Astrid Puissant est la présidente de l'association Droit de Cité. Arrivée à la Réunion au milieu des années 90, elle y travaille en tant qu'enseignante d'allemand dans un collège de Saint-Benoît. Sur le trajet quotidien de son domicile à son établissement scolaire, elle ne pouvait rester insensible devant ces dizaines de chiens qui venaient chercher pitance sur la décharge à ciel ouvert qui existait à l'époque dans l'Est.
C'est décidé : en 1994, son association est créée. Un premier refuge voit le jour dans la foulée, en bordure de l'axe routier principal entre Saint-Benoît et Sainte-Rose. L'Arche de Noé sera son nom. Lors du montage administratif du refuge animalier, tout est fait dans les règles. "Nous avions l'autorisation du propriétaire du terrain qui était bien comptant de louer une parcelle peu recherchée. Le premier voisin, lui, était à plus de 100 mètres du site. Enfin, une autorisation d'installation classée est déposée sur le bureau de la Préfecture", raconte aujourd'hui la présidente.
Le refuge vit normalement, entre joie de sortir de l'errance des chiens abandonnés et tristesse de ne pouvoir sauver des chiens trop mal en point. L'Arche est malgré tout à flot.
Les relations avec les institutionnels (mairie et communauté de communes de l'Est) s'enlisent à la fin des années 2000. Quelques années plus tôt, les habitants de l'Est restent secoués par l'accident mortel de la petite Jessica, mordue par un chien errant. La commune est contrainte de répondre à la colère populaire. Un sous-traitant chargé de capturer ces "indésirables" est mandaté par la mairie de Saint-Benoît. Problème, selon les observateurs de l'époque, ce sous-traitant applique une politique du chiffre très cruelle pour les animaux. "Cette société était payée au nombre d'animaux capturés. Cela a amené des dérives. Des chiens jusque devant les maisons étaient embarqués", se remémore Astrid Puissant. Depuis ses remarques formulées à l'encontre de cette société et donc indirectement des politiques, la petite association est bloquée dans ses démarches, selon la présidente.
Aucun écho de la mairie de Saint-Benoît ni de la Cirest
Depuis quelques années, le refuge l'Arche de Noé est l'objet de toutes les attaques. La première vient d'un seul et unique voisin, qui ne supporte plus les aboiements. Problème, raconte Astrid Puissant : il est arrivé après nous et en toute connaissance de cause. Ce sont ses courriers répétés qui alerteront les autorités. Les passages des services vétérinaires lui font remarquer que le refuge dépasse le nombre autorisé de chiens. La présidente d'association ne se défile pas. "Oui, il nous arrive de dépasser notre autorisation de 50 animaux, mais cela uniquement de façon ponctuelle comme en ces périodes de vacances, propices aux abandons", assure-t-elle.
C'est décidé : en 1994, son association est créée. Un premier refuge voit le jour dans la foulée, en bordure de l'axe routier principal entre Saint-Benoît et Sainte-Rose. L'Arche de Noé sera son nom. Lors du montage administratif du refuge animalier, tout est fait dans les règles. "Nous avions l'autorisation du propriétaire du terrain qui était bien comptant de louer une parcelle peu recherchée. Le premier voisin, lui, était à plus de 100 mètres du site. Enfin, une autorisation d'installation classée est déposée sur le bureau de la Préfecture", raconte aujourd'hui la présidente.
Le refuge vit normalement, entre joie de sortir de l'errance des chiens abandonnés et tristesse de ne pouvoir sauver des chiens trop mal en point. L'Arche est malgré tout à flot.
Les relations avec les institutionnels (mairie et communauté de communes de l'Est) s'enlisent à la fin des années 2000. Quelques années plus tôt, les habitants de l'Est restent secoués par l'accident mortel de la petite Jessica, mordue par un chien errant. La commune est contrainte de répondre à la colère populaire. Un sous-traitant chargé de capturer ces "indésirables" est mandaté par la mairie de Saint-Benoît. Problème, selon les observateurs de l'époque, ce sous-traitant applique une politique du chiffre très cruelle pour les animaux. "Cette société était payée au nombre d'animaux capturés. Cela a amené des dérives. Des chiens jusque devant les maisons étaient embarqués", se remémore Astrid Puissant. Depuis ses remarques formulées à l'encontre de cette société et donc indirectement des politiques, la petite association est bloquée dans ses démarches, selon la présidente.
Aucun écho de la mairie de Saint-Benoît ni de la Cirest
Depuis quelques années, le refuge l'Arche de Noé est l'objet de toutes les attaques. La première vient d'un seul et unique voisin, qui ne supporte plus les aboiements. Problème, raconte Astrid Puissant : il est arrivé après nous et en toute connaissance de cause. Ce sont ses courriers répétés qui alerteront les autorités. Les passages des services vétérinaires lui font remarquer que le refuge dépasse le nombre autorisé de chiens. La présidente d'association ne se défile pas. "Oui, il nous arrive de dépasser notre autorisation de 50 animaux, mais cela uniquement de façon ponctuelle comme en ces périodes de vacances, propices aux abandons", assure-t-elle.
Malgré le fait d'être dans son bon droit et d'assurer, bien malgré lui, une mission de service public, le refuge, vétuste, est contraint de plier face à la réalité. "Nous sommes conscients des désagréments causés au voisinage et même si nous étions là avant. Mais toutes nos demandes de rencontres avec les élus de la Cirest ou de la mairie restent sans suite. Nous multiplions depuis deux ans les démarches sans toutefois y trouver un écho favorable", précise Astrid Puissant. Droit de Cité demande aujourd'hui à la mairie ou à la Cirest un emplacement pour y construire un futur refuge aux normes. Le sous-préfet de Saint-Benoît, Serge Bideau, a même dû s'immiscer dans le dialogue de sourds en réclamant au président de la Cirest de recevoir la présidente du refuge. Une lueur d'espoir six mois après la prise de présidence d'Eric Fruteau à la Cirest. Espoir sans suite à ce jour.
Et pourtant, "c'est le genre de dossiers où il faut discuter, se rencontrer", insiste Astrid Puissant, habitante de Sainte-Anne. "Le site de l'ancienne décharge ferait l'affaire", explique-t-elle. Bien que réglementée, son occupation ne poserait pas de problème tant que les sols ne sont pas fouillés. Le site est en bord de mer et entouré de végétation, sans voisin et pour longtemps sans doute. Un autre espoir naît de la vaste zone industrielle, qui, elle aussi, se situe loin des habitations. Les solutions de repli ne manquent donc pas, seule la volonté de la Cirest et de la mairie de Saint-Benoît font défaut.
Un projet de refuge mal placé ?
Après notre relance, la direction de l'Environnement de la Cirest a simplement confirmé sa connaissance des échanges entre la présidente d'association et l'interco'. Mais limite administrative oblige, "la réponse "politique" de cette affaire ne pourra se décanter en l'absence du président de la Cirest Eric Fruteau, en vacances", nous explique-t-on à la Cirest.
Malgré tout, la directrice de l'Environnement, Bénédicte Archambault-Perot, délivre les dernières nouvelles en provenance du projet de refuge, mais à la Plaine-des-Palmistes : "nous attendons les conclusions du maître d'ouvrage pour savoir quelle configuration sera choisie". Problème : avant même sa réalisation, le futur refuge de la Plaine est logiquement critiqué notamment à cause du froid pour les animaux et de l'éloignement de la plus grande population, située sur le littoral, qui ne prendra pas la peine de "monter" jusqu'à la Plaine-des-Palmistes pour éventuellement adopter un animal. Questionnée sur l'opportunité d'une installation aussi éloignée de tout, la réponse de Bénédicte Archambault-Perot donne une idée de l'enthousiasme que suscite le sujet chez les élus de l'Est : "La mairie de la Plaine-des-Palmistes est la seule à s'être portée volontaire pour accueillir sur son territoire ce refuge". Contactée à son tour, la sous-préfecture n'a pour l'heure, et à notre regret, pas donné suite à notre demande. L'autorité préfectorale pourrait être d'un poids non négligeable dans le dénouement de ce dossier reconnaît la présidente d'association. Si le sous-préfet Serge Bideau a fait le nécessaire, estime Astrid Puissant, qu'en sera-t-il de son remplaçant ?
Le 31 août, Droit de cité est convoquée devant le tribunal de grande instance de Saint-Denis. Le motif de la convocation fait état d'une infraction à l'exploitation d'une installation classée non conforme. Outre l'avenir immédiat de la structure d'accueil, celle-ci emploie trois employées chargées de l'entretien des box et de la vie des animaux.
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Vous voulez aider Droit de Cité
La voix des chiens et chats sans maître
Refuge Animalier "L’Arche de Noé" - "Secours Animalier de la Réunion"
70 RN2 – Saint François – 97437 SAINTE-ANNE
Tél. 0262 51 38 60 – Gsm : 0692 36 28 09 - e-mail : droitdecite.association@wanadoo.fr
Et pourtant, "c'est le genre de dossiers où il faut discuter, se rencontrer", insiste Astrid Puissant, habitante de Sainte-Anne. "Le site de l'ancienne décharge ferait l'affaire", explique-t-elle. Bien que réglementée, son occupation ne poserait pas de problème tant que les sols ne sont pas fouillés. Le site est en bord de mer et entouré de végétation, sans voisin et pour longtemps sans doute. Un autre espoir naît de la vaste zone industrielle, qui, elle aussi, se situe loin des habitations. Les solutions de repli ne manquent donc pas, seule la volonté de la Cirest et de la mairie de Saint-Benoît font défaut.
Un projet de refuge mal placé ?
Après notre relance, la direction de l'Environnement de la Cirest a simplement confirmé sa connaissance des échanges entre la présidente d'association et l'interco'. Mais limite administrative oblige, "la réponse "politique" de cette affaire ne pourra se décanter en l'absence du président de la Cirest Eric Fruteau, en vacances", nous explique-t-on à la Cirest.
Malgré tout, la directrice de l'Environnement, Bénédicte Archambault-Perot, délivre les dernières nouvelles en provenance du projet de refuge, mais à la Plaine-des-Palmistes : "nous attendons les conclusions du maître d'ouvrage pour savoir quelle configuration sera choisie". Problème : avant même sa réalisation, le futur refuge de la Plaine est logiquement critiqué notamment à cause du froid pour les animaux et de l'éloignement de la plus grande population, située sur le littoral, qui ne prendra pas la peine de "monter" jusqu'à la Plaine-des-Palmistes pour éventuellement adopter un animal. Questionnée sur l'opportunité d'une installation aussi éloignée de tout, la réponse de Bénédicte Archambault-Perot donne une idée de l'enthousiasme que suscite le sujet chez les élus de l'Est : "La mairie de la Plaine-des-Palmistes est la seule à s'être portée volontaire pour accueillir sur son territoire ce refuge". Contactée à son tour, la sous-préfecture n'a pour l'heure, et à notre regret, pas donné suite à notre demande. L'autorité préfectorale pourrait être d'un poids non négligeable dans le dénouement de ce dossier reconnaît la présidente d'association. Si le sous-préfet Serge Bideau a fait le nécessaire, estime Astrid Puissant, qu'en sera-t-il de son remplaçant ?
Le 31 août, Droit de cité est convoquée devant le tribunal de grande instance de Saint-Denis. Le motif de la convocation fait état d'une infraction à l'exploitation d'une installation classée non conforme. Outre l'avenir immédiat de la structure d'accueil, celle-ci emploie trois employées chargées de l'entretien des box et de la vie des animaux.
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Refuge Animalier "L’Arche de Noé" - "Secours Animalier de la Réunion"
70 RN2 – Saint François – 97437 SAINTE-ANNE
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Malgré les soins apportés, Roco est mort deux jours après notre reportage.
















