2 millions d’euros par la FDJ, le site du CRJE est très discret sur ce financement - associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, 100 questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d’affirmer dans France-Soir du 6 juin 2011, après sans doute plusieurs mois d’études de terrain et d’études comparatives ( !) : « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. » La boucle est bouclée. La collusion d’intérêts marche à fond pour les deux parties. Plus c’est gros, plus ça marche. En cherchant bien, on apprend que ce livre est publié et distribué via un mécénat de la Française des jeux, mais plupart des médias qui accueillent souvent les publicités de la FDJ n’ont pas repris ce « détail ».

Comme le Centre de Nantes a beaucoup d’argent, il faut bien qu’il le dépense. Il a lancé un enquête pour passer les « joueurs compulsifs à la loupe (2) « . Marc Valleur ( directeur du centre Marmottan) alors qu’il est membre de l’Observatoire des jeux, participe à cette étude financée par la FDJ. Curieusement le CRJE semble avoir du mal a recruté des joueurs compulsifs, alors qu’il affirme par ailleurs - dans une belle fourchette scientifique qui ressemble à un râteau - qu’il y aurait en France entre « 600 OOO et 1,8 million de joueurs pathologiques ! » Nous aurons l’occasion de revenir sur cette étude qui se déroule sur 5 ans. Mais en attendant nous invitons les internautes du Québec et les opérateurs de jeux, à prendre connaissance des conditions méthodologiques fixées par le centre de Nantes, autoproclamé centre de Référence sur le jeu excessif : « Le CRJE recherche des joueurs à Paris et Colombes. Les conditions : avoir entre 18 et 65 ans, jouer au moins une fois par an, avoir joué l’année écoulée et « avoir l’impression de perdre le contrôle sur la pratique du jeu (3)» Mais comme il n’est pas certain que ce protocole très scientifique (sic) attire les joueurs malgré la rigueur épistémologique de cette méthodologie, le CRJE ajoute : « La participation a l’étude est indemnisée »

Nous le constatons, malgré certaines avancées ( rapports Trucy, débats parlementaires, loi sur les jeux en ligne…), la France est tombée progressivement – comme nous l’avions annoncé il y a quelques années - dans le « syndrome québécois, c’est à dire le « syndrome Ladouceur/Loto Québec ». La différence c’est que le Québec a su sortir progressivement de ce système, avec comme point d’orgue dernièrement l’installation d’une Chaire de recherche sur le jeu responsable qui sera gérée par le Fond de recherche sur la société et la culture (FQRSC). C’est une avancée considérable. Pour avoir été plusieurs fois – gracieusement – « expert externe » pour le compte du FQRSC, nous pensons que cet organisme à toutes les qualités requises pour superviser des recherches scientifiques indépendantes sur le gambling à condition qu’il ne soit pas dominé par la doxa du jeu pathologie maladie et soit pluridisciplinaire. Pour rester sur le chemin de crête de la neutralité scientifique, c’est l’ensemble des causes et conséquences du gambling qu’il faut analyser et pas seulement la question du jeu problématique, qualifié un peu vite de jeu pathologique. Alors bien sur on peut s’interroger pour savoir – comme l’a fait dernièrement Alain Dubois dans le quotidrn Le Devoir (4) - qui finance cette chaire ? Mais l’essentiel nous semble t il c’est que cette Chaire soit indépendante scientifiquement. En France nous sommes loin pour l’instant d’une telle évolution. Certes un Observatoire des jeux a enfin été installé grâce au Sénateur Trucy après des années d’attente. Mais il est dominé par la doxa du jeu pathologique maladie, quelques associations et personnalités placées. Il ressemble plus à une Commission qu’à un Observatoire scientifique du gambling à la hauteur de ses multiples missions. Certes le sénateur Trucy rédige actuellement un ultime rapport dans le cadre de la clause de revoyure qui comportera certainement de nombreuses propositions dont certaines pourraient concernées la recherche et l’Observatoire des jeux.

Souhaitons qu’à cette occasion la France sache s’inspirer de l’évolution de la situation en matière de recherche sur le jeu au Québec, justement pour éviter les errements qu’a connu la Nouvelle France pendant des années à cause du « système » Ladouceur/Loto Québec, qui entre parenthèse aura surtout profité à Robert Ladouceur et à la doxa du jeu pathologie maladie dans son ensemble, qu’à la Politique des jeux de ce pays. Nous avons ici un désaccord fondamental avec « l’ami Alain Dubois » (porte parole infatigable de la coalation EmJeu que nous respectons par ailleurs car il est ouvert au dialogue et surtout accepte le débat sans censure) Nous pensons qu’une véritable Politique Des Jeux responsable - réaliste et pérenne - doit défendre l’intérêt général, abandonner l’idéologie du care chère à la doxa du jeu pathologie maladie et aux anti – jeux. La sociologie du gambling que nous pratiquons depuis 20 ans au contact des joueurs et des opérateurs indique qu’une telle politique - qui ne signifie pas autorégulation - ne saurait se faire in fine contre l’industrie des jeux, contre les joueurs. Sinon à terme, un tel procès ne pourrait que réactiver l’idée de prohibition.



© JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 183. Le devoir –Québec - Canada. Septembre 2011

1. (1) « La Française des jeux lance une grande campagne contre l’addiction…à ses propres jeux » (Francesoir.fr du 6 juin 2011)
2. (2) « Les joueurs compulsifs à la loupe « (europe1.fr du 12 juillet 2011)
3. (3) « Avec le jeu la prudence est de mise « (20minutes.fr du 11 juillet 2011)
4. (4) Alain Dubois, Jeux d’argent et de hasard, Une chaire ou un Observatoire des jeux ? ( Le Devoir.com , 26 septembre 2011)

23.Posté par martignoni le 10/10/2011 20:20 | Alerter
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Gambling France : paris hippiques


« VA COMPRENDRE CHARLES ! »(*) : Le PMU dépassera pour la première fois en 2011 la barre des 10 milliards d’enjeux, dont 1 milliard sur internet


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Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin ( sociologue)

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• Philippe Germond (PDG du PMU) peut se réjouir. La société qu’il dirige dépassera les 10 milliards d’euros cette année, si la tendance observée depuis 9 mois se poursuit. « Le PMU confirme au troisième trimestre la bonne croissance des paris hippiques et le succès de sa diversification » (1)
• Il faut dire que le pari mutuel urbain – 11 200 points de vente - a considérablement augmenté son offre et pratique « un marketing offensif » comme il le précise lui-même (2) Par ailleurs le nombre de courses a augmenté : pas moins de 1044 réunions hippiques en 2011, contre 978 l’année précédente. Dans la course événement l’argent joué se répartit désormais entre 12 jeux différents : quinté, quarté, tiercé, multi, 2 sur 4, simple gagnant et placé, couplé gagnant et placé, couplé ordre, trio, trio ordre ! Faites vos jeux, rien ne va plus, ça commence à faire beaucoup. A tel point que certains tirent la sonnette d’alarme, comme Eric Hintermann, Pdt de l’association nationale des turfistes (ANT) : « le turfiste ne sait plus sur quel cheval jouer, ni sur quelle réunion miser « (3)
• Il faut préciser également que le PMU ( deuxième opérateur mondial de paris hippiques) offre des pactoles dignes de Crésus. La cagnotte du Quinté Plus (la fameuse Tirelire) atteint actuellement 10,5 millions d’euros et augmente de 50 000 euros tous les jours. ( NB : Cette tirelire historique du PMU est tombée samedi 7 octobre, le lendemain de la rédaction de cet article). Ce cercle ludique vertueux du big win stimule les turfistes aguerris mais aussi les néophytes qui grâce à la formule Spot à 2 euros peuvent connaître les frissons du jeu, sans rien connaître au monde de cheval. Cette croissance (+7,7%) est d’autant plus spectaculaire qu’elle se réalise tous canaux confondus et que le réseau des nombreux point de vente n’est pas en reste ( +3,2%).
• Le problème ( social, politique…) c’est que cette croissance – P. Germond parle de « vraie dynamique – se fait sur fond de crise économique accrue. Ce « jouer plus pour gagner plus » déjà exploité avec succès par Christophe Blanchard-Dignac ( PDG de la Française des jeux) risque à terme de court-circuiter le - désormais célèbre - slogan présidentielle basé sur le labeur : « travailler plus pour gagner plus ». Cette offre qui augmente sans cesse, notamment du côté des deux opérateurs historiques, peut être objectivement considérée comme une incitation au jeu accru, en contradiction avec la politique de jeu responsable prônée par ailleurs par les pouvoirs publics. La clause de revoyure et la publication prochaine du rapport Trucy doit être l’occasion de relancer le débat sur l’économie des jeux dans son ensemble pour savoir si l’offre de jeux doit être totalement libre dans une économie de marché, ou si elle doit être régulée.
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• En attendant le PMU fait ses comptes et ils sont bons, notamment en matière de jeux en ligne. « La barre du milliard d’euros est déjà dépassée » (4) . Sur 9 mois , la croissance est spectaculaire pour les paris sportifs (42%) et pour le poker (23%). Les enjeux internet tous métiers confondus ont augmenté de 52,1 %.
• Si tout reste à faire en matière de sociologie des joueurs en ligne les statistiques de l’Arjel (5) permettent de dresser le profil sommaire des turfistes et d’apprécier le poids que représentent les courses dans les jeux d’argent sur internet.
• En nombre de comptes/joueurs ( moins de 150 OOO) les paris hippiques arrivent en deuxième position du gambling virtuel, loin derrière le poker cependant ( plus de 300 000). Mais la moyenne hebdomadaire de dépense des turfistes (125 euros) est supérieure à celle des paris sportifs (110 euros) et à celle du poker ( 80 euros). C’est un succès pour le monde des courses et la filière cheval. La progression du nombre de comptes joueurs turfistes actifs dessine une courbe ascendante, régulière et progressive. On reconnaît là, la constance du turfiste qui, quand il s’engage dans son « travail ludique » et dans l’aventure ludique du turf ( faire son papier, spectacle des courses, parier…), le fait généralement dans la durée. Même si un plus haut semble avoir été atteint en février 2011 rien n’indique que la légère décroissance observable depuis perdurera. Habitué depuis des lustres à jouer par minitel, téléphone, télé interactive… , de nombreux turfistes ont trouvé naturellement le chemin de l’internet ludique. En outre l’offre du PMU sur les mobiles a été enrichie et est désormais disponible sur l’ensemble des terminaux, smartphones et tablettes. La montée progressive de la courbe du nombre de compte joueurs actifs paris hippiques, soulignent en final leur passion assumée pour le turf. Il suffit d’ouvrir une fois Paris Turf - qui a désormais un concurrent Geny Courses - , pour comprendre quel labyrinthe ludique elles constituent.

• L’indicateur de supervision du régulateur permet également de dresser une « typologie sociologique sommaire » des turfistes en fonction de leurs caractéristiques ( âge, genre) et vis-à-vis des autres gamblers on line =

➢ La population qui joue aux paris sportifs en ligne apparaît nettement plus jeune ( 70 % ont moins de 35 ans dont 41% de 18-20 ) que celles des turfistes ( 26 % seulement ont moins de 35 ans) . ( voir tableau A ci dessous) A contrario les turfistes sont essentiellement des adultes matures (74% de 35 ans et plus) dont une population de 65 ans et plus non négligeable ( 9%) Les joueurs les plus âgés ( 55 ans et plus) qui s’adonnent au gambling sur internet, pèsent pour 27 % en matière de paris hippique, alors qu’ils relèvent de l’épiphénomène pour le poker et les paris sportifs : 4%, dont 1% seulement pour les plus de 65 ans.

Tableau A
Tranches d’âge Jeux de cercle, poker Paris hippiques Paris sportifs total
18-24 25 9 41 100%
25-34 43 17 29 100%
35-54 28 47 26 100%
55-64 3 18 3 100%
65 ans et plus 1 9 1 100%
total 100% 100% 100%


➢ Les paris hippiques ( y compris quand ils s’exercent via le web) semblent conserver l’image d’un jeu réservé à une population mature, à des initiés qui ont accumulé expériences, connaissances et compétences en matière de turf au cours de leur « carrière » de joueurs, et notamment les 35-54 ans. (47%) Si elle possède un revers de médaille ( les jeunes adultes sont peu attirés par les paris hippiques y compris quand ils s’exercent en ligne : 9%), cette image a l’énorme avantage d’attirer une forte population de seniors - les 55 ans et plus - qui ne semble pas effrayer par la modernité des paris hippiques sur internet, alors que cette même catégorie fuit pour l’instant d’une manière assez radicale le poker et les paris sportifs. Le fait que les populations turfistes soient plus âgées que les autres populations joueuses, ne signifie donc pas qu’elle soient rétrogrades en matière d’évolution technologique. En final les paris hippiques – un jeu qui a une longue histoire – semblent posséder une base économique, financière, culturelle, sociologique plus solide que les paris sportifs, activité ludique relativement récente qui a en outre connu de nombreux soubresauts quand la Française des jeux a commencé à les exploiter. Cette base structurelle bien ancrée dans la culture populaire, expliquerait « l’homogénéité progressive tranquille de la courbe des comptes joueurs actifs hippiques », alors que celle des paris sportifs constitue une succession de montagnes russes… qui donne mal au cœur à certains opérateurs, au point que certains ont déjà jeté l’éponge.(TF1/Eurosportbet)

➢ Le genre apparaît comme une variable très discriminante pour les jeux en ligne. Les jeux d’argent en ligne sont très majoritairement pratiqués par les hommes (88%) La gente féminine participe très peu pour l’instant au gambling virtuel (12 %). Elle est nettement sous représentée, par rapport au poids qu’elle occupe dans la société française (51,4%). Pour les paris hippiques même si la tendance globale est similaire (81% d’hommes) ( tableau B ci-dessous ) le « deuxième sexe » apparait largement représenté ( 19 % de femmes). Si le monde du cheval, la filière et pout tout dire le PMU - qui bataille depuis des années sur ces deux questions : âge et genre - ne semble pas avoir complètement réussi complètement à rajeunir sa clientèle, pour atteindre « l’identité d’une marque populaire transgénérationnelle » ( l’expression est de Benoit Cornu directeur de la communication du PMU (6) il semble par contre avoir réussi le pari de la féminiser davantage. Ces chiffres reflètent cette féminisation accrue, qui profite à l’ensemble des opérateurs hippiques et pas seulement au PMU. Traditionnellement associé au Bar PMU, univers masculin populaire de riches sociabilités interlopes mais aussi de fortes promiscuités longtemps enfumés et parfois alcoolisées, les paris hippiques à domicile sur internet ont visiblement attiré les femmes, davantage en tout cas que le poker et les paris sportifs virtuels.

Tableau B

genre homme femme total
Jeux de cercle poker 91 9 100%
Paris sportifs 92 8 100%
Paris hippiques 81 19 100%

➢ La dernière information donnée par l’indicateur de supervision concerne « l’argent du jeu », la distribution des mises engagées . L’enseignement principal apparaît assez remarquable : 76 % des mises sont jouées par 10 % des joueurs, aussi bien pour le poker que pour les paris sportifs. Plus spectaculaire encore : 1% des joueurs génèrent 51 % des mises pour ces deux types de jeu. Même réduite à cette dichotomie primaire et binaire, l’information apparaît importante. Le marché des paris en ligne est extrêmement concentré.

➢ Un calcul secondaire permet de connaître la moyenne jouée « par trimestre » en prenant la base de « plus ou moins 1OO euros » pour les paris sportifs, hippiques et les tournois de poker. Deux catégories se dégagent
• une première catégorie de joueurs composée de deux populations. Une population majoritaire( entre 61 et 70 %) qui joue moins de 1OO euros par trimestre, une deuxième non négligeable ( de 35 à 39 %) qui engage 100 euros et plus dans les paris sportifs ou dans les tournois de poker
• une deuxième catégorie qui à l’inverse est composée d’une population de turfistes en ligne qui jouent majoritairement (54%) plus de 100 euros par trimestre


Type de jeux Pourcentage de joueurs misant moins de 100 euros par trimestre Pourcentage de joueurs misant plus de 100 euros total
Paris sportifs 61 39 100%
Paris hippiques 46 54 100%
Poker ( tournois) 65 35 100%
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Ces quelques éléments - loin d’être exhaustifs - confirment qu’une sociologie du gambling virtuel est nécessaire. Elle informerait objectivement les différents acteurs du champ et éviterait bien des instrumentalisations. Il convient une nouvelle fois de rappeler aux pouvoirs publics que c’est à l’ARJEL et Observatoire des jeux (ODJ) de réaliser ce travail de recherche et sans doute pas à l’Observatoire de lutte contre la toxicomanie, ou à la doxa du jeu pathologie en conflits d’intérêts dans cette affaire. Charles et les 6,5 millions de turfistes ne comprendraient pas que le Pouvoir (7), qui cherche plus que jamais à se rapprocher du Peuple et à le représenter, assimile leurs passions ordinaires (8) pour le jeu - ici pour les courses - à une drogue. La profession – ici le PMU/PMH et l’ensemble du secteur et de la filière cheval - ne comprendrait pas que leur métier soit associée au cartel de Medellin et que la culture du turf soit associée à une pathologie.

© JP Martignoni , Lyon, France, octobre 2011, 185.



(*)Phrase célèbre d’André Pousse ( décédé en 2005) comédien qui symbolisait bien le coté populaire du monde des courses. Phrase culte prononcée par André Pousse en réponse à Guy Marchand dans une publicité pour le Pari Mutuel Urbain des années 1990. Le slogan de cette publicité était « Avec le PMU, aujourd'hui on joue comme on aime », et ces acteurs français (incarnant des parieurs chevronnés) s'étonnaient que les nouveaux joueurs gagnent, alors que ces derniers basaient leurs jeux sur le nom des chevaux, leurs dates de naissances et autres détails sans rapport avec la course. Dans la publicité télévisée, elles jouent au hasard, […], les hommes sont sur l’hippodrome et se gaussent gentiment des femmes qui jouent leur date de naissance mais gagnent néanmoins : va comprendre Charles ! — (Jean-Pierre Martignoni-Hutin, Faites vos jeux : essai sociologique sur le joueur et l’attitude ludique, L’Harmattan1993, p.159)



Notes

(1) « Le PMU confirme au troisième trimestre la bonne croissance des paris hippiques et le succès de sa diversification » Communiqué de presse du PMU, 5 octobre 2011, 2 pages
(2) Communiqué de presse du PMU, 5 octobre 2011, ibidem
(3) Isabelle Toussaint : « hippisme trop de courses tue les courses ? ( Dépêche APF du 12 mars 2011)
(4) Christophe Palierse , Le PMU dépasse le milliard sur internet « (Les Echos du 6 octobre 2011)
(5) « Indicateurs de supervision : données trimestrielles « ( Arjel, 11 avril 2011, 8 pages)
(6) « Benoit Cornu, l’ouverture des paris en ligne a créé pour le PMU une opportunité de renouvellement « ( Igamingfrance.com , 20/10/2010)
(7) À paraître en novembre dans la revue Pouvoirs : JP Martignoni :« Une sociologie du gambling contemporain » ( Pouvoirs n°139, Les jeux d’argent, novembre 2011, 51-64)
(8) A lire ou à relire : C. Bromberger, Passions ordinaires, Bayard Editions, 1998, JP Martignoni : “Jeux, joueurs, espaces de jeu : le Course par Course du P.M.U.“ (Ethnologie Française n° 4, octobre, décembre 1992, 472-489) JP Martignoni : "Le Turfiste" (Les Cahiers de l'Imaginaire n°9, 1993, 59-90) JP Martignoni : « Jeux, joueurs, espaces de jeu : l'exemple des paris hippiques « (Migrants Formation n°96, Mars 1994, 103-116)


24.Posté par martignoni le 02/11/2011 20:44 | Alerter
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LES TROIS PARADOXES DE LA POLITIQUE DES JEUX FRANCAISE


Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin ( sociologue)

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Sauf quand tombe un pactole de 162 millions (Euro Millions), une tirelire à 10 ( Quinté+), que la Française Des Jeux cherche un joueur étourdi qui a oublié de venir retirer un gain de 8 millions (Loto) ou qu’un casse vide les caisses d’un casino, les jeux de hasard font rarement la Une de l’actualité des grands médias. Il faut dire que ce secteur sensible – le gambling - n’a rien de stratégique, même s’il pèse d’un poids certain au niveau économique, fiscal, sociologique. La clause de revoyure de la loi sur les jeux en ligne, qui arrive à échéance le 13 novembre, doit être l’occasion pour le gouvernement de faire le point sur sa Politique Des Jeux, et doit permettre aux autre acteurs du champ de débattre sur les multiples enjeux de cette politique, comme le fera la prochaine livraison de la revue Pouvoirs (1)

Comme l’ont précisé différents rapports récents (2) - et notamment celui du Sénateur François Trucy (3) - il s’agissait davantage par cette législation, de réguler une activité illégale existante, que de libéraliser de manière sauvage la totalité du marché ludique. C’est désormais chose faite. Les joueurs internautes peuvent maintenant - dans la légalité - jouer au poker en ligne, parier sur les courses hippiques ou de nombreux sports, tout en étant « presque » certains de ne pas se faire duper sur des sites mafieux. L’affaire Full Tilt Poker – une salle de poker en ligne accusée par la justice Américaine d’être une chaîne de Ponzi – indique en effet que la surveillance des opérateurs virtuels ne constitue pas une mesure liberticide, mais favorise au contraire le gambling virtuel, tout en défendant les intérêts des joueurs pour éviter qu’ils ne se fassent pigeonner.

La « modernisation » de la Politique Des Jeux de la France, inaugurée par Nicolas Sarkozy avec les casinos quand il était Ministre de l’intérieur et qui a abouti à cette fameuse loi du 12 mai 2010, apparait donc un succès, quoiqu’en disent ses détracteurs. L’accusation des « amis du Fouquet’s » - vs jeux d’argent - a fait long feu. Si certains « amis du Président » ont « profité » de cette loi dite « d’ouverture maitrisée à la concurrence », les deux opérateurs historiques (FDJ et PMU) sont loin d’avoir été lésés, bien au contraire. C’est en réalité de manière certaine ( et le dernier rapport du Ministre du Budget en témoigne fortement ) (6) un double intérêt national - public et privé - et la volonté de se mettre à jour vis-à-vis des directives et injonctions européennes, qui ont prévalu dans les choix gouvernementaux, après de nombreux arbitrages, un gros travail parlementaire et sénatorial, ensemble qui souligne que la France n’est pas une République Des Jeux… bananière.

Néanmoins, pour passer d’une politique d’intérêt national – qui peut paraître protectionniste et contradictoire à certains égards – à une politique d’intérêt général, trois paradoxes devront un jour ou l’autre être levés. Cette rupture permettra d’aboutir à une Politique des jeux « pacifiée » qui, sans oublier son devoir de responsabilité, soit ambitieuse et n’ait pas peur de son ombre.

➢ Le premier paradoxe c’est celui bien connu d’Etat Croupier. Chacun le reconnaît le gambling qui traîne une symbolique sulfureuse ancienne liée à son histoire, doit être contrôlé, surveillé, réglementé pour éviter toute tricherie et de nombreux autres dérives ( blanchiment…). C’est ce que fait l’Arjel pour les jeux en ligne, la Police des jeux pour les casinos et les courses… Le problème quand l’Etat est croupier c’est, d’une part que la réglementation peut être perçu comme de l’auto régulation, d’autre part que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. L’autorité publique peut avoir tendance à privilégier l’opérateur dont il est l’actionnaire majoritaire. L’opérateur historique de son coté va avoir tendance à faire comme bon lui semble. Par ailleurs, plusieurs autres volets de la politique des jeux vont avoir du mal à être mise en place de manière cohérente et crédible, à cause de cette double casquette portée par l’Etat.

➢ C’est le cas par exemple de la politique de jeu responsable qui entraîne un deuxième paradoxe. Dans le cadre du projet de loi sur les jeux en ligne, les pouvoirs publics ont fortement accentué leur politique de jeu responsable (information/ prévention, numéro vert, lutte contre le jeu excessif, le jeu des mineurs, les interdits de jeu….) Soucieux de santé publique, et afin de répondre aux attentes européennes de protection des joueurs, ce concept de jeu éthique a néanmoins été fortement instrumentalisé par certains professionnels de l’addiction - en conflits d’intérêts dans cette affaire - qui constituent une doxa scientiste fortement contestable et fortement contestée par les autres chercheurs en sciences sociales ( sociologues, économistes, historiens…). Passion ordinaire, pratique sociale et culturelle, le jeu est un Fait Social avant d’être une maladie. Par ailleurs cette politique de jeu responsable apparaît rapidement en contradiction avec la libéralisation partielle des jeux en ligne, nonobstant la croissance accrue des jeux en dur opérée par la FDJ et le PMU ces dernières années, avec une forte accélération ces derniers mois. Ce paradoxe a été souligné avec vigueur par l’autorité de la concurrence dans son Avis du 20 janvier 2011, « Ainsi, la lutte contre l’addiction au jeu entraîne nécessairement la recherche d’une limitation de la consommation, et partant, de l’offre de jeux, alors que le droit de la concurrence vise à stimuler la concurrence pour améliorer les conditions de vente d’un produit ou service et en faciliter l’accès le plus large possible au consommateur ».

➢ Dernier paradoxe celui d’un libéralisme ludique qui – contradictoirement - serait principalement basé sur la réglementation et la fiscalité. A cause des deux paradoxes cités avant, l’autorité publique et la représentation nationale ont crû bon de manière préventive, de fortement réglementer et fiscaliser les jeux en ligne. Chacun à rajoutant une couche au cours de la navette parlementaire, comme si la classe politique voulait se donner bonne conscience, comme si l’Etat voulait sécuriser sa fiscalité. La critique de la réglementation est bien connue, elle n’a jamais été démentie : trop de réglementation peut tuer la réglementation et peut même tuer le business, notamment quand il est en cours d’installation comme c’est le cas pour les jeux en ligne. Idem en matière de fiscalité. Conscient de cette réalité, et face aux résultats financiers moins bons qu’attendus, les responsables du dossier veulent désormais « rendre plus attractifs » les jeux en ligne en jouant notamment sur une baisse de la fiscalité, mesure revendiquée et soutenue par les professionnels du secteur. Ce à quoi Valérie Pégresse, vient de répondre que face à un dossier aussi complexe et qui met en cause la fiscalité des jeux en dur, la définition du PBJ… il fallait mener « un travail complémentaire approfondie » (4) qui vient d’être confié à Jean François Lamour. Au delà de son aspect technique très complexe, une question simple doit être posée : « dans une économie de marché l’économie d’un marché » - ici le marché ludique sur internet - doit-elle être régie par la fiscalité, la réglementation ou en laissant jouer la libre concurrence, la loi de l’offre et de la demande. Cette problématique de la régulation économique, abordée lors du colloque organisé par Nicolas About ( sénateur des Yvelines) en avril 2010 (5), la classe politique dans son ensemble devra un jour y répondre franchement.


Il y a sans doute plusieurs chemins pour aboutir à une bonne sécurité des jeux en ligne et à une « saine » fiscalité qui n’entrave pas le commerce du jeu virtuel ou en dur. Assurément, à cause de son orientation et des 49 recommandations qu’il contient, le « rapport d’évaluation » que vient de remettre la Ministre du Budget au Gouvernement (6) va fortement relancer le débat et faire couler beaucoup d’encre. Souhaitons cependant que les décideurs politiques en charge du dossier trouvent rapidement leur chemin de Damas, pour ne pas que l’aventure ludique des jeux en ligne se transforme en chemin de Croix liberticide. L’ensemble des acteurs du secteur devraient aborder ces différents registres de manière sereine, car le succès des jeux de hasard en ligne, comme celui des jeux d’argent en dur, dépendra largement de l’environnement macro économique. Par ailleurs les protagonistes du champ concerné ont un intérêt commun. Ils souhaitent tous - comme les joueurs qui s’engagent dans l’aventure ludique - « remplir leur bougette »(7).



© JP Martignoni , Lyon, France, octobre 2011, 188.


Notes
(1)Pouvoirs (revue française d’études constitutionnelles et politiques), n°139, Les jeux d’argent ( à paraître en novembre 2011)
(2) Celui d’Aurélie FILIPPETTI et de Jean-François LAMOUR, celui de l’Afjel (Association Française du jeu en ligne) , celui de l’Arjel ( Autorité de régulation des jeux en ligne)
(3)Rapport d’information n°17 , Sénat, 12 Octobre 2011, 315 pages
(4) « Taxation des jeux en ligne : pas de réforme, mais une mission à M. Lamour « ( message AFP du 21 octobre 2011
(5)« Quelle place, quel rôle pour les nouveaux entrants ? « , 2° assises du jeu de hasard et d’argent, Paris, Palais du Luxembourg, 20 avril 2010.
(6) « Ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne » (Rapport d’évaluation du Gouvernement , loi n° 2010-476 du 12 mai 2010, octobre 2011, 71 pages)
(7) Ancien mot de la langue française qui désignait une bourse ou un coffre ou l’on met de l’or. Après avoir voyagé notamment en Angleterre, ce mot nous est revenu sous le terme Budget.


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